mardi 28 octobre 2008
Le pouvoir des décrets
Thierno Dayèdio Barry

Doré est tombé. C’est un décret présidentiel qui l’a démis de ses « surcharges », quand il était en mission à l’Etranger. Victime de ses ambitions, estimerait-on, et autres maladresses imputables à son inexpérience de l’environnement guinéen. Un non événement, puisque ce n’en est pas une première. Bien d’autres hauts cadres l’ont précédé chez le décoiffeur, remerciés pour n’avoir pas suivi la courbe. Pourtant des compétences prouvées n’ont pas échappées au principe. Parfois, le limogeage est suivi de la mention : « Pour faute lourde » sans plus. L’épée de Damoclès restera suspendue.

A qui le tour ? C’est la question que se pose un confère de la place, comme pour mettre en évidence l’irrévocabilité de la mesure qui vient à son heure ou peut-être avant, pour donner un visage constamment nouveau à l’équipe du jour.

Il est plus facile, semblerait-il, de devenir ministre que d’en garder le poste. Tout le séjour qu’on y passe est soumis à la menace d’un départ sans préavis. Cela est d’autant clair que la plupart des hauts cadres qui occupent des postes de prestige ne se font pas de doute sur la précarité de leur fonction. Conséquemment, la gestion des charges en pâtit. De bonnes initiatives seront des rêves avortés. La hantise d’un pressant départ des affaires est un supplice pour celui qui veut bien faire. Mais le décideur reste seul maître de l’ouvrage. Il semblerait que la relève d’un cadre indexé apporte du souffle à l’entreprise. Beaucoup sont passés là et beaucoup attendent de voir arriver leur tour chez le décoiffeur. Les décrets sont imprévisibles, surprenants, expéditifs et sans appel, sauf dans de rares cas.

Ce pouvoir de faire et de défaire les hauts cadres associés à la gestion de l’Etat, est entre les mains du président Conté, seul, et il en usera tant que besoin se fera sentir. Une façon de prévenir toutes les dérives et d’avorter tous les projets en gestation, susceptibles de porter préjudice à la gouvernance initiée.

Le « tacoula » a refusé de bouger et il s’en est tiré avec un côté calciné.

La ronde des cadres est une stratégie bien précieuse, pour avoir la situation bien en main.

Thierno Dayèdio Barry 
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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