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L’échec avéré des partis politiques, tant dans leur conception que dans leurs objectifs, nous amène, aujourd’hui, à repenser la loi électorale qui, dans ses dispositions actuelles, ne donne aucune opportunité au citoyen désireux de convoiter le pouvoir, sans passer par les formations politiques, d’y accéder.
Loin de remettre en cause le pluralisme politique qui exprime, quoi qu’on dise, une certaine volonté d’ouverture, je m’insurge, plutôt, contre les divergences et autres maladresses qui ont toujours caractérisé la classe politique guinéenne. Certains leaders n’ayant brillé sur le terrain que par leur ruse au profit d’un pouvoir dont ils ont légitimé le système, à travers leur participation complice à des élections qu’ils savaient, pourtant, perdues d’avance.
Aussi, devrait-on avouer que la plupart des formations politiques sont fondées sur l’ethnocentrisme, le régionalisme, qu’en sais-je encore ?
Privilégiant leurs ambitions personnelles, au détriment de ce qui aurait pu être leur conviction propre par rapport aux objectifs- parfois mal définis- qu’ils se proposent d’atteindre, la plupart de ces leaders politiques n’ont ni programme fiable, ni projet de société.
Dans le souci de faire signe de vie, certains d’entre ces hommes s’affichent dans des prises de positions spectaculaires et des déclarations sans effet. C’est par rapport à une telle situation politique rétrograde qu’il devient indispensable de soutenir l’idée innovatrice prônée par notre compatriote Almamy Ibrahima Barry, qui consiste à s’affranchir du cercle vicieux des partis politiques à relent ethnique, pour aller vers l’adoption de la candidature indépendante. Seul gage pour garantir l’élection de l’homme qu’il faut pour la Guinée débarrassée de toutes les tares qui expliquent son retard paradoxal sur le monde qui bouge. Il ne doit plus être question d’ériger des blocs politiques à caractère subversif, quand les guinéens aspirent à l’unité et à la paix sociale. Déjà, du fait des maladresses de certains leaders politiques, il y a des localités qui ont failli se voir divisées.
Tout ceci reste symptomatique de l’inopportunité de certaines formations politiques, si non, de l’absurdité de leurs leaders dont les ambitions sont d’autant fictives que leur accession au pouvoir comporterait de gros risques pour le pays. Il faut, à défaut de réduire le nombre de partis politiques à deux, adopter le principe démocratique de la candidature indépendante déjà expérimenté, avec succès, dans bien des pays, comme le Mali, avec ATT.
Bien des citoyens ne croient plus aux vertus des partis politiques. Les taux d’abstention fort élevés s’expliquent par le ras-le bol des populations désabusées et ne voulant plus servir la cause de ceux qui ne leur fait appel qu’au moment des élections, juste pour user de leur suffrage et les abandonner.
Une révision de la loi électorale s’impose, afin de l’adapter aux exigences de la Guinée nouvelle, celle qui entendrait s’affranchir des pratiques anciennes et s’affirmer dans un monde divers et libre.
La disponibilité des citoyens est totale pour ce qui est de leur soutien à une idée innovatrice qui les met à l’abri de la politique politicienne et leur ouvre de nouvelles perspectives, pour s’affirmer de façon plus responsable. La situation nouvelle nous impose une nouvelle vision, un nouveau choix dans une société qui obéit aux exigences de l’esprit du changement.
Il faut briser le verrou mental qui nous fige - comme le disait notre confrère Alpha Mahmoud Bah - pour donner un sens et un contenu à notre volonté de changer.
L’initiateur de l’idée du jour, notre compatriote, Almamy Ibrahima Barry n’est plus à présenter, après la conférence de presse qu’il a donnée le 19 février dernier devant la presse nationale et internationale. AIB est un candidat qui vient désormais enrichir ou relever le débat politique. Au-delà de son expérience incontestable dans la gestion économique d’une trentaine de pays africains, il se place au-dessus des clivages ethniques et politiques. C’est l’homme du rassemblement et du changement pour une nouvelle Guinée. En tout cas, Almamy Ibrahima Barry précise, pour ce qui est de son idéal : « J’entends incarner le renouveau moral, pour ne m’être jamais compromis avec les clans qui ont dilapidé les ressources du pays… »
L’idée que prône notre compatriote s’inscrit dans la logique du processus de démocratisation en cours. Nous avons bon espoir que les nouvelles autorités, tant soucieuses de défendre les bonnes initiatives, seront favorables à l’adoption de la candidature indépendante.
Il ne fait aucun doute que l’espoir pour le renouveau réside dans cette idée nouvelle.
Thierno Dayèdio Barry Professeur de Philo-Lettres Journaliste pour Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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