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D’emblée reconnaissons que c’est une histoire passionnelle entre les insensibles (sans cœur) d’un côté et le reste des Guinéens de l’autre qui cherchent à comprendre pourquoi les choses ont tourné si mal pour la majorité après l’indépendance. La passe d’armes avec les réactionnaires du PDG lors de la réaction à l’intervention de M. Guilavogui est encourageante (ils sont sur la défensive) et inquiétante (ils sont bien organisés) dans la mesure où leurs attaques organisées prouvent que le PDG était sur le point de reprendre du poil de la bête grâce au passage de M. Kouyaté à la primature : au moins, nous sommes prévenus. Probablement aidés ou inspirés par les stratégies du FPI de Laurent Gbagbo, ils ont compris qu’investir dans les moyens de communication comme Internet et la radio en créant un effet boule de neige peut être très efficace politiquement pour leur propagande : financer plusieurs sites et mobiliser des sympathisants pour réagir à toute critique du clan par salves successives pour créer un effet de nombre. C’est ainsi que le FPI a manœuvré pour sortir Gbagbo de son isolement et lui attirer de la sympathie en tant que victime de la France. Ce fut très efficace. En effet, l’argent aidant, les PDGistes avaient créé des comités de soutiens à M. Kouyaté de façon virtuellement ubiquitaire qui apparemment se sont mués maintenant en équipes de défense du clan sur le Net. Un internaute nous prévenait tantôt de ne surtout pas dormir sur nos lauriers car le PDG se réorganisait et prenait de la "popularité" auprès de certains nostalgiques surtout avec des arguments "sonnants et trébuchants" en devises. Seules les futures élections nous situeront sur leur force électorale et leur pouvoir de nuisance car il ne faut surtout pas sous-estimer les adeptes de Sékou Touré. Ils apparaissent sous différentes formes et dans des formations que l’on ne soupçonne pas. Le limogeage de M. Kouyaté transformé sciemment en victime à but politique pourrait servir à mobiliser des personnes qui autrement auraient été indifférentes ou neutres : la précarité de la situation sociale actuelle y est propice. La manipulation est subtile ; et les autres partis politiques devraient s’investir intensément pour contrecarrer les manœuvres du PDG. Ils espèrent encore qu’il leur est possible de faire revenir le pays en arrière à l’époque de l’Autre et pour cela certains sont prêts à tout. Encore une fois, personne ne demande à la famille de Sékou Touré de le renier (nous ne sommes pas si prétentieux) mais qu’ils ne tentent pas de le faire passer pour ce qu’il n’a pas été ! Nous leur avons lancé un défi que nous pensions simple à relever : dites-nous et citez-nous les réalisations ou réussites que vous pouvez attribuer au PDG pour le Pays et qui en a fait une référence en Afrique ; á part l’aspect culturel (comme le Bembeya) et sportif (le Hafia) dont le mérite revient aux artistes et footballeurs et cela ne nourrit pas le peuple même s’il le divertit ! Vous n’allez quand même pas nous dire que Sékou Touré était aussi auteur compositeur et entraîneur sportif ! Pour la vie au quotidien du Guinéen, quel a été le progrès ou l’amélioration entre 1958 et 1984? De Fidel Castro, par exemple, on pourra dire de sa dictature qu’elle a réussi à faire de Cuba un centre d’excellence en sciences et éducation malgré le boycott et l’isolement des Occidentaux. D’Houphouët-Boigny, on dira qu’il a étouffé la démocratie mais que la Côte d’Ivoire a connu une croissance et un développement formidables dans les années 70 au point de parler du « miracle ivoirien ». Voilà où nous voulons en venir pour la période de la République Populaire et Révolutionnaire de Guinée. Personne parmi le clan n’a encore relevé le défi en exposant l’héritage du PDG. Qu’est-ce que l’Histoire retiendra du PDG au pouvoir, 1958-84 pour la Guinée (pas pour les autres) ? Nous ne parlons pas du PDG-RDA (période coloniale) mais du PDG (d’A.S.T). Un Stade ? Une route ? Un hôpital ? Un aéroport ? Mais peut-être, la Cité des Nations (don du Maroc) et la mosquée Faysal (don de l’Arabie Saoudite) ? En 26 ans avec tout notre sous-sol ? Au moins, Lansana Conté a fait un peu mieux, ne serait ce que par la liberté de sortir et renter sans soucis et le critiquer à condition de ne pas trop s’approcher de son "fauteuil". A ce propos citons Machiavel pour justifier encore une fois notre position face à M. Kouyaté et son allié le PDG : « En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal ». Entre notre Général Conté et un quelconque parti de l’opposition, hormis PDG et alliés, l’opposition est un meilleur choix pour nous selon le même principe. Pour revenir à notre sujet, nous attendons toujours ; pourtant vous avez de nombreux "éducateurs" parmi vos sympathisants ; prenez vos claviers et fermez nous la bouche. Toutes les interventions des PDGiste ont trait à la période de la lutte coloniale dont nous disputons le monopole exclusif au PDG comme ils veulent l’insinuer (d’où notre polémique). Attribuer par vos propos dithyrambiques exagérément les mérites de l’indépendance exclusivement à notre "père" de l’indépendance est travestir et arranger l’histoire : il a joué un rôle important mais sans l’apport des autres et surtout les alliances sous régionales, rien n’aurait été possible. Et nous persistons : que si ce n’était pas lui, ce serait quelqu’un d’autre comme ce fut pour tous les pays. Soyez modestes et rendez à César ce qui appartient à César ! Pour la période 1958-84, personne ne mentionne Béhanzin du Bénin qui passait pour l’idéologue du PDG et soupçonné d’être le véritable auteur des fameux tomes de notre père de l’indépendance, Sékou Touré ou tout au moins son "nègre" pour ses œuvres littéraires. Pour ceux qui ne savent pas, il était en Guinée jusqu’en 85-86 et il est reparti dans son pays d’origine après sa libération car il avait été incarcéré par le CMRN de Conté après leur coup d’état. Aujourd’hui au Zimbabwe on parle de Mugabe comme libérateur et père de l’indépendance en omettant le rôle important de Joshua N’komo (ZAPU) qui paraissait plus populaire avant les élections : l’Histoire est à la fois ingrate et stupide. Il est connu que la victoire a de nombreux pères/mères et que la défaite est orpheline. Malheureusement, ce fut le cas dans la majorité des pays nouvellement indépendant en Afrique : vive le vainqueur à vie et tant pis pour les perdants après le premier scrutin présidentiel. Sékou Touré a certes remporté les élections à l’indépendance mais que c’est il passé après en terme de démocratie et liberté ? Combien d’élections présidentielles pluralistes a connu la Guinée, même en version Lansana Conté ? Pourquoi et dans quel but tous les autres partis ont disparu ? Que sont devenus leurs leaders après l’indépendance ? Voilà les questions pour ceux qui souhaitent débattre sérieusement et cordialement. Précisons que ce débat a pour unique but d’éclairer les plus jeunes ou ceux qui viennent de découvrir la Guinée car nous n’allons évidemment pas apprendre aux Guinéens au Pays ce qu’il ont vécu dans leur âme et chair toutes ces années de plomb ni à ceux qui se sont expatriés clandestinement jusqu’en 1984 pour une vie meilleure sans peur et surtout pour leur sécurité : l’histoire est encore relativement récente pour que chaque Guinéen soit son propre témoin par rapport au passé politique de la Guinée ; nous n’apprendrons rien à aucun Guinéen adulte. Vous avez le choix d’autant plus que vous pouvez comparer maintenant les deux périodes, surtout sur le plan humain. Pour finir, espérons que celui qui est intervenu au nom du PDG en laissant entendre que pour lui, seul l’école peut produire des gens capables de raisonner et de s’exprimer clairement ne représente pas le niveau intellectuel du parti ! En effet, il prétend que c’est une perte d’argent de m’avoir envoyé à l’école à cause de mes critiques du PDG (sic). Les millions/milliards de paysans analphabètes (mais qui néanmoins utilisent des techniques agricoles) et nos érudits coraniques seraient-ils tous des nigauds ? Il paraîtrait que la "Révolution" abrutit aussi. Mais ce n’est pas étonnant car il y a une histoire qui raconte qu’un jour un ministre a défié Sékou Touré à propos d’une de ses allégations et que vexé, il prit un morceau de craie et proposa au ministre "culotté" de mesurer leurs connaissances devant un tableau noir. La modestie est l’arme des faibles pour le PDG et l’arrogance est leur point fort : just hot air ! A titre d’anecdote, quelqu’un a écrit sur un des sites que M. Kouyaté a été le meilleur des Premiers Ministres que la Guinée ait connus depuis l’indépendance : No comment ! Réagir serait faire insulte au bon sens et à la rhétorique. Mohammed Ali aurait dit : « Qui a la même vision du monde à vingt ans qu’à cinquante, a perdu trente ans de sa vie ». Voilà le problème du PDG et des sékouphiles. Et surtout, aucun individu et ses actions ne peuvent être assimilés au peuple dont il est issu : pourquoi critiquer telle personne semble irriter la majorité de son ethnie ? Ibrahima Diallo -"Ollaid", Londres, UK pour www.guineeactu.com PS : Allez ! A vos ordinateurs pour le branle bas de combat encore une fois. Je finis par avoir de la sympathie pour vous car bon gré mal gré nous sommes compatriotes et vous me motivez nonobstant votre mauvais choix mais encore une fois aussi : attention à la tension artérielle ! Pour nous, le sujet PDG est désormais clos, nous laisserons le Peuple décider et quelle que soit sa décision, nous nous alignerons tout en gardant nos sentiments.
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