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La perte subite du Dr Ibrahima Fofana, secrétaire général de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), risque d’affecter lourdement le monde syndical guinéen qui aura du mal à combler le vide créé par cette disparition, de celui qui s’était forgé l’image d’une icône à l’avant-garde du combat pour la défense des intérêts des travailleurs.
Le monde du travail est encore sous le choc suite à la mort de Dr Ibrahima Fofana dans un accident de la route survenue le vendredi dernier aux environs de 21 heures, heure locale dans la localité de Tormélin, située à 25 km de la cité minière de Fria, en proie à un mouvement de grève depuis près de trois semaines. C’est pour trouver une issue à cette crise qui affecte l’usine d’alumine de Friguia qu’une délégation gouvernementale à laquelle s’était jointe une mission syndicale, était entrain de se rendre dans cette ville située à une centaine de km de Conakry.
Le convoi composé de trois véhicules se trouvait au niveau de la localité de Tormélin lorsque le chauffeur du véhicule de marque Toyota land cruiser à bord duquel avait pris place Dr Ibrahima Fofana, secrétaire général de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) et de la Fédération syndicale des banques et assurances de Guinée (FESABAG), aurait tenté un dépassement.
Une manœuvre qui ne lui réussira pas, à cause d’un excès de vitesse et d’une méconnaissance de cette route tortueuse reliant la capitale à la ville de Fria, selon des sources policières. Le véhicule va finir sa course folle dans le décor, heurtant au passage un tronc d’arbre.
La violence du choc fut telle que trois des occupants du 4x4 dont le leader syndical ainsi qu’une autre membre influente du monde syndical guinéen Hadja Magbè Bangoura, de la Confédération nationale des syndicats libres de Guinée (CNSLG) et 1 un journaliste de la radiotélévision guinéenne (RTG) trouvèrent la mort sur le coup. La terrible nouvelle ne tardera pas à faire le tour du pays, grâce à la magie des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC).
Provoquant la désolation et la stupeur dans le monde du travail et des medias.
Le bilan de l’accident va s’alourdir le lendemain samedi, avec la mort du deuxième confrère de la RTG, Lamba Mansaré qui succombera à ses blessures.
Ce qui fait en tout 4 tués dans ce drame provoqué par une erreur humaine. C’est le lieu de déplorer le laxisme qui entoure le choix des travailleurs ce, à tous les niveaux en Guinée. Car d’après nos enquêtes, le chauffeur du véhicule responsable de cette hécatombe n’avait quasiment pas une parfaite maîtrise du volant. C’est un agent de la police affecté auprès des services de la Primature.
Et le personnage qui n’était pas conscient de cette lacune, versait semble-t-il dans la démesure quand il s’agissait d’appuyer sur l’accélérateur d’une voiture.
Voici d’ailleurs une anecdote pouvant éclairer sur la façon dont il se comportait une fois au volant.
Les gendarmes qui se trouvaient au niveau du Poste armée (PA) chargé de veiller sur la sécurité de la maison de la radio nationale, ont eu une peur bleue le vendredi lorsque le chauffeur s’est rendu là-bas pour chercher l’équipe de reportage devant accompagner la délégation pour Fria. Ayant failli emporter la guérite, en abordant le virage qui mène aux portes de la RTG.
Cela leur a donné une mauvaise impression de l’homme, chose qu’ils n’ont pas manqué de porter à la connaissance des journalistes qui devaient embarquer à bord du 4x4 flambant neuf. Comme pour les convier à la prudence.
Et en apprenant le drame plus tard dans la soirée, tous ceux qui avaient vécu cette scène de la journée n’ont pas été surpris.
Pour le moment, le cameraman et un certain Yamoussa Touré,secrétaire général adjoint (CNTG) membre de la section syndicale de la RTG ainsi que le chauffeur ont survécu à cette tragédie. Ils se trouvent en soins intensifs dans un CHU de la capitale.
Le gouvernement suite au deuil qui affecte le monde syndical et la presse nationale, a décrété des obsèques nationales pour honorer la mémoire des disparus.
Une enveloppe financière de 60 millions de francs guinéens a été offerte à chacune des familles des victimes, par le Premier ministre Jean-Marie Doré qui a mis l’occasion à profit pour leur présenter les condoléances au nom du gouvernement.
Il conviendrait de mentionner que Dr Ibrahima Fofana et son alter ego Hadja Rabiatou Sérah Diallo, secrétaire générale de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG) et actuelle présidente du Conseil national de la transition (CNT) étaient devenus à la faveur des convulsions de janvier et février 2007, les symboles de la lutte contre la malgouvernance.
Ils avaient pu ainsi ébranler le régime de Lansana Conté, obligeant le vieux président affaibli par la maladie à nommer un Premier ministre à la tête d’un gouvernement dit de consensus, sous la médiation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Conté s’était plié à cette exigence des syndicats, avant de reprendre la main plus tard, en évinçant Kouyaté qui s’était montré un peu timoré face aux groupes de pression qui avaient pris le général en otage.
Pour autant l’Intercentrale ne relâchera pas la pression et va d’ailleurs se substituer aux partis politiques pour continuer à mener la vie dure au régime en place. Les coups bas et autres tentatives de corruption ne feront pas reculer le duo de choc constitué par Dr Fofana et Rabi. Même si leurs détracteurs vont les accuser d’avoir pactisé avec ‘’le diable‘’, en sacrifiant ainsi sur l’autel des intérêts personnels la vie de tout le peuple de Guinée qui se reconnaissait en leur combat.
C’est dans ce contexte que surviendra le changement de régime à la faveur du putsch du 23 décembre 2008. Signe des temps, les syndicats qui militaient au sein du mouvement des Forces vives aux côtés des partis politiques vont commencer à faire profil bas, pour laisser la place à l’opposition qui cherchait à se positionner sur la ligne de front.
C’est ainsi que Rabi et Fofana vont fédérer 8 centrales syndicales au sein d’un mouvement dénommé le Mouvement social. Une façon sans doute pour eux de prendre leur distance avec les politiques, vu que le pays s’achemine dorénavant vers des élections libres et transparentes.
Entre-temps, Rabiatou Sérah Diallo est nommée présidente du CNT, un organe chargé de superviser la transition. Esseulé, Dr Fofana nourrissait lui aussi maintenant une reconversion. Et ses ambitions portaient sur une candidature indépendante à la présidentielle du 27 juin 2010, selon des sources concordantes. N’empêche le banquier continuait à jouer son rôle de leader syndical en attendant le jour j. Et pour ce faire, il était un interlocuteur incontournable dans la décrispation de toutes les crises liées à des débrayages dans le monde du travail.
Comme la grève des banquiers et des sociétés d’assurances de la place qu’il venait de dénouer aux termes d’âpres négociations avec l’Association des professionnels des banques (APB), sous l’égide du gouvernement dans la journée du vendredi. Et le travail devait reprendre ce lundi au niveau de ces structures. C’est après ces pourparlers que Dr Fofana a pris la route de Fria, où l’attendait un autre dossier de grève des travailleurs de l’usine d’alumine qui depuis près de trois semaines refusent tout compromis avec la direction de la société. Le destin aura voulu donc qu’il y laisse sa vie. Comme pour dire qu’il est tombé au front l’arme à la main.
Ce drame ne peut que relancer les débats sur les accidents de la route qui tous les ans endeuillent de nombreuses familles. Des accidents dont les causes portent entre autres sur l’excès de vitesse, la vétusté des engins roulants, le mauvais état des routes et le transport mixte.
Mamadou Dian Baldé
Réactions des acteurs politiques, sociaux et syndicaux
La perte tragique des deux leaders syndicaux et de nos confrères dans un accident de la route survenu dans la localité de Tormélin le vendredi dernier, a sonné la classe politique guinéenne. Nous avons pu recueillir des réactions affligées suite à cette tragédie.
Georges Gandhi Tounkara, Ministre Enseignement Supérieur
« C’est vraiment une perte cruelle pour la Guinée. C’est une tragédie, nous perdons des personnes de qualité, Magbé, Ibrahima Fofana et les deux (2) journalistes aussi qui sont partis dans la fleur de l’âge. C’est vraiment dramatique. Je profite de vos colonnes pour présenter mes condoléances au peuple de Guinée et au monde du travail et au monde social de Guinée. Mais que cette tragédie aussi nous amène sur nos actes, parce que ces gens sont morts alors qu’ils allaient accomplir une mission noble, celle de ramener le calme dans notre pays. Je crois que cela doit nous amener à la réflexion à ce qu’on calme le jeu pour qu’on aille vers une transition de paix, une transition tempérée, apaisée pour le bonheur de ce peuple en définitive. Nous sommes fatigués d’enterrer tout le temps nos enfants, nous sommes fatigués d’enterrer nos pères et nos frères qui tombent comme ça sous la tragédie. Mais c’est la volonté de Dieu et nous en remettons à lui. Que Dieu bénisse la Guinée ».
Lonceny Fall, porte-parole du Forum des Forces vives
« J’ai des sentiments de très grande tristesse. Quand on perd un compagnon de la stature de Fofana, il faut dire que c’est une très grande perte pour la Guinée. Et surtout pour les forces vives dont il était le deuxième porte-parole. Nous avons suivi le camarade Fofana tout au long de ces dernières années par son courage, il a été un combattant intrépide pour la restauration de la liberté et de la démocratie dans notre pays. Nous forces vives, nous perdons un élément dynamique, un des piliers de notre lutte. Mais nous tenons à rassurer les guinéens que nous continuerons la lutte pour atteindre l’idéal pour lequel Fofana s’est toujours battu. Il est mort sur le champ, nous tenons à lui rendre un hommage mérité et lui dire que le peuple de Guinée lui sera toujours reconnaissant ».
Etienne Soropogui, Président NFD
« C’est effectivement une grande perte pour la nation guinéenne. Fofana était quelqu’un qui a effectivement travaillé pour faire en sorte que ce pays soit prospère dans le cadre du syndicalisme. Mais aussi au niveau des forces vives, parce que nous étions tous dans ce cadre là. Aujourd’hui la Guinée perd un de ses fils les plus illustres. Il s’est battu pour que nous autres guinéens, nous vivions dans des conditions plus prospères. Etant sous le coup du choc, c’est ce que je puis dire au nom de mon parti, mais aussi au nom des forces vives. Que son âme repose en paix ».
Hadja Kadé Seck, Directrice Musée national
« Je trouve que la mort de Fofana et de Magbé est une perte énorme pour la Guinée. Ils sont morts dans un champ de bataille, les armes en main. Je suis là parce que je suis guinéenne et Fofana est mort pour la Guinée. Ensuite il est de ma belle famille, c’est le cousin à mon mari. C’est une perte énorme, mais quand on croit à Dieu on est content pour lui, parce qu’il est mort pour ce pourquoi il a lutté toute sa vie. Donc lui, il est à l’aise. Je pense, puisqu’on dit que quand quelqu’un meurt on ne doit pas le pleurer, on ne doit pas pleurer Fofana. Il est tombé dans un champ de bataille. On doit plutôt l’accompagner par nos prières et prier pour le repos de son âme. En tout cas, la Guinée a perdu énormément, les travailleurs guinéens ont perdu énormément, les ouvriers guinéens ont perdu énormément. Ils ont perdu celui qui a osé, j’espère qu’on aura encore des dizaines de guinéens qui vont oser comme Fofana pour que prospère notre classe ouvrière ».
Eh hadj Bamba Camara, Ministre de l’Alphabétisation
« Fofana, c’est un jeune frère mais aussi un ami de très longue date. D’abord un voisin, il est de Kambaya dans Dabola et j’ai beaucoup de relation dans sa famille. Alors, si ce Fofana décède c’est mon devoir le plus impérieux de venir me présenter dans sa famille et présenter mes condoléances. Fofana s’est battu pour la cause des travailleurs, pour la cause guinéenne. Fofana a mérité de cette vie, c’est pour ça quelque part, on dit qu’il ne s’agit pas de vivre un mois, dix ans, cent ans, l’essentiel ce n’est pas le nombre d’années qui compte, c’est ce qu’on a fait pour son pays pour les travailleurs. Fofana n’est pas mort, il résonne encore dans nos consciences, dans nos cœurs, et moi j’ai beaucoup d’affection pour lui. Fofana venait à la maison chaque fois qu’il sentait qu’il avait des problèmes et il m’a toujours considéré comme un frère. Je l’ai connu à Moscou. Pour moi, même mort il bat encore de façon palpitante dans mon cœur. Je prie Dieu pour que son âme repose en paix. Quant à Magbé, je l’ai toujours gardée dans mon cœur comme une sœur à moi. Donc à tous, à chacun, toutes mes condoléances, que leurs âmes reposent en paix et qu’ils rejoignent le paradis de Dieu ».
Baïdy Aribot, DG CNSS
« C’est une très grande perte pour la nation guinéenne. Comme je disais tout à l’heure à quelqu’un, les mots me manquent, tellement que l’émotion est vive. La perte de Fofana me perturbe. Parce qu’on parlait hier au téléphone, pendant qu’il était encore sur la route de Fria il me parlait. Ces derniers temps on était très proches. Lui en tant que président du conseil d’administration de la caisse et moi en tant que DG de la caisse, on avait beaucoup de choses à partager ensemble. Il est mort très jeune, mais pendant ce laps de temps, depuis qu’il s’est engagé dans le mouvement syndical, il s’est toujours battu pour le bonheur des salariés guinéens. Il s’est toujours battu pour les guinéens et il a donné le maximum de lui-même pour le bien de ce pays et de ses habitants. Je ne sais pas comment le dire, mais c’est une énorme perte pour la Guinée et les guinéens. C’est une mort vraiment surprise pour moi. Et je ne sais pas comment circonscrire tout ça. La seule chose que je peux, c’est d’avoir foi en Dieu et de continuer dans le sens de ce qu’il a souhaité pour la Guinée. C’est de se battre pour la liberté et pour le bonheur des guinéens. Nous adressons nos condoléances à sa famille, au mouvement syndical, au gouvernement guinéen, aux autorités de la transition et à tout le vaillant peuple de Guinée ».
Louis M’Bemba Soumah, SG du SLECG
« La mort de Fofana est une perte non seulement pour les travailleurs, mais aussi pour la Guinée. Parce que nous traversons une situation très difficile, il faut des combattants comme lui pour pouvoir au moins se battre pour régler cette situation. Malheureusement que Dieu l’a pris à un moment où il ne fallait pas. Mais on peut rien contre la volonté de Dieu. Et de toutes les façons, Fofana n’est pas seul. Nous, nous continuerons le combat ».
Thierno Madjou Sow, Pdt OGDH
« C’est surtout une grande perte pour les travailleurs de Guinée, mais aussi pour l’ensemble du peuple de Guinée. Vous savez que nous avons été parmi les premiers à mettre sur pied le multi syndicalisme en Guinée. On a crée le SLECG, ensuite il y a eu l’organisation de Fofana qui a renforcé la vie des travailleurs et qui a permis à la CNTG de lutter comme les autres forces. Et si on voit aujourd’hui que toutes les forces sont réunies vers la direction, il faut savoir qu’il y a eu d’abord celles qui ont posé les jalons, tels que le SLEG et l’USTG de Ibrahima Fofana. Qui ont permis de créer une certaine dynamique pour défendre les conditions de vie et de travail des fonctionnaires et des ouvriers guinéens. Et Fofana a été une cheville maîtresse dans cette lutte syndicale ».
Bah Oury, Vice-président UFDG
« Non seulement la mort de Fofana est une grande perte pour la nation guinéenne, et personnellement c’est une perte à double titre, du fait qu’on a toujours été ensemble dans les luttes politique et sociale qui ont marqué ces 20 dernières années notre pays. Et de l’autre côté, c’est un collègue avec lequel j’ai travaillé dans le secteur bancaire pendant de longues années. Sa disparition laisse donc un grand vide au niveau du paysage politique guinéen et pour la nation toute entière. Que son âme repose en paix. Et j’associe à ses marques de témoignages Magbé et les jeunes journalistes aussi morts dans l’accident ».
M. Sow, banquier
« Je suis sous le coup d’une forte émotion, pace que j’étais son compagnon direct. Je suis son adjoint, et nous étions en négociation avec nos patrons. Lui et moi, signions tous les papiers. Jusque hier à 17 heures on était ensemble, mais on ne peut rien contre la volonté de Dieu. Et c’est une grande perte pour la Guinée toute entière, pour la sous région et même l’humanité. Parce qu’il était un exemple de grand syndicaliste qui a lutté durant toute sa vie pour l’instauration de la démocratie et la défense des droits des travailleurs. Il était l’un des rares guinéens qui n’avait de considération ethnique ou de région. Il se battait pour réunir tout le monde pour que chaque travailleur soit conscient de ses droits et qu’il puisse les défendre. Donc les travailleurs guinéens sont aujourd’hui affligés et choqués par la mort du camarade Ibrahima Fofana ».
Ahmed Tidjane Souaré, ex Premier ministre
« Je suis animé suite à cette disparition par un sentiment de choc et de surprise, puisque j’ai quitté il n’y a pas longtemps Dr Ibrahima Fofana avec qui j’avais partagé des projets de grandes ambitions pour le pays. Je suis terrifié et complètement bouleversé d’apprendre que Dieu l’a rappelé à lui et à soi à travers un terrible accident de circulation ».
Dr. Souleymane Sy Savané, Syndicaliste SLECG, Membre du CNT
« J’ai aujourd’hui un sentiment de regret. Lorsqu’on perd des compagnons de combat après plusieurs années, mon sentiment ne peut être qu’un sentiment de tristesse et de profond regret. Comme c’est Dieu qui les a repris, le regret, c’est tenir compte de ce que Dieu a voulu. Mais voir qu’on ne va plus les revoir, qu’on ne va plus être ensemble, ni discuter, ni préparer des choses ensemble, c’est difficile à supporter. Toutefois nous sommes nombreux, nous ferons ce qu’on pourra faire pour relever le défi. »
Sow Abdoulaye, Secrétaire chargé de la FESABAG
« Je suis animé d’une très grande émotion. Parce que non seulement les guinéens ont perdu, c’est l’Afrique et le monde qui ont perdu. Parce que c’est de grands syndicalistes qui avaient la conviction. Ils savaient ce qu’ils voulaient. Ils se sont battus pour la démocratisation de la Guinée. Ils ont été aussi et surtout de grands défenseurs du droit des travailleurs. Ils avaient incarné cet idéal le long de leur vie. Lors des événements de juin 2006 puis de janvier-février 2007 et de 2009, ils ont prouvé à la face du monde qu’ils sont de véritables patriotes, toujours prêts à se battre pour l’affirmation des droits des travailleurs et des droits humains en un mot. »
Louis M’Bemba Soumah, Ancien ministre de la Fonction Publique, Premier Secrétaire général adjoint de l’USTG et le Secrétaire général du SLECG
« C’est une perte cruelle. Une perte pour laquelle on ne s’attendait pas du tout. C’est en ce moment crucial, de combat intense… C’est une perte incalculable. Nul ne peut rien contre la volonté de Dieu. Il a décidé, on n’y peut rien. Nous avons perdu deux, mais beaucoup d’autres sont là. Je crois que nous allons perpétuer le combat qu’ensemble nous avons commencé. Inch’Allah! Nous irons jusqu’au bout. »
Boubacar Barry, Ancien ministre d’Etat chargé de l’Aménagement, leader politique (PNR)
« Je ressens en ces instants beaucoup de douleur. Surtout que j’ai eu la chance de le rencontrer au ‘’Damier’’, 48 heures avant son décès. Je déjeunais et l’ai taquiné par rapport à la grève des banquiers. J’ai été complètement bouleversé lorsque j’ai appris la nouvelle. C’est une perte immense pour notre pays, pour la famille syndicale. Je suis d’autant plus choqué, navré qu’il a été l’un des grands artisans du programme de changement et de renouveau. Je suis désolé qu’il ne puisse pas assister à l’apothéose liée à la mise en place de l’instance démocratique dans ce pays. C’est vraiment le grand regret que je ressens aujourd’hui. C’est une immense perte pour le peuple de Guinée. Je profite de l’occasion pour renouveler mes condoléances les plus attristées à sa famille, à tous les guinéens, à tout le mouvement syndical, à son épouse, à ses enfants, à ses amis. Je prie la jeunesse de prendre exemple sur lui et continuer le combat qu’il a mené… »
Justin Morel Junior, Ancien ministre
« Je parlerai singulièrement de Dr. Ibrahima Fofana qui est de la même promotion universitaire que moi. Nous sommes de la promotion Almamy Samory Touré. Il a fait ses premières apparitions publiques à travers les émissions que j’animais à l’époque, ‘’Point d’interrogation’’ où il intervenait dans le débat en tant qu’économiste. Sa mort constitue une perte immense autant pour le peuple de Guinée que du monde des travailleurs. »
Ibrahima Sory Fofana, un des jeunes frères de Dr. Ibrahima Fofana
« En ce jour, j’ai un sentiment de satisfaction. Vous avez vu tout le peuple de Guinée qui s’est levé comme un seul homme pour rendre hommage à tous ces illustres disparus y compris Dr. Ibrahima Fofana. Vous voyez qu’il n’a été ni ministre ni président de la République, mais ce syndicalisme lui a permis de faire tout ce qu’il voulait pour le peuple. Cela se manifeste aujourd’hui, en signe de reconnaissance, par cette mobilisation gigantesque pour ses obsèques. On ne peut que remercier les uns et les autres pour toutes les marques de sympathie qu’ils ont manifestées à notre égard depuis l’accident. »
Lieutenant Colonel Moussa Tiégboro Camara, Ministre d’Etat chargé de la lutte Antidrogue
« A l’instar de tout le peuple de Guinée, je ressens un sentiment de véritable regret. Leur disparition est une véritable perte pour les travailleurs ainsi que pour toute la nation guinéenne. Ce lundi doit être une journée de recueillement et de prières pour leurs âmes. Nous sommes là donc pour leur rendre un hommage mérité, digne de leur rang. Je profite de l’occasion pour présenter, au nom de son excellence, le général Sékouba Konaté, président de la République par intérim et président de la transition, mes condoléances les plus attristées aux familles respectives des défunts et toute la nation guinéenne. »
Mamadou Mouctar Diallo, ministre de l’Elevage
« Aujourd’hui venir inhumer un homme aussi valeureux aussi important dans le combat pour la liberté pour les Droits, la démocratie, c’est un sentiment très triste que nous pouvons avoir. Surtout que nous étions ensemble dans cette mission qui nous étions entrain de mener à Fria. Nous avons quitté ensemble Conakry pour Fria. Au cours de la route, malheureusement, il y a eu cet accident tragique qui nous a fait perdre des dignes fils de ce pays. Des gens qui se sont distingués positivement. Ils ont marqué leur époque par le combat qu’ils étaient en train de mener en faveur de la démocratie et pour le développement du pays. C’est vraiment un profond sentiment de tristesse que je nourris en ce moment historique. »
Le Commandant Claude Pivi, ministre d’Etat chargé de la Sécurité Présidentielle
« Comme tout le monde, je suis très attristé par la perte de ces dignes fils du pays. Par la même occasion, j’en profite pour présenter, au nom du général de Brigade, Sékouba Konaté, président de la République par intérim, mes condoléances à toutes les familles éplorées aujourd’hui, au peuple de Guinée également. Nous sommes vraiment attristés. Que leurs âmes reposent en paix ! »
Lansana Traoré, agent de maintenance à Friguia
« Je ne peux que demander au bon Dieu de leur accorder son paradis. Pour le cas singulier de Dr. Ibrahima Fofana, je suis vraiment déçu. Parce qu’on a fait 16 jours de grève à l’usine et nous n’avons obtenu aucune suite favorable tant auprès de la direction de l’usine que du gouvernement, à nos revendications. Mais avec la délégation conduite par le Dr Fofana, on espérait la crise aurait pu trouver une issue favorable. Sur place, je suis vraiment sous le coup de l’émotion et j’ai même perdu l’usage de ma langue. »
Propos recueillis par Samory Keita et Camara Moro Amara
Source : Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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