jeudi 6 janvier 2011
Le micmac ivoirien
Saïdou Nour Bokoum

La CEI depuis l’autel du Golfe, proclame Alassane Ouattara élu. La Cour constitutionnelle de Côte d’Ivoire, après avoir invalidé les suffrages favorables à M. Ouattara, proclame Gbagbo élu et l’investit presque aussitôt. Or la proclamation des résultats par la CEI avait été certifiée disons pour simplifier, par l’ONU, ce machin comme dit Monenembo, reprenant le mot de de Gaulle. Et voilà cinq semaines que nous sommes gratifiés chez nos voisins, de deux présidents. Les Ivoiriens sont accablés par deux légitimités, dont l’hypocrisie de l’une est de notoriété mondialement connue par les plus pauvres de la planète, notamment les Africains. D’où l’indignation de Monenembo, de l’écrivaine camerounaise Calixte Beyala et de plus en plus de panafricanistes plus ou moins sincères, plus ou moins avertis du micmac sanglant auquel est livré ce pays frère, depuis une décennie.

Quand l’avocat, je ne dis pas de la vérité, mais du droit se trouve être le diable…

C’est étrange, la communauté internationale, Ouattara, la première victime du hold-up probable de Gbagbo, semblent y perdre leur latin. Comment faire quand la plus haute instance constitutionnelle d’un pays souverain valide une élection, d’un côté, alors que de l’autre côté, la communauté internationale valide celle de son rival ? Où est le droit ?

Gbagbo la peste, la communauté internationale le choléra.

Où est le droit ?

Le droit est du côté de Ouattara, parce que la Côte d’Ivoire pour ces élections, est liée par une convention internationale. En effet :

En « ...2005, ce sont les leaders politiques ivoiriens, avec à leur tête le président de la république d’alors, Laurent Gbagbo, qui ont demandé à l’ONU de venir certifier tout le processus électoral ivoirien. Et chaque étape du processus a dû être validée par l’Onu avant que l’on ne passe à la suivante. Et dans les attendus du décret signé par M. Gbagbo pour convoquer les Ivoiriens au second tour, il est bien mentionné « vu la certification des résultats du premier tour par le Représentant spécial du secrétaire général de l’ONU… » (Venance Konan).

Or les conventions internationales priment sur les constitutions, à fortiori sur les cours constitutionnelles nationales.

Et le concept clé est bien cette certification par l’ONU, sceau accepté par toutes les parties, à savoir les deux candidats représentant l’Etat ivoirien d’une part, et l’ONU d’autre part.

Passe, que les éminents juristes sénégalais pro-Gbagbo, les éminents avocats tels que maître Vergès et Roland Dumas, fassent l’impasse sur ce mot clé ! Ce sont des avocats. Mais le mutisme ou l’amnésie scolaire des ténors de l’ONU, du président Sarkozy, avocat de son état, sont proprement effarants ! Que Ouattara lui-même, bof, lui est excusable, il n’est pas juriste. Je crois que Gbagbo a « gbassé » (marabouté) tous ceux qui sont favorables à Ouattara !

Tout sauf ADO, disait-on il y a à peine une décennie.

Ouattara, l’ONU et tous les signataires ont obligation d’exfiltrer Gabgbo, avec certes le minimum de dégâts collatéraux, les morts de civils notamment. Ils en ont les moyens technologiques.

La naïveté de Ouattara a laissé 5 semaines à Gbagbo pour semer la confusion à la RTI et réactiver un pseudo panafricanisme, boosté par une communauté internationale dont l’hypocrisie est certaine. Non seulement elle valide ici des fraudes massives, mais là elles se défaussent toujours d’abord sur l’UA, ensuite sur la CEDEAO, selon les régions, mais toujours, elle refile la patate chaude aux Nègres, quand il s’agit du pays de Kouch. Autant que Gbagbo, elle est liée à l’application de cette convention internationale.

La situation ivoirienne est en train de pourrir, parce que la communauté internationale est pourrie. Dans le bien et dans le mal. D’où pour finir, ce paradoxe.

Thierno Monenembo a tort d’avoir raison : c’est à la communauté internationale de dire le droit et de le faire appliquer.

Wa Salam,


Saïdou Nour Bokoum


www.guineeactu.com

Retour     Imprimer cet article.    

Vos commentaires
Mamady Sangare, lundi 10 janvier 2011
Mon frere Boukoum ma lecture de la situation Ivoirienne est tres simple. Laurent Gbagbo avais reussi a couper le serpent RHDP en deux celas depuis 1998. Etant un mauvais stratege il n`as pas put garder ce serpend couper pendant tres longtemp.C`est seulement au dernier moment qu`il vas a Yamoussokoro en terre Baoule chez Bedie pour essayer de couper se serpent en deux, chose qui seras tres difficile cette foi ci. Le serpent qui etais cette fois ci mieux coller a donc finit par le mordre. Laurent Gbagbo ne pouvais donc plus gagnez cette election, surtout qu`il avais crue au sondage des societes francaise qui le donnais vainqueur. Constitution ou pas Laurent Gbagbo ne pouvais pas gagnez cette election face au serpent RHDP. Retenons que si Gbagbo a accepter d`aller aux elections c`est qu`il croiyais vraiment le remporter, s`il aurais vue le contraire il n`aurais pas eu d`election en Cote D`ivoire EN 2010.Gbagbo a etez pris dans son propre jeu. (My way or no way).Je suis quelqu`un qui est d`accord sur presque tout ce que vous ecrivez sur le net,des foi je cherche vos ecrit qui me serve de devoir. Je me trouve le temp de lire et relire vos articles avant de bien comprendre le contenue. Vous avez mon respect et mon admiration. Wa Salam, Mamady Sangare de Gonian a New York/ New Jersey
Saïdou Nour Bokoum, dimanche 9 janvier 2011
Mon cher A.O.T., encore merci d’avoir fait ressortir hors de mon baratin littéraire, l’essentiel. Je te sais gré aussi, d’un petit trait de plume, d’avoir illustré ce cas ivoirien par l’exemplarité de l’amateurisme qui a caractérisé la « doctrine » du camp CDDP à propos des scandales de Kankan, Siguiri et Kouroussa. J’attends seulement que 1) le cortège CDDP passe, pour ne pas tirer sur l’ambulance qui le précède, 2) la fin de la nouvelle autoroute gouvernementale dont « le premier président démocratiquement élu», est entrain de mette la dernière couche de bitume, l’autoroute Kaloum-Kourémalé, et alors nous essaierons tous, de répondre à ces deux questions : comment tout ceci fut-il possible, et que faire maintenant ? PS : mon cher A.O.T., tu viens de relever les récents propos du président de l’UFR, qui était du convoi CDDP, dans le magbana, euh, l’ambulance de tête ; tout ceci complique la « reconfiguration » de ce qui n’est plus qu’une nébuleuse en expansion. (Voir mon article de l’autre colonne). Comment faire pour ne pas attendre le prochain « bigbang » ?
Mounir, dimanche 9 janvier 2011
Fidel m`a fait rire en disant que Wattara risque de devenir directeur d`hotel. Il a raison car le temps est du cote de Gbagbo qui, pour le moment est entrain de reveiller un certain nationalisme Africain qui tendait a disparaitre. La Cote D`Ivoire qui jadis etait cite comme la perle de l`ouest africain est aujourd`hui un veritable laboratoire dans lequel s`experiemente la fabrication d`un nouveau systeme. Un pays: deux presidents, deux premiers ministres, deux gouvernements et peut etre bientot deux assemblees nationales. Que faut-il faire pour trouver une solution a cette crise?
M.B.D, samedi 8 janvier 2011
Gilblack, je suis d´accord avec toi car il y´a des milliers de soldats et civiles qui vont rendre le gateau très très chaud à Ouattara au cas où ce "machin" de communauté internationale réussira à faire quitter Gbagbo. Déjà il parait que qu´il yá plusieurs morts à Duékué et enrirons. Ah, les politiciens africains qd vont-ils nous permettre de voir la démocratie réelle. Jeunes aficains réveillons-nous et tentons de sauver notre continent qui est celui du futur.
GilBlack, vendredi 7 janvier 2011
ADO est président de l`Hotel du Golf et LG,imaginer le reste... Le probleme est que personnellement ,je vois le pouvoir d`un ADO dificile a maitriser une fois le départ forcé de LG.Et qui serait responsable en cas morts d`Hommes?
Oumar M. Bah, vendredi 7 janvier 2011
Non Mr. Beyala, on ne partionne pas le Soudan à cause de ses ressources pétrolières car on peut les avoir même dans un Soudan uni. Le Sud-Soudan fait sécession parce que sa population qui n`a pas les mêmes valeurs culturelles que les Arabes du nord veut son indépendance.
tranos, vendredi 7 janvier 2011
Je crois que le doyen nous revient petit à petit. Belle analyse. Petite question à monsieur Beyala, avez vous bien suivi le déroulement des élections en CI? l`avant élection et les deux tours? êtes vous au courant de tous les accords que gbabo a signés et bafoués plus tard? Quels scores Ouatara a fait dans les 7 coins annulés par la cour constitutionnelle au premier tour? Cette élection a été entièrement financée par la communauté internationale. la CI n`a pas misé un rond du début à la fin. Gbabo s`est engagé pour la certification des résultats par l`Onu, au premier tour pas de souci évidemment car mr Gbagbo fut premier, maintenant qu`il est battu, vous parlez de constitution, de souveraineté. Pour l`amour du ciel ça suffit. Si la constitution avait un poids considérable pour cette élection ça ne serait pas à l`onu de certifier les résultats. Tu ne finances rien, tu te mets sous tutelle,après ta défaite tu cries au complot et parle de souveraineté. Gbagbo doit partir et il partira Inch`Allah. Il a eu un mandat gratuit (5+5=10). Maintenant c`est bon. Merci Gbagbo de ne pas donner d`exemples à certains dirigeants. Surtout chez nous en Guinée car on ne sait pas ce qui s`annonce avec le prof. J`espère et je souhaite en tout cas le bon car notre pays a trop souffert.
A.O.T. Diallo, jeudi 6 janvier 2011
Merci doyen de ressortir le fait principal qui devrait servir de base a toute discussion sur la CI: Gbagbo a signé un papier où il accepte que le verificateur final des elections soit l`ONU. Voila l`argument que tous doivent lui sortir et de ce fait la Communaute internationale n`a pas tout a fait tort car cet element ne se retrouve pas dans les autres pays ou ils ont adoubé des dictateurs triccheurs. C`est come signer un papier pour dire qu`on enverra des assesseurs a Sigiri et Kouroussa et se plaindre ensuite qu`on a ete triché dans les bureaux de vote de ces coins-là...
Francis Beyala, jeudi 6 janvier 2011
Votre analyse est pertinente. au prime abord, on pourrait se dire avec conviction que si toutes les parties se sont accordées à considérer la validation de l` ONU comme acte péremptoire, alors Gbagbo devrait laisser le pouvoir et ce retirer; pour reprendre vos termes, le droit serait du côté de Ouattara. mais le droit ce n`est pas la justice au sens de ce qui est juste. le blanc saint accordé à l`ONU n`est fait pas une institution dont la finalité est la justice, la vérité. or nous savons que lorsque la justice, entendu comme institution qui dit le droit s`écarte de la justice, de la rectitude, alors le juste doit s`indigner et s`opposer. le problème de mon point de vue se pose autrement. l`ONU est-elle une institution crédible pour que ces décisions soient péremptoires? jouit-elle de la neutralité requise, et au fond qui sont les ouvriers qui sont derrière la manoeuvre onusienne? il faut se référer à ce qui se passe au soudan ajourd`hui où on partinonne un pays pour pouvoir mieux s`empifrer de ses ressources pétrolières. non l`ONU n`est pas apte à dire aujourd`hui ce qui doit être au détriment de la constitution d`un état souverain. l`accord passé avec l`ONU et l`acceptation de sa supervision ne peut pas nous faire dire que cela suffit à bafouer la constitution d`un état qui se veut souverain. dans tous les pays du monde où on assiste à l`expression du suffrage, il existe des institutions pour examiner les requêtes des parties, leurs griefs, portés les uns contre les autres, avant de rendre un verdict final. or la CEI ne pouvait pas être présente dans tous les bureaux de vote en CI; et même si elle avait ce don d`ubiquité il faut tout de même que les différentes parties aient eu le temps de formuler quelque opposition; or la CEI a proclamer illico presto une victoire fondée sur des résultats qui n`ont pas eu le temps de souffrir la moindre contestation; cela à mes yeux, cet empressement suffit à faire douter de leur impartialité
Guinéen d`abord, jeudi 6 janvier 2011
Belle analyse doyen. FIDEL quant à lui reste fidèle à lui meme.Toujours aussi guerrier que son mentor.
FIDEL, jeudi 6 janvier 2011
La côte d’ivoire est indépendante mais pas souveraine, c’est ce qui nous complique la situation dans ce pays. Gbagbo veut exhiber ce coté nationaliste pour consolider son pouvoir, faisant donc fi de ces conventions. Mais à mon humble avis, Alhassane Wattara risque de devenir Directeur d`Hôtel sous peu temps. Gbagbo est très mal élu peut-être, ou même pas, mais il s`impose mieux que le prêtre de Wattara!!! On ne gère pas une Nation avec complaisance, la gouvernance c`est avec sagesse et force. Gbagbo a une plus belle carrure d’homme d’Etat nationaliste que Wattara, qui ne compte que sur l’aide extérieur pour résoudre ses problèmes. La course au pouvoir n’est pas une discussion entre vieilles femmes, il faut aussi savoir durcir le ton et surtout passer aux actes…Fidelito

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011