Le médiateur dans la crise guinéenne, le président burkinabè Blaise Compaoré, préconise le maintien au pouvoir du chef de la junte lors d'une "transition" de 10 mois pour sortir de la crise actuelle, a-t-on appris vendredi auprès de la médiation.
Dans un document consulté vendredi par l'AFP, M. Compaoré propose notamment la mise en place d'un "Conseil national de transition" dirigé par le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, qui sera également "chef de l'Etat" et "chef suprême des armées".
"Le Conseil national de transition est chargé de l'organisation de l'élection présidentielle dans un délai de 10 mois", indique le document, précisant que la période de transition pourrait débuter en décembre.
M. Compaoré, nommé médiateur dans cette crise par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), propose également la mise en place d'un "gouvernement d'union nationale" formé de 30 membres et dirigé par un Premier ministre issu des Forces vives (coalition rassemblant des membres de l'opposition, des syndicats et de la société civile).
Dix membres du gouvernement seront issus des Forces vives, dix du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte) et dix "autres" pourraient revenir au "bloc des forces patriotiques", proche de la junte.
Selon le document, le "chef de l'Etat et tout membre du gouvernement voulant se présenter à l'élection présidentielle doit démissionner 4 mois avant le jour du vote" pour se porter candidat.
L'opposition, qui exige le départ de la junte et de son chef du pouvoir, n'avait pas encore officiellement réagi vendredi matin.
"Nous ne nous sommes pas encore concertés (au sein des Forces vives depuis la réception du document). Mais c'est un document partial et partiel. Nous rejetons fermement de telles propositions. Accepter ça, ça veut dire que les gens sont morts pour rien", a réagi un opposant sous couvert de l'anonymat.
"Nous allons rencontrer le président (Compaoré) pour lui faire part de notre indignation. Nous demandons que (Moussa) Dadis (Camara) ne soit pas candidat auquel cas, c'est la rue qui va décider (en Guinée)", a-t-il prévenu.
Une concertation entre les Forces vives est prévue vendredi matin avant une rencontre avec le médiateur dans l'après-midi, a indiqué leur porte-parole, Jean Marie Doré.
Née du coup d'Etat du 23 décembre 2008, qui a porté au pouvoir le capitaine Moussa Dadis Camara, la crise en Guinée s'est dramatiquement aggravée avec le massacre par les forces de sécurité de plus de 150 opposants, selon l'ONU, le 28 septembre à Conakry.
AFP / 20 novembre 2009
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