vendredi 18 mars 2011
Le leader de l’UFC, Aboubacar Sylla, s’insurge contre la crise institutionnelle inquiétante qui frappe la Guinée et rend hommage à Sékouba Konaté
Aboubacar Sylla

Le Président de l’UFC (Union de Forces du Changement), Aboubacar Sylla, rompt le silence, deux mois après l’investiture du premier Président démocratiquement élu de la Guinée, pour dénoncer, à la faveur d’une conférence de presse qu’il a animée jeudi 10 mars, au siège de son parti à Ratoma dans la banlieue de Conakry, ce qu’il appelle la crise institutionnelle inquiétante dans laquelle se complaisent les nouvelles autorités du pays, non sans fustiger l’attitude, pour le moins incompréhensible, de ceux qui jettent, à présent, l’opprobre sur le Président de la transition, le Général Sékouba Konaté. Décapant !

A l’entame de sa toute première rencontre avec la presse au lendemain de l’élection présidentielle, le Président de l’UFC, par ailleurs ancien ministre de la Communication et promoteur de médias et d’écoles privés, a tenu à rappeler le contexte du déroulement de la transition guinéenne, tout en décrivant les circonstances de la portée sur les fonts baptismaux de sa formation politique et les objectifs de celui-ci.

En 2009, indique l’orateur dans son discours liminaire, est née l’Union des Forces du Changement qui, sans tarder, s’est illustrée par ses prises de position dénuées de toute démagogie et ses engagements sans faille à libérer le Peuple de l’oppression des autorités d’alors, s’appropriant ainsi la maxime qui dit qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. Ainsi, a martelé Aboubacar Sylla, l’UFC a-t-elle adhéré au Forum des Forces Vives dont les actions courageuses et patriotiques ont abouti à la grande mobilisation du Stade du 28 septembre, laquelle s’est soldée par un véritable carnage jusque-là impuni et dont Aboubacar Sylla porte encore les stigmates visibles sur le côté droit de son front.

Le sérieux et la dextérité du leader de l’UFC lui ont permis, nonobstant le jeune âge de son parti, d’appartenir au gouvernement de transition, mis en place conformément aux accords de Ouagadougou. On se rappellera qu’à l’époque, Aboubacar Sylla fut l’un des premiers hommes politiques à s’opposer à la candidature d’un quelconque membre du CNDD et/ou de tout autre membre du gouvernement d’alors à l’élection présidentielle, alors qu’en même temps, nombre de partis se réclamant « leviers de l’Opposition guinéenne (sic) », tentaient de charmer le pouvoir d’en place pour assouvir des intérêts égoïstes.

Une fois au gouvernement de transition, le Président de l’Union des Forces du Changement s’est fait le censeur sourcilleux des conditions de vie surannées des Guinéens en général et de celles de travail du personnel de son département, en particulier.

Astreint à ne mener aucune activité politique pendant cette période spécifique, le Président de l’UFC s’est résolument engagé à ce que la couverture médiatique de la campagne des 24 candidats ayant disputé le premier tour du scrutin présidentiel soit effective. Et, il y est parvenu, avec des moyens anodins, dans un environnement politique quasiment délétère. A préciser que la Guinée traversait une phase extraordinairement sensible de son histoire. Au regard de ce qui précède, tout Guinéen patriote et reconnaissant, de nos jours, ne devrait que louer les efforts méritoires du Général Sékouba Konaté pour, précise-t-il, avoir rédimé la paix sociale dans un pays qui était au bord de la déflagration.

Condamnant énergiquement les élucubrations d’une certaine catégorie de Guinéens contre le Président de la transition, le leader de l’UFC, quant à lui, rend un hommage appuyé à ce vaillant soldat qui, selon lui, a réussi à contenir l’armée et à convaincre celle-ci de rendre le pouvoir aux civils.

Aboubacar Sylla de préciser : « On accuse Sékouba Konaté d’avoir détourné six milliards de francs guinéens et d’être responsable du découvert du Trésor Public, comme si en son temps, rien n’avait été fait de positif en Guinée. Et pourtant, pendant la transition, certains chantiers ont été ouverts, les fonctionnaires régulièrement payés, la bourse des étudiants n’a pas souffert de paiements en retard, les ambassades et consulats ont fonctionné normalement. Si les caisses avaient été laissées totalement vides par Konaté, le Professeur n’aurait pas pu payer les salaires, mettre vingt milliards de nos francs à la disposition des femmes et dix autres milliards pour les jeunes, en moins de trois mois de gouvernance ».

Poursuivant sa logique, le Président de l’UFC déplore : « Mais, nous avons un problème en Guinée ; c’est que nous n’avons pas de respect pour nos anciens dirigeants, nos personnalités politiques, en un mot. Il faut qu’on apprenne à faire la part des choses. En toute chose, il y a du bien et du mal, de bonnes institutions et de mauvaises. Le Guinéen a pris l’habitude de généraliser. Personnellement, et c’est la position de mon parti, je reconnais que le Général Sékouba Konaté a joué un rôle important dans cette transition. Les gens ne doivent pas oublier l’état dans lequel se trouvait la Guinée à la sortie du stade le 28 septembre. On ne doit pas oublier non plus l’état dans lequel se trouvait également l’armée guinéenne. On ne pouvait pas imaginer que quelqu’un eût pu assurer la discipline de cette armée, la convaincre de céder le pouvoir aux civils. Pour moi, cela n’a pas de prix ».

Aussi, Aboubacar Sylla d’ajouter qu’ « En un temps record, Sékouba Konaté a pu réaliser des choses inimaginables jusqu’à ce qu’on arrive à cette élection qui s’est déroulée dans les meilleures conditions possibles. C’est le temps alors de rendre hommage à cet homme, car personne n’avait pu imaginer que la Guinée allait sortir de cette situation électorale sans qu’il n’y ait de guerre civile et des tueries massives. D’aucuns sont allés jusqu’à dire que le Général Konaté ne rendrait jamais le pouvoir parce qu’il l’avait obtenu facilement et disposait d’argument solides pour le confisquer. Il a résisté contre vents et marées, pour mener à bien le processus de la transition ».

Pour boucler ce chapitre, le leader de l’UFC ironise : « Je n’ai jamais rencontré physiquement le Général Sékouba Konaté, parce qu’il ne siégeait pas au Conseil des ministres. Il faut donc qu’on se débarrasse des critiques infondées. Dès que quelqu’un quitte son poste, on l’insulte et l’apostrophe. Il faut quand même qu’on apprenne à reconnaître ce que les gens font de bien. C’est ce qui pourrait motiver les autres à en faire autant. Le Général Sékouba n’est signataire d’aucun contrat de la période transitoire. Or, une kyrielle de ministres signataires de plusieurs contrats controversés ont été reconduits dans le gouvernement actuel. Pourquoi deux poids, deux mesures ? ».

Quelques mois après la prise de fonction du nouveau président de la République, Aboubacar Sylla fait des constats concomitamment pertinents et accablants. D’abord, il parle d’une crise institutionnelle, relevant que le Pouvoir Exécutif fait montre de suprématie sur toutes les autres institutions du pays, notamment le CNT (Conseil National de Transition).

Or, s’indigne Aboubacar Sylla, « le CNT devrait jouer le rôle de contre-pouvoir jusqu’à la mise en place de la nouvelle Assemblée Nationale ». Le leader de l’UFC de s’interroger : « Alors que toutes les sensibilités sont représentées au CNT, pourquoi le Président Alpha Condé l’ignore-t-il ? » Et de rappeler au président de la République que « la Guinée n’est pas encore sortie de la transition ».

Jusqu’à la date de la tenue de sa conférence de presse, « le gouvernement ne dispose d’aucun budget », s’inquiète le président de l’UFC, non sans condamner les improvisations usitées le Professeur Alpha Condé et son gouvernement. Pour Aboubacar Sylla, « Un Etat ne se gère pas dans l’improvisation ».

Le leader de l’UFC a ensuite pointé d’un doigt accusateur, les décisions scélérates de nomination des membres de son gouvernement et l’indélicatesse de l’entourage d’Alpha Condé, visant à orchestrer, vaille que vaille, la victoire du parti au pouvoir lors des prochaines échéances électorales. Aboubacar Sylla estime que des réformes doivent être envisagées en cette phase cruciale de la vie de notre pays. Et la meilleure manière de procéder serait qu’ « Alpha s’entoure de cadres compétents et non de gens qui ont une simple capacité de mobilisation de masses pour une victoire électorale ».

Le Président de l’UFC s’est ensuite indigné de la dégradation exponentielle de l’économie guinéenne. « Au moment où les populations guinéennes sortaient en 2007 pour revendiquer de meilleures conditions de vie, d’autres compatriotes vivaient décemment », précise Aboubacar Sylla. Il rappelle également au Président Alpha Condé que celui-ci parle de moins en moins de la réconciliation nationale qui était son slogan de campagne. Aboubacar Sylla ne comprend pas qu’« Alpha Condé puisse se taire jusqu’à maintenant sur les différents événements intervenus en Guinée et qui se sont soldés par des morts et des dégâts matériels importants ».

Cependant, l’ancien locataire du ministère de l’Information est optimiste de voir à brève échéance les nouvelles autorités appréhender qu’elles ne perdent pas la légalité et la légitimité en faisant face aux besoins cruciaux des populations sans passer par des décisions électoralistes.

Aboubacar Sylla souligne que le cas guinéen n’est pas une fatalité. Car l’UFC se veut de restaurer l’autorité de l’Etat, afin de mettre fin à la chienlit qui caractérise le pays ; édifier un Etat modèle et moderne ; rassembler tous les Guinéens autour des idéaux de paix, de démocratie et de progrès dans une société libérale ; œuvrer à l’instauration de la parité homme-femme (un des principes de l’UFC) ; lutter efficacement contre les principales causes du dérèglement de notre société dont la corruption, les détournements des deniers publics, le népotisme, l’oisiveté, le favoritisme, l’impunité et les discriminations de tout genre ; maintenir et promouvoir l’économie libérale ; contribuer activement au développement de l’esprit civique et du sentiment patriotique. Ces objectifs mis en œuvre, l’UFC entend sortir la Guinée d’une torpeur qui n’a que trop duré. Pour ce faire, Aboubacar Sylla suppose que le passage obligé est le renforcement du pouvoir d’achat des Guinéens.

Evoquant, enfin, ses deux passages au faîte du fameux ministère de l’Information et son avenir politique, le leader de l’UFC met quiconque au défi de prouver son implication dans la moindre malversation et annonce l’implantation, dans les tous prochains jours, de son parti sur toute l’étendue du territoire national. Attendons de voir la suite !


Benjamin Tonguino
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Vos commentaires
Moustapha, lundi 21 mars 2011
Quelle jalousie contre ce MR. Ce qu`il dit est rien que la verite un autre militaire (en majorite) se serait aggrippe au pouvoir. Que Konate ait detourner ou pas est un probleme completement different. Ce monsieur a construit son ecole longtemps apres qu`il est quitte le gouvernement avant d`y revenir et petit a petit, son journal a etet subventionne donc arretez vos mensonges
SIDDIQ, dimanche 20 mars 2011
Cher monsieur, ne perdez pas votre temps car vous aurez beau changer de costume mais votre marque demeurera.Les guineens ne sont pas dupe. Vous etes deja a decouvert et vs ne pourez plus tromper la nation derriere votre masque d`UFC. En plus y a des fois qu`on trouve des petites tailles comme vous qui ont de l`esprit mais votre cas ne fait pas parti du lot. Il me semble que le mieux pour vous est de ressembler ce que vous avez ramasser sur le dos des guineens et aller vous occuper de cas avec votre journal et vos ecoles. Croyez vous reellement a dieu? vous qui etiez parti avec lapin dore comme des poules mouillees se rabaisser devant Alpha pour esperer avoir des postes. Mais n`ayant meme pas remarque votre visage, alors vous cherchez a critiquer le gouvernment tout en n`essayant d`eviter AC afin d`avoir ses faveurs. Mais ce bete de critiquer le gouvernement que Alpha a mis sur place tout en essayant d`affirmer qu`il est hors du lot. VOUS FAITES PARTI DES GENS QUI FONT HONNIR LA GUINEE CHER ZAGAMOR.
DK.DIABY, vendredi 18 mars 2011
Alors pourquoi n`avez-vous pas suivi SEKOUBA comme TIBOU CAMARA l`a fait? Si vous pensez qu`un voleur de vache est mieux que son propriétaire.En partant du gouvernement vous vous êtes servis en vous partageant les biens(terrains,véhicule et l`argent espèce) du peuple comme s`ils vous appartenaient et aujourd`hui vous éssayez de nous faire oublier cet exemple de mauvaise gestion.On aurait dû mettre tous ces ministres aux arrêts pour vol de biens dont vous étiez senser les gerer et les protéger pour votre peuple.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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