jeudi 28 août 2008
Le Grand ménage de Kéïra
Alpha Ibrahima Kéïra

Le président de la République a procédé le mercredi 20 août à un important ménage au sein de son cabinet. Ce coup de balai du locataire de Sékhoutouréya qui intervient au lendemain de la nomination d’Alpha Ibrahima Kéïra au poste stratégique du ministre Secrétaire Général à la présidence de la République est aujourd’hui considéré par nombre d’observateurs comme l’expression de la volonté de ce dernier de parachever son opération d’extirpation des dernières racines du Duo Idrissa Thiam et Sam Mamadi Soumah. Deux anciens proches collaborateurs du général Conté qui ont été récemment débarqués. L’un pour faute lourde et l’autre pour abandon de service.

Ce mois d’août qui s’achève a, sans doute, été celui qui aura une nouvelle fois marqué l’histoire de la présidence de la République. Cette institution est, depuis la maladie déclarée du chef de l’Etat, en proie à une véritable guerre sans merci entre les divers clans qui ne cessent d’y évoluer. A telle enseigne qu’elle est régulièrement sujette à des prises de décision parfois controversées faisant planer souvent des doutes sérieux sur l’authenticité de chaque acte dont elle accouchait. Durant ce mois les Guinéens ont renoué avec les sinistrement célèbres valses de décrets et contre décrets à l’actif du Premier Magistrat du pays. Le tout dernier en date est celui relatif à la nomination de certains cadres dans des fonctions à la fois très névralgiques et prestigieuses de conseillers du président de la République. Suite à ce décret, Moundjour Chérif précédemment Procureur de la République près le TPI de Dixinn fait son entrée dans ce cercle restreint en qualité du Conseiller du Président de la République en charge des questions juridiques. Ce haut magistrat qui peut compter sur sa longue expérience au service de la justice guinéenne est réputé pour son intégrité et sa modération. L’expertise dont on le crédite a beaucoup plaidé en sa faveur pour sa promotion à ce poste. En outre, il a été l’un des rares magistrats, ayant dans le temps traité du dossier ‘’Etat - Futurelec’’, à avoir résisté au rouleau compresseur de l’ancien ministre chargé des affaires présidentielles et coordinateur des actions gouvernementales dans le bras de fer qui l’a opposé à l’homme fort de Dixinn-Bora, Elhadj Mamadou Sylla, PDG de Futurelec et Président du patronat. Moundjour passe pour être aussi l’un des proches du nouvel homme fort auprès du Chef de l’Etat l’honorable Soriba Sorel Camara qui siège à l’Assemblée Nationale au compte du parti majoritaire, le PUP dont il reste l’inamovible président de la jeunesse, est l’une de ces nouvelles recrues dans l’écurie d’Alpha Ibrahima Kéïra à la Présidence. Il est reconnu comme l’un des apparatchiks du PUP et infatigable soutien du Général Conté. Il doit sa nomination à son engagement sans réserve à Lansana Conté. En accédant au poste de conseiller politique, ses efforts et soutiens en faveur des idéaux du Président d’être récompensés après plusieurs tentatives vaines d’entrer dans le gouvernement. La fonction de conseiller chargé des Institutions Républicaines revient à Mohamed Sylla, magistrat de son état et ancien Agent Judiciaire de l’Etat. Celui-ci remplace Doura Chérif qui paie ainsi ses accointances supposées avec le duo Sam et Thiam et à qui on avait prêté à tort ou à raison des intentions de briguer le ministère de la Justice. Pour le moment, il n’a pas de point de chute. Me Jean Alfred Mathos atterrit à l’Agence judiciaire de l’Etat. Il succède à Hadja Madeleine qui a été un des boucs émissaires au compte de Fodé Bangoura contre Mamadou Sylla. C’est Mamadou Malal Diallo qui vient pour sa part dans les fonctions de conseiller économique du Président. Il servait précédemment à la Direction Nationale des Impôts (DNI). Pour le poste de conseiller à la sécurité, le choix du président de la République s’est porté sur Ousmane ‘’Américain’’ Camara, ex-patron de la Sécurité et gouverneur. Il est l’un des rares ministres recyclés ayant survécu au tsunami du changement de janvier-février 2007. Après des échecs successifs de retour aux affaires dans les gouvernements respectifs, le grand flic doit pouvoir, en attendant, se consoler de ses nouvelles responsabilités. Les services de la direction générale du Patrimoine bâti-public sont désormais placés sous le contrôle de Cheick Dem. Il était anciennement en service au ministère des Transports. Cet inspecteur du service financier comptable remplace à ce poste M. Bah. La sédentarisation de ce dernier à ce poste et la très mauvaise réputation qu’il s’y était faite ces temps-ci à cause de sa gestion calamiteuse, sont entre autres les raisons qui justifient sa disgrâce chez le président Conté. A la tête de l’Administration des grands projets, c’est l’ancien DG du Port Autonome de Conakry et ex-puissant directeur de la DNI, Mamadouba Sylla qui fait son retour aux affaires. Cet intime ami de l’actuel ministre de la Défense nationale hérite ainsi du juteux poste de Chef de l’Administration des Grands projets dont le contrôle a toujours suscité la convoitise des proches du Président de la République depuis la création de cette entité par Kassory Fofana. C’est Moïse Mara qui bénéficie de la confiance du Président pour assurer l’administration générale du palais du peuple.

Comme on peut le constater, ce nettoyage à grande eau est le signal fort d’un démantèlement en cours des réseaux du couple Thiam et Sam. Après la cure présidence qui nourrit les causeries dans la capitale, Alpha Ibrahim Keira le nouveau bras droit du Président a déjà insinué de rompre avec cette éhontée indiscrétion habituelle dans la prise des grandes décisions impliquant la vie de la nation. Comme cela s’est récemment confirmé par un décret du Chef de l’Etat publié le 12 août passé à l’adresse de toutes les Institutions de la République, révélant que ‘’des actes réglementaires relevant de son autorité notamment les décrets font l’objet de falsifications par imitation et parfois même après signature.’’ Pour ainsi réussir cette noble mission républicaine, Kéïra veut compter sur des hommes avec lesquels il partage les mêmes visions progressistes : celles consistant à redorer l’image de la présidence de la République qui a longtemps souffert de l’attitude et des actes de félonie de certains fonctionnaires ayant servi dans les rouages de cette Institution. Il s’agit d’une aventure à la fois risquée, osée, courageuse et exaltante engagée par Alpha Ibrahima Kéïra qui est, certes, un ministre revenant mais surtout connu pour son sens de la responsabilité et du respect de l’autorité de l’Etat. Loin donc de l’image diabolisée qu’on lui colle souvent à tort ou à raison, il fait partie des rares anciens ministres, à l’image d’un certain Aboubacar Sylla, ancien ministre de l’Information, de Alhassane Condé, d’Ousmane Kaba ou de Soriba Kaba, qui ont été chacun en ce qui le concerne, des victimes expiatoires à cause des services qu’ils ont rendus à l’Etat pendant qu’ils étaient à la tête de leurs départements respectifs. Etre un ancien ministre ne signifie pas qu’on est forcément mauvais et qu’on ne pense qu’à piétiner le changement.   

Camara Moro Amara
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
th>hamidou Barry U.S.A, vendredi 29 août 2008
mr camara arrete de faire le griotisme.tout le mnd connais Otis sauf toi.allez,demande mr Abdoulaye capi camara ex-ministre de fonction public,keira n`a jamais ete ponctuel dans son service.il venait toujour a la fin de moi pour raquetter son salair.selmen en guinee il p etre ministre.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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