lundi 12 mai 2008
Le gouvernement de Lansana Kouyaté : Un tombeau pour la République de Guinée !
Mamadou Diallo

Depuis plus de deux décades, l’opinion internationale et les gouvernements occidentaux qui se réclament champion de la défense de la démocratie et de la liberté d’expression ont, pour des raisons et des intérêts d’État, fermé les yeux et bouché leurs oreilles pour une complaisance malhonnêteté sur le régime dictatorial et sanguinaire de Lansana Conté, régime qualifié à tort comme « facteur de stabilité » dans une sous-région Ouest Africaine en prise à des multiples guerres civiles.

Lansana Conté et ses clans « vautours » ont implanté  pendant leur règne une économie de prédation et la misère du peuple devient le quotidien du Guinéen qui ne sait plus à quel Saint se vouer.

En Janvier et Février 2007, vient la révolte des casseroles qui coûtera la vie à des centaines de Guinéens, faisant des centaines de blessés graves, sans compter le traumatisme émotionnel et psychologique subit par des millions de Guinéens.

Mais que constate-t-on ?

Trop de sang a coulé inutilement en Guinée en Janvier et février 2007, car malgré cette lueur d’espoir qu’avait suscitée la nomination d’un Premier Ministre dit de « Consensus », rien  de concret n’a  été accompli jusqu’à présent (et cela en plus de 14 mois), pour entendre les doléances et les revendications politiques, économiques et sociales du peuple.

Quatorze mois après la nomination de Lansana Kouyaté au poste de Premier Ministre, la Guinée va de mal en pis. L’autorité de l’État est inexistante, le vol, le banditisme et l’impunité déjà institutionnalisés sous Lansana Conté, se  sont renforcés,  de même que la corruption endémique. La seule autorité de l’État qui existe est celle imposée par la violence d’État.

Le Premier Ministre qui avait une feuille de route a tout simplement tourné le dos à ses engagements, ce qui constitue une insulte à la mémoire des compatriotes Guinéens qui se sont  livrés comme de la chair à canon contre la dictature, pour redonner, ne fut qu’un peu d’espoir à une population dont le désespoir est devenu le lot quotidien.

Le « gouverneet-ment » Kouyaté semble avoir opté pour une politique de démission passive, c'est-à-dire, on reste à la tête du pays, on donne l’impression de diriger et de contrôler la situation, mais en réalité on vit en dehors du temps et de l’espace par rapport à ce qui se passe au pays.

Comment peut-on corriger le paradoxe d’une Guinée potentiellement riche et  d’une population extraordinairement pauvre ?

Aujourd’hui, mensonges et intoxications sont les armes de Lansana Kouyaté contre la vérité sans comprendre que les mensonges finissent toujours par remonter à la surface pour être visibles.

En politique, il y a trois catégories d'acteurs à savoir :

v Les idéalistes,

v Les opportunistes et

v Les traitres.

Il semble que depuis l’indépendance, la Guinée a une triste malédiction d’être dirigée par les opportunistes et les traitres. Il est temps que le pays soit dirigé par des idéalistes à la fois visionnaires et patriotes.

Faudra-t-il faire un dessin pour se rendre à l’évidence de l’incapacité de Kouyaté à présider à la destinée du pays ?

Qui, en dehors des profiteurs du « gouverneet-ment » actuel, ne se plaint pas de la dégradation du pouvoir d’achat des Guinéens et des terribles dérives de ce pouvoir qui se manifestent par des maux comme tribalisme éhonté, violation systématique et répétée des droits de l'homme, pillage jamais égalé des ressources naturelles, amateurisme criant, etc.... comme si la mission de Lansana Kouyaté était d'anéantir totalement la Guinée ?

Quand on a atteint un tel niveau de médiocrité et d’incompétence à la primature, la seule meilleure chose à faire dans l’intérêt du peuple serait pour le Premier Ministre de démissionner au lieu d’attendre qu’il soit chassé par la force comme un malpropre. D’ailleurs, il est le produit de la rue et c’est la rue qui fera partir.

L’aventure politique peut mener l’homme vers les sommets les plus inimaginables, tout comme elle peut l’embarquer dans les chutes les plus vertigineuses. Il suffit de relire l’histoire des différents Premiers Ministres qui ont précédé Kouyaté et sur la finalité des dictateurs du continents.

Depuis son arrivée à la Primature, Kouyaté et son « gouverne-et-ment », exploitent la souffrance du peuple pour s’enrichir sans vergogne, se cachant hypocritement et malhonnêtement derrière la misère du peuple de Guinée pour remplir leurs poches et leurs comptes bancaires. Mais ils doivent savoir qu’un jour qui n’est pas lointain, ils vomiront tout ce qu’ils sont en train de manger en ce moment au nom du peuple meurtri de Guinée.

Lansana Kouyaté qui s’était autoproclamé « champion des Droits de l’Homme, de la bonne gouvernance et de pureté morale » vient de laisser tomber son masque pour exhiber sa véritable face d’un dictateur primaire et sanguinaire en attente pour frapper le marteau sur la tête du Guinéen.

Alors que la Guinée se meurt à petit feu, le Premier Ministre qui se voit déjà comme le «tombeur de Lansana Conté », veut retourner le pays à plus de 45 ans en arrière, à la triste et sanguinaire épopée de Sékou Touré. Il (Kouyaté) redevenait tout d’un coup le « réplica » de Sékou Touré,  le « dictateur dangereux et sanguinaire », et la cause principale de la « misère exponentielle du peuple de Guinée ».

M. le Premier Ministre, la bible dit: « avant la gloire il y a humilité ».

A quoi servira-t-il de se gaver de compliments ou fêter un cinquantenaire pendant que le paludisme, le choléra, la misère et la pauvreté tuent les Guinéens comme des mouches ?

A quoi la célébration de 50 ans d’indépendance « théorique » servira-t-elle alors que le pays ne sait comment protéger ses enfants et leur avenir ?

A quoi la célébration de 50 ans d’indépendance « théorique » servira-t-elle alors que le pays est dans la mendicité, avec l´éternelle dépendance ?

Il faut être bien aveugle et inconscient pour ne pas se rendre compte qu’il y a quelque chose qui ne marche pas en Guinée.

Comment expliquer de façon rationnelle cette déchéance nationale d’un pays avec une si faible densité démographique comme la Guinée, avec des sols fertiles aux énormes niches d’eau et aux intarissables richesses naturelles ?

A quoi la célébration de 50 ans d’indépendance « théorique » servira-t-elle alors que le Guinéen vit avec moins d’un dollar par jour et que les rues de Conakry sont inondées de , dont le nombre ne fait qui ne fait que croître chaque jour. Et cette mendicité se propage en dehors des infirmes pour atteindre autres catégories de personnes : femmes, enfants, grands garçons à l’âge de travailler qui se mettent à quémander de l’argent pour ne fut-ce que prendre un transpor qui, du reste, n’existe pas ?

Qu’est-ce qu’il y a à célébrer dans ce pays qui possède plus de 1200 rivières mais où l’eau potable est une denrée rare voir un luxe, et que l’électricité qui vient à compte goutte est un astéroïde, factice et qui brûle tout sur son passage, calcinant des familles entières ?

Qu’est-ce qu’il y a à célébrer dans ce pays où les détournements et l’impunité au sommet de l’Etat battent leur plein, tout comme la course à l’enrichissement illicite qui se déroule au sein des institutions du pays et qui n’épargne aucun secteur public de l’administration guinéenne ?

Comment se dessine alors la réalité quotidienne des Guinéens ?

La réalité quotidienne des Guinéens est celle d’un pays encore en proie aux démons de la division, caractérisé par le manque de transparence dans la gestion publique ; un pays où il n’existe aucun souci « d’accountability » - ou bien du sens de la « responsabilité politique » et cela depuis l’indépendance jusqu’aujourd’hui.

Les Guinéens assistent impuissants à un marathon : « la course à l’enrichissement illicite et malhonnête » au sommet du pouvoir à Conakry sans compter « le manque de cohésion du « gouverne-et-ment » de « Cons-sangsue », ce qui expose la Guinée à des conséquences graves tant sur le plan politique  que diplomatique.

Il est urgent que les Guinéens se prennent en charge en commençant par reconnaître et accepter qu’ils sont les premiers responsables de leur misère.

Il est grand temps que les Guinéens intériorisent le fait qu’ils sont la cause mais en même temps la solution aux problèmes de leur cher pays, la Guinée.

Pendant qu’il faut pleurer tous ces morts sous la dictature et qu’il faut les enterrer dans la dignité guinéenne, africaine et humaniste, il faut  au moment de leur dire un dernier adieu, que les Guinéens leur (les morts) promettent de se battre pour recouvrer les droits arbitrairement confisqués, en attendant la prochaine mort, les prochaines indignations, les prochaines émotions d’un peuple, pris en otage par ses propres frustrations et vivant sa vie par procuration.

Les Guinéens ont un droit inaliénable  à la dignité et on ne saurait leurs ôter ce droit, sous le seul prétexte d'un « gouverneet-ment » de « Cons-Sangsues » non représentatif, formé d'hommes de médiocre envergure qui se sentent fiers dans l'opprobre.

Nul ne saurait comparer la sagesse et l'intelligence de M. François Fall ou de Feu M. Jean Claude Diallo à l'imbécilité profonde et pathétique de Lansana Kouyaté.

En plus de quatorze mois, la pauvreté et la précarité ont entrainé plus de malhonnêteté, d’escroquerie et détruit la confiance, et mis les Guinéens à couteau tiré tandisque la corruption généralisée a développé l’égoïsme et l’individualisme, et même les intellectuels n’ont pas échappé à cette chimie émotionnelle.

Les pays limitrophes qui ont servi de sauvetage depuis un demi-siècle pour de millions de Guinéens vivant en dehors du pays et leurs parents restés au pays, et cela grâce aux rémunérations, ne peuvent continuer à abriter la misère de la Guinée. Ce qui est plus grave, même les pays plus pauvres que la Guinée sont devenus des bouées de sauvetage pour les Guinéens (Mauritanie, Niger, Burkina Faso, Mali, etc…).

Les Guinéens qui se sentent abandonnés et pleurent aujourd’hui sont des millions avec autant de bras, de jambes et de têtes pour être suffisamment déterminés et agir. Ils sont des millions violés, pillés, arrêtés, frappés, affamés, humiliés depuis près de 50 ans. Le moment est venu pour que ces millions de Guinéens se comportent enfin comme des êtres vivants avec une dignité à défendre à tout prix. Il faut que ces millions de Guinéens réagissent, pas seulement en pleurant, en criant ou en se lamentant les bras croisés mais  à travers une réappropriation de leur destin.

L’Alliance Nationale pour la Démocratie et le Développement (ANDD) appelle tous les Guinéens patriotes dans l’unité et la main dans la main, pas en tant que spectateurs mais en tant qu’acteurs, à conjuguer leurs efforts pour libérer la Guinée parce que face à ce que les Guinéens subissent aujourd’hui, chaque Guinéen possède quelque chose à défendre.

Comment faire sortir le Peuple de Guinée agonisant dans cet abîme où il est tombé involontairement?

Que les Guinéens délaissés et dévastés, croupissant dans la misère s’arment de courage politique et patriotique, et puisque le système actuel conduit la plupart de Guinéens à une mort certaine, alors autant décider de mourir s’il le faut, l’arme à la main pour que ceux qui survivront puissent enfin avoir une chance de vivre autre chose que cette inéluctable descente aux enfers de Guinéens. C’est ce que font les êtres vivants, ils ré-a-gis-sent au lieu de subir éternellement.

Ils sont des millions de Guinéens à ne plus accepter cette humiliation, et ils peuvent tout changer en une journée s’ils le veulent. La majorité de notre population guinéenne est croyante, et elle doit comprendre que Dieu ne descendra du ciel pour libérer la Guinée, mais il (Dieu) agira à travers les hommes et les femmes que sont les Guinéens patriotes. « La première bouée de sauvetage du peuple de Guinée sera le peuple de Guinée lui-même ».

Vu l’immobilisme politique et le délabrement social dans lequel se trouve engluée la Guinée aujourd’hui, les observateurs très avertis n’ont pas tort d’affirmer que la situation du pays est des plus déplorables et que le pays est au bord du gouffre. La notion du travail honnête pour gagner sa vie honnêtement a été relayée par celle de danser et le « griotisme » pour gagner sa vie.

Les étrangers ne sont pas responsables de maux qui accablent la Guinée aujourd'hui. Ce qui est réel, c’est que les Guinéens ne doivent pas s’empêcher de voir la réalité, qu'elle soit bonne ou cruelle. Les Guinéens doivent encore avoir les yeux grandement ouverts face aux maux qui rongent leur pays.

Parmi les maux qui corrodent la Guinée, il y a le Guinéen lui même en tête. Les Guinéens doivent cesser de danser et d’applaudir aux tonalites des promesses démagogiques mais plutôt s’adonner au travail et à la lutte pour leur libération.

Le réveil de conscience doit être brutal pour voir en face le vrai visage et la véritable nature du pouvoir en place à Conakry incarné à la fois par Lansana Kouyaté et Lansana Conté : Un pouvoir corrompu, prédateur, dictatorial et dont la seule réponse aux revendications légitimes d’un peuple chosifié et clochardisé à outrance, reste le mutisme et/ou la violence d’État.

Lansana Kouyaté et Lansana Conté laissent le pays aller en lambeaux pendant qu’eux, leurs familles et leurs laquais  politiques se remplissent les poches.

La malédiction de la Guinée, et cela depuis l’indépendance, c’est d’avoir eu des dirigeants mauvais et irresponsables, et les Guinéens ne cessent de bénir et d’applaudir l'installation des insensés et illettrés à la tête du pays.

« Aider quelqu'un à se marier ne signifie pas contrôler son foyer ». Le fait que Lansana Kouyaté soit venu à la Primature suite aux événements tragiques de Janvier et Février 2007, ne lui donne pas le titre foncier du pays. Il faut rappeler au Premier Ministre, que : « c’est dans le débat et la contradiction que peut naitre la lumière ». Mais quand on critique le Premier Ministre Lansana Kouyaté et que l’on demande de changer pour répondre aux attentes et aux besoins du peuple de Guinée, il s'insurge en victime, oubliant que les vraies victimes sont les Guinéens.

L’Alliance Nationale pour la Démocratie et le Développement (l’ANDD) « lance un appel solennel aux Guinéens encore patriotes et soucieux de l’avenir du pays, donc d’agir et vite agir, afin d’éviter que le pays, qui ne tient plus que sur des béquilles, ne sombre dans une grande misère et continue sa descente aux enfers ».

Si les Guinéens veulent avoir  un changement positif au bénéfice de tous les Guinéens sans exception, ils doivent  s’arrêter un moment, se regarder droit dans les yeux  et réaliser comment le pays est arrivé si bas.

Avant de chercher à tourner la page du passé qui les suit jusqu’à présent et qui les suivra pour toujours, il faut avoir le courage politique de revisiter ce passé sombre, étudier et analyser les raisons de la rétrogression systématique du pays. C’est à ce seul prix que le pays évitera la répétition des mêmes erreurs. Dans l’histoire, l’être humain a besoin d’un point de repère qui commence par le passé. La recette magique est de se conscientiser car la vie est une dualité et que la liberté ne se donne pas, mais ça s’arrache.

Chaque Guinéen patriote a le devoir et l’obligation de donner son apport dans l’édification d’une Guinée libre prospère et tolérante. Ça ne vaut pas la peine de se laisser sombrer dans les émotions partisane, régionaliste ou ethnique.  

L’avenir de la Guinée se trouve dans la main de sa jeunesse. Pas de place au découragement car chaque pays doit vivre sa propre réalité historique.

Que Dieu bénisse la Guinée et guide les Guinéens dans la recherche du bonheur.

Amen !

Mamadou Diallo, MD
Membre Fondateur de l’ANDD et Guinea-Forum

© Copyright : www.guinea-forum.org/ www.guinea-forum.org (Tous droits réservés)/2008

NB : S’il vous plait appliquez la règle des 10. Cela veut dire, à chacun de photocopier et de distribuer à 10 autres personnes.

Que Dieu vous bénisse et bénisse la Guinée.

Amen !

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Vos commentaires
bailo sow, lundi 12 mai 2008
monsieur diallo j´ái lu votre article je crois nous devons chercher plustot â acompagner le changement en critiquant ceux qui sont contre

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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