La Fondation AKBETTY a pu depuis très longtemps décrocher un don de 18 bus auprès de la Régie des Transports marseillais (RTM). Ces bus, destinés à la Guinée, n’arrivent pas toujours à être enlevés par le gouvernement guinéen. Pour connaître les raisons de ce blocage, notre reporter a rencontré le représentant de ladite Fondation en Guinée, Monsieur Alseny Bangoura, pour avoir plus d’éclairage sur la situation.
L’Indépendant : Avant de nous donner toutes les précisions sur ce don d’autocars à la Guinée, dites-nous qui vous êtes monsieur Bangoura…
Alsény Bangoura : Je m’appelle Alseny Bangoura, alias Larsen, représentant de la Fondation AKBETTY en Guinée, notre fondation qui oeuvre dans le cadre humanitaire est basée à Marseille en France où notre président fondateur AKB (ancien footballeur) travaille avec des fondations comme celles de Georges Weah ; Kanu ; Zidane et autres.
En collaboration avec ces fondations, nous collectons des vivres que nous envoyons souvent dans les pays en difficultés comme la Sierra Leone, le Liberia.
Selon des informations dont nous disposons, votre Fondation est parvenue à décrocher un don de 18 bus auprès de la Régie des Transports Marseillais (RTM). Malheureusement, ces bus destinés à la Guinée ne sont, jusqu’ici, pas arrivés à Conakry. Quelles en sont les raisons ?
Notre association s’est battue auprès de la RTM, en France, pour pouvoir décrocher ce don de 18 bus puisque nous avons évalué le besoin qui se pose chez nous en Guinée au point de vue transport. C’était exactement à l’arrivée du gouvernement Kouyaté, le ministre des Transports de l’époque Boubacar Sow nous avait rassurés que le gouvernement allait assurer l’acheminement de ces bus vers Conakry. Après moult efforts de notre Fondation, nous avons pu obtenir les bus. Mais je suis désolé de vous dire qu’aucun membre du gouvernement guinéen actuel n’a pris part à la cérémonie de remise de ces 18 bus.
Maintenant que les bus sont obtenus, que comptez-vous faire pour qu’ils soient acheminés sur Conakry ?
Le problème qui se pose, c’est celui du coût lié à l’acheminement de ces bus à Conakry. Puisque notre Fondation manque de moyens, nous avons adressé des lettres aux autorités guinéennes pour la prise en charge des frais de transport des 18 bus qui s’élèvent à 127000 euros. Jusqu’ici, aucune réponse ne nous est parvenue. C’est déplorable de voir nos autorités négliger ce grand don. Alors que, malgré l’arrivée de 100 bus de Kouyaté, il y a encore d’autres problèmes en Guinée dans le secteur des transports, surtout à l’intérieur du pays.
Que comptez-vous faire au cas où le gouvernement guinéen reste indifférent ?
Il serait regrettable pour notre association de voir les Guinéens, élèves et étudiants, souffrir pendant que 18 autocars qui leur sont destinés se trouvent bloqués en France faute de frais d’acheminement et de l’indifférence du gouvernement. Déjà la date d’enlèvement de ces bus garés dans un parc est fixée pour le 19 août prochain. Passé ce délai, la Fondation devra encore payer les frais de parc.
Si toutefois nous n’avons pas de réactions de la part des autorités guinéennes, ces bus seront attribués à d’autres pays qui sont prêts à en payer l’acheminement. Mais notre combat c’est vraiment d’amener ces bus en Guinée.
Votre appel, est-il lancé à l’endroit des autorités, pour la énième fois ?
Encore une fois, les autorités guinéennes doivent comprendre la nécessité que ces bus arrivent à destination. Et le gouvernement doit accepter de financer l’acheminement de ces bus. Si une Fondation se bat pour décrocher un don au profit d’un pays, le gouvernement de ce pays doit vraiment épauler cette Fondation. On doit comprendre que même si Conakry est relativement doté, aujourd’hui, de moyens de transport, l’intérieur du pays a toujours de grosses difficultés en matière de transport. Encore une fois, je demande aux autorités de notre pays de tout faire pour que les populations guinéennes puissent bénéficier de ces bus qui leur sont destinés.
Propos recueillis par Tonguino Faya Bernard
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com