jeudi 24 janvier 2008
Le gouvernement a-t-il baissé les bras ?
Lansana Kouyaté

C’est la question que bien des citoyens se posent depuis le limogeage de Justin Morel du gouvernement. Un fait qui n’a pas été sans agitations dans certaines localités du pays. L’équipe gouvernementale en a été inconsolable, au point que certains ministres auraient, semble-t-il, nourri le sentiment de claquer la porte par solidarité. Aujourd’hui, le calme semble revenu mais l’équipe Kouyaté ne s’est pas encore remise de ce qu’elle considère  moins comme une violation du protocole qu’une menace pouvant nuire à sa stabilité.

Le mécontentement du gouvernement se manifeste par la suspension de la tenue du conseil des ministres. Aussi, l’on se demande quelle sera la très prochaine décision de Kouyaté dont la volonté de conserver son poste vient d ‘être mise à rude épreuve par cette implication du chef de l’Etat dans ce qui relèverait de l’appréciation du premier ministre. Les points de vue sur la question sont partagés, quand d’un certain point de vue, Justin Morel n’a joué que son rôle de porte- parole du gouvernement, étant, à ce titre, moins responsable de ses propos que le conseil dont il a rapporté fidèlement le message.    

La sanction sous un autre angle est d’autant justifiée que la responsabilité de l’ancien  ministre de la Communication et des NTI doit répondre de toutes les défaillances relevant de son département dont la gestion ne demande pas une décision du conseil des ministres.

Les réactions sont d’autant divergentes que la question qu’il resterait à poser est de savoir, au regard du protocole d’accord et de la Loi fondamentale, si le président Conté doit-il encore jouir toujours du droit de nommer et de révoquer les hauts cadres de l’Etat. Le protocole d’accord ne reconnaît ce droit qu’au premier ministre qui, lui, ne se pas trompera pas de principe, puisqu’il se contentera de proposer les membres de son gouvernement au chef de l’Etat qui les nommera par décret. Dès lors, il est à se demander si la confusion qui nous interpelle aujourd’hui n’est pas générée par la mauvaise conception du protocole d’accord dont les insuffisances en matière de respect de la Loi fondamentale, dans ses dispositions non négociables, auront renforcé le président Conté dans la prise en main de ses prérogatives. Le fait de suspendre la tenue du conseil des ministres ne serait-il pas préjudiciable au bon fonctionnement du gouvernement qui aurait dû prendre son mal en patience, tout au moins,  passer l’éponge sur cet incident de parcours et se remettre au travail? La feuille de route est toujours vierge.

S’il arrivait que le premier ministre exige des réparations à ce qui lui semblerait être un outrage ou une quelconque violation de ses droits à être consulté par le chef de l’Etat avant toute décision de réaménagement à apporter au sein du gouvernement, et qu’il  trouve nécessaire de recourir à une éventuelle démission - qui sera diversement interprétée, en ce moment, compte tenu de la légèreté du bilan - alors, la situation serait d’autant difficile pour les initiateurs du protocole d’accord que la nomination d’un autre premier ministre sur une base plus saine leur incomberait. C’est l’impasse.

Thierno D. Barry

Source : Journal Le Démocrate, Conakry, partenaire de guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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