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Le Général Sékouba Konaté, Président de la transition, président par intérim de la République et ministre de la défense nationale, aurait ordonné cette semaine le retour dans les rangs de l'armée nationale de tous les ex-mutins des évènements des 2 et 3 février 1996.
Mais cette mesure exclurait d'après un des militaires, le Cdt Yaya Yaya Sow, ex-patron de l'artillerie lourde du camp Alpha Yaya Diallo.
D'ailleurs certaines sources indiquent qu'à cause du Cdt Sow, cette réintégration a failli avorter. Depuis août en effet, affirme-t-on, les militaires actifs et ayant purgé entièrement leur peine et bénéficiant d'une présomption d'innocence devraient revenir dans les rangs de l'armée.
Mais le Général Sékouba a donné son accord pour les Cdt Kader Doumbouya (arrêté en mai puis relâché) et Cdt Gbago Zoumanigui et s'est opposé à la reprise du Cdt Sow, allant jusqu'à menacer de présenter sa démission au cas où le Cpt Dadis signerait l'acte.
Ce sont donc plusieurs dizaines de soldats, de sous-officiers et d'officiers supérieurs encore en vie (exceptés maintenant les Cdt Gbago et Kader, restés solidaires au Cdt Sow qui vont bénéficier d'une pension spéciale), qui vont reprendre service.
A rappeler que ce groupe de militaires avait créé une mutinerie les 2 et 3 février 1996 qui s'était traduite par des pertes en vies humaines (une soixantaine de morts au moins), la destruction d'édifices publics dont le palais présidentiel, toujours en reconstruction, le pillage de magasins, de boutiques et de stations de carburant (privés) faisant ainsi de la Guinée un pays à haut risque. Cette situation avait entrainé le découragement des opérateurs économiques nationaux, méfiance des investisseurs étrangers, decrédibilisation du pays à l'étranger.
Au terme d'un simulacre de procès, la plupart avaient été condamnés sans jamais que les véritables coupables ne soient inquiétés. En 1999, plusieurs hauts gradés dont le chef d'État major des armées, le Colonel Oumar Soumah, seront mis à la retraite et d'autres radiés comme les Cdt Sow, Kader et Gbago.
Cette mesure du Général Sékouba, après le limogeage douteux du Colonel Abdourahmane Kaba et la confirmation à des fonctions de ministères d'État de certains responsables de la junte sous les feux des critiques, vient relancer les débats sur les règlements de comptes et les injustices qui ont toujours caractérisé la gestion de la grande muette. D'après un soldat qui a requis l'anonymat, les Chefs qui usent de l'arbitraire et de la rancune devraient prendre la leçon du passé. Le Lieutenant Toumba Diakité, radié en 2003 et repris peu après par le Cpt Dadis, en est une parfaite illustration.
20/02/2010
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