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L’histoire est là pour nous prouver que les peuples dans leur lutte pour la justice, la liberté et l’égalité ont eu a se soulever et mener une lutte armée contre les pouvoirs despotes en place. Quand le pouvoir en place répugne à satisfaire les exigences du peuple a plus de liberté de justice, quand ce pouvoir bafouille les libertés individuelles établies dans la constitution de la nation, le peuple souverain et maitre de son destin a le droit et devoir de renverser un tel régime pour le bien-être social. Toutes les grandes nations ont eu à un moment de leur histoire à se défaire de régimes despotes, la France a eu sa révolution, les Etats Unis aussi, la Russie de même.et il en faudrait aussi une pour la Guinée ou la Contecratie est érigée en système de gouvernance. Dans ses rares discours et actions Lansana Conte nous démontre qu’il croit ferme que sa mission est divine et fait fi de la volonté populaire, bafouillant les principes les plus élémentaires de la démocratie. Les Guinéens dans leur écrasante majorité vivent un calvaire quotidien avec la cherté de la vie, le peuple a faim et le peuple est fatigue tandis que Conte et ses acolytes sont en train de festoyer et voyager à travers le monde avec des dépenses outrancières frisant le ridicule. Le régime de Lansana Conte ressemble a une bête sauvage acculée sur le point de mourir, toutes griffes dehors avec des soubresauts d’une mort certaine, une bête à l’agonie sous l’assaut d’un peuple pris en otage qui n’en peut plus, un peuple qui veut retrouver sa liberté et établir un gouvernement capable de gérer le pays. Le glas a vraiment sonné avec les dernières représailles que ce régime impopulaire dictatorial à mené à l’encontre des patriotes guinéens. Comme le titrait récemment un compatriote sur un site, “La Guinée se westernise”. Il s’agit effectivement du “Far West” puisque chacun peut se prévaloir d’une force au sein de l’armée pour “rétablir” l’ordre après l’avoir bafoué sans que les plus hautes autorités de l’état que ce soit dans l’armée dans le gouvernement ou au niveau des institutions dites républicaines ne puissent broncher mot. A quoi servent ces fameuses institutions (Société civile, CNC, cour suprême, assemblée nationale, armée “républicaine”……) ? La réponse à cette question est sans conteste RIEN. OUI elles ne servent à rien ou ne peuvent servir à rien tant que nous aurons des pseudo patriotes comme Sompare ou Sidime à leur tète. Parmi ceux qui veulent et peuvent faire le procès du Conteisme, beaucoup devraient se retrouver sur le banc des accusés. Il y a ceux qui lui ont confectionné sa Constitution sur mesure et appelé les populations à la voter, Il y a ceux qui se sont associés sans broncher aux détournements des deniers publics avec la bénédiction de ses “parlementaires cleptomanes”. La question que l’on devrait se poser aujourd’hui est de savoir quel pays voulons-nous pour les Guinéens? Conte a sans doute tous les défauts, Mais il a trouvé un Etat qui cadre bien avec ses aspirations monarchiques. En 24 ans de Conteisme, nous n’avons jamais réussi à nous réunir pour asseoir les bases institutionnelles sur lesquelles édifier une Nation viable, démocratique sachant que nous étions dirigés par un militaire sans la moindre formation politique. Si nous ne réglons pas la question de savoir où nous voulons aller avant de savoir qui va nous y mener, nous serons toujours à la merci des marchands d’illusions et sans prétention quelconque, j’attribue ce dérapage de la Guinée aux politiciens et à l’armée. LES POLITICIENS La Politique consiste à construire un programme sur la base d’une conviction idéologique et à le défendre auprès des électeurs pour l’appliquer une fois au pouvoir. En Afrique notamment, cette logique est malheureusement piétinée par des amateurs qui pour des besoins personnels jouissent de tous des sentiments irrationnels. Pourquoi les hommes politiques guinéens n’ont-ils aucune conviction idéologique? Où trouvent-ils la force de chanter les louanges du président après l’avoir diabolisé et injurié durant des années ? Peut-on faire de la politique et rester digne? Il est bien difficile de répondre par l’affirmative à cette question dans le contexte guinéen où des hommes et des femmes, même dotés de hauts diplômes, sont prêts aux pires bassesses pour obtenir une planque ou de l’argent. En Guinée, l’insalubrité politique a atteint un degré qui autorise à se demander si la politique n’est pas au service du vice. L’absence de dignité dans le champ politique s’explique par trois phénomènes essentiellement. D’abord la pauvreté qui constitue un terrain favorable à la «marchandisation du vote». Des citoyens sont régulièrement appâtés par quelques kilogrammes de riz (ventre vide ne peut applaudir) et des promesses chimériques en cas de victoire. Des badauds sont transportés dans des bus et parqués dans des enclos où ils doivent entrecouper le discours d’un responsable politique d’applaudissements naïfs, sans savoir de quoi on parle. Il est vrai que la pression des besoins vitaux fait sombrer de nombreux concitoyens et les contraint à renoncer à leur dignité pour obtenir des moyens de survie. Mais Rousseau disait: «On a tout avec de l’argent, hormis des citoyens». Ensuite, le culte de la personnalité. Le système de la chefferie traditionnelle est encore présent dans la conscience populaire. Peu de citoyens savent que le pouvoir politique est logé dans l’institution étatique et que le Président de la République n’est qu’un agent momentané et contingent, chargé d’exercer ce pouvoir, le temps d’un mandat conféré par le peuple souverain. Dans cette confusion entre l’institution et la personne qui l’incarne passagèrement, on fait des courbettes au chef et on l’enduit volontiers de discours laudatifs. Camille Desmoulins estimait à ce sujet que “Le véritable patriote ne connaît point de personne, il ne connaît que des principes” Enfin, l’ignorance et l’immaturité politique. L’écrasante majorité des militants au sein des partis politiques guinéens ignore le programme du parti qu’ils prétendent soutenir. Ils s’attachent à une personne et à des intérêts immédiats plutôt qu’à une doctrine. De nombreux citoyens ont voté «Oui» lors du referendum constitutionnel ou “loi fondamentale” de 1990 et aujourd’hui, ils sont incapables de dire de quoi le texte parlait et c’est pourquoi j’ai dit plus haut que si nous voulons et devons faire le procès du conteisme, beaucoup de pseudo-intellectuels se retrouveraient dans le box des accusés car ils lui ont confectionné sa “machine de répression”. J’appelle pseudo intellectuels, ces bandits à col blancs bardés de diplômes de droit de telles ou telles grandes universités qui au nom de la loi du silence refusent d’assister un peuple en danger qui ne demande qu’à vivre. Dans les démocraties les plus avancées, une telle forfaiture est synonyme de haute trahison. Beaucoup pensent que la démocratie c’est le droit d’injurier des adversaires politiques ou de discréditer les institutions républicaines sans être inquiété. Les responsables politiques eux-mêmes n’ont généralement aucune conviction idéologique et sont fondamentalement attirés par le pouvoir personnel et l’argent c’est pourquoi il y a nécessite de faire la différence entre l’homme politique qui ne pense qu’à la prochaine élection et l’homme d’état qui lui pense à la prochaine génération. C’est ainsi que, logiquement, des revirements spectaculaires s’opèrent sur la base du mensonge, de l’opportunisme et du situationnisme. Il appartient aux partis politiques de former leurs militants à la citoyenneté. Malheureusement, ils préfèrent les maintenir dans l’obscurité, les abrutir pour pouvoir les manipuler comme du bétail électoral et glisser quelques pièces de monnaie dans leur bouche à chaque fois qu’ils l’ouvrent pour protester. Ces pratiques malsaines sont si répandues que le citoyen ordinaire voit dans la politique l’art de la tromperie et la ruse vicieuse. L’armée Une république digne de ce nom ne doit pas avoir au sein de son armée, une aile républicaine et une autre dite radicale. Malheureusement on aura tout vu dans l’armée guinéenne celle-là même qui est censée protéger son peuple et qui malheureusement ne fait que le brimer, voler, violer, traumatiser, torturer, barbariser……, bref les mots ne manquent pas, tellement nous sommes à la merci de nos “protecteurs”. L’armée, c’est d’abord l’ordre et la discipline mais dans le contexte guinéen, l’armée signifie dernier refuge des plus grands malfrats du pays. En Guinée, quand on ne peut plus contrôler son enfant, on cherche des “sabou fanyi” pour lui trouver une planque dans la police, dans l’armée ou au sein de la gendarmerie. Ce délinquant reconvertit militaire, policier ou gendarme ne bénéficiant d’aucune formation citoyenne fera sa loi dans le quartier ou scellera des “deals” avec ses anciens copains malfrats qui n’ont pas eu ce “sabouyouma” de devenir un “Coplan”. L’armée guinéenne a perdu sa noblesse, sa verve, elle a manqué son rôle de garant, bref elle a manqué de leadership. Le Sénégal voisin a été sauvé d’une guerre civile grâce à un haut gradé, le Général Lamine Cissé qui ayant été informé de la victoire du candidat Abdoulaye Wade sur le président Diouf, appela ce dernier tout en l’invitant à téléphoner à son adversaire pour le féliciter et reconnaître sa défaite alors que ses partisans du Parti socialiste se dirigeaient vers le palais présidentiel pour l’empêcher de reconnaître cette cinglante défaite de la honte mais aussi de fin d’émoluments. Cet acte républicain du Général Cissé lui a valu aujourd’hui d’être reconnu comme sauveur de la nation lors des élections de 2000 qui ont porté Me Wade et sa coalition au pouvoir. Cet exemple montre à juste titre qu’une armée républicaine doit être le dernier rempart en période de crise à condition qu’elle soit dirigée par des éclairés et saints d’esprit. Je conclurai en disant que dans l’état actuel des choses, la nécessité d’un débat national regroupant tous les acteurs politiques et sociaux s’impose en vue de réconcilier les Guinéens même si je n’approuve pas la création d’un tel ministère qui plutôt aurait pu être une direction nationale rattachée au ministère de l’administration du territoire ou d’une commission nationale indépendante. Je ne fais pas le procès du gouvernement Souaré même si je trouve qu’il a créé plus de ministères qu’il n’en faudrait. Certes nos besoins sont urgents et nombreux mais un gouvernement de 33 ministères qu’il faudra tous budgétiser n’était pas la solution non plus. Souaré peut être doté de bonnes intentions mais j’ai une réserve sur sa capacité de réussite non pas parce qu’il est incompétent ou que son gouvernement le soit, parce qu’il est tout simplement un premier ministre illégitime. Comme le disait M. Sy Savane aux premières heures de Lansana Kouyate à la primature, le poste de premier ministre est anticonstitutionnel. Voilà la véritable raison des échecs de tous les premiers ministres de Conte. Ils ont tous eu les mains liées et n’ont jamais eu la moindre intelligence de faire recours aux dispositions légales pour légitimer le poste afin qu’ils aient “pleins pouvoir” dans l’exercice de leur fonction même si les pleins pouvoir en Guinée ne reviennent qu’au général président et à lui seul. Que Dieu protège la Guinée. Moussa Konate “Papus”, Toronto, Canada pour www.guineeactu.com
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