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 | Siège du FMI, Washington DC |
Dans la fièvre des fêtes de fin d’année, sous un signe d’austérité des plus strictes, l’annonce de la signature du document sur le programme formel dans le cadre de la FPRC arrive comme une bouée de sauvetage en haute mer. Mais, en fait, que pouvait le FMI à l’image des opportunités offertes à d’autres pays. Analyse : Au moment de l’annonce, les plus optimistes misaient sur pas moins de 500 millions de dollars US, pour escompter au plus à un milliard, vu les besoins et le programme de redressement. Ni l’un, ni l’autre. C’est une ardoise de 75 millions de devises américaines et quelques deux cents milles de plus qui sont accordés au peuple de Guinée, sous forme de prêt à recevoir sur les trois (3) prochaines années à venir. Il faut faire une simple division par trois pour savoir qu’on aura droit qu’à 25 millions et quelques dizaines de milliers par an, ce jusqu en 2010. C’est un geste, il paraît qui va encourager d’autres bailleurs de fonds à nous délier les cordons de la bourse et dans un avenir proche – si l’on a bien compris le ministre Ousmane Doré et ses invités, lors de la conférence de presse à propos de cette signature. En toute connaissance de cause et vu ce que le Mali ou la RDC ont obtenu du même FMI, l’écart est inimaginable. 300 millions pour le Mali et 7 milliards pour le Congo - RDC. Même s’il est vrai que ‘’comparaison n’est pas raison’’, il faut reconnaître que l’on a trop vite crié victoire, à la réussite, étant entendu que c’est notre compte en matière de dette qui s’alourdit de plus. Alors, pourquoi ne pas emmancher d’un trait et faire face aux divers programmes audacieux en termes d’objectifs. Le FMI avec ses conditionnalités liées à ses intérêts, de même que la Banque Mondiale ou les réseaux de Clubs (Paris et Londres), nous pousse à une analyse profonde de la portée de son assistance financière. L’histoire est riche d’exemples qui démontrent, qu’avec ces fonds, nous nous engageons dans un jeu, d’hypothèque qui, à l’avenir, nous serre le cou et les reins, en récupérant bon an mal an, le taux conclu sur nos recettes. A moins que, grâce à un concours de circonstance, nous bénéficions des conditions d’allègement de la dette. En termes claires, nos ressources minières qui font les plus grosses entrées de devises pour nous, sont à moyen ou long terme dans le calcul des experts argentiers du monde. Ceci assorti de conditionnalités difficiles à respecter, vu le niveau d’expertise de nos gestionnaires, et surtout du respect qu’ils accordent aux derniers publics. Ce piège est aussi Kafkaen, car nous semblons être comme des tonneaux de Danaïde. Cette analyse recoupe le fait que notre institution financière mère la BCRG et tous ses partenaires, n’a jusque là changé ni de philosophie, ni de pratique. Allusion aux nouvelles nominations au sein de ses services internes. Le Trésor public, les impôts et la douane réclament plus de rigueur, afin de positiver nos multiples ressources. A ceux-ci, ajouter tous les autres services capables d’augmenter nos recettes, il est certain que l’acte du FMI peut être considéré comme salvateur pour les guinéens et surtout pour le gouvernement Kouyaté. Cette équipe qui vient d’être interpellée sur plusieurs fronts, dont celle de sa cohésion, et mieux dans sa capacité à alléger les charges économiques sous lesquelles ploient nos populations. A regarder de façon surfacique, l’on a l’impression d’obtenir une véritable bouffée d’oxygène avec un parfum de devises américaines et européennes. Or, dans le fond, nos capacités réelles sont loin d’être prises en compte, pour qui sait que des pays sahéliens et arides depuis des décennies passent loin devant nous. Ils arrivent à mieux progresser et gagner plus en dividendes financières. Citons, entre autres, le Mali, le Burkina… Des pays au sortir de guerres au tour de nous, ont réussi à engranger plus de sous de ces mêmes bailleurs de fonds, acte qui en fait, reçoit notre solidarité. Mais à ne pas tenir compte que la Guinée a subi autant que ces pays, les effets pervers des confrontations fratricides est un crime, un manque de discernement. Après plus de quinze ans au Libéria et en Sierra Leone, c’est la Côte d’Ivoire qui est entrée en conflit avec elle-même pour fait d’ivoirité. La Guinée a trop souffert, et les bailleurs de fonds semblent nier cette réalité pour ne nous accorder que 75 millions de dollars. C’est comme si nos ministres n’ont pas d’arguments pour convaincre, s’ils ne peuvent séduire. Encore une fois, revoyons notre politique économique et comparons les actions des différents intervenants sur le chéquier financier sans commentaire. L’option de la Chine s’impose au vu des actes que cette nation amie a posés ici en Guinée et dans certains pays en Afrique. A cet effet, la Guinée doit s’accrocher à sa position de pays pionnier dans le cadre de la coopération avec la Chine. Nous avons assez à gagner en renforçant cette ligne de coopération, si des patriotes pouvaient, enfin, accepter de ne plus se laisser tromper par les sirènes de la néo-colonisation, pour définitivement mettre le cap sur le dépassement économique à tous égards. Cette proposition de refondation de la politique sociale et économique de la Guinée, sur la base de nos propres ressources, par nous-mêmes, est d’une exigence capitale. Aboubacar S. Sampil Source : Journal L’Indépendant, Conakry
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