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Monsieur Sadio Barry est insatisfait du déroulement des festivals de Dakar, en mars 2008, et de Bruxelles, en juin 2009. Il l’a fait savoir. C’est son droit. Le problème, c’est que dans le cas du Sénégal, puisque nous ne pouvons pas répondre à la place des organisateurs du festival de Bruxelles, il a revêtu à la fois les haillons de la victime, le manteau de la partie civile, les robes du procureur et du juge, dans sa diatribe du 29 juin 2009, où il jette en pâture ceux qu’il appelle : « Les égoïstes et irresponsables du bureau local sénégalais ! »
Jugez en vous-mêmes : « En mars 2008, le festival a été organisé à Dakar. Ce fut le contraire : arrivés à Dakar, les invités sont abandonnés à eux-mêmes. Pas d’accueil pour la plupart, pas d’orientation, pas d’assistance. On avait promis de prises en charges des délégations étrangères, comme ce fut le cas à Bruxelles. Mais, moi j’avais où correspondre et n’ai pas eu besoin des services du Tabital Pulaaku, heureusement. Car les organisateurs sénégalais ont non seulement fermé leurs portables le soir de la veille, mais quand ils décidèrent de faire quelque chose, on remarquera plus tard, qu’ils n’ont presque pris en charge (voyage, logement et nourriture) que leurs parents qui ont pourtant leurs propres familles à Dakar. De tous ceux avec lesquels je me trouvais dans l’avion pour le festival de Dakar, seuls tous les sénégalais ont été pris en charge, pas un seul non sénégalais. Des sénégalais ayant des familles à Dakar viennent loger dans des hôtels à Dakar, à la charge de l’organisation. Le népotisme a été le principal critère de choix. D’autres peuls venus d’ailleurs, mêmes les artistes officiellement invités devaient se débrouiller eux-mêmes. Horejo qui avait débloqué cinq millions de francs CFA pour cette organisation (que le vice-président avait reçus) à Dakar fut obligé de reprendre une bonne partie à nouveau des charges à son compte pour éviter l’annulation du festival qui était déjà en vue. Pourtant, la plupart des grandes personnalités sénégalaises et le gouvernement du pays hôte avaient beaucoup mobilisé en argent et en nourriture pour le Tabital Pulaaku et ses invités. Les égoïstes et irresponsables du bureau local sénégalais ont profité et pratiqué du népotisme sans vergogne. Cette attitude n’est pas de la culture peule ni ne l’honore. J’insiste là-dessous. Dans les assises qui ont suivi, nous avons demandé au bureau international et Horejo de prendre des mesures disciplinaires contre les responsables de la pagaille et de ce népotisme négationniste de l’esprit de cette organisation (qui prône l’unité des peuls) mettant l’accent sur le traitement inégal des hôtes. Il ne l’a pas fait. Au contraire ».
Puisque M. Barry semble ignorer ce qui est Tabital Pulaagu Sénégal qu’il traite avec désinvolture, nous pensons qu’il est utile de l’aider à se familiariser avec cette association pionnière du mouvement culturel peul, avant de réfuter ses calomnies irrévérencieuses.
Notre association, fondée en 1958, s’appelle, d’abord : « Association pour la promotion du Poular (ARP) », en l’occurrence : « Fedde Vamtoore Pulaar ». Comme son nom le montre, il n’y est fait aucune référence territoriale. Parce que les initiateurs de ce mouvement culturel avaient conscience du caractère transfrontalier de notre nation, à l’instar de beaucoup de communautés sœurs à travers l’Afrique.
C’est ainsi que l’ARP fédère, dans les années 1961 - 1963, au niveau du Sénégal, plusieurs mouvements culturels pulaar, dont les plus connus à l’époque sont AJP (Association Jeunes Pulaar) et GEP (Groupe d’Etudes Pulaar) ; et le gouvernement sénégalais reconnaît officiellement l’ARP en 1964.
C’est fidèles aux valeurs de solidarité et de Pulaagu que les membres de l’ARP, au Sénégal comme ailleurs, sont à l’avant-garde pour défendre le pulaagu et le panafricanisme, dénoncer toutes dérives dictatoriales, et promouvoir la solidarité agissante entre les peul d’une part, et entre les peul et leurs frères africains d’autre part, sans oublier la nécessaire chaine de solidarité entre les peuples de par le monde.
Sur le front culturel, nous avons à notre actif :
Ø La participation à Accra, en 1965, à la rencontre des experts sur la codification des langues africaines, sous l’égide de l’UNESCO ;
Ø La participation, en février – mars 1966, à la conférence de Bamako qui a codifié et recommandé l’alphabet utilisé actuellement par les principales langues ouest – africaines ;
Ø La participation, en 1970, à la rencontre de Caire (Egypte) qui a jeté les bases théoriques de l’unification du mouvement culturel fulve à travers le monde ;
Ø La participation au Congrès de Bordeaux qui a fondé, en août 1981, le « Kawtal Janngoove Pulaar/Fulfulde e Winndere he». C’est cette association qui a fourni au TPI ses principaux cadres en Europe. Tous les présidents de la section européenne de TPI viennent, jusque - là, du Kawtal ;
Ø La participation, dans le cadre de Société d’Etudes Peules (SEP) que présidait le feu Professeur Oumar KANE, ancien doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Cheikh Anta DIOP (UCAD) de Dakar, à la traduction de l’histoire générale de l’Afrique, dans les années 80 et 90, sous l’égide du feu Professeur Alpha Ibrahima SOW, Secrétaire administratif du SEP, de Labe ; mais qui était désespérément seul ! Sur l’équipe de onze personnes qui ont fait ce travail, cinq étaient des frères Fulve du Sénégal ;
Ø La participation à plusieurs rencontres de Niamey, rencontres qui ont précédé la naissance du TPI ;
Ø La participation au Koolol II de Bamako, en 1998 ;
Ø La participation au Koolol III de Bamako en 2002 qui a porté sur les fonts baptismaux le Tabital Pulaagu International, en tant membres fondateurs. Notre délégation était forte de soixante cinq (65) membres, dont, entre autres, sept (7) professeurs d’Université, une dizaine de journalistes et plusieurs militants et artistes. Nos frères maliens nous ont chaleureusement accueilli, mais la délégation s’est prise en charge intégralement (voyage par voies aérienne, ferroviaire et routière ; logement et nourriture). Nous sommes parmi les premières et rares sections nationales à avoir donné intégralement les cinq millions de cotisations statutaires ; et c’est à partir de cette date que nous sommes devenus : « Association pour la Renaissance du Poular/ Tabital Pulaagu Senegaal (ARP/TPS)» ;
Ø La participation aux réunions de TPI, lorsque nous sommes conviés ; notamment à la réunion de février 2006 qui a retravaillé les textes fondamentaux de TPI, donnant sa version actuelle ; et surtout à la rencontre de juillet 2006 qui a élu le Hooreejo actuel : nous sommes témoins des tractations, pour ne pas dire plus, qui ont empêché le Président sortant, présent aux assises, de rempiler et qui ont imposé la candidature du président actuel, absent aux assises, puisque sa candidature est parvenue sous forme d’un fax, à partir d’un pays étranger !
Ø Au niveau sénégalais, nous sommes une association nationale, présente dans tous les départements que compte le pays : nous avons formé ou alphabétisé plus de cent cinquante mille (150 000) locuteurs (Fulve ou non) en Pulaar, etc. ; et en 2009, nos sections, à travers tout le pays, forment et alphabétisent plusieurs milliers de Fulve, dans des centaines de classes…
Sur le front de la solidarité avec les peuples, y compris intra-fulve :
Ø Nous étions là, en 1966, déjà, pour dénoncer les décisions racistes du Président Moctar O/ Daddah qui avait pris des mesures de déchéance contre les jeunes lycéens négro-africains de son pays, coupables, à ses yeux, d’avoir rédigé «le Manifeste des 19 » ;
Ø Nous étions là aussi, dans les années 70, pour dénoncer les dérives ethnicises et sanguinaires du président tribaliste de la Guinée de l’époque, M. Sékou Touré ;
Ø Nous étions là également dans les années 80 et 90 pour dénoncer les dérives fascistes du président mauritanien d’alors, Maouia O/ TAYA, qui a sur la conscience, s’il en a une, le massacre 530 officiers et sous – officiers négro-mauritaniens sans parler des centaines des milliers de civiles spoliés, déportés au Sénégal et au Mali et/ou massacrés ; etc.
Ce bref rappel donne ce qui, en substance, est le Tabital Pulaagu Senegaal : un mouvement culturel nourri aux sources du Pulaagu, acquis aux meilleures valeurs africaines et humanistes.
C’est pourquoi, nous rejetons avec vigueur l’insinuation infâmante qui voudrait faire de nous des ségrégationnistes à l’intérieur du monde Fulve, comme nous rejetons l’accusation de la pratique du népotisme.
Mais, revenons-en au texte M. Sadio BARRY et aux faits.
Il écrit : « En mars 2008, le festival a été organisé à Dakar. Ce fut le contraire : arrivés à Dakar, les invités sont abandonnés à eux – mêmes. Pas d’accueil pour la plupart, pas d’orientation, pas d’assistance… »
Les faits : ceux qui sont arrivés à Dakar n’ont pas pris contact avec les responsables du Tabital Pulaagu Sénégal, qui n’avait jamais reçu leur correspondance pour savoir quand est-ce qu’ils viennent et par quels moyens de transport ils effectuent leurs voyages. Ne pas nous avertir de votre arrivée, et nous reprocher, en même temps, de ne pas être là pour votre accueil, relève de la supercherie. Le bureau national de l’ARP/TPS, qui n’est pas un bureau local, comme vous le dites avec mépris, n’a été informé de l’arrivée des délégations qu’avec plusieurs jours de retard, alors que celles-ci, pour la plupart, étaient déjà installées dans les hôtels de leur choix.
Il écrit : « On avait promis de prises en charges des délégations étrangères, comme ce fut le cas à Bruxelles ».
Les faits : Nous souhaiterions savoir qui est cet « On ? Qui aurait promis de prendre en charge les délégations étrangères, comme ce fut le cas à Bruxelles » ? Aucune instance de l’ARP/ TPS n’a eu à débattre de la question ni à prendre la décision de prise en charge des délégations étrangères, encore moins de le faire « comme ce fut le cas à Bruxelles». Pour la simple raison que nous ignorions ce qui s’était passé à Bruxelles en 2007. Certes, les frères du Tabital Pulaaku Belgique nous avaient dûment invités. Mais, nos délégués, au nombre de six, n’ont pas obtenu les visas nécessaires pour leur déplacement. Nous n’avions donc pas pris part à ce festival, et nous n’avions pas non plus reçu de rapport du festival. En conséquence, ignorant complètement ce qui s’est passé à Bruxelles, nous ne pouvions pas nous permettre de « promettre de faire comme ce fut le cas à Bruxelles». Nous, Bureau National de l’ARP/TPS, nous n’avons rien promis à personne. Est – ce qu’il n’y aurait pas d’autres interlocuteurs que l’Association pour la Promotion du Poular / Tabital Pulaagu Senegaal ? Si c’est le cas, c’est à ces derniers qu’il faudrait s’adresser, et s’abstenir de nous vilipender !
Il écrit : «Mais, moi j’avais où correspondre et n’ai pas eu besoin des services du Tabital Pulaaku, heureusement. Car les organisateurs sénégalais ont non seulement fermé leurs portables le soir de la veille, mais quand ils décidèrent de faire quelque chose, on remarquera plus tard, qu’ils n’ont presque pris en charge (voyage, logement et nourriture) que leurs parents qui ont pourtant leurs propres familles à Dakar. De tous ceux avec lesquels je me trouvais dans l’avion pour le festival de Dakar, seuls tous les sénégalais ont été pris en charge, pas un seul non sénégalais. Des sénégalais ayant des familles à Dakar viennent loger dans des hôtels à Dakar, à la charge de l’organisation. Le népotisme a été le principal critère de choix. D’autres peuls venus d’ailleurs, mêmes les artistes officiellement invités devaient se débrouiller eux – mêmes »
Les faits : Manifestement, M. Sadio BARRY ne s’est pas adressé aux responsables élus de l’ARP/TPS. Aucun responsable du bureau national, présent durant cette période à Dakar, n’a fermé son portable ! Vous vous êtes adressé, si ce que vous dites s’est réellement passé, à d’autres cibles que les vrais responsables de cette manifestation. Pour éviter l’amalgame, dites auquel des organisateurs vous vous êtes adressé et que son portable était hors d’usage. Les responsables du TP Senegaal n’ont payé aucune note d’hôtels. Ceux qui ont payé les notes d’hôtels ne sont pas envoyés par nous, donc nous ignorons leurs critères de sélection. C’est cela la stricte vérité : le Tabital Pulaagu Senegaal n’a ni payé les notes d’hôtels ni délégué personne pour le faire en son nom au profit de qui que ce soit, encore moins au détriment de quiconque ! S’agissant des artistes, seuls les frères du Mali se sont présentés à nous, et nous les avons reçus au Centre Amadou Malick GAYE, c’est –à-dire dans les mêmes conditions que les artistes sénégalais venus du Sud du Sénégal. S’il y a eu népotisme, il faut le chercher ailleurs, soit dans l’esprit des calomniateurs ou dans celui de leurs correspondants déserteurs, mais pas dans l’esprit des militants qui, depuis plus de quarante ans, consacrent leur talent et leur fortune au service de ce qui leur est le plus cher : le pulaagu !
Il écrit : « Horejo qui avait débloqué cinq millions de francs CFA pour cette organisation (que le vice – président avait reçus) à Dakar fut obligé de reprendre une bonne partie à nouveau des charges à son compte pour éviter l’annulation du festival qui était déjà en vue »
Les faits : Nous ignorons si le Hooreejo a fait des dépenses supplémentaires pour éviter l’annulation du Festival, parce que, simplement, il n’a pas estimé nécessaire d’associer les responsables élus du Tabital Pulaagu Senegaal dans ses initiatives. Ce que nous savons par contre, ce que, quand il a perdu tout espoir de contact avec ses correspondants déserteurs, il a fait appeler, nuitamment, le Président de l’ARP/ Tabital Pulaagu Senegaal qui a accepté de répondre à son appel, accompagné par un frère de la délégation gambienne. Il était presque minuit, ce qui prouve que nos portables n’étaient pas fermés. Beaucoup de délégations étrangères étaient présentes à cette rencontre, et probablement notre accusateur – procureur - juge. S’agissant des cinq millions que le Hooreejo, de bonne foi, a donnés : il sait qui a prit cette somme et l’a utilisée à sa guise. Nous le lui avons dit. Il sait que le Bureau National du Tabital Pulaagu Senegaal n’a reçu aucun franc de ses cinq millions. Encore une fois, il sait à qui cet argent a été remis, et ce n’est pas au bureau de l’ARP/TPS. Donc, accuser, dans ces conditions, le bureau local sénégalais de profiter et de pratiquer du népotisme sans vergogne, relève de la calomnie pure et simple.
Il écrit : « Pourtant, la plupart des grandes personnalités sénégalaises et le gouvernement du pays hôte avaient beaucoup mobilisé en argent et en nourriture pour le Tabital Pulaaku et ses invités.
Les faits : C’est vrai. Des bonnes volontés nous ont soutenus, aussi bien sur les plans financier, matériel et moral. Nous y reviendrons. Mais, là également, M. Sadio BARRY, dans sa logique diffamatoire n’interroge pas les faits, mais fait feu de tout bois. Il est nécessaire de rappeler les principes qui ont guidé les pas de l’ARP/TPS, notamment ses responsables élus dont le crédo est : responsabilité, intégrité et transparence. Ce crédo nous est dicté par la nécessité mais aussi par l’expérience : nous avons organisé en 2003 un festival qui a réuni 2000 personnes pendant cinq jours à Dakar. Les autorités du pays, malgré leur promesse de nous apporter leur soutien, se sont laissées influencées par nos détracteurs, nous ont abandonnés au dernier moment. Nous avons alors décidé non seulement de maintenir le festival de 2003, mais de compter sur nos propres forces, les forces de l’ARP/TPS, de la communauté et de ses amis. C’est ainsi que nos sections ont pris en charge l’essentiel des dépenses afférentes à l’organisation : les sections dans les régions du Sud et du Centre du Sénégal ont pris l’engagement de fournir de la viande, les autres sections de prendre en charge, chacune en fonction de ses possibilités, les autres condiments. C’est ainsi que, que nos sections de Kolda et du Jolof ont fourni quarante taureaux et plusieurs dizaines de têtes de petits ruminants ; le Fuuta Tooro a fourni le riz nécessaire, plusieurs dizaines de tonnes, d’autres sections ont apporté les légumes et autres nécessités. C’est ainsi que nous avons réussi le Festival de 2003, en accueillant quelque deux mille festivaliers pendant cinq jours à Dakar, sans un sou de l’Etat. Le gouvernement sénégalais que certaines mauvaises langues avaient dissuadé de prendre part à nos manifestations, avait compris, entre temps, notre représentativité dans le pays et surtout notre rigueur dans la gestion des biens communs. Imaginez un seul instant, si, dans notre gestion, il y avait eu une seule malversation, quelle allait être l’attitude de nos détracteurs dans les rouages de l’Etat. Nous avons une haute idée de la responsabilité que nous a confiée notre communauté pour verser dans les travers du profit simple aux allures de détournement de l’aide de nos amis de bonnes volontés. Au contraire, quelques uns des membres de Bureau, qui ont quelques moyens, ont apporté leur soutien financier pour la marche de l’organisation. Certains ont accueilli dans leurs foyers, à leur frais propre, des dizaines de festivaliers venus de l’intérieur du pays et qui n’avaient pas des parents à Dakar, ce qui contredit votre allégation qui consiste à insinuer que tout sénégalais de la diaspora a des parents à Dakar. Mais, revenons – en au Festival de 2008 : cette année, le gouvernement sénégalais changeant son attitude à notre égard a généreusement participé à la réussite du festival. A commencer par le Président de la République qui a donné des instructions claires pour qu’on mette à notre disposition gratuitement quelques locaux relevant de son domaine (plusieurs stades, maison de la culture Douta Seck, le CICES, Le Théâtre National Daniel SORANO, Hôtel Méridien, etc.). Nous avons même appris qu’il aurait donné de l’argent, mais cet argent n’est pas parvenu au Bureau. Plusieurs membres du gouvernement sont venus assister aux différentes manifestations, à commencer par la cérémonie d’ouverture du Festival, à l’Hôtel Méridien, à Dakar, présidée, au nom du chef de l’Etat, par le Ministre de la Culture ; et rehaussée par la présence du Ministre d’Etat, Directeur du Cabinet du Président de la République, du Conseiller Spécial du Président de la République, du Ministre de l’Agriculture, plusieurs parlementaires et autres personnalités de l’Etat sénégalais. Dans le souci de la transparence, le Bureau, devant les difficultés nées de la problématique de l’organisation, a mis en place une commission de recherche des moyens. Elle était composée de quelques membres du Bureau National et des notabilités, connues pour leur honorabilité, issues de la communauté. Cette commission a rencontré plusieurs personnes, Fulve ou non, notamment beaucoup de ministres, de hauts cadres de l’administration centrale et des marabouts. Tous ont bien accueilli la commission et promis de faire quelque chose. Toutefois, ce sont huit personnes qui ont répondu immédiatement à notre requête : deux marabouts, trois ministres, un parlementaire, un avocat et un PCA d’une banque de la place :
o Les deux marabouts ont donné deux millions cent mille francs (2 100 000) CFA ;
o Les trois ministres ont donné deux millions deux cents mille (2 250 000 FCFA) ; un des ministres qui n’était pas Pullo a octroyé, en plus d’argent, plusieurs tonnes de riz ;
o Le parlementaire a donné un million de francs CFA (1.000.000 FCFA)
o Les deux autres ont donné deux cent cinquante mille francs (250 000 FCFA)
Ainsi, la somme récoltée par la commission mise en place par le Bureau National est de cinq millions six cents mille FCFA (5 600 000 FCFA), soit environ huit mille cinq cent cinquante (8 550) euros.
Le Festival étant terminé, nous n’avons pas estimé nécessaire de retourner voir ceux qui avaient demandé de les recontacter dans quelques jours. Quelques jours après la manifestation, le Bureau National a convoqué une réunion d’évaluation élargie aux membres de la commission. Le Trésorier a fait un bilan financier exhaustif qui a été approuvé par l’assistance, cette réunion s’est tenue au Centre Amadou Malick GAYE, là où les artistes maliens et sénégalais étaient logés lors nos manifestations.
Il écrit : «Les égoïstes et irresponsables du bureau local sénégalais ont profité et pratiqué du népotisme sans vergogne. Cette attitude n’est pas de la culture peule ni ne l’honore. J’insiste là-dessous».
Les faits : A qui pense t – il ? Pense t-il aux soixante dix personnes membres du Comité Directeur de l’ARP/TPS ou aux membres Bureau National, qui sont au nombre de vingt personnes ? Combien de personnes connait –il parmi eux pour se permettre un tel jugement et de telles injures ? Si les soixante dix personnes membres du Comité Directeur, mus par je ne sais quelle cupidité, devraient se partager les 8 550 euros, chacun n’aura que 122 unités de cette monnaie ! Ou alors pense t-il seulement aux vingt personnes qui sont membres du Bureau, ceux là, s’ils devaient se partager la manne, alors chacun se retrouverait avec 427.5 euros, soit environ 280 000 FCFA ! Tout cela ne serait possible que dans les conditions où cette somme n’avait pas servi par ailleurs. Monsieur Sadio BARRY s’est il posé la question suivante : avec quel argent s’est on occupé de ceux qui vivaient au Centre Amadou Malick Gaye ou à Galle Poular, le siège de l’Association, qui était justement assiégé par des centaines de personnes ? La vérité est il n’y avait pas de quoi susciter l’envie de profiter, encore moins de pratiquer du népotisme, surtout quand on sait que quelques membres du Bureau ont déboursé plus de cinq cent mille (500 000) FCFA, pour la réussite de cette manifestation. Les militants, bénévolement, se sont attelés à mettre à l’aise tout le monde, autant que faire se peut, en se privant de tout : certains sont restés durant toute la durée de la manifestation aux services des invités, ils n’ont assisté ni à la cérémonie officielle ni aux autres manifestations culturelles et/ou sportives. Si, en retour, et en lieu et place des remerciements, ils ne reçoivent que injures et invective, il y a là le comble de l’indécence ! La violence des propos M. Sadio BARRY ne fait que renforcer l’inconsistance de sa diffamation : ne dit on pas que, tout ce qui est excessif est futile ?
Il écrit : « Dans les assises qui ont suivi, nous avons demandé au bureau international et Horejo de prendre des mesures disciplinaires contre les responsables de la pagaille et de ce népotisme négationniste de l’esprit de cette organisation (qui prône l’unité des peuls) mettant l’accent sur le traitement inégal des hôtes. Il ne l’a pas fait. Au contraire ».
Les faits : Vous parlez de quelles assises ? Qui vous a invité à celles – ci et à quel titre ? Dans quel monde sommes-nous ? Autant que nous sachions, vous ne faites pas partie du Bureau international, encore moins de la commission disciplinaire et qui vous donne le droit de faire des injonctions au bureau international de prendre des mesures disciplinaires ? Nous croyions Sékou Touré mort ! Mais malheureusement il sommeille encore dans certains esprits ! Sinon, comment comprendre, qu’on ose demander de prendre des mesures disciplinaires à l’encontre des femmes et des hommes, responsables élus par leurs paires, sans au préalable les écouter, à supposer même que l’acte d’accusation soit fondé ? Alors que, dans le cas d’espèce, comme nous venons de le démontrer, toutes les accusations de Monsieur Sadio BARRY, en tout cas, en ce qui concerne l’ARP/ Tabital Pulaagu Sénégal et son Bureau National, sont fausses. Nulle part, dans nos actes comme dans nos discours, on ne trouve nulle trace d’un traitement inégal des hôtes. Nous aussi, nous insistons là-dessous, et nous sommes formels.
Post scriptum.
Est-ce qu’en battant en brèche les allégations fangeuses de M. Sadio BARRY, nous voulons dire que le Festival de Dakar est passé comme une lettre à la poste et que tout s’est déroulé comme dans le meilleur des mondes ? Loin s’en faut. Au contraire, nous avons eu beaucoup de problèmes dans l’organisation de ce Festival. Les raisons sont à la fois internes et externes :
§ Les raisons internes :
Au niveau de notre organisation interne, nous avons eu beaucoup de problèmes. Nous avons beaucoup tergiversé. Certaines commissions n’ont pas fonctionné comme nous l’avions souhaité : les personnes étaient débordées. Ainsi, la commission qui devait faire le tour des hôtels prononcer le mot de bienvenue à nos hôtes n’a bien fonctionné, ce qui a occasionné des frustrations justifiées chez certains frères. L’une des raisons, qui ne pardonne pas tout, de ce dysfonctionnement est que les délégations extérieures n’avaient pas écrit au bureau national pour nous informer de leur arrivée. Ne sachant pas où logeaient nos hôtes, nous avons perdu beaucoup de temps à les localiser, avant d’aller les voir. Nous savons que dans certains cas, nous avons péché par manque de réactivité. Certains de nos hôtes étaient déjà repartis quand notre commission s’est rendue à leur hôtel. Elle a malgré tout réussi à visiter quelques uns d’entre eux avant leur départ. Toutefois, quand nous avons organisé un dîner en l’Honneur du Hooreejo et des délégations extérieures, beaucoup étaient déjà reparties.
Nous avions aussi des problèmes au niveau de la coordination du Festival même. Certains frères que nous avions contactés et sollicités pour nous aider à faciliter le travail, se sont crus investis de tous les pouvoirs, au point d’écarter, dans leurs plans, le bureau national. Ils se sont autoproclamés commissaire et autre coordonnateur de festival. Cette situation a crée une confusion qui a dérouté beaucoup de nos militants et de nos hôtes. Ce sont certains d’entre eux qui ont pris les cinq millions que le Hooreejo, de bonne foi, avait donnés ainsi que les contributions de quelques bonnes volontés. Ils ont utilisé cet argent à leur guise, sans se référer au Bureau National de l’ARP/TPS. A l’heure où ces lignes sont rédigées, 28 juillet 2009, le Bureau National n’est pas mieux informé qu’il ne l’était le jour du Festival, relativement aux dépenses effectuées par ce groupe de personnes.
A la lumière de ce qui précède, nous savons qu’il y a eu beaucoup de problèmes imputables à la partie sénégalaise. Mais, il y a eu aussi des problèmes d’origine exogène.
§ Les raisons externes :
Durant toute la période préparatoire du Festival, le Bureau National de l’ARP/TPS est tenu à l’écart, alors que nous sommes les répondants au niveau de notre pays. Cette situation a conduit au cafouillage que nous avons connu : les hôtes qui se fâchent de n’être pas accueillis à leur arrivée, alors que ceux qui devraient le faire ignorent tout de leur voyage !
Par ailleurs, nous avons usé de toutes nos possibilités pour faire comprendre au Bureau du TPI que le poste de vice - président, qui échoit à notre pays dans le Bureau international, n’est pas un problème d’un individu, mais un problème de pays. Et, celui qui s’était autoproclamé VP au nom du Sénégal n’a pas l’aval de son pays, et que par conséquent il n’est pas vice président pour le Sénégal. Ce poste revient à notre section nationale qui le remet à qui de droit.
Malheureusement, c’est le dilatoire qui continue au niveau du Bureau international du TPI, renforçant ainsi la confusion ! Le Sénégal n’acceptera d’être représenté dans les instances du TPI que par ceux qu’il désigne, et dans le cas d’espèce, par quelqu’un qui est choisi par l’Association pour la Renaissance du Poular /Tabital Pulaagu Sénégal.
Conclusion
Même si nous avons réagi vigoureusement aux propos du frère Sadio BARRY, du fait de leur caractère diffamatoire, nous lui remercions tout de même de nous avoir donné l’occasion de clarifier ce qui s’est passé à Dakar. Il a eu le mérite de dire tout haut, ce que probablement beaucoup d’autres pensaient tout bas. En cela, nous pensons qu’il a le courage de ses idées, contrairement à ceux qui nous regardaient avec condescendance, alors qu’ils étaient dans le tort. En conséquence, nous lui tendons, fraternellement, la main ainsi qu’à tous les autres, pour affronter les nombreux défis qui se dressent devant les Africains en général, et les Fulve en particulier :
Sait-on, par exemple, que les quinze Etats de la CEDEAO se sont engagés à « promouvoir l’enseignement et la diffusion d’une langue ouest africaine en tant que facteur d’intégration communautaire », (Article 62, alinéa 2c du Traité révisé de la CEDEAO) ?, p. 38 de la version française. Ce document est paraphé par 15 chefs d’Etats et de gouvernement, à Cotounou, 24 juillet 1993 ;
Sait-on que le Pulaar/Fulfulde est parlé dans quatorze Etats sur les quinze que compte la CEDEAO ? ;
Quel doit être la contribution que doit apporter le TPI, relayé par ses sections nationales en Afrique et ailleurs pour valoriser cet atout ?
Où en est le projet de dictionnaire unilingue du Pulaar/Fulfulde ?
Où en sommes-nous avec l’introduction du Pulaar/Fulfulde dans le clavier universel, avec le programme de l’UNICODE ?
Que doit – on faire pour que Microsoft inclue notre langue dans son répertoire afin que son utilisation dans l’internet soit plus simple ?
Comment aider le travail de traduction des termini technici en Pulaar/Fulfulde, travail que notre frère, le Dr Issa DIALLO, du Burkina Faso, mène avec brio ? Comment le renforcer ?
Comment créer les conditions de promotion économique les membres de la Communauté, à l’image de nos frères Bamiliké du Cameroun ?
Comment valoriser nos potentialités pour renforcer l’intégration africaine et favoriser l’esprit démocratique dans la société des Fulve et contribuer dans la construction de l’Unité Africaine ?...
Voici, cher frère, quelques chantiers qui nous interpellent. Si chacun d’entre nous, se mettait humblement et consciencieusement, et en fonction de ses compétences, au travail. Alors, nous pourrons créer des réseaux de savoirs, qui demain affranchiront l’Afrique, et les Fulve avec. C’est à cela que l’ARP/TPS invite nos frères. Donc, au travail. Et, …
Fraternellement.
Pour l’Association pour la Renaissance du Poular / Tabital Pulaagu Sénégal (ARP/TPS) Le Bureau National Le Président Dr Mamadou Alassane BA
www.guineeactu.com
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