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L’origine ethnique d’un citoyen ou son patronyme doivent-ils servir d’alibi pour lui attirer des ennuis, dans un pays qui aspire à devenir une nation démocratique ? Voilà une question qui hante aujourd’hui des esprits, suite à l’interpellation du directeur adjoint du protocole d’Etat, lors du retour de Sékouba Konaté, le dimanche dernier.
Il s’appelle Pivi Guilavogui et exerce les fonctions de directeur adjoint du protocole d’Etat, à la présidence de la République.
Pivi Guilavogui à ne pas confondre avec Claude Pivi, aurait passé un mauvais quart d’heure le dimanche denier au PM3, où il a été conduit, après avoir été arrêté, alors qu’il était dans les préparatifs du retour du président de la Transition, le général Sékouba Konaté, qui avait pris part au sommet Afrique France de Nice.
Cette grand-messe qui s’est déroulé sur la côte d’Azur, avait enregistré la participation d’une trentaine de chefs d’état africains.
Pour revenir au cas de notre ambassadeur, chargé du protocole, il faut souligner qu’il s’est fait pincer sans motifs apparents, d’après nos informations.
L’ordre de cette interpellation serait venu de la haute hiérarchie militaire, dit-on.
Il a été libéré le lendemain grâce à des démarches menées par son supérieur hiérarchique Mounir Camara, à en croire nos sources.
Alors question : Pivi était-il en train de mijoter quelque chose susceptible de porter atteinte à la stabilité du pays, quitte à lui valoir une arrestation ?
Un de ses proches affirme qu’il ne serait pas le genre de personne à tremper dans des coups fourrés.
Et que Pivi Guilavogui pourrait plutôt avoir été victime d’une cabale liée à son patronyme voire son origine. Etant de la Guinée forestière, la partie du pays, où certains partisans de Moussa Dadis Camara sont soupçonnés de n’avoir pas encore digéré sa mise à l’écart, suite à l’incident survenu le 3 décembre 2009.
Des observateurs trou vent cependant, que des considérations subjectives ne devraient pas servir d’arguments à des actions opérées au sommet de l’Etat, car s’il est vrai que la mise à l’écart du chef de la junte, après la tentative d’assassinat qui l’à visé a provoqué un courroux chez la plupart de ces inconditionnels, il faut toutefois se garder de croire qu’une telle vague d’indignation ait servi de prétexte pour ostraciser les proches du chef de la junte. A preuve, le lieutenant -colonel Moussa Tiégboro Camara et le commandant Claude Pivi, qui sont des bras droits de Dadis sont encore aux affaires.
Pour ce qui est du cas de Marcel Guilavogui et Gono Sangaré, deux des officiers de l’ancienne garde rapprochée de Dadis, qui avaient été interpellés au lendemain de la mutinerie de Kaléyah, ancien camp qui abritait les recrues du CNDD, estimées à 8000 hommes, ils étaient accusés d’avoir ‘’manipulé» les jeunes gens.
Jusque là, il faut dire que la junte a pu gérer les choses, sans qu’il n’y ait trop de dégât, Sékouba Konaté ayant placé certains de ses fidèles à des postes stratégiques, après les accords de Ouagadougou. Histoire de mieux manœuvrer. Etant devenu malgré lui, le capitaine du navire.
Autant dire qu’il y’a lieu de prendre avec des pincettes tout discours relatif à une quelconque stigmatisation liée aux origines d’un individu en Guinée.
Le délit de faciès, qui avait cours à un moment donné, sous la première République, ne serait plus qu’un mauvais souvenir aujourd’hui.
Du moins officiellement. Bien que des politiciens, adeptes de l’ethno stratégie et du délit de faciès, veulent réveiller les vieux démons.
En attendant de savoir un jour ce qui a bien pu se passer dans l’affaire Pivi Guilavogui, il faut pour le moment considérer qu’il n’a pas été victime de son patronyme.
DB L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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