dimanche 18 mai 2008
Le destin singulier de la Guinée

Trois pays ont un destin semblable : la Guinée, Haïti, et la Centrafrique. Ces trois pays ont eu trois dictateurs qui ont commis des atrocités impensables :

·         Sékou Touré

·         Duvalier

·         Bokassa.

Ces trois pays sont tous d’anciennes colonies françaises, que la France traite avec mépris. Ces trois pays sont négligés de la communauté internationale. Ces trois pays ont une diaspora brillante et dynamique mais qui est « interdite » de  retour par un système de discrimination honteuse  parce que basée sur des complexes injustifiés. Voilà pour les similitudes.

La singularité de la Guinée c’est d’être le seul pays en Afrique à n’avoir eu que deux chefs d’Etats en 50 ans. La singularité de la Guinée, c’est en plus d’avoir toujours promus des médiocres au sommet de l’Etat qui, pour se maintenir, versent dans les pratiques les plus abjectes et les plus indécentes : Kouyaté est l’exemple le plus éloquent, et l’objet de ma présent contribution, la première, est d’attirer l’attention des Guinéens sur le danger que cet homme fait peser sur le pays.

En effet lorsque j’ai écouté la déposition du bras droit de Taylor au tribunal de la Haye, j’ai eu froid dans le dos. J’ai cru entendre un compagnon de Kouyaté parler. Les péripéties et les personnages cités ressemblent à tous égards aux actes quotidiens posés par Kouyaté.

Aujourd’hui je n’ai plus de doute que Kouyaté est en train de mobiliser un fonds de guerre pour allumer le feu dans ce pays. Il faut l’arrêter. Il faut l’arrêter ; il faut l’en empêcher.

J’interpelle ici tous les Guinéens épris de paix, tous ceux qui ont connu les misères des deux républiques, pour allumer tout de suite des contre-feux, pour éteindre les braises que Kouyaté est en train d’allumer à notre insu.

Que les leaders des partis politiques sachent que Kouyaté est la plus grande menace à la mise en œuvre d’un schéma pour des consultations démocratiques dans notre pays.

Kouyaté n’organisera pas d’élections mais de la propagande du type cinquantenaire qui nous conduira à la guerre civile. Il faut l’en empêcher ! TOUT DE SUITE !

J’en suis si persuadé que la lecture du rapport d’étape de la commission parlementaire apporte la preuve que Kouyaté se préoccupe d’autres choses que de l’Etat ou de la misère des Guinéens.

Il serait donc prudent de s’accommoder du ZOMBI CONTE afin de négocier avec lui une succession. Je veux dire que personne ne sait de quoi demain sera fait si Conté mourait subitement. Il me revient à penser que peut-être c’est en attendant que nous ayons la sérénité de penser sérieusement à l’avenir et trouver la meilleur voie de sortie, que DIEU nous l’impose. Je pense à quelques idées :

·         Trouver un motus-opérandi qui permettrait à Conté de participer  à sa succession même en l’état de ZOMBI (pour reprendre Dr Baldé). Autrement, substituer aux accords syndicaux, des accords politiques qui permettraient d’assurer une transition post législative : Organiser les législatives par un Premier Ministre autre que l’actuel, qui ne sera d’aucun parti et pas candidat. Et que le parti majoritaire, à l’issue du scrutin, désigne un chef du parlement qui sera le dauphin constitutionnel sous l’optique d’achever le mandat en cours si le Président se décidait à l’interrompre ou s’il y’avait vacance du pouvoir.

·         Pendant ce temps le parlement post élection  engagera les réformes nécessaires et indispensables pour l’instauration d’une République, une vraie, dans un Etat reformé et restructuré.

·         Reste à trouver ce premier Ministre. Sous Conté, il ne sera pas défini selon un profil, mais ce sera selon un caractère capable de créer un ensemble de synergies dont la plus importante sera contenir et tenir Conté et son entourage, en ayant l’effronterie et la personnalité adéquates.

Le débat est ouvert, mais s’agissant de Kouyaté ? Il ne peut rien et ne pourra rien faire de potable, et il reste un vrai danger, une menace ! A bon entendeur, salut !

Ahmadou Mouctar Diallo

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Vos commentaires
Ibrahima Diallo, lundi 19 mai 2008
100% d`accord! La Guinée pourrait etre comparée a un vehicule: un bon moteur(la majorité des Guinéens), de bonnes roues(potentiel)dans une bonne carrosserie(le territoire) mais il manque l`embrayage(hommes Politiques courageux)pour mettre le véhicule en marche .Donc le vehicule reste ne rade en attendant de changer l`embrayage!
Ansoumane DORE, dimanche 18 mai 2008
Quelle clairvoyance dans cet article, mon cher Ahmadou Mouctar!Malheureusement, on a l`impression que de nombreux concitoyens sont loin d`entendre ce genre d`analyse lucide. Ils y voient une opposition systématique à leur idole en place. N`est-ce pas là une manifestation de l`implacable malédiction dont vous parlez et qui semble poursuivre notre pauvre pays?... En effet, dans les réactions souvent enregistrées face à ce type de contibution,il est rarement question du fond du problème examiné: la Guinée, mais du suivisme ou pas d`un homme. On laisse ainsi voir qu`on n`a même pas le sentiment que cela n`a conduit qu`à la triste et dramatique situation actuelle de notre pays. La comparaison faite avec Haïti et Centafrique est tout à fait appropriée, mais en dehors d`une grandiloquence toujours déployée et d`un activisme sans lendemain,qui se sent gêné par cette comparaison?... Il y en a, sans aucun doute, parmi les guinéens, mais ils sont peu nombreux et c`est ce qui explique que la Guinée soit au stade de "L`Etat stationnaire" ( pour ne pas dire "Etat régressif",cinqante ans après son indépendance.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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