vendredi 16 octobre 2009
Le destin mêle les cartes et nous jouons!

Il n’y a rien de plus grave qu'un système de gouvernance où le talent des acteurs laisse à désirer. Rien de plus odieux que l'orgueil et l’attitude méprisante d'une élite fermée. Le plus grand danger qui nous menace est celui de l'enracinement de ces criminels qui pensent que seuls les biens matériels comptent. Ils sont prêts à vendre leur âme pour s’enrichir.

 Le temps est venu pour nous de rompre avec cette race de vautours. Nous ne pourrons jamais sortir de notre situation de misère tant que nous aurons à la tête du pays, des rapaces assoiffées de sang et de fortune qui usent et abusent d'un pouvoir dont ils ne sont pas investis.

Les Guinéens sont devenus bien malgré eux les otages d'un groupe de gens avides de gains qui n'hésite pas à tromper le peuple pour arriver à ses fins .Cette mafia de voleurs sans scrupules est une machine bien huilée, organisée en un réseau dont les membres sont solidaires. Un groupe de criminels sans foi ni loi qui manipule l’information, planifie des stratégies, mènent des actions de division et d’intoxications, proposent des partenariats irréalistes pour faire main basse sur les ressources du pays.

Il est temps d'en finir avec la soumission. Car la soumission empêche que se développe l'audace. Le ressort de toute création est la révolte. Nous devons sortir de notre prison de peur et de notre réserve, pour lancer le cri de la révolte; ce cri qui brise les chaînes des esclaves et les barreaux des prisons celui qui fissure les murs et fait éclater les systèmes d'oppression; qui trouble le sommeil des dictateurs et fait trembler les obsédés de pouvoir." Quand un peuple a peur des gouvernements“ la tyrannie s'installe .il faut faire peur aux gouvernements pour que la liberté triomphe. Notre peuple meurtri dans sa chair a pendant des décennies, hormis quelques soubresauts vite réprimés, hésité de se faire entendre. Cette attitude de démission collective a toujours permis aux différents tyrans qui nous ont gouvernés de nous martyriser Nous avons toujours été une proie facile pour ceux qui nous ont dirigés .La situation de dépendance dans laquelle nous nous sommes retrouvés, nous a poussés à nous accrocher au quotidien à en accepter la monotonie, la banalité et la cruauté. Par lâcheté de certains d'entre nous, nous avons trahis sans cesse les exigences de notre dignité. Nous nous sommes laissés engluer dans le mensonge .Le mensonge quotidien est devenu part constituante de notre système de gouvernement. Il en est l’armature essentielle. Cet état de fait explique le Septembre noir que la Guinée a connu le 28 Septembre dernier. La violence au début agit ouvertement, parfois même avec orgueil: mais dés qu’elle a atteint un certain degré, elle est obligée de camoufler son horreur, sa laideur, son infamie dans un brouillard de mensonges. Nous devons nous redresser par le rejet du mensonge. Refuser de sourire, de chanter et de danser faussement. Refuser d’être déshumanisés, de sacrifier nos principes, les efforts de nos ancêtres et les espérances de nos descendants. Nous devons garder toute notre fermeté et toute notre clairvoyance pour rejeter en bloc les propositions qui aliènent notre liberté. .Il faut garder en mémoire les exactions qu’ont connues nos pays voisins (Libéria, Sierra Leone et la Côte d’Ivoire). On ne pactise pas avec le diable. Si nous nous accrochons à la fausse sécurité que nous fait miroiter la médiation nous allons tout droit vers l’échec. C’est maintenant ou jamais. Notre peuple n’a plus le droit de s’abandonner dans les bras de la mort. Si par mégarde nous continuons à succomber au chantage et aux mensonges de cette mafia si nous persistons à céder aux tractations organisées contre nous, nous aurions prouvé que nous sommes des incurables Nous devons refuser toutes négociations avec les criminels. Il faut écarter tout esprit de complaisance et de concession, il faut déloger ces hommes qui sont aveuglés par l’enrichissement illicite .Ils ont perdu la capacité de se priver et craignent de rencontrer des vérités troublantes pouvant entraîner une remise en question de leurs modes d’existence centrés sur l’avoir. Débarrassons nous une fois pour toutes de cette bande qui nous étouffe et nous empêche de respirer. La lâcheté conduit à l'égarement. Le courage seul peut nous ouvrir la voie vers la Liberté.

Il n'y a plus de place pour les vieilles querelles .Nous devons cesser de nous replier sur notre ethnocentrisme pour nous ouvrir sur le monde et poser un regard neuf et positif sur notre futur pour bâtir la société dont nous rêvons tous.
Il est important de vivre dans un système où règne la primauté du droit c’est à dire vivre dans le respect de la constitution et des lois. La loi est la boussole de tout citoyen. Quand elle parle, on doit l'écouter et les autorités civiles et militaires doivent être les premières à lui céder et à donner l'exemple à suivre au reste du peuple. Pour cette raison nous devons donner la priorité à la révision de notre constitution qui a été dépouillée de son contenu. Réclamer des élections dans la situation actuelle serait une erreur. Rien n'a été préparé pour faire des élections transparentes. Les issues ont toutes été bouchées pour qu'on se retrouve avec les mêmes personnes qui ont plongé le pays dans cette misère noire .L’ONU devrait mettre la Guinée sous tutelle et organiser une transition .Des commissions pourraient être mises en place dans tous les domaines: Education, Santé, etc. Des cadres triés sur le volet, intègres et compétents de l'intérieur et de l'extérieur du pays pourront se pencher sur les problèmes du pays et faire des recommandations de sortie de crise. Nous avons le devoir d’enterrer décemment nos morts, réhabiliter les victimes de la barbarie qui a marqué notre histoire commune et juger les coupables. Choisissons enfin la bonne carte et jouons pour ne plus perdre. Combattons l'impunité! Le devoir d’un militaire est de protéger la constitution et les citoyens.


Fatouma Zara


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Youssouf Bangoura, vendredi 16 octobre 2009
Merci mr camara pour cette belle analyses et ces belles propositions. Oui nous devons rester determinés et courageux, pas de compromis, on ne cede pas un pouce, restons sur notre position, rien ne peut être possible sans le depart de Dadis et de son cndd. On est plus sur sa candidature mais plutôt sur son depart, de gré ou de force. La communauté internationale est prète à nous aider mais à condition que nous continuions la lutte, on ne relache surtout pas la pression, nous devons tirer des leçons des evenements du janvier et fevrie 2007. Ces criminels doivent être arretés et jugés comme le reclame le TPI. Plus jamais un pouvoir militaire dans notre pays.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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