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Le 1er janvier 1890, l’île Tumbo fut choisie comme capitale : des roches volcaniques formant brise-lames, une plage de sable fin, des cocotiers échevelés ; en arrière, la grande futaie dont les verdures trempées ont des scintillements d’émeraude. Mais Marcel Monnier, qui y passa en 1893, ne comprit pas l’œuvre qui y était à peine ébauchée et il écrivait : « La ville ? Un palais flanqué de lourdes arcades ; puis deux files de bâtisses en fer ou en bois couvertes de tôle galvanisée, bordant un boulevard désolant, long d’un quart de lieue, large de 100 mètres, Sahara où l’insolation guette le téméraire qui s’y hasarde en plein midi. Conakry est très fier de son avenue à tel point qu’il n’a pas pu résister à la tentation d’en percer une autre, coupant la première à angle droit. Celle-ci attend encore ses édifices ; la chaussée future n’est qu’une trouée encombrée d’arbres abattus, de souches à demi brûlées. Elle figure assez exactement le sillon creusé par le passage d’un cyclone ». Aujourd’hui, Conakry passe pour la plus belle ville de la côte occidentale d’Afrique ; sous ses avenues bordées de manguiers géants formant voûte épaisse, l’insolation n’est plus à craindre. Les boulevards n’attendent plus les édifices ; de coquettes villas se cachent parmi des bosquets de lianes et de fraîches verdures. Une eau pure jailli des fontaines et des bassins, et, sur la corniche qui borde l’île, des pousse-pousse se succèdent : c’est l’heure de la promenade ; le soleil, maintenant inoffensif, se borne à enluminer les fresques de nuages ; les îles de Loos, au loin, se pourprent de rayons changeants ; une apaisante brise marine passe sur la ville et, dans l’écartement des palmes, on voit de courtes vagues mordorées se poursuivre sur la mer. Conakry n’a plus rien à envier aux villes poétiques de l’archipel malais qui enchantèrent la jeunesse de Marcel Monnier et qu’il proposa jadis en exemple aux édiles « dévastateurs » de Conakry. Ce texte, tiré de « Mamadou et Bineta » est de G. POIRET (in La Guinée). Chers compatriotes, Georges POIRET fut Lieutenant-Gouverneur de la Guinée française du 9 Mai 1912 au 7 Mars 1913. Quant à Marcel Monnier, il séjourna entre Dakar et Conakry, en tant que journaliste-sociologue, entre 1900 et 1905. C’est donc en 5 ans d’attachement que son action a fait de Conakry une ville qui fut naguère la « perle » de l’Afrique. Regardons ce qu’est devenu Conakry aujourd’hui, et interrogeons notre conscience : ceux qui se sont succédé à la tête du pays, depuis 50 ans, ont démérité au point que Conakry, à l’image de la Guinée n’est même plus l’ombre de lui-même. C’est aujourd’hui l’une des villes les plus insécurisées, les plus sales et, qui plus est, se trouve jetée en pâture à une soldatesque mercenarisée. C’est aussi l’une des plaques tournantes du trafic de drogues dures, un champ d’opération pour les narco-trafiquants colombiens dont Ousmane CONTE se trouverait être l’un des agents les plus actifs. Le même Ousmane CONTE dont des sources concordantes nous annoncent l’intention de briguer la députation dans le but de succéder à Aboubacar SOMPARE à la tête de l’assemblée nationale. C’est pour dire non aux dérives de toutes sortes plombant le destin de notre pays que nous nous battons, au nom de notre droit imprescriptible à la dignité et à un avenir conforme à nos potentiels que nous devons nous battre, tous ensemble, au-delà de toute considération ethnique ou régionaliste. Pour ce combat, agissons par une mobilisation des énergies, partout où se trouvent des guinéens en nombre, à l’intérieur comme à l’extérieur. Pour la France, rejoignez la manifestation prévue pour le 19 juillet 2008, Place de la République, de 14h à 18h. Sidikiba Keita pour www.guineeactu.com
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