samedi 12 septembre 2009
Le dernier acte de la tragédie guinéenne
Abdoul Baldé

Ne dit-on pas que la vie n’a jamais été un long fleuve tranquille pour les Guinéens, mais plutôt un long fleuve tumultueux, rougi par le sang de toutes ces victimes innocentes de la barbarie de nos gouvernants sanguinaires successifs ?

 

Dès l’indépendance, le peuple de Guinée espérait la lumière. Hélas ! Il plonge rapidement dans les ténèbres, à cause de Dirigeants métamorphosés par la folie du pouvoir. Raymond Aron disait que :- « Penser la politique, c’est penser les acteurs, donc analyser leurs décisions, leurs fins, leurs moyens, leur univers mental ». Et bien, c’est peut être le moment opportun de passer en revue la terrible longue tragédie guinéenne dont le dernier acte se joue aujourd’hui.

 

ACTE I : Sékou Touré « Père » de l’indépendance, métamorphosé en ange exterminateur.

 

C’est en doctrinaire sensible au sort des plus défavorisés, rejetant toute exclusion qu’apparait Sékou Touré à l’aube de son règne en 1958. Malheureusement ce fut une brève utopie. Mais, c’est bien connu les utopies sont des séductrices rusées qui proposent le contraire de ce qu’elles visent en réalité.

 

Avec son Socialisme « monarchique » il concentra toutes les richesses du pays entre les mains d’une oligarchie familiale à laquelle lui-même appartenait. Le peuple fuit réduit la misère et à l’obscurantisme, le tout consolidé par un enseignement de masse au rabais non moins obscurantiste. Enfin, ce disciple de Staline, transforma notre pays en un immense camp d’enfermement, d’où on ne sortait qu’estropié, si on avait la chance de ne pas mourir de tortures qui y étaient monnaie courante. On peut donc dire que l’homme portait bien ce sobriquet tiré du film de Robert Wise : - « Né pour tuer ». Puisque son régime afficha en vies humaines un copieux tableau de chasse qui, rapporté au chiffre de la population de l’époque permet de parler d’extermination. A sa mort, il laisse un pays exsangue avec un peuple asservi, résigné et sans espoir.

 

ACTE II : Lansana Conté [Le sauveur réincarné en Prédateur].

 

C’est en sauveur qu’il surgit aux yeux des Guinéens à sa prise du pouvoir en 1984, sous son aspect débonnaire avec une apparente modestie. Mais, très vite le masque tomba parce qu’il se montra sous sa vraie nature, celle d’un terrifiant et insatiable prébendier. Comme son prédécesseur, pour avoir les mains libres et faire mains basses sur les richesses du pays. Il instaura un despotisme villageois, dont le ressort principal est la distribution incessante de prébendes diverses à des « serviteurs » achetés parce qu’achetables. Ainsi, il assoit un pouvoir patrimonial au profit de son clan, mais pour le malheur de notre pays. Tous les dignitaires du PUP civiles et militaires plongeaient leurs mains avides dans les deniers publics. C’était à qui mieux mieux dans la course à l’enrichissement illicite, comme, le dit si bien Alpha Weiss dans un de ses tubes « KOUTOU KOUTOU NARA ». (En langue Soussou cela signifie : venez tous ! c’est le pillage.). Mais pour maintenir durablement un tel système, les prébendes ne suffisent pas. Il faut d’autres alliés. Ce qui explique la facilité militaire que Lansana Conté et ses amis accordaient aux narcotrafiquants sud-américains dans notre pays. Les membres du CNDD, militaires et Civils, sont tous issus de ce système. Et Le capitaine Moussa Dadis CAMARA en a toujours été le membre le plus influent.

 

Le système Conté tournait dans le seul but d’assurer sa propre perpétuation et la constitution de nouveaux réseaux de prédations qui ont fini par anéantir tout ce qui fait une société, un État, une économie, une justice, une civilisation. Ce en quoi, certains compatriotes, par exemple mon ami Mamadou Billo SY SAVANE, pensent que le CNDD et particulièrement Moussa Dadis CAMARA, sont les exécuteurs testamentaires de Lansana Conté.

 

 

Dans un dernier sursaut, affaibli par une maladie incurable, et assailli par d’innombrables troubles sociaux, il ne lâche pas prise et trouve même l’énergie nécessaire pour écrire son dernier scénario qu’on peut intituler ainsi : APOCALYPSE NEW dont la mise en scène et l’interprétation sont confiées à la frange la plus corrompue de notre armée nationale. Lorsqu’il tire sa révérence, Lansana Conté laisse un pays moyenâgeux, pratiquement mis aux enchères, sous la coupe réglée des narcotrafiquants dont les ramifications remontent jusqu’au sommet de l’Etat fictif. Heureusement que le Guinéen n’est plus un homme servile et résigné. Parce qu’il a compris que la déchéance dans laquelle il vit n’est pas due à la fatalité, mais plutôt à la médiocrité et la cupidité de ses Dirigeant de ses Gouvernants. Donc, il a bien compris son histoire et ne la revivra plus jamais, n’en déplaise aux nostalgiques.

           

ACTE III : Moussa Dadis, le pseudo-justicier aveuglé par le pouvoir

 

Dans sa critique de la raison politique, Régis Debray écrit à juste titre que : - « La politique rend bête, fou et, furieux ».

 

Hélas ! Ce qui se passe actuellement en Guinée est la parfaite illustration de ce constat. Avec le débat en cours, il ne fait plus l’ombre d’un doute que le CNDD est tout simplement une excroissance du système de feu Lansana Conté. Cette bande cynique composées d’illuminés, dénommée pompeusement « CNDD » (Conseil National pour la Démocratie et le Développement) tente désespérément et par tous les moyens de maintenir contre vents et marées la Guinée sous sa coupe.

 

Le Président auto proclamé Moussa Dadis devenu un praticien du coup de bluff permanent, s’est accaparé de tous les pouvoirs et il a cessé de tenir compte des autres et pense que dans la pratique tout lui est dû. C’est pourquoi, il critique, insulte et humilie en toutes les occasions.

 

Il rejette toujours la responsabilité sur les autres en trouvant des alibis pour les accabler. Ainsi, l’adjudant Claude PIVI nommé Capitaine, est érigé en bouc émissaire. Il serait d’après les propagandistes de Moussa Dadis CAMARA, seul responsable des massacres de manifestants pacifiques et de policiers. Tandis que les vrais organisateurs de ces assassinats (Moussa Dadis CAMARA, Sékouba KONATE et Moussa KEITA), eux, seraient « blancs » comme neige. M. Claude PIVI est très commode, comme bouc émissaire. Simple adjudant, il aurait décidé, organisé et exécuté les massacres du pont 8 Novembre en Janvier et Février 2007. Ses supérieurs hiérarchiques (Sékouba KONATE, Moussa Dadis CAMARA et Moussa KEITA) étaient peut être venus pêcher le « bonga » au pont du 8 novembre en Janvier et Février 2007, à l’heure exacte des tueries, munis de kalachnikovs et de lance-roquettes.

 

Cette pratique est un mécanisme psychologique fort connu et décrit avec précision en particulier par Freud, qui consiste à prêter à autrui les intentions que l’on nourrit soi-même, les péchés que l’on a envie de commettre ou que l’on commet en effet. Nul ne flétrit l’avarice avec plus de verve que l’avare. Le comploteur croit ne faire que se défendre contre les « complots ». Le dictateur se voit en homme qui se dévoue pour contrecarrer les intrigues des aspirants à la tyrannie.

 

L’EPILOGUE DE CETTE TRAGEDIE SE RESUME AINSI : Plus dure sera la chute !

 

A tous ceux qui me rétorqueront que « Comparaison n’est pas raison » je leur dirais simplement qu’elle nous permet de réfléchir.

 

De l’indépendance à ce jour, les Guinéens ont dramatiquement appris à leurs dépends, comment des crapules « charmants » au départ, sont devenues successivement sanguinaires d’abord, puis mafieux ensuite au contact du pouvoir.

 

Ce Peuple veut en finir maintenant avec cette longue tragédie. Puisque chaque citoyen est convaincu, que chaque jour qui passe est de trop, car le CNDD conduit le pays dans un abime. Pour paraphraser Jean Pierre Chevènement, je dirais que cette nouvelle et malencontreuse expérience prouve « Qu’il ne suffit pas de changer les têtes, mais qu’il faut aussi changer ce qu’il ya dans les têtes ». D’où la problématique du leadership en Guinée.

 

Dorénavant, les Guinéens sont engagés dans une lutte terrible contre le déclin de leur pays. Ils ne tolèreront plus en effet qu’un Président de la République dont la fonction se doit d’être empreinte d’une certaine solennité, puisse continuer avec autant de désinvolture, voire de provocation , de mépris et de médiocrité, à envoyer à la face de ses compatriotes et du monde, des marques ostentatoires de déchéances.

 

Le Président autoproclamé chef de notre prétendu Etat n’est plus en possession de ses facultés mentales. Une expertise psychiatrique ne s’impose même plus. C’est un dangereux psychopathe pris d’un vertige du pouvoir illimité inapte à diriger et à gouverner pour le bien des citoyens de notre pays.

 

Les Guinéens ont unanimement compris que le pouvoir du président autoproclamé est une autre aberration qui ne garantit pas la liberté, répand l’insécurité, s’en prend à la propriété et a viré à une dictature. Bref ! Qu’il viole les droits fondamentaux de l’homme et du citoyen.

Cet épisode de trop du drame Guinéen ne doit pas se prolonger longtemps.

En réalité, deux hypothèses sont possibles, soit une habile correction de trajectoire pour ramener le pays vers une Démocratie naissante [tel est le souhait de l’immense majorité des Guinéens] soit au contraire, le Président auto proclamé et ses amis s’entêtent à vouloir poursuivre l’utopie d’une dictature [et qui finira inévitablement par une explosion quand elle recevra le choc du réel].

 

Dans un cas comme dans l’autre, les Guinéens se désabuseront de leurs chimères. Les exécutants testamentaires de Lansana Conté eux aussi se désillusionneront inévitablement. En tout cas, la tyrannie cette forme chronique du mal Guinéen sera devenue impossible avec ou sans eux. Le malentendu sera dissipé pour de bon. Tel est l’espoir ! Sinon que Dadis et ses affidés sachent que : « Plus dure sera leur chute ».

 

 

Dr Abdoul Baldé, Rouen

 

NB : « bonga » : variété de poisson de mer en langue Soussou.

 

 

www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
DIAMA, mardi 15 septembre 2009
Touré (Sékou), 1922-1984, homme politique guinéen. Un des fondateurs du Rassemblement démocratique africain. Député à l’Assemblée nationale française, il fut le champion du « non » au référendum sur l’institution de la Communauté française organisé par De Gaulle en 1958. Président de la République de Guinée la même année, il établit un système de type socialiste qui glissa très vite vers une sanglante dictature (...) ». Voilà ce que le Grand dictionnaire encyclopédique Hachette dit du premier président guinéen. Depuis sa disparition de la scène politique africaine, le 26 mars 1984, dans les nombreux ouvrages et articles qui lui sont consacrés, on retient souvent de lui que l’homme du « non » à de Gaulle et le tyran, oubliant qu’il fut aussi l’un des plus virulents défenseurs de la lutte anti-coloniale. Si on lui reconnaît une certaine audace pour s’être opposé à De Gaulle, on lui reproche, par contre, d’avoir instauré un régime dictatorial une fois à la tête de son pays. En tout cas, qu’on l’ait aimé ou pas, Ahmed Sékou Touré a, tout au long de sa vie, soulevé des passions. Diabolisé, il a été traité de communiste, de gauchiste, de totalitaire, et dans le même temps accusé de compromission avec les forces du capitalisme et de l’impérialisme, doctrines qu’il dénonçait. Souvent présenté à travers le prisme déformant des préjugés idéologiques, Sékou Touré a rarement été vu sous l’angle de l’homme, sa vie, sa personnalité, son combat pour l’émancipation de l’Afrique en général, de la Guinée en particulier. Il a plutôt été traité de « vulgaire agitateur politique, relégué au banc de l’infamie, voué aux gémonies ou jeté dans la poubelle de l’histoire »... Né en 1922 à Faranah, apparenté par sa mère au légendaire Almany Samory Touré, Ahmed Sékou Touré, a été plus enclin à suivre la voie de l’austérité que celle du faste. Après de modestes études primaires et professionnelles, il devient commis aux écritures, puis postier et, enfin, cadre du Trésor. Dès la fin de la guerre, en 1945, il participe à la création de syndicats liés à la CGT française. Il participe au Congrès de Bamako où est créé, en 1946, le Rassemblement démocratique africain (RDA), dont la section guinéenne, le Parti démocratique de Guinée (PDG), voit le jour l’année suivante. Sékou Touré en devient, en 1952, le secrétaire général. Il est député à l’Assemblée nationale française en 1956, maire de Conakry la même année, vice-président du Conseil de gouvernement en 1957, membre du Conseil de l’Afrique occidentale française (AOF) à Dakar... Syndicaliste, Sékou Touré était convaincu que la lutte de libération nationale était avant tout une lutte économique et sociale. « Le syndicalisme implique une action contre ce qui est contraire à l’intérêt des travailleurs », dira-t-il. Il maîtrisait bien la législation du travail, et s’est souvent opposé aux autorités coloniales qui le redoutaient ; aussi, son « absence du territoire constituait-elle toujours un grand soulagement pour l’administration et les employeurs ». Lorsqu’il fut élu conseiller territorial de Beyla, en 1954, le « Syli » fit montre de ses capacités à diriger les affaires du pays. Mais pour De Gaulle, « Sékou Touré et son équipe n’étaient pas capables de créer un Etat en Guinée ». C’est sans compter avec la détermination du leader guinéen et son poids dans le pays... « Nous préférons la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage » Le général (De Gaulle) l’apprend à ses dépens lors d’un voyage qu’il effectue en août 1958 à Conakry où il est, non seulement, reçu avec froideur. Pire, une vieille dame soulève sa jupe sur son passage et crache sur sa voiture. De retour à Paris, De Gaulle déclare : « Puisqu’ils veulent l’indépendance, eh bien qu’ils la prennent, mais ils n’auront plus un sou ». La brouille entre les deux hommes est consommée... Le « non » du peuple de Guinée lors du référendum du 28 septembre 1958 a succédé à l’affrontement du 25 août (1958) entre le général et le bouillant leader guinéen. « Il n’y a pas de dignité sans liberté : nous préférons la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage » est l’une des phrases clés du discours de Sékou Touré, à qui De Gaulle, lassé, répond que « l’indépendance est à la disposition de la Guinée [mais] la France en tirera les conséquences ». La Guinée devient indépendante le 2 octobre 1958, et Sékou Touré est très vite « mis au coin » par le colonisateur, ainsi que par plusieurs leaders africains, Léopold Sédar Senghor du Sénégal et Félix Houphouët-Boigny de la Côte d’Ivoire. Mais avec vigueur, souvent avec rigueur, Sékou Touré imprime son empreinte d’homme d’Etat sur la Guinée qui, faut-il le rappeler, a obtenu son indépendance dans des conditions très particulières, contrairement aux autres pays francophones. Il convient aussi de souligner que c’est la première fois qu’une colonie se sépare totalement et brutalement de la Métropole. Même si cette séparation a essuyé, par la suite, des représailles systématiques. Peut-être se basant sur ces phrases de l’hymne national de son pays qui disent en substance : « Guinéens, c’est l’unité qui nous a libérés, la Guinée appelle tous ses frères de la grande Afrique à se retrouver », Sékou Touré a aussi donné priorité à l’unité africaine. Ceci s’est matérialisé, par son soutien aux mouvements de libération nationale (avec le coup de pouce à la Guinée Bissau, à l’Angola ; l’aide à la Swapo et au Frelimo), la lutte contre l’impérialisme et au non-alignement. Subitement, le 26 mars 1984, Sékou Touré mourut, des suites d’une opération cardiaque, aux Etats-Unis. Une semaine plus tard, le 3 avril 1984, l’armée prit les rênes du pouvoir. Parmi les hommes en uniforme ayant opéré ce jour-là un coup d’Etat en évinçant le Premier ministre, Lansana Béavogui, le successeur constitutionnel du grand « Syli » se trouvait un certain Lansana Conté qui, devenu prédateur avec bientôt ses vingt ans passés au pouvoir, use de la répression pour garder son fauteuil. Bien que rongé depuis par un diabète chronique, l’homme ne veut pas passer la main... Sékou Touré, un dictateur ? Les circonstances ont joué un rôle non négligeable pour qu’il le devienne... Vingt ans après sa mort, l’homme qui a eu l’audace de dire haut « non » à De Gaulle reste encore un héros pour les uns, un tyran pour les autres. Somme toute, l’histoire africaine retiendra qu’Ahmed Sékou Touré fut un homme courageux et rigoureux, un leader syndical incomparable ayant évolué dans un contexte international marqué par l’adversité d’abord dans la lutte pour l’indépendance, et ensuite pour la gestion de l’indépendance contre laquelle l’ancienne métropole n’a cessé d’œuvrer en s’appuyant, comme elle a toujours su le faire, sur des complices extérieurs et intérieurs. Marc K. Satchivi
DIAMA, mardi 15 septembre 2009
Libérateur de l`Afrique noire Aucun Africain ne peut consciencieusement haïr A. S. TOURE s`il n`est pas ennemis du continent et tritre. En effet qui était Sékou ? Il était le seul homme, à un moment opportun de l`histoire de notre continent où la force réactionnaire de l`impérialisme nous a consulté sur notre devenir, qui a choisit la responsabilité, l`engagement, la foi en la capacité de l`Afrique et de son peuple à gravir les échelons du développement et du bonheur. Au moment où les impérialistes et leurs valets se taillent de slogans serviles et mystificateurs pour endormir le peuple et retarder l`éveil de leur conscience (négritude, manque d`expérience des africains, etc...) le héros de la Guinée se recourait à la franchise et le retour permanent au peuple de Guinée et de l`Afrique pour s`éduquer politiquement afin de développer sur une base solide l`Afrique. Ceux qui comparent la politique et les positions de l`homme de 1958 avec celles des fantoches n`ont rien compris. A répétition servile des méthodes de l`impérialisme, il opposait la reconversion des mentalités vers et pour le peuple afin de réaliser le bonheur qu`il a tant rêver. Les autres ne font que donner une nouvelle étiquette à la vielle marchandise: le néocolonialisme. la preuve est que la côte d`ivoire, apparemment développé comparativement à la guinée grace à la collaboration du traitre Houphouët aujourd`hui paye cher cela. Car ce dernier a développé tout sauf l`essentiel: la conscience africaine. Il n`a pas su éradiquer cette vieille mentalité coloniale, toute forme complexe. ce néocolonialisme qui met du feu là où il a la main mise. C`est pourquoi, il est temps de recourir, de retourner à l`enseignement de A. S. TOURE pour libérer et développer définitivement notre continent et combler le fausset existant entre les pays industrialisés et l`Afrique, peuple prolétaire. A l`image de Sékou, nous devons maintenant nous engager vers la formation de véritables patriotes en vue de défendre avec rigueur et véhémence les intérêts de l`Afrique.
DIAMA, mardi 15 septembre 2009
A l`initiative du magazine (gratuit) Afriscope, et, dans le cadre de l`exposition "Kréyol factory", qui se déroule actuellement à Paris, à la Vilette, se tenait hier soir un "Forum citoyen", sur le thème : "Quelles relations entre Afrique et Caraïbes". Devaient être présents (sous réserve) : Giula Bonacci, historienne, Jacques Martial, comédien et président de la Grande Halle de la Vilette, Elikia Mbokolo, historien, Lilian Thuram, aka "Grand coeur malade" et Françoise Vergès, politologue. (Une fois n`est pas coutume, François Durpaire n`en était pas. Un oubli ?) En arrivant, pas de Mbokolo... Ayoko Mensah, rédactrice en chef d`Afriscope et modératrice embarrassée d`un soir, nous lut quelques réponses de Mbokolo à certaines des questions qui allaient être traitées. Pas davantage de Giula Bonacci... Ni de Françoise Vergès... Dommage. Le débat eut tout le mal du monde à décoller. Quelques approximations historiques réveillèrent l`assistance, en permettant à un historien dans le public de re-situer le pré-panafricaniste Padmore. Et d`évoquer les cadres antillais employés parfois par le colonisateur en Afrique, comme René Maran ou Félix Eboué. Très vite, premier anniversaire de décès oblige, on en est arrivé à Césaire. Un Africain grisonnant et malicieux, depuis l`assistance, a taquiné l`historien Ki-Zerbo, chargé de pallier aux absences déplorées plus haut. "Césaire, après l`échec de Lumumba au Congo, semble avoir renoncé à l`Afrique. On ne le verra plus guère en Afrique après les indépendances de 1962. Il ne soutiendra jamais Senghor, son vieux copain. Aurait-il, visionnaire, pressenti les "catastrophes politiques" africaines ?" Devant la gêne de Ki-Zerbo, Jacques Martial prend la parole et rapelle que dès le début des années 60, Césaire, dont l`oeuvre littéraire est, pour l`essentiel, déjà faite, se consacre surtout à la dimension politique de sa vie, en administrant Fort de France et la fameuse départementalisation. J`attends que Ki-zerbo (ou un autre !) vienne rétablir les faits : des textes sont là, qui précisent tout ça ! Une voix s`élève... j`espère... "Césaire n`a jamais quitté Senghor." Bravo. En gros, Aimé se serait tu par gêne devant les horreurs africaines honteuses, en raison de liens affectifs (plus importants donc que la politique et la littérature)... Bref, pour ne pas désespérer le Billancourt afro-caribéen, Aimé Césaire se serait contenté de se concentrer sur sa Martinique... A force de parler à la radio, on finit par avoir l`impression de passer son temps à se répéter. J`aurais du prendre le micro. Manqué d`énergie. D’enthousiasme. D`imprudence. Quand meme, je regrette… Césaire, en privé, et à de multiples reprises, s’est expliqué : "J`ai deux boulets, Senghor et le surréalisme”. Mieux, dès 1958, au moment du referendum organisé afin de mettre en place la Coopération entre la France et ses futures ex colonies, un seul pays africain répondit par la négative, la Guinée Conakry, celle de Sékou Touré. Qui se retrouva de fait indépendante (1). Or, en faveur de quel leader africain le grand Aimé écrivait-il des textes admirables dans la revue Présence africaine à cette époque ? Sékou Touré. Je sais que Sékou, enseveli sous un tombereau de calomnies, dans un linceul de propagande tissé par la France, n`a pas bonne presse. Cela valait-il de passer sous silence l`adhésion de Césaire à ses options ? Césaire n`a pas été silencieux du tout sur l`Afrique des indépendances. Il avait juste choisi, contre son amitié pour Senghor, de célébrer politiquement Sékou Touré. GP 1) On sait combien de Gaulle en fut marri et rancunier. Messmer et Foccart ont raconté dans leurs Mémoires les nombreuses tentatives de complots et de déstabilisation contre le régime guinéen orchestrées par Paris (depuis Abidjan, Libreville et le Dakar de Senghor). Sékou Touré devint alors et, semble-t-il, pour toujours et pour tous un tyran sanguinaire, paranoïaque et affilié à Moscou...
Christ Keita, dimanche 13 septembre 2009
Prophetie implacable mais vraie.
Sanaba, dimanche 13 septembre 2009
A part la mamaya que dadis organise en longueur de journée il n`y a rien de concret, qu`il sache que cette dictature ne passera pas. Merci Baldé pour cette contribution
Ollaid, samedi 12 septembre 2009
Je souscris a 100% a cet article!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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