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L’opportunité offerte aux acteurs politiques de faire des propositions aux nouvelles autorités, relatives aux consultations, leur a permis d’afficher leurs divergences, sur l’ordre à privilégier pour les consultations électorales attendues.
Cependant, ils ont pu s’accorder sur la durée de la transition, les organes à mettre en place et la grille de répartition entre les différents acteurs clés de la nation. Cet acte atteste d’une part, l’unité qui émerge autour de certains éléments importants et d’autre part, l’apparition de la diversité sur un enjeu de taille qu’est l’ordre d’organisation desdites consultations.
Dès lors, nous pourrions nous poser la question à savoir : en quoi l’élection Présidentielle devrait-elle primer sur celles, relatives aux Législatives, Communales et Communautaires?
Une analyse objective et raisonnée devrait guider les nouvelles autorités du pays à privilégier l’ordre, en tenant compte de la forte demande sociale, visant à assurer aux citoyens, la possibilité réelle, de pouvoir choisir librement, les femmes et hommes qui doivent prendre en main, leurs destins, et de disposer des moyens de contrôle et de sanctions positives et négatives.
Le réel défi ne sera pas simplement le fait d’organiser des consultations pour meubler les Institutions. Il serait souhaitable de voir les forces vives de la nation s’engager résolument à élever le niveau du débat sur les enjeux et défis visant à offrir l’opportunité aux citoyens de faire des choix éclairés sur leurs futurs dirigeants légitimes, aptes à relever les défis de développement de la Guinée.
Car, l’on ne peut pas changer le destin de la Guinée avec des dirigeants ayant très peu de lectures de leurs missions et mandats, ou des valeurs liées à la probité morale et de l’intégrité. Nous devons repenser impérativement notre éthique en matière de fourniture des services aux citoyens, dans une logique de changement de mentalités et de méthodes de gestion.
Le fait d’avoir un régime Présidentiel n’est pas une fin en soi pour prétendre commencer les consultations par l’élection Présidentielle. Cet état de fait fut l’expression de la volonté de l’ancienne équipe dirigeante du pays, à mettre en place un système de gouvernance, basé sur la suprématie du Pouvoir Exécutif sur les autres.
Le pays aurait beaucoup à gagner en engageant des reformes Institutionnelles, en mettant un accent particulier sur notre Constitution, afin qu’elle puisse refléter les attentes de la majorité des citoyens Guinéens.
Les sujets tels que le type de régime Présidentiel, la durée et le renouvèlement du mandat, l’âge, la double nationalité, les candidatures indépendantes, etc. devraient faire l’objet d’un débat serein et responsable afin de permettre au pays d’avoir un consensus autour des enjeux majeurs.
Le rééquilibrage des pouvoirs entre les différentes Institutions Républicaines, s’impose comme une nécessité absolue. Les pouvoirs du Parlement devraient être renforcés, afin que celui-ci puisse jouer pleinement ses fonctions essentielles, liées à l’examen, au vote ou rejet des propositions de budget ou de lois, à la surveillance de l’exécution correcte de la loi des finances, et à la représentation, etc.
Le processus de cadre budgétaire devrait être rendu plus participatif, afin que l’ensemble des dépositaires d’enjeux (Administration Centrale, Elus du Peuples, Société Civile et Secteur Privé) puissent travailler de concert sur la proposition du budget dans une logique de l’alignement de celle-ci à la Stratégie de Réduction de la Pauvreté (SRP) 2 et les Objectifs de Développement du Millénaire (OMD).
L’élaboration de la proposition de budget devrait être basée à la fois, sur les chiffres et les indicateurs objectivement vérifiables. Les élus et la société civile devront intimement travailler pour assurer une surveillance rigoureuse de l’exécution budgétaire. Le Parlement devrait mettre en place un système de Suivi Evaluation Participatif (S.E.P), pour suivre et apprécier les performances de l’action Gouvernementale en matière de réduction de la pauvreté. Une fiche d’évaluation du rendement de l’Institution Parlementaire devrait être élaborée et mise en œuvre afin d’apprécier également les performances de ladite Institution.
Le discours du Premier Ministre, lors de la passation de service, est plein d’espoir de voir la Guinée renouer avec la vraie démocratie, à travers l’organisation d’élections libres, transparentes et acceptées de tous les acteurs politiques et les partenaires. Il appartient aux partis politiques d’exiger aux nouvelles autorités, le respect de leurs engagements.
Si nous voulons des consultations justes et sans prise de positions partisanes en faveur d’une quelconque formation politique, le bon sens voudrait que les nouvelles autorités organisent l’ensemble des consultations, en commençant en premier lieu, par les législatives couplées des communales et communautaires, et en second lieu, celles relatives aux Présidentielles.
Cet ordre présente un double avantage, dont le premier pourrait offrir l’opportunité aux formations Politiques intéressées, à mesurer leur niveau d’implantation, et le second devrait éviter au vainqueur des présidentielles, d’être taxer de favoriser son propre parti, à tort ou à raison.
S’il s’avère que les tenants de l’ordre de l’organisation des présidentielles étaient prêts pour les élections législatives, il ya aucune logique à ce qu’ils s’opposent maintenant sur celles dernières.
Les promesses du CNDD ont été hautement saluées par la majorité des Guinéens. Cependant, l’évolution de la situation semble s’inscrire en contradiction desdites promesses. La descente musclée des militaires au domicile du Président de l’UFDG et les méthodes d’arrestation de certains généraux de l’armée, constituent un grave manquement aux Lois du pays et celles relatives aux conventions internationales ratifiées par la Guinée.
A cela s’ajoute les nominations actuellement, qui ne sont ni basées sur le mérite ou sur l’équilibre ethnique, dont deux facteurs indispensables, pour assurer la paix et la cohésion sociale.
La nomination du Gouverneur de la ville de Conakry est une illustration du copinage et la prise en otage du Président du CNDD, par une poignée d’individus qui agissent à l’ombre. Nous fondons l’espoir de voir Monsieur le Premier Ministre, rectifier les tirs, afin de galvaniser les espoirs suscités au sein du Peuple de Guinée.
WANN Oumar Consultant en Gouvernance et Développement Local pour www.guineeactu.com
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