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Après un demi-siècle d’indépendance la République de Guinée ne parvient toujours pas à valoriser son agriculture. Un secteur qui s’illustre pourtant comme étant le levier de développement des pays émergents. Tel est le constat fait par le président de la Confédération Nationale des Organisations Paysannes de Guinée (CNOP-G). Moussa Para Diallo qui, dans un point de presse organisé le 7 août dernier, déplore la relégation de ce secteur au second plan.
Cela en dépit des efforts consentis durant des années par la C.N.O.P.-G pour la redynamisation du secteur agricole. De nombreux projets ont été réalisés dans ce sens, pour soutenir et améliorer la production et le revenu des paysans. Selon le président de CNOP-G, rien que pour l’année 2008, il y a eu un total de 154 projets pour un financement total de onze milliards soixante six millions trois cent quatre vint dix mille francs guinéens (11.066.390.000gnf) réalisés dans les quatre régions naturelles du pays. A savoir, 39 projets en Basse Guinée pour un financement de 2.927.000.000 ; 47 en Moyenne Guinée financés à hauteur de 3.847.890.000 ; 31 en Haute Guinée pour un coût de 1.680.000.000 et 37 en Guinée Forestière, qui ont coûté 2.611.500.000gnf. Ce qui aurait été obtenu sous les teintes de l’UE (Union Européenne) à travers le PACNOP (Programme d’Appui à la confédération nationale des organisations paysannes).
Et selon toujours Moussa Para, 34 micros projets ont été financés, entre 2006 et 2008, pour un montant global de 240 millions de francs guinéens. Et qui ont couvert 32 préfectures sur les 33 que compte la Guinée. Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes, mais qui, paradoxalement ne parviennent pas à sortir la Guinée de la sous alimentation. D’autant que plus de la moitié de la population vie aujourd’hui sous le seuil de la pauvreté.
En effet, selon cet agriculteur, il y a un manque criard de matériels et d’intrants agricoles. A Capa chaise (Basse Côte), par exemple, près de3000 hectares sont en aménagement pour simplement deux (2) motoculteurs. Sans compter le manque d’engrais et de semence ou de motopompes pour les paysans. La CNOP-G, est toujours obligée de tendre la main à l’UE ou à la Banque Mondiale (BM) pour venir au secours de nos paysans. En leur fournissant des semences, de l’engrais, des motoculteurs entre autres. Et de construire sous financement propre des magasins de conservation de produits agricoles. Cela en lieu et place de l’Etat qui devrait jouer ce rôle. Afin d’abréger la souffrance de la population guinéenne. Qui malgré ces terres cultivables est encore loin de s’auto alimenter. Et c’est le moins que l’on puisse dire.
« Nous avons reparti cette année dans les préfectures de Gaoual et Koundara environ 112 tonnes de riz, 643 tonnes d’engrais pour les deux préfectures et celle de Mali. Nous avons acheté 5 tracteurs pour les deux premières préfectures et 70 charrues pour les trois préfectures. Ceci, sur le financement et la facilité alimentaire de l’UE », explique Moussa Para à titre illustratif. Et d’autres financements non le moindre qui ont été réalisés dans les autres régions.
Difficultés ?
Il en existe. Le président Moussa Para, explique que sa confédération rencontre d’énormes difficultés dans la réalisation des projets. Il cite à titre d’exemple la Haute et la Moyenne Guinée, où ils sont confrontés actuellement à des insectes (espèce de mouches) qui piquent les mangues produits par des groupements paysans. Et pour éradiquer ce fléau la CNOP-G a besoin de 4 milliards 500 millions de francs guinéens. Or cette même mangue de mauvaise qualité est achetée par certains pays de la sous région (Mali) qui la traite bien, avant de la réexporter vers l’Europe. Ce qui, fait remarquer M. Diallo, devrait interpeller l’Etat guinéen à faire face à ce secteur. Car, déplore-il, il y a un manque de volonté politique de nos dirigeants pour booster l’agriculture. Dont le développement devra propulser la Guinée au rang des pays qui ont réussi à s’autoalimenter. « Nous produisons aujourd’hui environs 350.000 tonnes de riz net et 850.000 tonnes de riz paddy par an », explique-t-il. Ce qui ne devrait pas cependant être confondu aux 300.000 tonnes de riz importés chaque année pour nourrir les millions de guinéens. Cette production nationale, selon M. Diallo, est consommée en Guinée et ne saurait être exportée. Mais qu’à cela ne tienne, le taux de production semble trop faible pour nourrir toute la population.
Un secteur laissé pour compte par l’Etat guinéen
Au sommet des chefs d’Etat africains tenu à Maputo, il y a quelques années plutôt, il était prévu que l’agriculture soit financée à hauteur de 10% pour relancer le secteur en Afrique. Ce que l’Etat guinéen n’a jamais respecté. Curieusement, le budget alloué au département en charge du secteur n’atteint pas 4%. Pendant qu’à côté, le Mali (pays sahélien) promet de nourrir dans 5 ans la sous région. Ce qui devrait interpeller nos dirigeants à faire face à ce secteur pour le développement économique et social du pays. En tous cas, selon cet expert dans le secteur,. L’Etat ne fait rien pour améliorer les conditions de vie des populations, le secteur est laissé pour compte. « Après 52 ans d’indépendance, le bilan de l’agriculture guinéenne reste négatif », a regretté le patron des paysans guinéens. Or, avec une agriculture florissante, explique-t-il, l’on pouvait nourrir le Mali, le Sénégal, la Mauritanie, le Burkina Faso, le Niger entre autres. Malheureusement, certains de ces pays sahéliens sont à même d’exporter leur production excédentaire vers la Guinée.
Ce qu’il faut
Pour Moussa Para Diallo, la relance du secteur agricole est indispensable pour la croissance économique de notre pays. Selon lui, pour valoriser et développer ce secteur, quatre priorités sont à remplir. Ces priorités que l’on appellera le ‘’carré magique’’ de CNOP-G, appliquées, peuvent redynamiser l’agriculture et assurer la sécurité alimentaire du pays. Il s’agit d’organiser les producteurs, trouver les fonds, désenclaver les zones de production, mettre en place des moyens techniques et favoriser une très bonne collaboration.
Samory Keita L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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