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La Guinée est de nouveau le théâtre de violences, à Conakry comme à l’intérieur du pays, violences orchestrées par les dirigeants politiques et administratifs. En multipliant les actions partisanes, le gouvernement sème la discorde et le trouble parmi les populations. Les affrontements interethniques, que l’on croyait révolus à jamais, réapparaissent et accroissent le chaos dans lequel sombre le pays.
L’armée chargée de ramener le calme agit comme à son habitude : massacres aveugles, viols des femmes, bastonnades, insultes … Hommes, femmes, enfants, tous y passent.
Les événements tragiques de juin 2006, de janvier et février 2007, de septembre 2009, sont restés impunis, ce qui favorise la persistance de la violation des droits de l’homme. L’impunité des crimes comme les tueries et les viols amène les auteurs à la récidive et encourage d’autres éléments à imiter ces comportements abominables.
Les Guinéens et Guinéennes avaient reçu l’assurance, après la tragédie du 28 septembre 2009 au stade national de Conakry, après les accords de Ouagadougou en janvier 2010, que l’armée guinéenne sera réformée, réorganisée, que les hommes de troupes et toute la hiérarchie militaire recevraient une formation juridique, civique et humaine.
Cependant, force est de constater que l’armée guinéenne, loin de jouer son rôle de défenseur des populations, reste une bande de tueurs-violeurs-voleurs dont nombre d’éléments sont violents et ethnocentristes. Les événements tragiques de juin 2006, de janvier et février 2007, de septembre 2009, sont restés impunis, ce qui encourage les violations des droits de l’homme. L’impunité des crimes comme les tueries et les viols encourage les auteurs à la récidive et appelle d’autres éléments à agir de façon néfaste.
Le Collectif des Femmes guinéennes rappelle que parmi ses principes fondateurs, figurent en bonne place la lutte contre les toutes les discriminations faites aux femmes ainsi que la lutte contre l’ethnocentrisme. Or on a assisté ces derniers temps à des agressions répétées envers les femmes, des viols de femmes et de jeunes filles, des actes délibérés de violence contre des hommes et des femmes du fait de leur appartenance ethnique.
Fidèle à ses convictions, le Collectif des Femmes guinéennes condamne ces faits et invite les Guinéens à la fraternité et au respect mutuel.
Pour résoudre la crise qui frappe notre pays, le Collectif des Femmes guinéennes en appelle tout d’abord au général Sékouba Konaté pour qu’il respecte ses engagements, à savoir :
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Conduire à terme les élections présidentielles commencées le 27 juin 2010 en respectant les règles de la démocratie.
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Rappeler à l’armée guinéenne son véritable rôle de défense de la population, en faire une institution républicaine, professionnelle et humaine au service de la sécurité des Guinéens et Guinéennes.
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Prendre des initiatives dans les domaines économique, culturel, social, religieux pour réaliser l’unité nationale, la concorde et la paix dans la société guinéenne.
Le Collectif des Femmes guinéennes en appelle aux organismes internationaux (ONU, Union Européenne, Union Africaine, CEDEAO), aux pays démocratiques et à tous les démocrates, pour amener le gouvernement guinéen ainsi que les candidats à la présidentielle à tout mettre en œuvre pour sortir la Guinée du chaos.
Le Collectif des Femmes guinéennes en appelle enfin à tous les Guinéens dans le sens de la fraternité, de la concorde et de l’unité nationale, sans lesquelles l’instauration de la paix et du développement dans notre pays resterait un vœu pieux.
Paris, le 27 Octobre 2010
Pour le Collectif des Femmes Guinéennes Aïssatou BAH
www.guineeactu.com
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