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Pitié, encore pitié et toujours pitié pour la Guinée et les Guinéens !!! Depuis 50 ans, le mal du Guinéen et de la Guinée est partagé principalement par deux groupes de personnes, deux styles, deux systèmes, deux tempéraments et enfin deux leaders (dont les leaderships sont décriés unanimement), qui servent un même cocktail aux Guinéens. Globalement les résultats de Sékou Touré et Conté sont les mêmes. Si le premier avait pour cocktail, le camp Mamadou Boiro pour tuer les uns et traumatiser les autres, le culte de la personnalité et le parti unique (parti Etat et l’Etat policier) pour être le maître absolu de Conakry, le second a favorisé l’émergence des clans prédateurs de l’économie, la militarisation dangereuse de la politique conjuguée avec un multipartisme basé sur l’ethno stratégie, ponctuées par des élections chapardées. Pour l’un et l’autre, l’objectif était de se maintenir, de se servir et non de servir le peuple, ça l’est encore pour le second, qui est plus que jamais persuadé qu’il est président à vie, malgré son impopularité, sa maladie, sa méconnaissance des règles élémentaires de gestion… En regardant dans le rétroviseur, depuis le 3 avril 1984, l’arrivée de la junte militaire, le CMRN (comité militaire de redressement national), puis le passage au CTRN (Conseil Transitoire de redressement national) au début des années 90 et jusqu’en 2008, nous constatons que plus ce pouvoir dure, plus la mal gouvernance empire et la paupérisation des populations s’accentue. Evidemment, les dix dernières années furent les plus catastrophiques, en raison d’une part, de la montée en puissance d’un clientélisme paroxysmique et d’autre part, de l’héritage lourd d’une gestion chaotique collégiale des anciens gouvernements. Les anciens responsables ne peuvent se dissocier da la situation actuelle, sauf par irresponsabilité, par manque de patriotisme et par mépris pour le peuple de Guinée. On ne peut être solidaire de Conté pour mener la Guinée où elle est, et vouloir se désolidariser de lui quand l’heure du bilan approche. Tout comme dans les entreprises, quand on arrête les comptes pour établir le bilan d’un exercice, on doit analyser tous les postes du bilan, toutes les classes de comptes, effectuer les régularisations qui s’imposent, afin de mieux analyser le résultat et situer les responsabilités. En attendant, le bilan des gouvernements de l’ère Conté, pour déterminer les responsabilités de chaque département et de chaque responsable de département, les Guinéens ne doivent disculper personne, encore moins accrédités Paul ou Pierre, par affinité. C’est pourquoi, suis-je en parfait accord avec mes prédécesseurs qui ont posés la question pourquoi Souaré et pas Eugène Camara, puisque tous deux ont participé aux anciens gouvernements. Ainsi dire, nous acceptons majoritairement la violation des accords tripartites, obtenus au prix d’environ 200 âmes guinéennes perdues, sans compter les blessés et les autres dégâts en tout genre. C’est vrai que des articles se sont inscrits dans cet esprit, mais que dire de l’intervention à demi mots des syndicats et partis politiques, où est la volonté du changement irréversible? On devrait être mieux regardant sur notre pays et surtout ne plus accepter de se faire duper par le « lucide et cynique », Lansana Conté et sa clique mafieuse. Le renvoi de Kouyaté est salutaire mais à mon avis, il devait s’inscrire plus que jamais dans l’esprit du changement amorcé en 2007, c'est-à-dire finie l’époque de la prédation. Alors, faire appel à un ou une technocrate neutre, moins politisé(e), pour conduire le pays vers une sortie de crise. Cependant tel ne fut le cas, le rappel d’un proche, en la personne de Monsieur Souaré au poste de PM laisse les Guinéens sur leur soif du changement radical de système et des hommes puis maintient le pays dans une militarisation du pouvoir de plus en plus insupportable. Ahmed Tidiane Souaré, the time will tell, mais plus que jamais sceptique, parce que simplement, il ne saura affronter réellement, efficacement, les artisans de sa nomination (clan de Lansana Conté), il va continuer à leur donner une image affable, qui à mon avis est directement proportionnelle à sa survie à ce poste. SAM Soumah, présumé coupable d’avoir falsifié les décrets de restructuration des ministères sous Kouyaté et auteur ou co-auteur du discours qui a été fatal à JMJ, reste au gouvernement, alors que Saidou Diallo doit partir pour les audits. Ou parce qu’il avait été proposé à ce même poste en 2007? Loin de penser ou de prétendre faire croire que tel ou tel est indispensable, c’est quand même un mauvais signal politique, parmi tant d’autres, qui indique la continuité d’un clan prédateur, opposé à toutes réformes novatrices et inaccessibles à toutes confrontations objectives d’idées. Sans rentrer en détails sur «l’ouverture du gouvernement à l’opposition », pourquoi ne pas associer l’opposition, tous les partis, dans la commission d’enquête sur les événements de janvier et février 2007, avec les moyens sécuritaires nécessaires et le pouvoir d’auditionner tous les présumés coupables, dans un délai raisonnable de six mois et, aussi, constituer avec l’opposition une commission pour discuter d’une transition pacifique, voilà ce que les victimes et la majorité des Guinéens attendent sans délai. Aucun opposant ne refusera de participer à de telles commissions vivement souhaitées par les Guinéennes et Guinéens. Pour ma part, l’opposition qui refuse d’adhérer à ce gouvernement a raison, je partage cet avis, il faut arrêter de se blaguer, on n’adhère pas à un gouvernement pour partager le gâteau, quelqu’un me disait tantôt, c’est la politique guinéenne « faut se tailler la place au soleil », mais attention à ne pas se faire incinérer par ce même soleil, important. Penser que Souaré affrontera le clan Conté, sa propre famille politique, pour promouvoir l’efficacité gouvernementale, me paraît soit naïf, soit de mauvaise foi. Le choix de Souaré ne fut pas anodin. Je souhaite m’être trompé et être agréablement surpris par Monsieur Souaré, sur la ligne directrice du changement, que les Guinéens ne cessent de clamer haut et fort, changement que Lansana Kouyaté et son gouvernement n’ont pas su apporter significativement pour insuffisance d’engagements, méconnaissance réelle de Lansana Conté (on ne négocie pas avec Conté, on l’affronte publiquement, sinon l’échec est patent), manque de solidarité gouvernementale, notamment, après le départ de JMJ, Insuffisance de communications rassurantes, pas de briefing publics, ni d’avancées importantes sur les dossiers sociaux (électricité, eau, transport, pouvoir d’achat…). Kouyaté a globalement, manqué d’autorité, de sagacité et de méthodologie, c’est pourquoi, il s’est fait piéger assez facilement. Le peuple avait vaincu Conté et était convaincu de l’arrivée de Kouyaté, mais aujourd’hui, ce même peuple est vaincu et Conté en sort vainqueur, convaincu d’avoir définitivement repris tout ce qu’il avait cédé en 2007. C’est incontestablement le vainqueur du moment, en attendant « la malédiction du vainqueur ». Quant à Kouyaté (qui a raté peut-être la plus grande opportunité de sa vie de clore une carrière riche et variée, par des honneurs inégalés), heureusement, tout ne fut pas négatif, les grands audits, qui ne sont pas exhaustifs mais significatifs, les quelques forages, l’amélioration de l’image de la Guinée au niveau international, l’économie du pays, les 100 bus dans un contexte de guerre feutrée avec le président, sont salutaires. Le résultat est globalement insuffisant, cependant, rendre à chacun ce qu’il mérite, est le principe de toutes critiques constructives, c’est ainsi que nous pouvons nous éloigner des considérations subjectives (ethniques, politiques, régionalistes, religieuses, sexistes) qui sont de plus en plus présentes en Guinée. Pour revenir à l’actualité, le discours programme de Souaré, me semble politiquement correct, sensibilisateur ; il ressort même de ce discours que ce Monsieur maîtriserait les théories de la bonne gouvernance, cependant, les Guinéens préfèrent des actions plus conformes à ce discours. Dès lors, Souaré devrait définir un plan d’action plus détaillé, plus explicite et confier à chacun des membres de son gouvernement des objectifs prioritaires à atteindre dans un délai déterminé. Inviter le gouvernement à travailler dans la plus grande transparence et la plus grande solidarité, dire ce que son gouvernement compte faire pour la suite des audits réalisés sous Kouyaté, quelles sont les nouvelles orientations économiques, sociales, bref, dicter publiquement les mesures phares de son gouvernement, parmi ces mesures, la lutte contre le trafic de la drogue en Guinée (nouvel eldorado des dealers de drogue), l’interdiction ferme et définitive d’utiliser même une arme blanche et/ou domestique pour revendiquer quoi que ce soit, doivent figurer dans les mesures phares. De toutes façons, les Guinéens apprécieront en fonction de l’amélioration de la fourniture de l’électricité, de l’eau, du pouvoir d’achat, la situation économique du pays, et par la volonté de ce gouvernement à conduire le pays vers des élections réellement démocratiques et non pas le plébiscite sans surprise des anciens, qui ont quasiment substitué le peuple par l’armée, les urnes par les armes. Le salut viendra aussi, à mon avis, d’une révolution politique, à l’émergence de nouvelles classes politiques (plus jeunes et/ou féminisées) pour améliorer les débats, passer à des débats plus profonds et plus sincères sur les dossiers politiques, économiques et sociaux sensibles (l’ethno stratégie, les militaires, plus de responsabilités pour les femmes qui sont de plus en plus compétentes, la corruption, les contrats miniers, investissements…). C’est ainsi que nous pourrons développer, une politique économique et sociale, globalement meilleure, sans se réfugier derrière un contexte international défavorable, la recherche sans cesse de coupables de substitutions. Tous les pays, particulièrement les plus pauvres, subissent ces chocs externes quasiment de la même manière, à la différence que les uns trouvent plus rapidement des amortisseurs, tandis que d’autres sont attentistes ou servent des cocktails indigérables et indésirables parce qu’inadaptés à cause de la mauvaise gouvernance permanente. Aujourd’hui plus qu’hier nous voulons d’un changement positif, significatif et bénéfique pour tous les Guinéens. Demain plus qu’aujourd’hui, nous voudrons du changement de plus en plus positif et nous le clameront PARTOUT OU IL EST DE DROIT. LE VERITABLE MAL DE LA GUINEE EST LANSANA CONTE : LA FIDELITE, LES SENTIMENTS AU GOUVERNEMENT, L’EFFICACITE PEUT ATTENDRE ENCORE. LANSANA CONTE, QUITTE LE POUVOIR, ORGANISE UNE TRANSITION OUVERTE, A TRAVERS UN GOUVERNEMENT DE TECHNOCRATES, POLITIQUEMENT NEUTRES, VIERGES DANS LA GESTION CALAMITEUSE DE LA GUINEE POUR LE BONHEUR DES GUINEENS. C’EST LA MEILLEURE ISSUE POUR UNE SORTIE DES CRISES ECOMIQUES, FINANCIERES, POLITICO ETHNIQUES ET MILITARO POLITIQUES RECCURENTES EN GUINEE. NOUS EN AVONS ASSEZ DE CE COCKTAIL INDESIRABLE (PREDATION DE L’ECONOMIE, MILITARISATION DU POUVOIR, FEDERATION DE CLIENTELISME, DENUEMENT DEMOCRATIQUE). Vive la Guinée, vive la jeunesse guinéenne. Mamadou Chérif LY pour www.guineeactu.com
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