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Lansana Conté et Henriette Conté se sont donc résolus à renvoyer leur protégé, Lansinè Kouyaté. Le fusible ne protégeait plus rien du tout. Il était devenu une catastrophe absolue pour le pays, et une menace certaine pour ses protecteurs. Circonstance aggravante : il était devenu de moins en moins généreux avec ses deux parrains. Chaque Guinéen aura compris que ce qu’il obtenait de « ses princes arabes » pétroliers au nom de la Guinée, il le planquait pour lui afin de se doter des moyens financiers de son ambition. L’ambition en soi n’est pas condamnable. Mais la sienne était ethnique et revancharde. De ce fait, M. Kouyaté devenait donc dangereux pour le pays tout entier, y compris pour ceux qu’il prétendait vouloir réhabiliter. Alors la nomination d’un énième « Premier ministre » est-elle une solution ? A cette question, un de nos compatriotes, Elhadj Mamadou Kollon DIALLO (U.S.A.) a apporté quelques éléments de réponse d’une lucidité et d’une clairvoyance indiscutables. Son intervention mérite notre attention. Et, n’étant pas modéré à l’encontre des démolisseurs de notre pays (Lansana Conté et ses clans militaro-affairistes et politico-mafieux), je vais donc être intransigeant et dur quant à la fonction de PM et la nomination de son « nouveau titulaire. Sur la fonction de PM : il faut le répéter autant de fois que nécessaire, la fonction de Premier ministre est une institution. Elle ne peut pas être instituée par les caprices d’un individu, fût-il Général-président. Une institution est une œuvre collective, admise comme utile à la collectivité, ici, à la Nation. Par ailleurs, elle doit avoir une base constitutionnelle et donc légale. Et ce n’est pas du juridisme que d’exiger cela. Or, je le redis (j’aimerais être contredit sur ce point), la fonction de PM n’était qu’une invention personnelle de Sékou Touré. Ayant peur d’être renversé par une force organisée, il ne sortait plus de la Guinée et rarement de Conakry. D’où la création ex-nihilo de la fonction de PM confiée à un de ses complices criminels Lansana BEAVOGUI. Celui-ci le restera jusqu’à sa mort. Mise à part une commodité personnelle pour le tyran Sékou Touré, et maintenant pour Lansana Conté, personne n’est en mesure d’affirmer que cette fonction dispose de la moindre base légale. Autrement dit, une fonction politique de première importance que chaque président réinvente au gré de ce qui l’arrange personnellement, et le plus souvent contre le pays. Exemple : il suffit de plaire à Lansana Conté ou à l’une de ses multiples « épouses » pour être aussitôt nommé PM. Kouyaté avait acheté sa fonction en donnant plusieurs fois 200.000 dollars à Henriette Conté. (J’attends toujours d’être démenti sur ce point précis). Personne ne sera surpris d’apprendre un jour que M. SOUARE a été préalablement adoubé par l’une des 3 femmes officielles, avant d’être désigné. Que l’épouse d’un président exprime sa préférence lors des nominations, n’est pas inhabituel. En un certain sens, ce pourrait être toléré. Que son époux en tienne compte, n’est pas forcément scandaleux. A condition : –1° que le président ait été élu, à la majorité absolue, à l’issue d’une compétition électorale transparente, libre, honnête et pluraliste ; –2° Qu’une épouse, et une seule, si elle en a la capacité intellectuelle ou l’intuition de ce qui est profitable pour le plus grand nombre, prodigue des conseils à son mari, avant toute décision, n’est pas non plus toujours dramatique. Et c’est justement ces deux conditions minimales qui posent problème : le président n’est pas élu. Trois ou quatre femmes officielles, sans compter les maîtresses influentes. Tout cela donne à l’arrivée des décrets, contre-décrets, des décisions et contre-décisions. La caricature d’une république bananière. Nous tenons là, une des explications de la décomposition économique du pays et de sa déchéance morale. Et puisque toutes les épouses sont du même niveau que leur président de mari, c’est-à-dire sans éducation (au sens de formation intellectuelle ou professionnelle), les SOUARE, Fodé BANGOURA, Chantal COLLE…font de la Guinée ce qu’ils veulent, c’est-à-dire du n’importe quoi. Exemple : mettant à profit la disgrâce prévisible de l’incompétent Kouyaté, Mme Chantal COLLE, une affairiste notoire de la pire espèce, débarque à PARIS. Motif ? Elle aurait été expulsée par Kouyaté. Mme COLLE est Guinéenne, proche, très proche, peut être même trop proche de Lansana Conté. Et elle prétend ne pouvoir retourner en Guinée que si la République vient la prier de revenir dans un pays qu’elle présente à juste titre, comme le sien. Les bras m’en tombent. La République de Guinée, bien plus bas encore. Au total, le renvoi salutaire de Kouyaté est une étape conduisant à la victoire des Revenants. La nomination de M. SOUARE est symptomatique à cet égard. Il a appartenu à tous les gouvernements (ministre ou directeur de cabinet) depuis presque quinze ans. Le dernier poste qu’il a occupé est l’éducation nationale. On y a décelé 13000 faux fonctionnaires. Il ne les a peut-être pas « recrutés », mais a-t-il signalé ce trafic ? A qui ? Que sont devenus les salaires des fonctionnaires fictifs de l’administration dont il avait la charge ? Ministre des mines sous le gouvernement de M. Cellou Dalein DIALLO, pouvait-il ignorer tout le pillage infligé au secteur minier ? Qu’a-t-il fait pour mettre fin à ces crimes économiques ? Les coupables ont-ils été recherchés ? Par qui ? M. SOUARE n’était pas ministre du transport, mais celui qui occupait ce poste ne lui est pas inconnu. Que sont devenus les fonds autoroutiers ? Je ne connais pas M. SOUARE, je n’ai rien contre lui. Mais être de YIMBERING ne signifie pas qu’on est un parangon de vertu dans la gestion des affaires publiques. Et le renvoi salutaire de M. KOUYATE n’autorise personne à en faire un Coupable Définitif. J’ai combattu sa politique. J’ai combattu son « carnet d’adresses », même si son réseau était composé de certains ambassadeurs occidentaux. Mais, il n’était pas mon adversaire personnel. Si M. SOUARE peut être PM, alors tous les autres doivent revenir. Et je propose comme ministre des mines, M. Facinet FOFANA. Que retenir de ce qui précède ? La question du premier ministre est un faux problème. Le processus de restauration est en cours. Lansana Conté et ses clans ont trouvé un fusible provisoire. Comptant sur la naïveté des Guinéens, ils offrent le renvoi de KOUYATE comme un Acte magnanime d’écoute des populations. Le nouveau PM est un REVENANT de la pire espèce. Lui-même est un maillon important du pillage généralisé auquel notre pays est soumis depuis très longtemps. Il n’y a pas de Gouvernement. Il n’y a pas de PM. Il y a un agrégat d’intérêts privés dont le seul objectif est de rechercher une légitimité en dehors de notre pays, afin de préserver et transmettre à leurs enfants les captations financières, foncières et immobilières. L’objectif principal demeure le renvoi de Lansana Conté et de son régime, par tous les moyens. Cet objectif est à la portée des Patriotes. Toute autre solution, n’est que baliverne. Mamadou Billo Sy Savané, Rouen, France
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