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Eh ! Oui. Maintenant les lampions du Cinquantenaire se sont éteints. Les Chefs d’Etat de la sous région venus pour assister à la grande kermesse ou à la « mamaya » guinéenne sont rentrés dans leurs pays respectifs, pendant que les paisibles populations continuent de broyer du noir dans leur galère quotidienne, faite de pénuries, d’insécurité, et autres frustrations en tous genres. Ces hôtes contrairement à la tradition d’hospitalité ont été privés de l’accueil et de la présence de leur homologue guinéen Lansana Conté, et pour cause le grabataire de Wawa comme l’a souvent écrit Jacques Kourouma est devenu un incontinent urinaire et fécale. Ainsi, ses pairs se sont rendu compte de la réalité de la vacance du pouvoir en Guinée, car le général-président ne peut plus assumer la charge de sa fonction compte tenu de ses multiples maladies incurables et irréversibles. Ce qui fait courir un sérieux risque d’implosion non seulement à son pays, mais également à toute la région ouest africaine. Son frère d’armes Nino Vieira devenu Narco-président, qui avait volé à son secours [par l’envoi d’un contingent de soldats bissau-guinéens] lors des tragiques évènements de janvier-février 2007, a certainement mesuré à quel point, le maintien de son ami Conté au pouvoir, représente un danger potentiel. Aujourd’hui force est de constater que le salut de la Guinée passe incontestablement par le départ pur et simple de Lansana Conté, et de ses oligarques, pour sauver encore ce qui peut l’être. Ces oligarques le maintiennent artificiellement en vie, parce que eux-mêmes exercent le pouvoir alors qu’ils en avaient été chassés par la jeunesse lors des évènements de janvier-février 2007. Ce qui explique les décrets et contre-décrets, les nominations et contre-nominations. Nous devons tous savoir par conséquent, qu’aucune réconciliation ne sera possible en Guinée, tant que le régime actuel sera en place, n’en déplaise aux organisateurs du cinquantenaire. D’ailleurs, toute réconciliation suppose au préalable un état des lieux, sans complaisance de l’indépendance à nos jours. Parce que simplement, d’une part feu Sékou Touré a laissé des victimes et des problèmes sans réponse ; et d’autre part Lansana Conté a aggravé la situation à tel point qu’on ne sait plus par quoi il faut commencer cette réconciliation et le renouveau du pays, pour son développement harmonieux au regard de ses ressources humaines et naturelles. Il est navrant de constater que de 1958 à nos jours, la problématique Guinéenne reste entière. En effet, à l’indépendance le nouveau gouvernement avait 3 priorités à savoir : - Bâtir un Etat de Droit, - Edifier une véritable économie, - Lancer les fondements d’une nation moderne. Hélas ! Ce fut un échec lamentable pour le Parti Démocratique de Guinée. Il est inutile de rentrer dans les détails de ce constat, car nos ainés Doyen Ansoumane Doré, Sy Savané de Rouen, et bien sûr Docteur Bah Thierno, à travers la pertinence de leur analyse, nous ont suffisamment édifiés là-dessus. Alors que, le 3 Avril 1984 il aurait fallu nécessairement faire un bilan des 26 ans du P.D.G. Mais c’était sans compter avec les tortionnaires de l’époque [y compris Lansana Conté] qui ont trompés le peuple, pour éviter de rendre compte de leur propre responsabilité dans ce bilan tragique [plus de 50.000 morts et des millions d’exilés]. Comment peut-on dans ce cas parler de réconciliation, alors que les coupables continuent de narguer leurs victimes en toute impunité en assurant de surcroît la direction des soi-disant « Institutions Républicaines ». Pourtant, il convient de méditer l’affirmation de GANDHI : « On ne peut pas bâtir un Etat sur le dénie de justice… » Il est regrettable de s’apercevoir que depuis 1958, l’impunité et le mensonge ont toujours été érigés en système de gouvernement. Malheureusement, ils se sont amplifiés avec Lansana Conté, au point de compromettre l’autorité même de l’Etat. C’est bien ce qui explique pour une large part, la déliquescence actuelle de la société guinéenne. Le cinquantenaire et après ? Les flambeaux se sont éteints, et pourtant la Guinée est toujours dans une impasse totale, dont il faut sortir. Car, nous sommes en 2008 et les Guinéens ne doivent plus continuer de vivre comme au moyen âge [sans eau, sans lumière, sans soins, sans éducation, sans équité et de surcroît avec le ventre vide]. Mais, c’est le constat évident après 50 ans d’indépendance. Au regard de ce bilan désastreux, on peut se poser la question de savoir : si vraiment ce cinquantenaire méritait d’être fêté ? De toute évidence la réponse est NON. D’ailleurs lors de ce cinquantenaire, nous avons assisté à des décorations de tous ceux qui sont responsables de la déchéance de la Guinée. Ce qui prouve s’il en était besoin, que la réconciliation est loin d’être la priorité du pouvoir en place. On en déduit logiquement que le cinquantenaire n’était qu’un prétexte pour célébrer les anciens tortionnaires et les nouveaux prédateurs. Exemple : SOUARE et KEÏRA ont été décorés, alors que tout le pays sait que se sont de redoutables prédateurs. Il est donc malheureux de constater que le cinquantenaire a plutôt aggravé la fracture sociale en exacerbant les tensions. Nos Généraux et Colonels corrompus en acceptant leurs décorations, prouvent encore une fois de plus qu’ils ont choisi eux-mêmes d’être « les sofas de CONTE » au détriment du peuple. Leur sort reste donc lié à celui de leur mentor Lansana Conté. Pourtant, les forces vives, les partis politiques, la société civile et l’immense majorité des Guinéens ont montré leur volonté d’en finir avec le régime CONTE. Ils avaient même engagé des actions décisives en janvier-février 2007, visant à mettre par terre le régime et ses principaux artisans. Mais l’Armée en tant que force organisée est restée sourde à l’appel du Peuple, qu’elle a pour mission de défendre. Aujourd’hui, il y a incontestablement un goût d’inachevé lorsque cette Armée demande « ce pardon au peuple ». Leur compréhension de la situation, doit se concrétiser dans les faits, par le renversement du régime de Lansana CONTE. Sinon, leur aveu même tardif ne répare aucun tort. C’est pourquoi, il est urgent que « la fraction républicaine de l’Armée » dépose indubitablement CONTE et ses Généraux et Colonels corrompus, dans l’intérêt du Peuple Guinéen et dans leur propre intérêt. De plus, il est vraiment illusoire de penser un seul instant que le Président de l’Assemblée Nationale [Aboubacar Comparé un PDGiste de la pire espèce] et le Premier Président de la Cour Suprême [Lamine Sidimé un juriste inique] peuvent annoncer la vacance du pouvoir, parce que leurs intérêts matériels et leurs promotions sociales qu’ils obtiennent dépendent exclusivement de CONTE. Ils ne peuvent donc pas se faire harakiri. En outre, il est impossible de prétendre organiser avec ce régime, des élections crédibles et transparentes, dont les résultats seront acceptables par tous. Dans ce cas, il faut éviter d’entrainer le pays dans des violences postélectorales qui peuvent aboutir à une guerre civile à l’instar du Libéria par exemple. Désormais, il appartient à cette « fraction républicaine de l’Armée » de prendre ses responsabilités, pour en finir avec cette situation chaotique, le plus rapidement possible. En conséquence, la seule alternative aujourd’hui c’est de balayer purement et simplement ce régime de honte et de misère, qui reste une priorité absolue pour tous les Guinéens. C’est la seule voie qui vaille pour sortir de l’impasse et sauver le pays. Docteur Abdoul BALDE (Rouen France) pour www.guineeactu.com
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