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Et de vingt !!! Vingt articles déjà, je vous dis ! Assurément le sujet sur la célébration du cinquantenaire de la République de Guinée aura battu tous les records sur guineeactu.com en matière d’informations, d’opinions, d’analyses et de… controverses, depuis le lancement de votre site préféré en Octobre 2007. Preuve que le sujet, au-delà de toutes autres considérations, était et reste une préoccupation pour chacun de nous ! Le 18 Septembre 2008, c’est d’abord les guinéens des USA qui ouvrent le bal, avec une simple annonce de rencontre festive. Sous le label « Hommage à la femme guinéenne », l’évènement invitait les guinéens résidant aux Etats Unis, à une belle mamaya, le 3 Octobre 2008 au Viking Center de Washington. Les initiateurs de « Nimba Entertainment Inc. » récolteront, dès la parution de l’annonce, une réaction au vitriol de Baldé M.S. Preuve que le sujet du cinquantenaire, même sous forme d’invitation à une cérémonie, restait très délicat et objet de… hérissement pour certains de nos compatriotes. Et depuis, la machine des analyses, des réactions et, parfois même, d’accrochages violents (dans les mots, bien sûr !) était enclenchée. Elle roulera cependant à ras de terre pour les deux autres communiqués de rencontre que nous avons enregistré à notre Rédaction, à savoir, celui de la Communiqué guinéenne au Japon (qui invitait pour le Dimanche 12 Octobre au Nishi Tokyo) et la Conférence-débats organisée par l’Association des Guinéens pour la Promotion de la Démocratie (AGPD), à Philadelphie. C’est le texte de Sékou Camara de Malaisie, intitulé « La Guinée indépendante, rétrospective et perspectives » qui ouvrira, le 25 Septembre la boite à pandores. Ce que notre jeune compatriote nommera « Sketch géopolitique » et que le doyen Ansoumane Doré qualifiera, avec justesse, de « fresque », a suscité tellement de débats, que nos archives s’en sont emparé à la matinale. Le 26 Septembre, dans son article « Les 50 ans de misère : faut-il fêter des acquis sanguinolents ? », Ibrahima Kylé Diallo met le pied dans le plat. « Je ne veux pas de cette fête, tout en sachant qu’elle aura lieu », déclare-t-il tout de go. C’est la porte ouverte à toutes les réactions de démarcation ou d’adhésion. Des camps commencent à se préciser. Des arguments fusent et se croisent. Les internautes Aly Camara et Lamarana Diallo, après des échanges tendus, finiront par se rendre à l’évidence, comme chacun de nous, qu’ils se battaient autour des mêmes idées. Soit ! C’est guineeactu.com qui s’en sort ragaillardi, pour avoir ouvert la tribune. Et c’est la Guinée positive qui gagne !!! Il faut se parler pour se comprendre, non ? Le docteur Thierno Diallo de Bordeaux ne dira pas le contraire en jouant au « rabat-joie », le 27 Septembre, dans son article « Vous avez dit anniversaire ? ». Le cinquantenaire, on le sait, ne sera pas très reluisant mais Dr Thierno ne peut s’empêcher, en tout bon patriote, de fouiner pour y trouver une petite étincelle de « motif de réjouissance » contrairement au doyen Kylé qui, par exaspération ou par lassitude, ne veut même plus se donner la peine de regarder l’écran de la montre Guinée, convaincu d’avance que les aiguilles y sont déjà figées depuis Mathusalem. Ce même 27 Septembre, Amadou Sadio Bah du Comité d’Initiatives Citoyennes lançait son « Appel au Peuple du 28 Septembre ». Un état des lieux, des perspectives et des propositions concrètes pour « le changement radical ». L’auteur salue les « Journées de dialogue et d’initiatives » organisées à Conakry, les 12 et 13 Août dernier, sous l’égide du Conseil Economique et Social. Le dialogue pour la cohésion flotte dans l’air du temps et c’est tant mieux pour la Guinée ! Le 29 Septembre, l’article « La Guinée fête ses 50 ans de désastre économique et social » de Bangaly Gassama, relance les passions. Il interpelle les guinéens à « fêter la date d’accession de la Guinée à l’indépendance au lieu des cinquante ans d’indépendance ». La nuance a son pesant. Mais les argumentaires sur les acquis de la Guinée souveraine ne sont pas vus en rose par tous. Un internaute furieux, Abdoul Chérif, trouvera que l’auteur de l’article est totalement « ignorant » de l’Histoire de la Guinée contemporaine, et l’invite à se ressourcer sur le site web des victimes du Camp Boiro pour rééquilibrer ses analyses. Question de positions ! La seule femme à monter sur le podium de ce débat national sur le cinquantenaire, ce sera MBallou Kébé, le 30 Septembre dans un appel pathétique et… ingénu au Président Lansana Conté : « Libérez la Guinée pour sa fête du cinquantenaire ! ». L’amazone du web pense toucher les fibres sensibles du chef de la famille Guinée : « …Il est temps d’offrir une fleur à la Guinée. Ce faisant, vous serez le premier président dans l’Histoire de l’Afrique, sauf erreur, à accomplir ce geste lors d’une célébration de ce genre. L’Histoire le retiendra et cela redorera quelque peu, votre blason… Rectifiez le tir, avant qu’il soit trop tard… pour vous. » L’Histoire retiendra simplement qu’une certaine MBallou avait lancé cet appel, un jour de Septembre 2008, mais pour le reste… … ? La fleur, c’est guineeactu.com qui te l’offre, ma chère, sur cette tribune dominée par …les hommes. Du Canada, Mamadou Oury Diallo de la Ligue des Démocrates Réformistes souhaite « Joyeux anniversaire » dans un article descriptif de nos misères, paru le 1er Octobre. L’auteur pense, malgré tous, que ce cinquantenaire est « une occasion de se remettre en cause » pour envisager un nouveau départ. Et il se console fermement en éprouvant « l’honneur d’être parmi cette génération du cinquantenaire ». Le 2 Octobre, jour « J », pendant que les festivités étaient lancées à Conakry et partout dans le monde( ?), deux articles sont sur le desk de guineeactu.com : - Mohamed Sylla, Secrétaire aux Relations Extérieures de l’Association Guinéenne des Sans-Voix sort sa voix pour rendre hommage aux résistants à la pénétration coloniale en Afrique. Dans son article « 50 ans d’indépendance, où en sommes-nous ? », l’auteur salue les acteurs principaux du « NON » à De Gaulle et rappelle la lutte farouche de ces pionniers pour l’enracinement des Etats naissants. Une occasion de rappeler les héros assassinés dès les premières heures des indépendances (au Togo, au Congo, au Tchad, au Ghana, au Mali, en Algérie…). L’AGUISAV souhaite une CVJR (Commission Vérité-Justice-Réconciliation) qui permettra de remettre la nation sur les rails du progrès, en rétablissant la vérité historique. - Le doyen Ansoumane Doré arrive en cette journée du cinquantenaire pour s’interroger (et nous interpeller) par un titre-question : « Pouvait-on seulement avoir l’idée de fêter le cinquantenaire de la colonisation en 1948 ? ». Questions à effets instantanés. Les réactions claquent à flots. Surtout, lorsque le doyen exprime son indignation contre « ceux qui célèbrent encore le discours de Sékou Touré, le 25 Août 58 ». Le courroux des camps opposés s’exprime encore avec véhémence. Le premier Président de Guinée et son PDG continueront encore longtemps à déclencher nos passions. La preuve ! Un système qui continue à nous tenir à la gorge, et que Drahmane Touré pourfend d’ailleurs, le 4 Octobre, dans son article intitulé : « Des geôles du PDG à la misère dans l’humiliation ! ». Le web trotter s’élève contre « l’humiliante et misérable prestation qui a marqué la célébration du 2 Octobre à Conakry : la comédie protocolaire avec la Première Dame qui dépose la gerbe des fleurs, le Gouverneur de Conakry qui joue au protocole, le colonel Facinet Touré déclamant des décrets comme des poèmes, les ridicules décorations intrafamiliales, l’insoutenable comédie qui distingue Kéira, Doré et Souaré, les Chefs d’Etat voisins médusés… ». Des actes qui, pour Drahmane, auraient dû « nous faire préférer le suicide dans la dignité à la misère dans l’humiliation. » Le 7 Octobre, les mêmes sentiments d’amertume et de rage suintent des lignes de Mamadou Dian Baldé du journal « L’Indépendant », lorsqu’il fait la relecture du discours du Chef de l’Etat à l’occasion de la fête du 2 Octobre. Des internautes réagiront en soutenant que ce discours ne reflète que des mots de plus, pour distraire la galerie. La situation ne semble pas pouvoir évoluer dans le sens souhaité par la majorité des guinéens. La preuve de ce pilotage à vue tant redouté, c’est ce bizarre don de 10.000 dollars US aux guinéens résidant aux Etats Unis par le Premier Ministre, Ahmed Tidiane Souaré, lors de son dernier séjour à Washington et New York. Dans l’article « Le cinquantenaire a été célébré. Et maintenant ? », publié le 9 Octobre, Baldé M.S. fustige ce don « à des personnes non nécessiteuses » et appelle ses compatriotes « à tout mettre en œuvre pour que cet argent volé au Peuple de Guinée, retourne au pays. » Mais si cette révélation a ému plus d’un patriote, notre frère Baldé n’échappera pas aux tirs groupés de certains internautes lorsque, traçant des voies de sortie de crise pour la Guinée, il interpellera Mohammed Touré (le fils de Sékou Touré) et Thierno Telli Diallo (le fils de Diallo Telli) de donner l’exemple pour la réconciliation nationale, en acceptant de s’assoir autour d’une même table de dialogue. Bon, comme il s’agit d’inspecter toutes les voies !... Le régulier Ibrahima Kylé Diallo, lui, semble en tout cas, s’ennuyer de tous ces ronrons contre-productifs. Et ce 9 Octobre, il le dit clairement en forme d’interpellation : « Après les flonflons d’un cinquantenaire, requinquons la Guinée quinquagénaire ! ». Et il a raison sur toute la ligne ! On ne va pas quand même passer toute l’année à râler sur cette « fête terne, une fête fadasse… Une vulgaire célébration festive au lieu d’une respectueuse commémoration ». Tout comme nous ne devons pas accepter d’être continuellement instrumentalisés par les virtuoses du « diviser pour régner », en focalisant tous nos efforts sur le passé ou sur nos humeurs étriquées. « Sékou Touré est mort depuis 1984… et ses retombées radioactives » continuent à nous opposer et à retarder notre marche vers la cohésion sociale et le progrès. « Figeons momentanément son lourd bilan… qui nous fait perdre un temps précieux ! » Qui dit mieux, pour qui veut réellement avancer ? Le docteur Abdoul Baldé de Rouen veut bien avancer, lui aussi. Mais à pas de charge ! C’est du moins, le sens de son article « Le cinquantenaire… et après ? » du 10 Octobre. C’est par un nième appel à « la fraction républicaine de l’armée » à « balayer le régime », que Dr Baldé conclut son intervention. Une stratégie que des internautes n’ont pas apprécié, vue les risques de tueries supplémentaires inutiles dans notre pays. On s’en ira jusqu’à proposer aux leaders d’opinion qui appellent souvent à l’action violente, de se mettre désormais devant les foules à chaque mouvement, dans la rue et sur les terrains de combat. C’est tout dire ! Saidou Nour Bokoum est dans l’axe. « Guinéens de tous les pays, unissez-vous ! » lance-t-il le 11 Octobre pour couper court aux élucubrations gênantes et gênées des uns et des autres. On est tous bluffés, et honteux, bon Dieu ! On emprunte 20 milliards de francs à l’infréquentable Mamadou Sylla du Patronat pour « danser la mort, fêter les départs vers là d’où l’on ne revient pas. » L’auteur raille nos « cinquante ans, deux républiques pour rien, toutes barbouillées de la honte d’un cinquantenaire de dénis et de deniers engloutis dans la panse des tracasseries de la pensée. » Bof !!! Cette honte qui nous colle depuis ce 2 Octobre 2008, Barry Toutankhamon l’envenime en jetant « un regard sur le calvaire guinéen ». Il ne trouve ni plus ni moins qu’une faute collective en nous demandant, nous, étudiants, chercheurs, intellectuels, ce que chacun, dans son domaine particulier, a posé comme acte concret pour nous épargner de cette situation lamentable. Les réactions tenteront de nous faire bonne conscience, mais… l’on sait que l’on a rien fait d’autres que de critiquer et chercher un coupable salvateur à notre débâcle nationale. Et le 13 Octobre, Thierno Fodé Sow, notre partenaire de Fria, envoie coup sur coup, deux bolides de rage sur les « géniteurs de cette honteuse pantalonnade » du 2 octobre. D’abord, les incompréhensibles « décorations, avec ses grands oubliés, plus méritants » dans l’article « Cinquantenaire : le non-sens d’une pluie de décorations ». Ensuite « ces couacs qui en disent long sur la réelle capacité de nuisance de ceux qui sont sensés nous gouverner ». En un mot « une historique exemplarité ratée » pour la « Guinée et les guinéens qui auraient pu inspirer le respect » à travers ce cinquantenaire. L’on a récolté « une belle claque anthologique dont se souviendra encore longtemps » ! Du 18 Septembre au 13 Octobre 2008, vingt articles sur le même sujet ! Assurément, ce cinquantenaire nous intéresse, au plus profond de nous même. Quoi qu’on en dise ! Merci à tous ceux qui se sont trituré les méninges pour décrypter NOTRE ANNIVERSAIRE ! Fodé Tass Sylla www.guineeactu.com
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