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Les démocraties occidentales ne sont pas de tout repos pour inventer de nouvelles formules de démocratie adultérée, un véritable boulet rouge, un boomerang, à la face de ceux qui la prônent. Comme on peut le voir à tous les coins du globe, les pompiers sont en train de chercher à éteindre tous les feux qu’ils ont eux-mêmes allumés par le truchement de cette démocratie vendue seulement aux pays pauvres car ceux du Golf n’en sont pas preneurs, comme ceux de l’Asie, d’ailleurs. Ainsi, au Pakistan, par exemple, on ne parle pas véritablement de démocratie à cause de la détention de la bombe atomique, qui tomberait entre les mains des islamistes, si les élections étaient transparentes et démocratiques, chose qu’il faudrait éviter vaille que vaille, tous les moyens sont bons, subterfuges y compris, advienne que pourra ! Va-t-on demander, là-bas, un partage du pouvoir, comme au Kenya ? Si les Africains acceptent ce principe, les Pakistanais ne joueraient pas à cette mascarade. Musharraf n’a-t-il pas été contraint de démettre le président de la cour suprême de son pays pour avoir les coudées franches ? Le président de la Commission Africaine, Alpha Oumar Konaré, lui, avait clamé haut que le pouvoir n’est pas un gâteau à partager ! George Bush vient d’emboîter les pas à Kofi Annan pour exiger le partage du pouvoir au Kenya, tout en exigeant les élections libres et transparentes au Zimbabwe. Va-t-on s’acheminer vers cette nouvelle formule, partage du pouvoir, à chaque fois que quelqu’un, qu’on soutient, perde les élections ? Comme cacophonie, on ne peut mieux en trouver. Vladimir Poutine, lui, n’en a cure de ce diktat et de cette versatilité occidentale. Son tour de passe-passe est cousu de fil blanc mais il s’en balance. On vient de le piquer au vif sur l’indépendance du Kosovo. Son alliée naturelle, la Serbie, se trouve ainsi scindée. Un vrai camouflet. Certains pays de la « Communauté internationale » sont divisés à ce sujet. Ceux qui sont en proie à une velléité de séparation comme l’Espagne, Chypre, la Chine, pour ne citer que ceux-là, sont allergiques à l’indépendance du Kosovo. Ce qui est curieux, c’est le choix de la France de voter pour l’indépendance. Si demain, la Corse en faisait autant… ? En Afrique, c’est certain que le Mali et le Niger ne seront pas prêts à cautionner cette indépendance, à moins qu’on se trompe… Au Kenya, le ministre des affaires étrangères avait mis en garde contre toute ingérence, à l’intention des USA. Que signifie cette mise en garde ? Veut-on brandir la menace islamiste, comme au Pakistan, pour confisquer le pouvoir ? En tout cas, on sait que, là-dessus, les Américains ne badinent pas, et partout, là où il y a des traces des islamistes, les USA iront fureter. Les Serbes seraient allergiques à cette séparation pour les mêmes raisons, la cohabitation était devenue difficile depuis les massacres de Sebrenica. Mais quelles étaient les raisons de ce massacre ? Le Kosovo, quel type de démocratie va-t-il choisir pour complaire aux occidentaux et qui réponde aussi à ses profondes aspirations? La démocratie populaire, calquée sur le modèle du marxisme-léninisme, fondée sur la toute-puissance d’un parti et sur l’économie d’Etat ? Ce serait un vrai pied de nez aux pays occidentaux. Le Kosovo indépendant sera-t-il en paix, quand on voit qu’il est aux trois quarts dans la Serbie hostile ? La force internationale aura du pain sur la planche ! Pour l’Afrique plurielle, le choix ne se pose pas ou peu en matière de démocratie mais en matière de gouvernement, pour diriger l’Etat. Aucun pays africain n’a fait un bon choix. Les Guinéens savent mieux que quiconque qu’un gouvernement est dirigé par un chef de l’Etat et ses ministres. S’ils veulent transférer une partie de ce pouvoir à quelqu’un d’autre, il faudrait qu’il l’appelle président du conseil du gouvernement et non premier-ministre descendu des nues et sans aucune garantie. Il faut faire le choix d’un type de gouvernement pour très prochainement. Mais quel sera le mode de gouvernement ? Dans la nature, on peut rencontrer : 1- Le gouvernement despotique ou autocratique : Celui qui aura la chance de diriger un tel gouvernement, aura l’absolue autorité. Certains pensent que ce genre de gouvernement est indiqué pour redresser les pays tordus, dans lesquels l’incivisme est un exercice national. Quel pays, par exemple ? 2- Le gouvernement monarchique : c’est un gouvernement dirigé par un monarque, roi ou empereur, héréditaire ou constitutionnel. Il y a des faiseurs de roi. On peut facilement tisser une descendance royale à n’importe quel quidam. Il suffit de former un lobby composé de petits écrivassiers sans scrupules pour sortir un livre dédicacé à grand renfort de médiatisation et de mobilisation populaire et le tour est joué. 3- Le gouvernement aristocratique : Le gouvernement est dirigé par une catégorie de citoyens réputés les meilleurs de la société dans leur domaine : le meilleur militaire est le chef des armées, le meilleurs pêcheur, le ministre de la pêche, le meilleur enseignant, le ministre de l’éducation nationale etc, etc.. Sékou Touré aurait été un bon ministre des arts et de la culture et Lansana Conté, un bon ministre de la défense nationale, d’un certain avis… 4- Le gouvernement théocratique : Le pouvoir est entre les mains des chefs religieux. Les pays du Golf et certains pays arabes en font un point d’honneur. Parfois, ce pouvoir est héréditaire. 5- Le gouvernement ploutocratique : Le pouvoir est exercé par les riches et nantis du pays (les USA, par exemple, car un pauvre ne pourrait prétendre se porter candidat à une investiture..) Depuis Abraham Lincoln, on n’a plus vu de self made man au pouvoir au pays de l’Oncle Sam. 6- Le gouvernement parlementaire : Le pouvoir de l’exécutif est contrôlé par les assemblées élues par le peuple. Le premier-ministre est désigné par la majorité parlementaire, même sous une monarchie, comme en Grande-Bretagne. 7- Le gouvernement républicain : Le chef de l’Etat est élu pour un temps par la constitution. Et c’est là que tout se dit, en Afrique. Cette malheureuse chose qu’on appelle « Constitution » est souvent sujette à des manipulations suivant l’air du temps par les gouvernants, et ceux qui s’opposent à son tripatouillage sont généralement ceux qui étaient contre son adoption. En clair, c’est une querelle d’égoïstes et d’hypocrites… Chaque camp voulant tirer la couverture à soi, et comme elle n’est jamais assez grande pour couvrir tout le monde, les cris sont sans cesse entendus dans les ménages. Et toute une quantité de gouvernements informels : Gouvernement provisoire, de consensus, d’union nationale, de réconciliation nationale, et on en passe à la démagogie et à l’anarchie... Après la présentation de tous ces types de gouvernement, lequel est adéquat pour la Guinée ? Bien difficile de le dire mais le comité de veille, qui était en veilleuse et qui va se réveiller avant le 31 mars nous édifiera. En attendant, la confusion règne entre le président et le premier-ministre à cause de l’Oncle Sam Soumah, qui se voit avec un portefeuille de super ministre alors qu’il n’est que secrétaire général de la présidence. La question qui se pose est de savoir si Sam Soumah est le coordinateur des actions présidentielles ou s’il est le coordinateur des actions du gouvernement. Comment pourrait-il coordonner les actions du gouvernement étant sur son strapontin ? L’on avait entendu parler de coquilles dans le texte mais ce sont des coquilles qui ne sont pas soulignées pour le grand public. Et si cette coquille était entre « la présidence » et « le gouvernement » ? Mâame Randatou, lumière des lumières, vient vite à notre secours ! La structure de veille et les acteurs socio-politiques ont-ils trouvé un terrain d’entente ou veulent-ils un autre bras de fer ? Le cas contraire, quel mode de gouvernement choisir ? La question reste posée ! A la revoyure ! Moïse Sidibé Article paru dans L’indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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