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Madame Chantal Colle serait, une fois de plus, sur le point de « bénéficier » gracieusement d’une expulsion ! C’est Jacques Kourouma qui m’en a parlé, le premier, en me proposant de signer une pétition en faveur de la Guinéenne menacée. Logique avec moi-même (car ce n’est pas la première fois que je signe ce genre d’appel), j’ai donné mon accord contre l’arbitraire. Je ne suis pas seul, heureusement. Je ne regrette rien ! Il faut savoir aller jusqu’au bout lorsqu’on soutient quelqu’un, du moins tant que les conditions demeurent inchangées. Ce soutien, je l’ai apporté, avec d’autres, à d’autres comme Sidikiba Keita, un des signataires du texte de J. Kourouma. Oui, à propos de Mme Chantal Colle, j’ai dit que nous étions des « chantaux » ! Serait-ce une raison de me faire chanter ? En parcourant le Net, j’ai été surpris de lire des attaques venant d’internautes qui, paraît-il, me respecteraient. Je ne sais pas s’ils m’aiment bien mais ce dont je suis sûr, c’est qu’ils me « châtient mal » ! Bien entendu, on me met dans le même sac que le juriste I. Sory Makanéra, en insinuant que notre prise de position pourrait affecter l’élan du Collectif Contre l’Impunité en Guinée. C’est pourquoi, certains Guinéens étant ce qu’ils sont, il faut éclaircir ce qui est déjà clair ! On patine alors qu’il y a plus urgent à faire mais il faut le faire. En répondant à l’appel d’un ami, je ne me jette pas dans une marre quelconque sans réfléchir car je ne sais pas nager, surtout en eaux troubles. Par ailleurs, je n’oublie pas mes premiers conseils au PM Souaré. Je n’ai pas besoin d’un grand effort pour me faire comprendre, si toutefois on veut sincèrement chercher à me comprendre…. Le texte de J. Kourouma (dont on a souvent voulu « casser la gueule », faute de pouvoir lui casser la plume !) n’est rien moins qu’un « comité » ! C’est une simple pétition ! Il traduit une opinion, un projet relevant de l’arbitraire et prend position à l’égard d’un système que tout démocrate doit combattre ! Un comité suppose une structure minimale (un petit bureau de quelques membres, par exemple) pour fonctionner ! Au niveau du bons sens, une pétition est faite pour être soutenue par des signatures, ce que nous invite à faire son auteur. On ne « signe » pas un comité, on y adhère ou pas ! Quant à I. Sory Makanéra, il est dans son rôle de président du C.C.I.G. lorsqu’il signe ladite pétition car, dans le cas présent, il s’agit de faire respecter le droit. D’ailleurs, je rappelle que M. Makanéra a eu à affronter Mme Colle dans des débats (deux fois sur Africa n°1 et une fois sur « Télé Sud 3A »). Dans le « feuilleton Chantal Colle », le problème n’est pas de savoir si cette dame est bonne ou mauvaise pour la Guinée mais s’il faut accepter qu’une citoyenne soit expulsée de son propre pays par la volonté d’une des « premières dames » qui, comme une poule blessée, ne supporterait plus qu’une autre roucoule dans sa basse-cour ! Je souligne que le statut de « première dame » ne confère aucune fonction politique ou administrative. Pauvre Guinée où le chef de l’Etat est incapable de gérer son propre foyer multipolaire! J’avoue ne pas connaître Mme Colle que je n’ai rencontrée (en public !) qu’une seule fois afin de m’assurer de sa citoyenneté. Dans un article précédent, j’ai dit avoir été convaincu de son statut : elle est arrivée en retard lors de sa conférence (un doute favorable pour sa qualité de Guinéenne) et, plus sérieusement, a produit les justificatifs de sa double appartenance à la Guinée, au plan civique (par le sol et par le sang). Dans ces conditions, je ne vois pas pourquoi elle serait obligée d’adopter, comme le suggèrent ceux qui voudraient calmer le jeu, un profil bas ! Comme nous prétendons tous nous battre pour un Etat de droit, soyons exigeants envers nous-mêmes ! Au lieu d’être guidés par la haine, commençons par respecter la loi, fut-elle mal faite. Quand une loi est mauvaise, on la modifie de façon positive ou on l’abroge ! Le droit doit s’appliquer à tous et il faudrait se méfier d’une justice sélective qui pourrait se retourner contre soi-même ! Accepter qu’une « dame » décide de qui doit vivre sur le territoire guinéen serait créer un précédent dangereux. Si Mme Colle est accusée de quelque chose, c’est à la justice guinéenne (mon Dieu !) d’instruire son dossier et tant qu’elle n’est pas jugée, elle est présumée innocente ! C’est cela le droit, même si c’est désagréable pour certains ! Aucun citoyen ne doit être expulsé d’un pays dont il a la nationalité ! Je souhaite ardemment le départ du Général Conté du pouvoir mais je serais un des premiers à m’opposer à un exil forcé qui le frapperait ! Qu’on le mette en résidence surveillée à Wawa, en attente de jugement équitable, oui ! Qu’on l’expulse, même vers la Guinée-Bissau voisine dont il serait originaire, non ! Au fait, Mme Chantal Colle est-elle « expulsable » de Guinée ? Juridiquement, c’est non ! Physiquement, c’est possible car on n’est pas dans un Etat de droit mais sur un territoire où règne l’argument de la force. Ibrahima Kylé Diallo , pour www.guineeactu.com
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