mercredi 16 septembre 2009
Le cas Ahmed Kanté intrigue et interpelle !

Dans un article récent sur Ahmed Kanté, Mohamed Damba a soulevé une question épineuse au double titre privé et public. Il se demande comment l’État doit se protéger contre les prédateurs des finances publiques et les saboteurs des ressources nationales et en même temps défendre le droit du citoyen. Il s’agit en somme d’honorer des exigences de constitutionnalité et de justice.

 

L’article intrigue à plus d’un titre quant au système des audits et de la justice dont on parle beaucoup en Guinée depuis le début de l’année. On se demanderait bien quelle cabale en voudrait à Ahmed Kanté. Nous ignorons les faits. Cependant, l’impression d’irrégularité voire d’injustice suffit pour inquiéter les consciences et s’enquérir. Nous voulons savoir afin d’éviter de porter des jugements prématurés.

 

Quel tort Kanté a-t-il causé qui nécessite son incarcération? A-t-il refusé de s’auto-incriminer ? Est-cela un délit ? Pourquoi lui en particulier est-il en prison quand d’autres anciens dignitaires ou cadres ou hommes d’affaires présumés fraudeurs et dont les noms ont été mentionnés sur les ondes jouissent de leurs droits à la liberté ? Comment concilier cette détention avec l’image de prototype de ministre expérimenté et honnête que la presse, il n’y a pas encore longtemps, peignait de Kanté?

 

Ces questions méritent d’être posées. La Guinée aspire à avancer sur le chemin du droit et de la probité. Le Comité chargé des audits doit exposer son évaluation objective du cas en question et le transmettre au service judiciaire compétent, si ce n’est pas encore fait. Tout citoyen accusé ou soupçonné d’impropriété doit avoir la chance de se laver de la faute devant la justice. C’est ce à quoi on s’attend dans un pays qui veut tourner le dos à la partie triste de son passé et devenir un État de droit. Un accusé n’est pas coupable tant que le verdict n’est pas rendu. Par conséquent, le garder en réclusion est contraire au principe de la morale judiciaire. Il doit jouir de sa liberté, même si celle-ci est provisoire. L’incarcération dans la hâte se justifie mal. L’esprit de justice équitable est incompatible avec la précipitation. L’empressement dans l’exécution des accusations marque le début du dérapage de l’État dans la direction des abus et de l’illégalité que le CNDD s’est donné le devoir de redresser.

 

Il appartient au Président et à son équipe gouvernementale de faire régner la justice pour faire triompher la bonne gouvernance et la probité sans lesquelles la Guinée continuera à traîner dans la fripouillerie qui permet à une infime minorité de causer la misère pour la grande majorité. Il est appréciable qu’on cherche d’ores et déjà à mettre fin aux gabegies et à l’impunité dans l’administration et la gestion des fonds publics. Tout compte fait, à quelque chose malheur est bon, dit l’adage. L’affaire Ahmed Kanté pourrait aider le gouvernement à sauvegarder ses prérogatives et ses devoirs tout en respectant le droit du citoyen. L’ordre doit être restauré dans tous les secteurs de l’administration et du pays afin d’établir les bases du progrès et de la démocratie.

 

 

Professeur Lansiné Kaba, Doha, Qatar

 

 

www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
Youssouf Bangoura, vendredi 18 septembre 2009
Même un toto sait que Kanté est victime d`un reglement de compte de la part D`alhassane Onivogui. Mais ce qui est surprenant dans cette affaire, c`est le silence de tous les guinéens surtout les politiciens, car d`autres innocents subiront le même sort plus tard. Dadis est un regionaliste pur sang.
Souleymane Diallo, jeudi 17 septembre 2009
Prof Kaba, ne cherchez pas trop loins de réponses à vos questions. Et surtout, ne nous cachons pas derrière une prétendue quête d`objectivité. Monsieur Kanté est simplement victime d`un réglement de compte. Si non comment expliquer que certaines personnalités qui ont été citées dans des affaires et même entendu par Dadis dans ses fameux shows télévisés soient libres et même promues au rang de ministres pour certaines et que Monsieur Kanté soit en prison. Certains ont été envoyés demander de l`argent à certains chefs d`Etat africains et n`ont jamais rendu compte. Et lorsqu`on leur a demandé où est passé l`argent, ils ont dit l`avoir remis à Conté et que c`est même de l`argent octroyé à Conté et cela a suffit pour les disculper. Sur simple déclaration, sans une seule preuve formelle. Pourqoui ne pas accorder le même crédit à Monsieur Kanté lorsqu`il dit qu`il n`a jamais dépenser l`argent du fonds minier pour son propre compte?
Amara Lamine Bangoura, jeudi 17 septembre 2009
Ahmed Kante est victime de la haine viscerale qu`eprouve Allassane Onipogui vis a vis de lui.L`incarceration sans proces en vue de l`ancien Ministre,demontre eloquement les vices de formes caracterisant le code des procedures penales en Guinee.Daddis,en refusant la comparution de onipogui a fin de repondre des accusations dont il fait objet,nous montre le caractere partisan de la justice sous le cndd.Dans une ambiance pareille,peut-on oser croire que le cndd puisse faire des audits non-orientes,dans les regles de l`art?Tout laisse a croire que la logique regionale est desormais la principale reference en matiere judiciaire en Guinee.No Justice,no Peace!A.L.B-Birmingham,AL-USA>

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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