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Le lundi 13 juillet dernier, le chef de l’Etat guinéen, le Capitaine Moussa Dadis Camara a mis à profit la présence de certains journalistes à la cérémonie d’accueil de son homologue de la Sierra Leone pour mettre en garde la presse publique et privée guinéenne. Il leur a interdit de parler du Communiqué du CNDD qui fait état de mouvements de troupes basées dans des pays voisins, et qui s’apprêteraient à attaquer la Guinée. Et le Capitaine Dadis ne semblait pas plaisanter. Lisez.
Je tiens à informer la population que si eux ils n’ont pas confiance, ça n’a rien voir avec la phase de la transition. Je le dis clair et net, je reste dans le chronogramme. J’insiste simplement sur la volonté de l’armée guinéenne. Une nation est une nation. C’est une décision qui n’a rien à voir avec la situation politique mais c’est sur le plan militaire. Le processus de démocratisation, si les Guinéens n’ont rien à faire, il ne faudrait pas qu’ils s’intéressent. Je dis et je réitère que toute personne ou tout regroupement qui va tenter de franchir les frontières guinéennes, l’armée guinéenne va réagir. On n’a pas besoin de se focaliser sur ça et essayer de parler du n’importe quoi. Mais ça n’a rien à voir avec les élections.
Ceux qui vont prétendre faire la confusion, j’attire leur attention. Je dis bien que c’est militaire. Vous n’avez rien à voir dans cette situation militaire. Les civils, vous n’avez rien à voir. On ne prend pas la tenue pour paraître devant vous ou pour faire le festin. Le président de la Sierra Leone a dit qu’il est très satisfait par ce que pour lui quelqu’un qui a fait le front, qui a aidé la Sierra Leone dans un élan de restaurer la paix, il dit qu’il a sa confiance et qu’il ne laissera personne atteindre la Guinée. Ce n’est pas lié à la politique et moi je suis dans le chronogramme et je reste dans mon chronogramme. J’attends le comité ad hoc. J’ai déjà fini de faire ce que le comité m’a demandé. J’attends leur liste et je suis dans le chronogramme. Ça ne vous concerne pas vous les civils. Vous pouvez vaquer à vos affaires. Amusez-vous ! Ça ne peut pas entamer la libre circulation des biens et des personnes. C’est simplement une vigilance.
La Guinée est le seul pays d’aujourd’hui qui n’a pas connu de troubles. Tout le monde connaît le comportement des narco trafiquants. Ce qui se passe aujourd’hui en Guinée Bissau qui est un pays aujourd’hui ingérable. Vous pensez que nous avons pris la tenue pour venir mentir au peuple. Nous sommes avant tout militaires. Donc, je vous demande encore une fois de plus que ceux qui ont perdu le chemin ou qui veulent perdre le chemin, il ne faudrait pas qu’ils se focalisent sur ce communique. Ce communiqué est digne de nous. C’est typiquement et purement militaire. La stratégie militaire et je dis et réitère que toute personne ou regroupement qui tentera de quitter un autre pays pour franchir les frontières guinéennes, nous allons le mâté avec la dernière rigueur. Ça, c’est sans discussion. Ça n’a rien à voir avec la démocratie.
Donc, vos radios, il faudrait que vous puissiez canaliser. Mais écoutez, lorsque j’entends parler certains qui ont déjà perdu encore le Nord. Mais est-ce que nous sommes dans un problème de démocratisation ? Nous sommes en train de sauvegarder ce qu’on n’a pose comme jalons. Nous voulons aller aux élections, nous voulons créer la paix et elle est déjà créée. Nous sommes sur un bon chemin mais lorsque vous avez des informations. Mais à Koundara, il y a eu beaucoup de gens qui sont morts, ils ont tué beaucoup à Koundara. Il y a un regroupement à Foya, un regroupement important qui est là-bas. Il faut qu’on informe la population. Ceux qui sont le long de la frontière, qu’ils puissent effectivement observer la vigilance qui n’a rien à voir avec les gens de la capitale, avec les gens de l’intérieur. Alors, moi je ne crois pas si les gens comprennent. C’est qu’ils n’ont rien compris. Est-ce qu’ils comprennent ? Voulez-vous comprendre pourquoi on a cette tenue ? Quelle est la différence ? C’est la sauvegarde de la patrie. Une nation est une nation. Il n’y a pas une demi nation. Vous pensez que le CNDD va rester comme ça après avoir eu les informations. Et même l’hélico qui a survolé le long de la frontière à basse altitude. La population ne fait que parler de ça et ceux de Koundara sont menacés.
Je veux attirer l’attention de la Communauté internationale. Et aussi à Foya, tout à fait au Libéria, j’ai eu à m’entretenir avec la présidente Ellen Jonson Searlef qui est claire et nette. Elle m’aurait dit qu’il y a un groupe qui est là-bas. Elle aussi, elle a appris ça. Est-ce que la Guinée a le droit de franchir la frontière pour aller dire qu’il y a un groupe qui est là. La Guinée alerte. L’armée guinéenne alerte. Le CNDD alerte. Donc, l’alerte signifie observation, signifie que l’armée doit se préparer. Que les gens doivent être vigilants par rapport même à vos entourages, par rapport à ceux-là qui viennent le long de la frontière. C’est la meilleure façon de combattre un ennemi. C’est que là ou un ennemi doit passer celui qui n’a pas l’habitude de le voir, si vous le voyez. Si vous voyez des mouvements tout au long, c’est comme ça que la rébellion avait commencé. Finalement, les gens n’ont pas observé. En négligeant, les choses sont devenues ce qu’elles devaient être. Donc, c’est une décision purement militaire.
Alors, c’est pourquoi je voulais attirer votre attention pour dire que je mets en garde tous les leaders politiques, tous les partisans, toute personne qui va tenter de dire parce que la Guinée n’est pas encore menacée, il n’y a pas eu d’attaque mais c’est une alerte. Pour tout leader, tout partisan qui tentera de dire que la Guinée est dans cette situation et que les élections n’auront pas lieu, nous allons le poursuivre. Il sera condamné. C’est une façon de mettre notre crédibilité en jeu. C’est une façon de saboter, de saper la démocratie. Nous sommes dans un chronogramme, respectons le chronogramme. Chacun n’a qu’à vaquer à ses affaires. Et le jour où la Guinée sera attaquée tout le monde va le savoir. Mais pour le moment, on a fait qu’alerter toute la communauté internationale et les pays voisins à faire très attention. Puisque la Guinée n’a aucun intérêt d’abriter des gens qui peuvent attaquer la vie de certaines nations et plus particulièrement les pays voisins.
Tout comme aussi la Guinée n’acceptera pas que certains puissent franchir nos frontières parce qu’ils sont déchus de l’autre côté soit par le Libéria, la Sierra Leone ou de la Guinée Bissau. Pour venir se réfugier ici. Ça sera une façon de trahir l’unification de l’Afrique. C’est pour cela que je voulais dire très honnêtement que les gens ne doivent pas confondre tambour et amour. Ça n’a rien à voir avec notre processus de démocratisation. Ça ne doit pas déranger le Groupe de contact International. Je suis dans mon chronogramme 2009. Donc, j’interdis à toute personne pour des spéculations. Et puis, une information n’est jamais minimisée. Le militaire ne doit jamais minimiser une information. Une information est une information et surtout lorsqu’il y a de prémices, lorsque vous voyez un certain regroupement tout au long de la frontière, il faut alerter la communauté internationale. Je crois que ce n’est pas un devoir pour l’armée guinéenne.
Quand le moment va venir même le président Dadis ira au front. C’est clair et net mais pour le moment, la situation n’est pas encore arrivée là. On informe les narcotrafiquants que s’ils tentent franchir le font, ils sauront alors la couleur de l’armée guinéenne. Tous ceux qui vont tenter de parler sur cette affaire pour encore détourner l’esprit de la population, c’est qu’ils sont contre la démocratie, le peuple de Guinée, le CNDD et son président. Les activités politiques ne rentrent pas en compte et tout ce qui concerne les activités de la vie économique, sociale et la libre circulation des biens, des services, des personnes et même la traversée des frontières pour aller dans les autres pays, est encore permis. Il n’y a pas de restriction des libertés des individus. Donc, que ce message soit très solennel.
Nous sommes fiers de notre armée. Mais il faut transmettre le message. Tout citoyen qui va tenter de dire puisque la Guinée est menacée on ne peut pas aller aux élections, ce sont de troubles fête. Ce sont des gens qui ne veulent pas la démocratie. Mais si jamais j’attends quelqu’un parler à la radio en disant qu’il y a telle situation ou telle situation, les élections ne seront pas possibles, ces personnes seront poursuivies et la radio sera poursuivie. Je n’ai jamais pris une décision contre la presse. Ce qui se passe en Guinée Bissau, tout le monde le voit. On ne peut pas resté assis.
Donc, il faut transmettre nos ménages, ces messages sont importants. Même vous les journalistes, vous tentez de poser la question de savoir par rapport à ce qui se passe, nous allons vous condamner et nous allons fermer vos radios. Ça n’a rien à voir avec notre processus de démocratisation. C’est une façon de déstabiliser une population. Je commence par vous les privés, vous tentez de le faire, ça ne vous concerne pas. C’est purement militaire. Le président Sierra léonais est venu. Le chef d’état major est là, et nous allons faire la patrouille tout au long de la frontière. Est-ce que nous avons besoin de vous dire. Ça, c’est notre métier. C’est d’aller sécuriser la frontière. Donc, la stratégie est déjà mise en place.
Nous allons renforcer nos frontières. Il faut veiller mais ça ne doit pas être notre mot du week-end. Laissez que l’armée soit attaquée ou que la Guinée soit attaquée. Pour le moment, la Guinée n’est pas encore attaquée. On n’a fait qu’attirer l’attention de la communauté internationale et les pays voisins pour voir ce qui se passe dans nos frontières. Terminé, ça ne change rien. Ça ne vous concerne pas. Vous n’êtes pas militaires. Suivez la politique. Laissez jusqu’au jour où on va vous informer que la Guinée est attaquée. Voila ce que j’ai voulais vous dire, à toute la presse privée. J’ai beaucoup de respect pour la presse privée et la presse publique. Alors, faites en sorte que le pays ne soit pas tourmenté parce que l’ors qu’il y a spéculation, les gens qui veulent compromettre encore les efforts du CNDD, ce sont les mêmes gens qui vont prendre tout leur arsenal et puis se focaliser sur le problème du communique. Encore une fois de plus, tous citoyens, tous les leaders politiques qui vont se focaliser sur notre communiqué qui est purement militaire, ça sera une façon de créer la haine, de créer des troubles dans l’esprit des citoyens.
Moi, je confiance au CNDD. J’ai confiance à mon engagement personnel. Ce n’est pas le communiqué qui va m’effrayer moi mais il faut qu’on donne un ton. La Guinée n’a jamais attaqué mais toute personne qui tentera de franchir la frontière, même si ce sont les cartels de la drogue, ils seront châtiés. Ce n’est pas un sujet à débattre. Notre problème, c’est le problème d’eau et d’électricité, le problème du chronogramme. Le CNT et le comité ad hoc, ce sont les sujets que vous devez aborder. Je ne suis pas un président civil, je suis un militaire. Je veux sauvegarder l’intérêt des peuples, des pays frontaliers. Il n’y aura jamais un cartel narcotrafiquant ici. Tout mouvement constaté au niveau de nos frontières sera maté avec la dernière rigueur. La Guinée est une nation digne et honnête. La Guinée n’a jamais perdu la guerre. Donc, il faut transmettre le message à notre pauvre population. Dites que le président est là pour le peuple. Personne n’aura le courage d’attaquer la Guinée. Et qu’ils n’ont pas franchi les frontières, donc restons dans le cadre du processus. Nous irons aux élections. Nous sommes libres. Donc, ça n’a rien à voir avec notre processus de démocratisation.
Propos recueillis par B.T.
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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