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En lisant la proposition de la Plate-forme des partis politiques sur l’organisation et la gestion de la transition dans notre pays, j’ai ressenti une joie.
Car nous venons de loin, et tant mieux. Tous ces partis qui commencent à s’entendre sur l’essentiel, et enfin à nous « concocter » une direction digne de politiciens patriotes et soucieux de l’avenir de leur pays et de leurs concitoyens.
Il y a des choix, toujours, partout, et dans tout ce que l’on veut entreprendre dans la vie. Mais il y a des occasions exceptionnelles qui ne sont pas données à tout le monde, pour réaliser des choses très positives pour soi et pour les autres, et qui pourront changer le cours de l’histoire.
Les politiciens de la Guinée en général, et ceux de l’Opposition en particulier, nous avaient tous habitués à une vision ethnique et partielle de la Guinée. Et cette attitude nous avait empêché de vivre une réelle démocratie dans les faits (ils ont perdu beaucoup de temps à se neutraliser).
Les gens étaient sollicités et introduits dans les partis en fonction de leur ethnie, de leur religion, de leur région, etc., tout sauf simplement guinéens. Cet état de fait persiste encore aujourd’hui dans les mentalités de ceux qui aspirent à diriger la Guinée. Car, derrière la volonté d’être au pouvoir, d’avoir les commandes de l’État, ce n’est souvent pas l’envie de servir un pays avec toutes ses composantes qui compte : il y a des déclarations et des paroles qui ne trompent pas souvent ! Ces paroles sortent machinalement, pour peu que l’on prête attention, l’on se rend compte que la personne ne veut que soulager un ego. Plutôt que de corriger les erreurs du passé et montrer une nouvelle façon de faire, dans laquelle tout le monde se reconnaisse.
En ce qui me concerne, je l’ai déjà dit par le passé, ni je ne soutiendrai, ni je ne voterai pour une équipe où le numéro un, le numéro deux, le numéro trois de l’équipe seraient tous ou toutes de la même ethnie, de la même région et surtout du même sexe. Chacun doit faire sa part d’effort, il me semble, puisque nous voulons réellement un changement bénéfique et positif pour tous les Guinéens et toutes les Guinéennes.
Dans les dispositions de la plate-forme des partis, il est prévu la création d’une Cour spéciale chargée de régler les conflits constitutionnels et électoraux. Je voudrais juste rajouter que justement, puisqu’une institution serait mise en place, ne serait-ce pas l’occasion d’une réhabilitation de la Constitution par des spécialistes, et surtout de prévoir des dispositions de manière à la protéger d’éventuelles falsifications?
Dans le message à la Nation du Chef de l’État pour la Nouvelle Année 2009, qui commence avec cet autre rendez-vous de la Guinée avec l’histoire, et une nouvelle page, les solutions qu’il propose sont très encourageantes, le diagnostic de la Guinée est fait au complet.
Reste le défi de l’application des réformes qui s’imposent, et qui nécessitent une fermeté sans faille. À défaut, ce sera le retour à la case départ !
Toutes mes félicitations à la nouvelle équipe du Capitaine Moussa Dadis Camara, et mon humble soutien pour la réhabilitation de l’État guinéen, pour l’instauration d’un véritable État de droit, pour la création d’un climat de paix et de sécurité, pour qu’une démocratie saine puisse s’exprimer en toute liberté.
Bilguissa BARI, Montréal, Canada pour www.guineeactu.com
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