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Le Capitaine Moussa Dadis CAMARA, nouveau Président de la République est en train d’ouvrir la nouvelle page de l’histoire de notre pays. Pour un homme de son âge, cela ne peut être qu’une fierté, un privilège, un honneur et une noble mission de sauver sa nation, sa patrie sur le chemin de la perdition.
Aujourd’hui, l’heure de vérité a sonné, les artisans de la décadence de notre pays doivent rendre des comptes aux citoyens. Nous devons savoir qui a été responsable de quoi. Cela doit se passer sans état d’âme. L’audit des administrations est un préalable trop important pour qu’il ne soit qu’une simple thérapie de sensu où l’acteur serait juge et partie.
Dans un passé récent, Lansana Kouyaté avait mis en place son audit contreversé limité sur deux ans et confié à des anciens prédateurs du système pour une maudite somme de plus de deux milliards de nos francs. Cette pratique ! Je l’avais dénoncée à l’époque. Une pratique curieuse qui s’est terminée par un fiasco dont l’unique leçon à retenir reste « un contrebandier ne peut pas condamner un vulgaire voleur »
La situation guinéenne est compliquée et, pour bien mener sa mission, le Président aura besoin de règles claires précises. D’abord pour le choix des hommes :
Pour Audit :
1* Il doit être externalisé, c’est-à-dire les auditeurs ne doivent pas être des gestionnaires et cela, pour le souci d’éviter d’être juge et partie.
2* Tout auditeur doit être en règle dans ses obligations fiscales conformément à la loi fiscale guinéenne : il doit faire la déclaration de ses biens et justifier les acquisitions.
3* Tout auditeur doit avoir un casier judiciaire vierge.
4* Tout auditeur ne doit pas avoir un lien de parenté ou d’affaires avec aucun des responsables de l’administration auditée.
5* Tout auditeur doit prêter serment de faire sa mission en toute conscience. Toute tentative de dissimulation de la réalité sera sanctionnée par une peine pénale.
Ce sont les cinq critères qui me semblent déterminant pour le choix des auditeurs. A la fin, c’est la Guinée et ses Guinéens qui seront les gagnants.
C’est dire que la lutte contre le mal guinéen doit dépasser nos frontières sans être récupérer par les personnalités douteuses qui promettent des sciences infuses. Nous ne devons pas perdre de vue que nos entreprises ont été bradées, la licence de la téléphonie aussitôt revendue à France télécom (orange) avec une marge considérable sans investir un sou.
Comment pouvons-nous confier nos travaux routiers aux Sénégalais alors qu’eux-mêmes confient les leurs aux Chinois ?
S’agissant du dossier des 100 autocars, c’est un autre dossier flou dans lequel le Groupe Mercedes avait fait une offre de100 autocars d’une capacité de 100 places chacun ; la main invisible sénégalaise entre en jeu en VRP pour nous revendre les bus Tata de 70 places avec un montage financier d’un prêt sur 19 ans. Scénario digne de Bernard MADOFF cet autre magicien, ancien maître-nageur devenu empereur de l’escroquerie financière dans le monde.
Bien sûr la situation presse en Guinée mais cela ne doit pas pousser le nouveau Président jusqu’à se tromper de bon chemin. Les Guinéens veulent un Président libre qui ne soit pas le sous-homme de personne ; c’était le point fort des deux feu-Présidents et le point faible de certains politiciens guinéens.
Si commencer sa carrière en jouant le gigolo ou maquereau pour devenir par après VRP pour les rebelles sanguinaires comme Jonas SAVIMBI, Fodé SANKHON ou Charles TAYLOR et/ou pour servir les Présidents despotes pour écouler clandestinement leurs butins tachés de sang de tant d’innocents, si c’est ça être un homme politique connu et reconnu, je ne crois pas que les Guinéens souhaitent voir une telle personne à la tête de leur Etat.
Le Président a été désigné par tirage au sort. A plusieurs reprises, c’est le plus jeune et le moyen gradé militairement qui est arrivé Président, une forme de démocratie divine a ainsi permis au Capitaine Moussa Dadis CAMARA de devenir le nouveau Président. Ce choix dépasse nos considérations ethniques, respectons-le, aidons le nouveau Président à nous aider.
Pour la junte, les défis seront aussi innombrables que l’immensité de la tâche qui les attende, compliqués que l’ingéniosité perverse et irresponsable des artisans de la décadence. Le Feu-Président Lansana Conté, paix à son âme, serait-il dans notre pays, la dernière victime de la pègre des contrebandiers érigée en mode de gouvernance ?
Il serait prématuré de répondre à cette question sans connaître la composition du nouveau gouvernement et la personnalité qui aura la lourde tâche de remettre les administrations sur les rails.
Pour l’instant, tout patriote guinéen ne peut qu’être fier de la tonalité et la fermeté des déclarations du nouveau Président de la République contre la corruption, l’irresponsabilité, l’impunité et la criminalité qui étaient jadis, les mœurs de la société guinéenne. En tant que Guinéen et fier de l’être, je ne peux que souhaiter au nouveau Président plein succès dans la mission qui était tant souhaitée et tant désirée par les Guinéens.
Bien qu’il semble connaître le terrain, le nouveau Président doit savoir que le mal qui tue ne va dans la tombe avec sa victime, il reste pour rechercher une nouvelle victime. C’est dire si le feu-Président Lansana Conté est mort par maladie, il n’en demeure pas moins que les manipulations de son entourage et les marabouts affairistes, les trahisons, et les soucis liés à l’exercice du pouvoir ont été déterminant pour sa disparition morale et physique.
On se souvient de la bataille des prédateurs et des cascades des décrets et contre-décrets falsifiés pour faire et défaire le gouvernement, les batailles pour les attributions des licences d’exploitation minière, les batailles interminables pour l’attribution des licences de la téléphonie, les licences de pêche, le contrat d’exploitation du port autonome de Conakry, la vente des domaines publics comme l’ancien terrain foot des jeunes de Kaporo, une irresponsabilité que les auteurs doivent maintenant répondre devant la nouvelle autorité de la République de Guinée.
Pour pallier à tous ces problèmes, le choix du Premier ministre sera déterminant, la liste des soi-disant méritants est longue, les qualités et les compétences qu’ils mettent en avant sont souvent inadéquates aux impératifs du moment.
Il faut rappeler ici que la démission d’un ministre du régime du feu-Président guinéen n’est nullement un acte de probité sur tout s’il s’agit d’un ministre qui est passé à l’acte après avoir préparé ses arrières, à savoir négocier sa carrière, avoir un compte bancaire à six chiffres en dollars, avoir des résidences à New-York, à Paris pour assurer sans travailler l’avenir de ses rejetons. Est-ce un acte de probité ? A chacun de répondre.
Quant au reste des prétendants au poste de Premier ministre, attendons l’audit sur tous les anciens PM vous verrez que l’agitation de certains revenants cache l’existence d’un véritable système des sociétés écran mis en place en Guinée, contrôlé à partir des pays voisins comme le Sénégal. La CNDD doit exiger du nouveau PM de déclarer sur serment la totalité de son patrimoine et de justifier les acquisitions, et d’être en règle sur le plan fiscal.
Le nouveau Président n’est pas un étranger, il doit connaître les candidats.
Cependant, il est clair qu’un seul ancien Premier ministre avait marqué positivement les esprits des Guinéens de manière irréversible. S’il était resté pour terminer son travail, notre pays ne serait pas là où il est aujourd’hui. Ce Premier ministre n’était autre que Sidiya Touré.
Est-il aujourd’hui nécessaire de rappeler la citation du célèbre grand penseur Français Alexis De Tocqueville, je cite « Si le Passé n’éclaire plus l’avenir, nous marchons dans les ténèbres », espérons que cela ne sera plus le cas dans notre pays.
Vive le République !
Vive le peuple de Guinée !
Lansana Bangoura pour guineeactu.com
Paris, le 29 décembre 2008
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