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Almamy Ibrahima Barry, économiste, ancien haut fonctionnaire international, et candidat à la prochaine présidentielle en République de Guinée interpelle les autorités de son pays sur les conditions d’enrôlement des Guinéens de l’étranger.
Le jeudi 3 septembre dernier, par la voix de son ministre de l'administration du territoire et des affaires politiques, Monsieur Frédéric Kolié, les autorités militaires ont annoncé le lancement de l’enrôlement des guinéens de l’étranger qui se déroulera du 14 au 28 septembre prochain en vue des élections présidentielles et législatives de 2010.
Suite à cette annonce je voudrais lancer un appel solennel et pressant à toutes les parties prenantes au processus de transition engagé (CNDD, partis politiques, syndicats, groupe de contact, société civile…), ainsi qu’à la communauté internationale, afin d’attirer l’attention de tous sur l’enjeu fondamental que constitue l’enrôlement des guinéens de l’étranger.
Si l’ensemble des parties s’accordent à reconnaître que seules des élections, libres, transparentes et crédibles pourront permettre à la Guinée de repartir sur des bases saines et solides, il est impératif que toutes les voix s’élèvent pour que l’enrôlement des Guinéens vivant à l’étranger soit le plus efficace possible.
Il a fallu plusieurs mois pour réviser et compléter une liste électorale déjà existante pour les Guinéens de l’intérieur et atteindre environ 4,5 millions d’électeurs pour une population de plus 10 millions d’habitants.
Comment comprendre que 15 jours suffiront à établir une liste électorale représentative pour une population estimée à près de 4 millions d’habitants dispersée dans plusieurs continents et 17 pays.
Les futures échéances électorales seront inédites, pour la première fois des millions de Guinéens de l’intérieur comme de l’étranger pourraient avoir le sentiment que leur voix compte réellement et le taux de participation sera certainement très élevé.
Il parait évident que si les conditions d’enrôlement des guinéens de l’étranger restaient en l’état, le manque de volonté politique des autorités militaires d’organiser des élections crédibles et transparentes, serait une fois de plus manifeste.
Face à ce constat, qui compromet la réussite de ce processus et fragilise davantage la crédibilité du fichier électoral, j’appelle les autorités à reconsidérer les conditions d’enrôlement et à procéder aux aménagements suivants :
1. La durée de la période d’enrôlement doit être rallongée de manière significative.
2. L’enrôlement doit démarrer à une date ultérieure afin de permettre aux autorités consulaires d’informer, de sensibiliser la communauté et d’organiser les opérations.
3. Une campagne de sensibilisation devrait être mise en place via les médias des pays d’enrôlement notamment en Afrique afin de permettre une participation active et massive.
4. Les équipes consulaires doivent être considérablement renforcées pour faire face à un tel volume d’opérations.
5. Les conditions très contraignantes de l’enrôlement, et notamment les pièces justificatives à fournir (passeport, carte d’identité nationale et carte consulaire), doivent être allégées. En effet, une seule des trois pièces précitées suffirait à attester de l’identité du futur électeur.
En marge de ces exigences en vue d’un processus électoral réussi, je voudrais sensibiliser mes compatriotes résidant à l’étranger, sur les enjeux de ces élections et les appeler à une mobilisation sans précédent pour une participation électorale massive et historique.
Il est extrêmement important que les guinéens de l’étranger, prennent conscience de leur force et se mobilisent pour ne pas rater l’occasion de jouer un rôle déterminant dans le choix des futurs dirigeants de leur pays.
Ces Guinéens, par leur nombre, leur poids économique et leur profond attachement au pays constituent la cinquième région de la Guinée.
Leur marginalisation orchestrée et encouragée par les deux régimes précédents doit laisser la place à une nation où toutes les filles et tous les fils travaillent main dans la main pour le bien de leur pays.
Les fortes inquiétudes sur les dérives de la transition militaire et le déroulement du processus électoral ne doivent pas laisser place au découragement et au renoncement. La voie pacifique et démocratique reste la voie que nous devons privilégier dans notre quête de liberté, de justice et de paix.
La Guinée est irréversiblement engagée dans une marche vers un renouveau politique, économique et social. Elle ne pourrait aucunement être détournée de cette voie par une minorité qui, manifestement méprise les idéaux légitimes d’un peuple souverain.
Almamy Ibrahima BARRY Candidat à l’élection présidentielle www.aib2010.com touspouraib@gmail.com
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