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Conakry arbore les traits d’une ville fantôme et la situation ne fait qu’empirer. Si des efforts étaient déployés pour l’éclairage public sous Lansana Kouyaté, ancien Premier ministre dit de consensus, la capitale guinéenne replonge à nouveau dans le noir. Aussi, les propriétaires de véhicules privés et des taxis recommencent à transporter de l’eau potable d’une commune à l’autre. S’exprimant sur le problème lié à l’électricité, M. Kouyaté qui était récemment dans une émission télévisée à la RTG, avait expliqué que la centrale de Tombo comptait dix sept groupes électrogènes dont dix ne fonctionnaient pas. Sur les sept groupes restants, il a précisé que son équipe avait engagé la réparation de six pour alimenter la capitale en courant. Ce, grâce entre autres, à une assistance financière apportée à la Guinée par le gouvernement français, soit un montant d’un million d’euros pour développer le secteur énergétique. Aujourd’hui, la situation empire de jour en jour. Dans les quartiers, le courant impressionne plus par ses coupures intempestives et autres courts circuits. Des familles entières sont calcinées du fait des incendies causés par le courant d’EDG. A Sangoyah, la famille Diallo (dix personnes dont la mère et ses enfants) a péri dans les flammes. Pour l’heure, malgré l’avènement du CNDD, la nuit tombée, la capitale Conakry ressemble toujours à une ville fantôme. Au lieu de sept heures, le courant nocturne de l’EDG ne dure que deux heures dans certains quartiers tandis que d’autres ne sont même pas desservis. Parmi les privilégiés de l’Electricité de Guinée, le cas du camp Alpha Yaya Diallo et ses environs méritent d’être signalé car le courant y est permanent depuis que le CNDD a pris le pouvoir. Ce qui pourrait donner au capitaine Moussa Dadis Camara et au CNDD l’impression que le secteur énergétique fonctionne bien. Un fait troublant est à signaler. En effet, lors des fêtes religieuses par exemple, l’EDG parvient à couvrir toute la ville de Conakry.
La pénurie d’eau, quant à elle, oblige des citoyens de la capitale à transporter le liquide précieux d’une commune à l’autre à cause du manque d’un réseau adéquat. Cette situation provoque souvent l’épidémie de cholera à cause de l’insalubrité de l’eau consommée parce que souvent puisée dans les puits non aseptisés. Il faudrait que le CNDD passe quelque chose au sujet de l’EDG et de la SEEG. C’est incompréhensible que les jeunes dans nos quartiers cotisent pour acheter des câbles et des ampoules pour électrifier les vues afin d’empêcher des voleurs à mains armées d’y opérer. A Bonfi CIPAG par exemple, quand les jeunes avaient électrifié l’ancien Motel Torgoibe, les jeunes filles qui fréquentaient le coin avaient commencé à jeter des cailloux sur des passants, avant que le Motel ne soit finalement incendié volontairement. La semaine dernière, un officier de l’armée et sa famille entière furent calcinés dans leur concession à cause de la haute tension de l’EDG. Le CNDD doit se pencher sur cette question permanente de la normalisation de la desserte en électricité à Conakry avant la fin de la transition.
Youssouf Bah L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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