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La circulation routière est devenue une problématique en Guinée. Et pour cause, la dégradation des infrastructures routières due à la faiblesse de l’investissement qui entraîne la mauvaise prestation des sociétés de bitumage. En l’espace de deux ans et demi, le pont à la rentrée de la ville de Pita a cédé par deux fois. La commune urbaine de Pita, située à quelque 300 kilomètres de la capitale Conakry est coupée du reste du pays depuis le 20 juillet dernier. La raison est toute simple : le pont appelé Piti qui relie Pita à Labé a cédé suite aux fortes précipitations qui se sont abattues sur la ville dans la nuit du 19 au 20 juillet dernier. Selon les témoignages recueillis, ce pont a été fait à la hâte sans une préoccupation majeure pour la vie des usagers. Tenez, c’est un seul tuyau qui sert de support à plus d’une centaine de mètre cube de sable. En 2005, à l’occasion d’une autre forte pluie et au même endroit, ils étaient une vingtaine de gros porteurs en stand-by. Au moment où nous quittons les lieux, il y avait 13 camions, 6 minibus et 4 voitures qui attendaient. L’alternative qui consiste à contourner la ville et éviter le pont n’est pas propice à tous les véhicules. Là, il y a lieu de parcourir assez de kilomètres dans la boue avec les conséquences que cela entraîne. Pour épauler les passagers, les jeunes de Pita se sont substitués aux agents du ministère des Travaux Publics en transportant des grosses pierres question de remblayer les parties les plus dangereuses et susceptibles de retenir les roues des véhicules. Ce qui handicape les gros porteurs est sûrement l’étroitesse de cette piste de secours. Et mieux, elle passe quelquefois dans les concessions de certaines personnes qui craignent les accidents de ces gros porteurs. Dieu sachant faire les choses au moment de ce blocage, une équipe technique du ministère des Travaux Publics était en tournée à Labé. Sur les lieux, ils ont constaté les faits et se sont engagés à rendre compte à qui de droit dans les meilleurs délais. A la question de savoir combien de temps s’est écoulé pour préparer la première coupure survenue en 2005, les riverains répondent qu’il a fallu plus de trois mois avant le rétablissement et qu’à l’époque les véhicules passaient par Kankanlabé (sur une piste rurale) pour rallier Labé ou Lélouma. Pour cette fois-ci, avec le remplissage du lit du marigot Pivi, les usagers risqueront d’attendre longtemps pour passer sur ce pont qui, selon des témoignages, n’a pas plus de 30 ans. Aly Badara Condé L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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