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Comme il fallait s’y attendre, la récente hausse du prix du carburant est en train de se répercuter pernicieusement sur tous les secteurs de la vie nationale. Aujourd’hui, les pauvres locataires des maisons d’habitation ou à usage commercial font face à un réajustement fantaisiste du loyer à Conakry et dans certaines villes du pays profond. Tous les observateurs s’accordent à reconnaître que les Guinéens vivent de plus en plus dans la précarité, en dépit de l’extraordinaire richesse du sol et du sous-sol de leur pays. Dans la capitale et les principaux centres urbains du pays, les populations font régulièrement face au problème de logement. Les propriétaires de maisons ont appris, au fil des années, à vivre littéralement sur le dos de leurs locataires. Toutes les occasions sont mises à profit pour procéder unilatéralement à la majoration fantaisiste du loyer. « Notre logeur pense peut-être que ses locataires sont à l’origine de la cherté de la vie. A chaque augmentation du prix du riz au marché, il s’empresse de revoir à la hausse le loyer. En deux ans, il a doublé le prix de la chambre, au grand dam des pauvres locataires que nous sommes », nous a confié un enseignant résidant à Hafia, dans la commune de Dixinn. Comme ce respectable citoyen, nombreux sont les Conakrykas qui ne cessent de se plaindre de l’attitude de leurs logeurs. Si le prix du loyer n’est pas fixé de façon fantaisiste, ce sont les tracasseries de toutes sortes auxquelles sont confrontés quotidiennement les locataires. L’expérience a montré que la plupart des propriétaires de maisons vivent principalement de leur loyer. A la fin du mois, les locataires sont littéralement harcelés ou sommés de s’acquitter dudit loyer, au risque d’essuyer des humiliations de toutes sortes. DAS est marié et père de trois enfants. Il est domicilié à Dabompa, dans la commune de Matoto. Son témoignage en dit long sur le calvaire que vivent les locataires à Conakry. « Dès le 30 du mois, notre logeur commence subitement à afficher une mine maussade. Les salutations des locataires sont à peine répondues. A partir du 5, les mauvais payeurs ou ceux qui, pour une raison ou une autre, traînent les pieds dans le paiement, sont rappelés à l’ordre sans aucune forme de courtoisie », fait-il remarquer, avec résignation. Sous d’autres cieux, les problèmes de logement des fonctionnaires sont pris en compte par le gouvernement. Mais en Guinée, tel est loin d’être le cas. Avec leur maigre salaire, la plupart des agents de la Fonction publique ne peuvent pas se bâtir une maison digne de ce nom au cours de leur carrière. Ceux d’entre eux qui le font, empruntent le plus souvent les sombres couloirs de la corruption, de l’affairisme et du clientélisme. Les fonctionnaires « défavorisés », les ouvriers, les commerçants, les chauffeurs et les tailleurs, dans leur immense majorité, sont obligés de se trouver une ou deux chambres à louer dans un quartier plus ou moins distant de leur lieu de travail. Et Dieu seul sait qu’ils éprouvent actuellement d’énormes difficultés à faire face aux frais de location. Car, comme indiqué plus haut, les propriétaires de maisons d’habitation ou à usage commercial, ont pris ces derniers temps la mauvaise habitude de procéder à une fixation anarchique et fantaisiste du loyer. Mamy Dioubaté L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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