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Le ballon « d’or-plaqué » décerné à Didier Drogba a soulevé une polémique enflammée nourrie de tous bois. Pour certains contre d’autres, le plus méritant cette année est sans conteste, Samuel Eto’o, qui a raflé presque la totalité des mises au niveau européen, alors que Drogba a été terne pendant toute la saison pendant laquelle il a été blessé puis convalescent. En principe, il ne devait pas être de même niveau ni de même performance que son rival et émule. Le comité du ballon d’or de la CAF en a décidé autrement, et cela parce qu’en 2008, alors que Drogba était au sommet, il n’avait pas daigné venir chercher son ballon d’or pour cause de calendrier, et ce trophée fut octroyé « gratuitement » à Khanouté Frédéric. Pour cela donc, cette année, l’on a joué à la compensation. Mais la compensation est-elle une récompense juste, y aa-t-il équité ? La question restera posée aux différents jurys de toutes les compétitions à travers le monde. A côté de cette sensiblerie humaine, il faut faire la part des choses dans deux ou trois domaines pour camper exactement ces deux sportifs.
Les deux sont, sans conteste, les plus grands buteurs du continent avec leurs qualités et défauts qui leur sont propres. Samuel Eto’o est d’un trop plein d’orgueil, qui le noie des fois. Lorsqu’il était présent dans le championnat espagnol avec ses performances au top, il menait la vie dure aux adversaires et à leur public si bien que, pour le déstabiliser, ces supporters poussaient des cris de singe en mimant des gestes de primate. Après avoir essayé de rendre coup pour coup à ses provocations, sans succès, il avait fait une trouvaille pour montrer à ses détracteurs, à chaque fois qu’il marquait un but, que cet exploit provenait de ses veines et de sa peau noire. Bien entendu il n’a fait qu’envenimer la situation. Le Barça, on ne sait pas trop bien le genre de pression qu’il a dû recevoir, mais Guardiola a pris (tout seul ?) la responsabilité de le troquer contre Ibrahimovic. Et comme ce dernier n’est pas tout à fait de la trempe Eto’o, lors des premiers matches de ce dernier avec Barcelone, Guardiola avait donné la consigne suivante : Toutes les balles pour Ibrahimovic, et le Barça a joué pour lui. Jamais un joueur n’a bénéficié d’une telle sollicitude pour faire passer la pilule Eto’o. Mais ce Eto’o est un attaquant de race, qui ne sait pas tricher comme Drogba, qui, lui, est un comédien, un théâtreux et un simulateur achevé dans les surfaces de réparation.
Aucun des deux ne méritait ce ballon d’or africain cette fois-ci, puisque personne n’a eu à les apprécier lors de leur prestation en Angola. Si les instances de la CAF ne peuvent pas se départir de ce snobisme décavé qui consiste à toujours décerner le ballon d’or africain uniquement aux footballeurs évoluant dans les championnats européens, qu’elles le fassent une fois sur deux ans et donnent le ballon d’or pour le joueur qui se montre le plus performant, sans aucune discrimination lors d’une CAN. Comme cela, personne ne criera au scandale. Ce serait plus raisonnable et plus équitable.
France : L’UMP attendue au tournant ? Même si le tas d’erreurs accumulées par l’UMP est criant, ce qui a brillé le plus dans les bourdes est le tollé qu’a soulevé la candidature de Jean Sarkozy, le fils de son père, à l’EPAD (l’établissement public d’aménagement de la Défense). C’était quelque peu arrogant et inconsidéré. Arnaud Montebourg, du PS avait dit : « C’est la destruction de l’esprit de la république ». 2/3 des Français étaient contre cette candidature. A l’étranger, le malaise avait fait bouger assez de capitales, même certaines capitales des républiques bananières de « Doumbelane », au sud de l’Europe. Mais cela a laissé les barons, dinosaures et éléphants de l’UMP de marbre, et comme pour justifier cette candidature sans diplôme d’un jeunot de 23 ans, qui a été recalé en plus d’une classe, Henri Guaino, le rédacteur du discours que Sarkozy a prononcé à Dakar, a dit que « beaucoup de sans diplôme ont appris sur le tas » mais il sait que pour diriger l’EPAD, il faut être un juriste averti. Même si cette candidature a été annulée, elle est restée dans l’esprit des Français.
Que « l’intention vaut l’action ». Aujourd’hui, à quelques heures des régionales françaises, la majorité présidentielle est dans ses petits souliers. Ses électeurs boudent les urnes (53%, dit-on) parce qu’ils ne croient plus que les politiques puissent être la solution à leurs misères quotidiennes. Le retournement est en faveur du PS, qui va certainement tirer le profit maximum de ces gaffes et bourdes, quand il a aussi connu des turbulences qui l’ont coulé en 2006. On se souviendra qu’après s’être fait émasculer, le parti socialiste français de France était sous la loi du jupon, mais les jupons ont fini par se crêper le chignon pour créer deux barques pour dériver finalement. Les épaves viennent d’être récupérées pour se refaire après le patatras de ceux d’en face. Mais le PS va-t-il se relever après cette lourde chute ? Une coalition avec les Verts est encore un cocktail Molotov si Daniel Cohn-Bendit, le sulfureux et éternel opposant des différentes politiques françaises doit mettre son grain de sel dans la sauce. Mais rose et vert donne quoi, au fait, du jaunâtre ou du blanc d’œuf ? Quoi qu’il en résulte, à quelques heures du scrutin, au moment où ces lignes sont écrites, on est sur du charbon incandescent. Face à cette coalition et cette collision en vue, on se demande si la majorité présidentielle ne va pas risquer de se fêler…
Je parlais plus haut du discours qui a fait se gendarmer les intellectuels africains quand Sarkozy a dit que l’Africain n’est pas encore entré dans l’histoire, c’était en 2006 ; vraiment ce discours n’était pas insensé mais audacieux. La suite l’a prouvé puisque Mamadou Tanja a tripatouillé sa constitution pour pouvoir jouer les prolongations, sans que personne n’arrive à le dissuader, persuadé qu’il était que l’armée resterait neutre quand les forces de l’ordre vont mater les revendications contre son vouloir. Revers du sort, la situation a tourné au vinaigre et il a fallu aller le chercher entre les meubles de son bureau. C’est comme ça qu’on entre dans l’histoire ? C’est maintenant que les Guinéens viennent de réagir à ce camouflet pour faire l’histoire, et les Nigériens sont toute ouïe et toute oreille en direction de la Guinée pour copier et pour éviter ce que les Guinéens vont commettre encore comme bévue. Et il ne faut pas en commettre pour donner à en redire. En tout cas, le discours du président de la transition lors de la mise en place du CNT en dit long, un discours ponctué et interrompu d’applaudissements parce qu’il en a fait un peu dans les cajoleries et les minauderies politiques, et aussi de la tragédie pour toucher les sensibilités et aussi la sensiblerie des présents, ce jour-là, au Palais du Peuple. Le point de non retour est atteint et aucune reculade ou aucune dérobade n’est à l’ordre du jour. Un discours rempli d’espoir et d’assurance, un discours décisif et intransigeant. Voilà les jalons plantés et les premières campagnes électorales viennent d’être lancées, comme si l’on avait lâché les dingues. En même temps, le président de la Cour Suprême vient d’être installé dans ses sacerdoces pour arbitrer et prononcer les résultats des premières élections présidentielles dans le sens propre du terme. L’indépendance, l’impartialité et l’équité vont-elles être au rendez-vous après le 27 juin, pour autant que cela puisse être à la date indiquée sans aucune impossibilité ?
Dans cette grande course nationale dotée du prix de l’unité nationale, une centaine de chevaux, tout au plus, seront en confrontation au départ. Des éliminations seront obligatoires pour une décantation, pour permettre aux chevaux entiers et hongres d’en découdre, et le spectacle promet. Le seul problème qui se pose est le critère de participation. Il y a des chevaux soupçonnés de dopage, qu’il faut auditer, mais le temps va-t-il permettre à ce test ?
Avant que le handicapeur ne se mette à faire des pénalisations, les concurrents qui se profilent sur le terrain forment un beau groupe.
Voici les analyses et pronostics de notre spécialiste :
Favoris: RPG – UFDG – UFR
Seconde chance: UPR - FUDEC – PDG – PTS – PEDN
Outsiders: PUP – UFD – NFD – UPG – UFC
Tocards: ARN – ARENA – LCC
1- RPG : Un cheval vieux mais dur à l’effort, qui a beaucoup d’expériences sur toutes les pistes. Il aurait remporté la course de 93 s’il n’avait pas commis la faute à l’entrée de Suiguiri, juste sur la ligne droite. Lors de la précédente course, il a été disqualifié à Piné, à quelques pas de l’arrivée. Avec cette solide expérience endurcie des rudes batailles, c’est le cheval à battre. C’est un spécialiste des longues distances.
2- UFDG : C’est un cheval d’une redoutable écurie, qui a plusieurs fois changé d’entraîneur, parfois pour un plat de lentille. Il connaît bien le terrain et aura pour cela beaucoup de suffrages. Seule ombre à toutes ces qualités, il est très difficile à manipuler et, s’il n’est pas taxé de dopage, il peut remporter la course. Mais pour cela, il faudrait que le favori no 1 fasse un faux-pas dans son allure avec ses compagnons et concurrents qui courront pour lui.
3- UFR : C’est un cheval qui avait montré le bout de son nez dans les grandes courses. Lui aussi est crédité de très bons résultats dans le passé, mais il a connu des problèmes de santé et surtout d’allure. S’il est dans un bon jour et si les favoris se cassaient les dents, il pourrait prétendre à un bon classement.
4- UPR : Un vieux routier de la politique guinéenne, un cheval bien en verve, malgré l'apparence. Il n'a pas fini d'étonner, il faut s'en méfier. Il a déjà mené d'autres combats dans l'hippodrome de la Guinée. 5- FUDEC : C’est un cheval qui, en dépit de sa verve et même de sa forme, en tant que porte-parole des autres chevaux, a son mot à dire mais cela suffira-t-il dans cette course très disputée ? Il attendra en embuscade et prendra la bonne roue au moment propice. 6- PDG : Voilà un vieux cheval qui renaît de ses cendres avec des arguments. Dans ce groupe, c’est le plus expérimenté mais il n’est plus aussi perçant ; et son expérience suffirait-elle pour gagner cette course placée sous le signe du renouveau ? Le choix paraît bien difficile. Problème de sentiment.
7- PTS : C’est un cheval, à ce qu’on dit, qui a beaucoup de moyens. Sa tenue n’est plus à prouver mais dans ce lot bien fourni, la tenue suffirait-elle ? Sa chance dépend des circonstances de la course.
8- PEDN : Voilà un cheval qui aurait pu gagner depuis longtemps les premières courses, mais il a été handicapé par des sorties malheureuses. Si les soupçons de dopage ne pèsent pas sur lui, avec sa fougue et son comportement parmi les autres concurrents, sa place est à l’arrivée. Attention à lui.
9- PUP : Ce n’est autre que le tenant du titre dans ce prix mais avec ses problèmes de santé et de coaching, c’est un cheval à observer dans ses capacités à renaître de ses cendres.
10 -UFD : C’est le compagnon d’écurie du précédent mais après une séparation chacun a fait chemin. Il faut l’observer pendant la course. Lui aussi est indexé pour fort soupçons de dopage mais jamais prouvés, comme tous les autres candidats.
Pour les autres candidats, ce sont des alliances et associations diverses qui les aideront à participer à cette grande nationale de l’unité.
Nous y reviendrons plus en détail.
Par Moïse Sidibé L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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