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L’OTAN est loin à l’ouest : Le désarmement nucléaire entre les USA et la Russie est inquiétant et semble éloigner l’OTAN de l’Ukraine et de la Géorgie. L’adhésion de la Pologne et de la République Tchèque au programme de bouclier anti-missiles avait agacé la Russie et la frappe de celle-ci sur la Géorgie était faite à la hauteur de son exaspération pour servir de leçon aux autres. On se demandait comment les USA et les autres du camp occidental allaient faire pour limiter la propagation nucléaire à travers le monde quand eux-mêmes en ont à détruire. Voilà, c’est fait avec ce démantèlement des ogives nucléaires entre les deux super grands. Une autre raison, peut-on voir dans ce désarmement, c’est l’uranium iranien et nord coréen, qui ne peut être maîtrisé que si la Russie et la Chine veulent bien mettre leur grain de sel dans la sauce. Et puis, les fronts ouverts par les USA à travers le monde s’empilent les uns sur les autres : L’Irak, le Pakistan, l’Afghanistan sont sur les braises, et s’il faut ajouter à ceux-là l’Iran et la Corée du Nord, c’est lourd. Autant dire que le concours de la Russie est prépondérant dans cette vaste entreprise dans la réduction des dépenses à l’armement quand les caisses sont vides et que celles des Russes sont remplies avec leur pétrole et gaz, et que celles des Chinois le sont également par une gestion économique qui inquiète.
Comment peuvent voir ce rapprochement entre les deux grands par l’Ukraine et la Géorgie si ce n’est le jet de l’éponge, autrement dit, si ce n’est leur abandon par l’OTAN ?
C’est dans cette atmosphère que la Pologne vient de vouloir commémorer le massacre de Katyn de 1940 à Smolensk (un coin situé entre la Russie, la Pologne et la Lituanie) qui appartient à la Russie depuis 1654. Quand les Allemands vainquirent les Russes en 1941, ils découvrirent en 1943 un charnier avec 4500 officiers polonais et montrèrent l’Union Soviétique des doigts mais les Russe rejetèrent l’accusation sur les accusateurs. Bien après la guerre, les enquêtes conduisent à la police politique soviétique et l’URSS reconnaîtra tout sur le massacre en 1990. Comme Lech Kaczynski est l’un des plus virulents anti-communistes de Pologne (avec le pape Paul VI et Lech Valesa), il a décidé de faire le voyage de Katyn avec presque la totalité des personnes de son gouvernement qui pensent comme lui. La Russie, dans cette situation particulière qui est en train de se dessiner dans la politique de l’OTAN, cherche à jouer à la conciliation et à l’apaisement. Elle accueille avait l’intention d’accueillir la délégation polonaise avec tout le faste. Seulement, la ‘’nécessité absolue» de l’histoire, pardon, de la nature et de la météo en ont décidé autrement avec cet atterrissage forcé du pilote. Parlant de cette nécessité absolue on se rappelle ce que Staline avait dit à Churchill, si on inverse sa phrase : « Nous désirons une Pologne forte mais alliée ; c’est pour nous une nécessité absolue. LA Pologne, tout au long de l’histoire, a servi de corridor aux invasions de la Russie et que le gouvernement polonais a souvent favorisé ces attaque »
Pour l’analyste, la Russie de Medvedev et de Vladimir Poutine, désirait une Pologne qui peut redevenir amie et non adversaire. L’OTAN devenue lénifiante, mieux vaut avoir des amitiés que des animosités. C’est dans cette vision que les autorités russes avaient tout mis en œuvre pour cette commémoration, hélas ! Smolensk s’entête sur les Polonais, même 70 ans plus tard. Est-ce un autre jugement de l’histoire ? On ne saurait le dire.
Le procès d’un système ?
La dernière fois, on avait quitté l’audience de la cour d’assise avec la demande de la comparution de Tiégboro, de Zimolo et de Kaloga, les vieux amis de votre Cafard enchanté.
Nous profitons de l’occasion pour les informer et pour protester encore une fois avec indignation de deux autres descentes au Bar La Colline de Dabondy par leurs hommes le vendredi 9 et le samedi 10 avril. Nous reviendrons ailleurs sur ce dossier.
Donc, les personnes citées à comparaître n’étant pas présentes, le président Doura Chérif appelle à la barre Saturnin Bangoura pour continuer les interrogatoires suspendus la veille mais la défense, qui veillait au grain, avait pris la parole sans l’avoir obtenue au préalable. Mais le président, visiblement, avait un cafard, pas enchanté, lui, ne leur donne pas la parole et menace : « Toute tentative de troubles de cette audience…je vous mets dehors ! » mais la défense, un peu teigneuse avait insisté de prendre la parole mais Doura Chérif leur intime le silence. Offusquée, la défense se concerte et se retire de l’audience, laissant Doura seul avec le boulet entre les bras. Le procureur général s’empresse de demander au président de bien vouloir suspendre les audiences pour lui permettre de mener les négociations en vue de ramener les dindons en noir. Peine perdue, les dindons de la défense avaient juré de faire comprendre à Doura qu’ils ne comptent pas pour les dindons de la farce, mais ils enverront, quand même, le secrétaire général du barreau pour une négociation sous les hospices du ministère public. Résultat : ils ne reviennent à l’audience que lundi. Le motif de leur retrait, la jonction des procédures et la non-comparution du ministre d’Etat chargé des services spéciaux, anti-drogue et lutte contre le grand banditisme. Et de ses deux lieutenants Zimolo et Kaloga.
Le lundi, à la reprise, le procureur général demandera la parole et va entrer dans un magistral développement sur la jonction des procédures et de la présence d’un ministre de la république.
Sidi Souleymane N’Diaye dira que, pour qu’il y ait jonction, il faut que certaines conditions soient remplies comme l’unité de temps et de lieu, l’unité des desseins et la relation de cause à effet or, dans le dossier ministère public contre Ousmane Conté et Cie et contre Mamadi Kalo et Cie, il n’y a pas d’unité de lieu de lieu et de temps, pas d’unité de desseins ni de relation de cause à effet (le premier cas ayant eu lieu à Faranah et le second à Boké). Avec ce constat, il demande humblement d’ordonner la disjonction des deux cas. Quant à la comparution de Tiégboro et de ses hommes, il dira que Monsieur Tiégboro est un ministre de la république, et qu’il faut prononcer son nom avec déférence, et que sa comparution est sujette à une certaine procédure : il faut un conseil des ministres et éventuellement un décret présidentiel.
La défense répliquera que si Monsieur Tiégboro est un ministre, il n’est pas ministre du gouvernement, c’est un ministre du cabinet présidentiel, mais qu’à cela ne tienne, ses deux collaborateurs ne sont pas ministres, pourquoi ils ne sont pas présents ?
Comme ça allait tourner au vinaigre, le président coupera court et dira que personne n’est au-dessus de la loi et que toute personne citée à comparaître, comparaîtra !
Et pour ne pas que l’audience tourne au vinaigre, la cour délibère et ordonne qu’il y a disjonction des deux cas. Et Saturnin, qui a été sérieusement « cuisiné » la dernière fois aura un répit. La cour convoque, cette fois, le directeur de l’aviation civile, Abdoulaye Djibril Diallo, oh, pardon ! Abdoulaye Djibril Camara, puis le directeur de l’agence de navigation aérienne, Mamadi Kaba, à titre de renseignement et non à titre d’accusés, ils ne seront pas soumis à la prestation de serments. Les questions se dirigeaient dans un sens : Que savez-vous de l’atterrissage de l’avion, nuitamment, à Boké ? En clair, la cour et le ministère public et la partie civile voulaient avoir le cœur net sur une seule chose : avait-il eu atterrissage d’un avion à Boké dans la nuit du 31 août 2009 ? La réponse est identique, le directeur de l’aviation civile et celui de l’ANA sont sur la même longueur d’onde : ils ont appris, comme tout le monde, qu’il y a eu atterrissage d’un avion inconnu à Boké, mais qu’ils n’en savent pas davantage puisqu’ils ne pouvaient pas imaginer un seul instant que cela fût possible, étant donné que cet aéroport est hors service depuis plus de dix ans et sans équipements, sans infrastructures et sans assistance technique. C’était une brousse. Pour les deux directeurs, cela relevait d’une chose pratiquement impossible. Dans leur niveau de connaissance, cela relève de l’impossible, cependant, ils ont appris plus tard qu’un atterrissage avait eu bel et bien lieu, et nuitamment ! Entre nous et entre parenthèses, et en aparté, Il faut vraiment lever le chapeau à ce pilote exceptionnel ! Il a battu l’exploit de Louis Blériot et celui de Charles Lindbergh. Les enfants se souviendront que le premier a été le premier à franchir La Manche en 1909 et le second a été le premier à franchir l’Atlantique nord, du Bourget à New York, sur une libellule qui s’appelait Spirit of Saint Louis, sans escale et sans assistance satellite, et j’ajouterais, sans boussole, si vous pouvez gober l’exploit de ce sacré Lindbergh. Mais à quoi tient l’exploit de Lindbergh quand le pilote qui est venu se poser à Boké dans la nuit du 31 août vient de démontrer à la face du monde ? Qui est-il ? Je peux te dire qui il est, sans l’avoir vu ni connu. Aucun pilote au monde ne peut réaliser cette gageure, s’il ne connaît pas parfaitement la topographie et les coordonnées des lieux. Si vraiment il vient de la Colombie jusqu’à Boké, de surcroît, de nuit, avec trois ou quatre voitures pour éclairer la piste, que dis-je, le champ en friche, et décoller dans les mêmes conditions. Dira que l’autre est un homme ne veut pas dire que tu ne bandes pas fort, kaas ? Ce pilote, j’aimerais bien lui adresser mes admirations !
Mais dans toute cette affaire, pour réaliser cet exploit, il a dû faire le voyage de Boké plusieurs fois, quand même, et aussi, donner des instructions précises sur la manière ou la façon d’aménager la piste, et dans ce cas, sans vouloir devancer les choses, mais avec une petite crainte d’être dans le faux, hasarder que, selon les déclarations des témoins sur cette affaire qui disent que les deux agents de l’ANA qui étaient venus en compagnie d’un Blanc, qu’ils décrivent comme un type de grande taille, est celui que je cherche à vous dessiner.
Tout le reste de la déposition des témoins ne compte que pour des vétilles ou pour de simples renseignements. Comme tous les renseignements concordent qu’il y a eu atterrissage sur cet aérodrome mais que personne n’a vu cet avion fantôme, le fantôme a plané sur la politique pour mettre tout le monde dans le même panier à crabes. Et ce panier à crabes, il faut le dire, s’est tissé à Boké, et à Boké, il y avait vraiment de cadres comme des philosophes, des intellectuelles de la haute crème. Du commandant de la gendarmerie au commissaire centrale, en passant par le maire, le préfet et le gouverneur, la langue de Molière a été articulée de façon admirable.
Que faut-il ajouter de plus à cette salade sans vinaigre ? Vous dire que cette cour d’assise est en train de faire le procès de tout un système, cela ne vous heurtera pas ? Quand des personnes sont censées faire tout ce qui est dans leur conscience de faire tant soit peu le travail de leur devoir et qui se voient au gnouf et démises de leur fonction, on se demande où on allait. Cette cour d’assise est vraiment une leçon pour la Guinée nouvelle !
Moïse Sidibé L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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