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La journée des journaleux et des journalistes : Le 3 mai de chaque année, le monde des médias se réunit. Il faut rappeler aux journaleux guinéens que cette liberté, ils la doivent à un homme, et cet homme est le général Lansana Conté. On était à la cour d’assises et on n’a pas vu si les journalistes guinéens ont observé une minute de silence à sa mémoire…
A cette occasion, on a épinglé Kim Il Jung, Ahmadi Nejad et Kadhafi, le grand frère de Dadis et notre ami personnel. Je voudrais bien dire à mon ami de changer le fusil d’épaule puisque la lutte révolutionnaire est terminée et révolue, finie ! On est tous devenus vieux et il faut ménager ses vieux jours en tendant une main franche et sincère aux médias. Tu vois qu’on ne critique plus les Chinois aujourd’hui comme hier. Le père de Dadis, Abdoulaye Wade, avait dit que la presse de son landernau ne lui fait aucun cadeau mais il commence à prendre goût aux critiques, alors…
Chine ou pays des « sans précédents » ? Dans les années 50, pendant la guerre froide, quand le maccarthysme faisait rage, fréquenter un communiste équivalait à une condamnation à mort. Selon l’histoire, le couple Rosenberg en avait fait les frais d’une telle mésaventure. Les enfants se souviendront que ce couple était accusé de transmettre à l’URSS le secret de la bombe atomique alors qu’ils étaient innocents. La politique de « l’endiguement » n’allait pas du dos de la cuillère. Une troisième voie (médiane) sera trouvée avec le groupement des non-alignés à Bandung, en 1955. Ce furent les premiers balbutiements de revendications pour l’indépendance.
Dans les années 60, les courses à l’armement, la conquête spatiale, la course à l’expansion des politiques de bloc, occupaient la scène mondiale. La plupart des pays de ce troisième bloc se penchaient vers le socialisme, vers l’Est, incarné par l’URSS, la Chine et la Corée du nord. La vague des indépendances africaines, dont on fête actuellement les cinquantenaires, provoquait l’effondrement de l’empire colonial français en Afrique et ébranlait tous les autres empires coloniaux sous l’impulsion des pays socialistes, et les leaders africains trop de gauche trinquaient, à l’image de Lumumba, Moumié et autres.
Dans les années 70, l’électrochoc du « choc pétrolier » de 73 touchait durement les pays faibles et fragiles, et les aides insuffisantes de leurs amis socialistes durement touchés, eux aussi par la crise, ne parvenaient qu’à compte gouttes mais pour autant les guerres de libération ne faiblissaient pas : Le Vietnam se débarrassait des Américains, la Guinée Bissau et les autres colonies portugaises s’affranchissaient du joug colonial. Aller à l’Est était périlleux.
Dans les années 80, l’essoufflement du système socialiste vient à son tour avec l’irritation du bloc occidental. Les embargos divers appliqués au bloc socialiste feront l’effet escompté. Les pays du Tiers monde étaient mis à dure épreuve avec la fermeture des robinets de leurs alliés de l’est. L’URSS va tomber en déliquescence après avoir succombé en Afghanistan. Et pour le coup de grâce, la Banque Mondiale et le FMI fermaient leurs robinets sous prétexte de la politique d’ajustement structurelle. Et encore, aller à l’Est était dangereux ou pas de mise.
Dans les années 90, forte de cette politique de la bourse, la démocratie mettait les pays satellites de Moscou et leurs alliés à genoux. L’effondrement de l’empire soviétique avait fait contagion mais la Chine ne cédait pas. La répression de Tian'anmen avait fait ébranler le monde mais le communisme tenait bien le cap. En Afrique, le revirement est fiévreux. La démocratie et les conférences nationales mettaient le continent à feu et à sang. La guerre médiatique faisait des ravages. Aller à l’Est était vu comme de la provocation.
Dans les années 2000, le système capitaliste s’essoufflait à son tour au point de tousser fort avec les attentats de septembre 2001. Nombre d’entreprises ont mis la clé sous le paillasson, de même que des compagnies de transport aérien et d’assurances. Après ce coup d’assommoir, le coup de grâce viendra avec cette maladie contagieuse appelée crise financière. Les banques occidentales faisaient faillite comme un jeu de dominos. Pendant que beaucoup s’agenouillaient, d’autres renaissaient de leurs cendres, ce fut le cas de la Russie et de la Chine. La première avait d’énormes réserves de gaz et de pétrole et la seconde savait prendre et faire de l’entreprenariat dans la gestion économique. Et là, aller à l’Est, particulièrement en Chine, n’était plus l’affaire des pays du Tiers Monde ou ceux du bloc socialiste. Ils ne sont plus les seuls à se bousculer sur la Grande Muraille…
Et vous savez pourquoi ? Parce que la Chine mystérieuse avait caché son jeu économique pour surgir tout d’un coup sur la scène mondiale en damant le pion à tout le monde. Ne vient-elle pas de dépasser la grande Amérique en absorbant la quasi-totalité de la dette de l’Oncle Sam ? Elle avait organisé des JO d’une ampleur sans précédent et elle avait promis d’organiser encore l’exposition Universelle de Shanghai qui va étonner le monde. Les observateurs s’accordent à dire que cette expo est sans précédent avec un paquet de 4 milliards de dollars mis dans l’organisation en cette période de vache maigre. Elle a financé les pays pauvres qui ne pouvaient pas s’offrir un tel luxe en construisant leur stand d’exposition : Ils ont promis, ils l’ont réalisé, quitte à mettre en quarantaine quelques agitateurs qui ne sont pas d’accord que l’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.
Dans cette affaire, ce qui fait réfléchir, c’est que les critiques ne sont plus virulentes comme avant les JO. La Chine sait se fâcher et l’on cherche actuellement à éviter les questions qui …
Cour d’assises de Conakry : Avant tout il faut souligner que les audiences de ces assises ne peuvent pas être suivies par tous par manque de courant, et ceux qui l’ont sont obligés d’avoir l’insomnie, s’ils veulent les suivre. On peut se demander pourquoi la diffusion à la radio n’est pas dans les grilles de la RTG. On allait en parler mais cette fois, ce sont les dindons de la défense qui l’ont soulevée, et à juste raison d’ailleurs. Il paraît que l’audition de Kalo a été tronquée, on ne sait pour quelle raison. Les services des programmes de la RTG doivent y réfléchir avant que la presse privée n’en prenne acte.
Tout a commencé avec cet avion fantôme que personne n’a vu mais dont tout le monde a entendu parler. Saturnin Bangoura était le premier à comparaître pour dire : « Selon le document » et de bataille de procédures en bataille de procédures, on en est venu presque aux poings entre les avocats de la partie civile et ceux de la défense. Doura Chérif, le président de cette cour, pour éviter des affrontements, suspendait les audiences chaque fois qu’il y a des joutes en vue. De la jonction des procédures, l’on a sauté pour tomber sur le gros morceau de ce procès, et ce gros morceau indigeste est quelque chose qui s’appelle Mamadi Kalo. Tout de l’arrêt de renvoi de la chambre d’accusation, Kalo va nier.
Alors, pourquoi et comment vous avez été arrêté ? C’était une nuit vers 3 ou 4 heures du matin, il a entendu des bruits dans sa concession à Lambandji. Il a allumé son écran de surveillance parce qu’il avait des caméras de surveillance, il voit une quarantaine de bérets rouges dans 4 pick-up avec des mitraillettes lourdes. Son gardien et son cuisinier étaient à terre, pieds et poings liés. Il court dans les toilettes et regarde. Des bérets rouges défonçaient la porte de sa chambre. Il sort et se rencontre nez à nez avec le capitaine Kalonzo qui lui a dit si c’est lui Kalo - Oui, c’est moi Kalo - Où est la drogue, où est l’argent ? - Je n’ai pas d’argent. Un béret rouge lui file une baffe, - Où est l’argent, on sait que tu as l’argent, c’est toi qui construis les bâtiments ! - J’ai l’argent mais je ne l’ai pas à la maison. Kalonzo donne l’ordre au béret rouge de le ramollir un peu pour lui rafraîchir la mémoire et ce dernier n’y était pas allé dans la dentelle. - Voyez, vous avez cassé ma dent. - Tu n’as rien vu encore, on va te tuer, si tu ne sors pas l’argent ! Bon, on ne va pas continuer avec ce dialogue. Nous y reviendrons plus en détail dans le Démocrate…
Donc on va faire vite, le temps et l’espace manquent. Kalo, après cette entrée musclée avec coups de poings et coups de crosse, finit par ouvrir son coffre qu’il avait dissimulé dans les toilettes. Il y avait 7,8 kilo d’or en poudre. Le coffre a été nettoyé. Les envahisseurs prennent tout ce qui les intéressait et embarquement, direction le camp : « C’est le président qui le demandait. Il a demandé le mandat d’amener, des coups ont servi de mandat. Après quelques heures, Tiégboro entre : C’est toi Kalo ; le problème Kalo est un gros problème, gardez-le ! Les jours suivants on amène Saturnin et plus tard Charles Pascal Tolno sont menottés ensemble. Le prix de leur libération était fixé à 500 millions mais finalement ils ont payé 150 millions. Son jeune frère Yaya envoie les 200 millions, ils prennent les 150 millions et 35 millions.
On lui refuse le médicament de son fils qui souffrait de maladie cardiaque et sa bouche enflée, ses médicaments étaient jetés tant qu’il ne signe pas ce qu’il appelle, comme Saturnin « le document » C’est ainsi qu’il a signé le PV du camp mais refuse de signer celui de la gendarmerie malgré tortures physiques, psychologiques et bien que gardé dans des conditions d’hygiène et de salubrité qui relèvent d’un autre âge. Pourquoi a-t-il finalement signé le PV du juge d’instruction ? Parce que, selon Kalo, des bérets rouges faisaient irruption à toutes les heures de la nuit, de la journée et armés jusqu’aux dents pour les menacer de mort s’ils ne collaboraient pas et s’ils ne contribuaient pas, parce que les caisses de l’Etat sont vides et que les Américains avaient promis 250 millions de dollars pour la lutte contre la drogue. Les Guinéens se rappelleront que les sites de fabrication de la drogue avaient été identifiés un peu partout, même à la société Mosmart de Moussa Conté. Des équipes d’experts de l’ONU avaient fait le déplacement pour constater mais ils sont repartis en catimini, et quand une délégation américaine, composée de 4 personnes, était venue le voir à la maison centrale avec le ministre de la justice, ils sont repartis. Ce qui fait tirer la conclusion aux avocats de la défense que si ces experts n’ont pas donné les 250 millions promis, c’est qu’il n’y a rien de concret dans cette affaire. Un sac vide ne peut tenir débout.
Ce qui est frappant dans cette affaire, c’est que l’ex ministre d’Etat de l’urbanisme et autres, Boubacar Barry a été son architecte, et c’est lui qui a indexé tous les chantiers qu’il supervisait à la junte pour venir prendre tous les matériaux de construction (210 tonnes de fer et 50 tonnes de ciment) et tous ce qui était sur les différents chantiers. Il est important de noter que ce Kalo est un agent commercial dans l’immobilier et que sa société familiale est actuellement complètement anéantie, laissant sur le carreau 200 personnes qui y travaillaient. Et comme si cela ne suffisait pas, les militaires sont allés chez tous ses parents faire des saisies, sans aucun mandat. D’autres détails sont plus choquants, rendez-vous dans le Démocrate. La question du titre de ce Cafard ne se pose pas ?
Moïse Sidibé L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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