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Le jeudi 2 Octobre dernier, notre pays, la Guinée, a célébré les 50 ans de son accession à la souveraineté nationale. Tout ou presque a été déjà dit ou écrit sur ces festivités. A mon niveau, je note trois faits qui m’ont retenu l’attention. Je les soumets à votre appréciation. 1- La nonchalance de nos gouvernants face à nos biens et la naïveté de notre peuple : Malgré la carence notoire de tout en Guinée et nonobstant que des guinéens meurent dans nos hôpitaux à cause de la pénurie de matériels sanitaires, notre gouvernement n’a pas tergiversé à dilapider des milliards de francs, juste pour les divertissements d’une seule journée de fête. Je crois que cet argent pouvait servir à restaurer au moins un des services d’un de nos CHU ou centres de santé, à faire des forages, à secourir les agriculteurs, ou à restaurer certaines ruines des événements de janvier/février 2007. Malencontreusement, notre naïf peuple et nos leaders ont choisit la mamaya. Tel peuple tel leader. 2- L’échec du processus de la « vérité et réconciliation » : Escomptant que ce 2 octobre allait servir du point de départ pour la vérité et la réconciliation, c’est tout le contraire qui nous a été servi : n’eut été l’intervention de la sécurité, le débat d’idées organisé au palais du peuple, allait faire place à un combat à couteaux tirés entre les pros et les antis PDG. Compte tenu de cette situation, je pense qu’il est de notre devoir de solliciter auprès de nos frères et sœurs victimes ou descendant directs de victimes des crimes du PDG, d’accepter le passer l’éponge (c’est très difficile, je le sais) et puis, de pardonner (car tout notre peuple, de par son silence, a été complice passif de son leader dans ces déboires de notre histoire commune). Chers frères et sœurs, victimes ou descendants de victimes, tous les guinéens sont conscients que c’est un grand courage de pardonner l’arbitraire dont on a été l’objet, mais, pour l’amour de nos disparus (que la paix de Dieu soit sur eux), pour l’amour de notre Patrie, nous vous demandons encore pardon. Par contre, à l’autre partie de ce conflit, c'est-à-dire les pros-PDG ou les descendants directs du régime défunt, je vous adjure non seulement de comprendre la douleur des victimes et des descendants de victimes, mais aussi d’arrêter toute campagne de justifications des crimes du PDG. Il n’y a rien, je dis bien rien, qui puisse légitimer les tortures les plus abominables que ces hommes et femmes avaient subi avant d’être exécutés. Chers compatriotes, c’est le bon moment d’éteindre ce feu qui a crépité pendant les 50 dernières années, parce qu’on ne parviendra jamais à démontrer ou à convaincre l’une ou l’autre des parties en conflit, de sa culpabilité ou de son innocence. Je suis convaincu que plus on s’acharne à faire des démonstrations, plus la haine se propage et perdure, et les risques d’implication des générations futures seront toujours, plus élevés …. Que le tout Puissant nous en garde ! C’est pourquoi je lance un appel solennel à nos deux frères les plus populaires de ce différend: Mohammed Touré et Thierno Diallo Telli. Car, je suis profondément persuadé que si ces deux frères acceptaient de se retrouver autour d’une même table, nous aurons déjà effectué un grand pas vers la réconciliation. C’est mon humble opinion et mon souhait ardent. 3- Autre fait qui a retenu mon attention dans les festivités du cinquantenaire, c’est l’attitude de notre Premier Ministre face aux biens publics : Pendant la visite de Mr Tidiane Souaré aux USA, il a offert à notre communauté (non nécessiteuse) une somme de 10.000 USD !!! Et cela, au moment où nos frères vivant en Guinée souffrent d’une carence en tout (médicaments, eau, électricité…). Incroyable mais vrai ! Mais ce qui est grotesque dans ce don du gouvernement, c’est que dans une interview publiée dans guineeactu.com, Dr Ahmed Souaré disait, je cite « ….la grande difficulté qui se pose au gouvernement dans ce domaine (faisant allusion au programme minimum d’urgence), c’est le problème de moyens. Or, le gouvernement ne dispose que des moyens budgétaires internes qui ne suffisent malheureusement pas. … ». Nous disant ceci, comment a-t-il pu puiser 10.000 USD dans un budget interne insuffisant et les offrir à une communauté qui n’en a pratiquement pas besoin ? Cela prouve que nos gouvernants n’arrêteront non seulement jamais de nous mentir, mais aussi d’offrir des pots de vin même aux plus riches pour se faire plaire. C’était exactement le même comportement qu’avait adopté Lansana Kouyaté à la Primature. Pour ce qui est du sort de ce curieux « don » venu de la Guinée, comme je l’avais suggéré auparavant par téléphone, au président ALLARYN, je réitère mon appel aux autres membres du bureau exécutif de Guinean Community of USA, d’œuvrer de sorte que cet argent volé au Peuple de Guinée, soit retourné le plus tôt que possible, aux ayants droits, c'est-à-dire nos frères de l’intérieur. On peut, si l’on veut, retourner cette somme sous plusieurs formes, comme par exemple, l’achat de médicaments ou de matériels scolaires, d’engrais pour les agriculteurs etc.… A ce niveau, étant donné que la somme (10.000 USD) appartient aux ressortissants des différents villes et villages de la Guinée, le(s) centre(s) de santé ou l’école(s) destinataires seront choisi au tirage, dont les modalités seront dictées par les Guinéens des USA. De passage, je voudrai remercier le président par intérim de Guinean Community of USA, pour m’avoir promis que les 10.000 USD resteront intacts jusqu'à une décision ultérieure. Tous les patriotes intègres devraient intervenir, en leur capacité et en leur qualité, pour que cet argent retourne effectivement au pays, pour des actions communautaires. Baldé MS, NY USA pour www.guineeactu.com
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