mercredi 26 décembre 2007
Lansana Kouyaté met la Guinée en coupe réglée
Lansana Kouyaté

Il est de règle de dresser un premier bilan de tout nouveau Gouvernement, cent jours (soit trois mois) après son entrée en fonctions. Plus de six mois après la nomination de Lansana Kouyaté comme Premier ministre de consensus et chef du Gouvernement, ce premier bilan se révèle catastrophique et accablant. Qu'on en juge. 

Pendant les mois de janvier et février 2007, l’intercentrale syndicale CNTG/USTG a déclenché une grève illimitée après un préavis dans les règles de l’art. Les motifs énoncés pour la grève étaient relatifs au retour en prison du duo Mamadou Sylla-Fodé Soumah, ceci après la décision unilatérale et non réglementaire de les en extraire par le Président de la République sans qu’ils ne soient jugés. 

Pour mémoire, rappelons qu’il est reproché au Duo la soustraction frauduleuse dans les caisses de la Banque Centrale des sommes faramineuses qui se chiffrent  en francs guinéens à 14 milliards et en dollars à 22 millions. A la demande du gouvernement, la BCRG avait porté plainte en justice. A la suite de quoi, le procureur de la République, après plusieurs audiences, a décidé, sous divers chefs d’accusation, de les écrouer à la maison centrale de Coronthie.

La grève durera près de deux mois, et elle fut caractérisée par des données  toutes particulières, notamment :

  • Toutes les couches socio-professionnelles du pays ont participé à la mobilisation.

  • Les Partis politiques, dans leur écrasante majorité, ont apporté une contribution efficace.

  • Les mots d’ordre lancés ont été suivis sur toute l’étendue du territoire national, les Guinéens, partout où ils résident, ont été solidaires des actions de revendication de l’intercentrale CNTG/USTG.

Notons par ailleurs que le pays a enregistré des centaines de morts, des milliers de blessés graves, tous des jeunes avec une moyenne d’âge de  16 à 17 ans.

Devant la détermination des populations, et cela malgré la brutalité, la férocité des forces de sécurité, le Gouvernement, pour une première fois dans l’histoire de la Guinée, décréta un état  de siège conformément aux dispositions de la loi fondamentale.  Au terme du délai réglementaire mentionné dans les textes de loi, le Gouvernement formula une requête de prorogation de l’état de siège  à l’Assemblée Nationale, unanimement toutes sensibilités confondues, les députés refusent la demande de prorogation du gouvernement.

Les députés, vivant au sein de la population,  ont vécu comme l’ensemble des citoyens les exactions des forces de l’ordre faites de vol, de viol, de pillage et de meurtre en tout genre dans des familles désarmées et innocentes.

Grâce à de multiples médiations des corps religieux, des institutions républicaines, du corps diplomatique et des émissaires de la CEDEAO, une  solution de compromis fut adoptée et qui s’est traduite par la signature d’un second protocole d’accord le 27 Janvier 2007.

Ainsi, de par ce compromis, les syndicats renonçaient à exiger le départ du Président de la République et celui-ci acceptait de déléguer une partie de ses prérogatives constitutionnelles à un premier ministre de large consensus et chef du gouvernement ; par ailleurs, il acceptait de  renoncer à poursuivre les syndicalistes et  s’engageait a libérer toutes les personnes détenues à travers le pays du fait de la grève.

Dans la même logique du compromis,  il a été demandé au mouvement syndical et à la société civile de proposer cinq noms de personne premier-ministrable, ce qui fut fait.

Le soulèvement populaire, devenu insurrectionnel au fil des jours, aurait pu se terminer par une véritable révolution populaire contre le pouvoir en place. Une fois de plus, le président Lansana Conté et son pouvoir ont pu se tirer d’affaire, bien que fortement affaiblis, diminués.

Les 45 jours de grève ont permis un certain nombre d'acquis considérables pour le peuple martyr de Guinée, à savoir :

  • Pendant les 45 jours, le peuple tout entier s’est mobilisé autour d’une conviction,  d’un idéal, d’une aspiration au bien-être.

  • Il a su faire une parenthèse sur les différences mesquines que sont le clan, l’ethnie,  la région, la religion,  la stratification sociale fortement ancrées dans les mentalités.

  • Pendant 45 jours, la peur a changé de camp car ceux qui avaient peur n'ont plus eu peur, ayant pris conscience de l’étendue de leur pouvoir.

Maintenant, ceux qui exerçaient et inspiraient la peur ont subitement eu peur parce qu'ayant brutalement mesuré l’étendue de leur faiblesse, du rejet dont ils font l’objet auprès du peuple.

Le déroulement de la grève, la paralysie intégrale du pays, ont favorisé l’éclosion d’un nouvel état d’esprit innovateur fait de courage et de patriotisme.

Les populations et les forces vives ont compris que l’avenir appartient à ceux qui  savent se battre, à ceux qui prennent leur destin en main au péril de leur vie.

Les conditions économiques misérables du Guinéen, cela malgré les énormes potentialités du pays, ne sont  nullement le fait d’une malédiction divine mais les conséquences d’une mauvaise gouvernance endémique  du fait des hommes qui dirigent le pays. Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, les populations, les syndicalistes et la société civile ont exigé et obtenu la désignation d’un homme nouveau, bénéficiant d’une bonne formation et supposé compétent et intègre.

C’est dans ce cadre que Mr Lansana Kouyaté, figurant sur la liste proposée par les syndicalistes et la société civile  fut choisi comme nouveau premier ministre et chef du gouvernement de large consensus seulement trois jours après la signature du protocole d’accord entre les syndicats, la société civile et le gouvernement.

Le protocole d’accord était une véritable feuille de route avec des objectifs clairement définis, qui sont quantifiables avec des contraintes d’évaluation à mi-parcours par des structures désignées à cet effet.

Les structures de surveillance de la mise en œuvre des points inscrits dans le protocole d’accord sont, entre autres, les syndicats, la société civile, les organismes religieux et la cellule de liaison de la CEDEAO.

Elles avaient la latitude, à tout  moment  et sans préavis, de tirer la sonnette d’alarme chaque fois que cela  était rendu nécessaires par le fait que le gouvernement déviait de la trajectoire préalablement établie.

Unanimement, le peuple de Guinée salua le choix de Mr Lansana Kouyaté,  non pas parce qu’il adhérait à la personne  physique ou politique du nouveau premier ministre, mais parce que le peuple a fait plier l’intraitable et orgueilleux vieux Général-président Lansana Conté à ses exigences.

Une fois de plus, les considérations mesquines furent mises de côté avec beaucoup d’enthousiasme et d’espoir pour un renouveau politique et économique.

Incontestablement, si le premier ministre tout en respectant  la ligne tracée avec objectivité, impartialité, agissait avec une compétence, doublée d’une réelle  volonté politique dans la mise en œuvre rigoureuse de la feuille de route,  il aurait aujourd’hui à ses côtés l’ensemble du peuple mobilisé et prêt à réagir pour le soutenir dans la conduite des actions définies au préalable.

Le peuple avait espéré  qu’après le 27 Janvier 2007, l’oraison funèbre du népotisme, du clientélisme, du favoritisme, de la mauvaise gouvernance, était prononcée avec la chute totale des anciens ministres du gouvernement de Lansana Conté et leurs mauvaises pratiques.

Pour mieux comprendre la mission assignée au nouveau premier ministre, tentons de mettre  en évidence quelques points caractéristiques de la feuille de route que Lansana Kouyaté devrait appliquer. L’application de cette feuille de route aurait permis de mesurer avec exactitude la conformité des actions du gouvernement avec la mission qui lui a été confiée ou bien les manquements enregistrés.

Citons quelques points du protocole d’accord signé le 27 Janvier 2007:

  • Lutter efficacement contre la mauvaise gouvernance et l’impunité dans le pays avec comme premier élément test le retour du Duo Mamadou Sylla-Fodé Soumah à la prison civile de Coronthie permettant ainsi à la justice de continuer les procédures judiciaires d’inculpation.

  • Mettre en place une Commission d’enquête  indépendante chargée de faire toute la lumière sur les violences commises par les forces de sécurité durant les événements de janvier et février 2007, mars et juin 2006.

  • Dans la perspective des élections législatives libres et transparentes, mettre en place une Commission électorale indépendante dans laquelle toutes les forces vives du pays  seront représentées.

  • Remettre en liberté toutes les personnes incarcérées par le fait de leur participation à la grève.

  • Dédommager les personnes brigandées, spoliées, et prendre en charge les frais d’hospitalisation et de soins médicaux des victimes de la barbarie des forces de sécurité.

  • Mettre tout en œuvre pour permettre à la population d’accéder à l’eau potable et à la  fourniture régulière de l’électricité; assurer un bon fonctionnement du système de téléphonie.

  • Renouer les relations économiques et financières avec les partenaires au développement à travers la conclusion d’un programme formel de coopération. Cette reprise des relations n’étant possible qu’avec l'obligation primaire d’assainir les finances publiques et de redonner son indépendance à la Banque Centrale, de lutter efficacement contre la corruption et la gabegie financière.

On constate avec amertume et regret qu’aucun des points inscrits dans la feuille de route n’a enregistré un début de mise en exécution par le nouveau premier ministre et chef du gouvernement, ceci après quatre mois d’exercice du pouvoir,

De même, on peut remarquer avec justesse et perspicacité qu’à travers les actions affichées par le nouveau gouvernement, on retrouve tout ce qui était reproché à l’ancienne équipe gouvernementale en place avant le 27 Janvier 2007, et en plus des nouveautés qui sont très tristes.

Citons-en quelques-unes, notamment la gabegie financière dans l’utilisation des ressources publiques, le népotisme, le clientélisme, l’affairisme dans les nominations aux postes de responsabilité, dans l’attribution des marchés de gré à gré, les interminables et coûteuses  missions stériles à travers le monde du premier ministre, ceci dans des avions privés. Notons que les destinations sont parfois en direction de pays en pleine campagne présidentielle, voire dans des pays où l’administration en place est en fin de mandat et en même temps absorbée par d’énormes problèmes de politique extérieure. Les syndicalistes, conscients de leurs responsabilités, ont unanimement décidé, après un débat interne houleux qui a abouti à un vote, de tirer la sonnette d’alarme à travers un mémorandum et une lettre ouverte adressés au premier ministre.

Ce mémorandum et la lettre ouverte dénonçaient les manquements constatés  dans l’exercice du pouvoir par le nouveau premier ministre. Ils lui rappelaient les attentes du peuple qui ne sont pas prises en compte et ils regrettaient  la collision d’intérêts entre la traditionnelle mafia nébuleuse et le nouveau gouvernement.

Le mémorandum et la lettre ouverte demandaient au premier ministre et à son gouvernement de se ressaisir pour se camper rigoureusement sur les priorités définies dans la feuille de route. 

Le mémorandum et la lettre ouverte demandaient avec insistance au premier ministre de donner la préférence aux préoccupations des populations guinéennes urbaines et rurales, en allant à leur contact à l’intérieur du pays, réduisant du coup sa forte préférence pour la politique extérieure. Au lieu de réagir positivement, démocratiquement aux observations formulées à travers le mémorandum et la lettre ouverte par les syndicalistes, le premier ministre et ses conseillers occultes et obscurantistes ont privilégié une autre démarche beaucoup moins positive qui donne la primauté à la manipulation politicienne, la désinformation, l’intoxication, le déport du combat sur le terrain de la corruption, de l’ethno stratégie, ce qui leur permet d’organiser la division d’un corps qui était soudé et homogène, à savoir l’Intercentrale syndicale.

A ce jour, les syndicalistes sont divisés, opposés par le fait de l’argent distribué nuitamment, sur la base de l'appartenance ethnique,  régionale ; parfois à cause des privilèges acquis.

Des ennemis sont identifiés avec comme leadership la personne de Mme Rabiatou Sérah Diallo, qui reçoit des menaces de toutes sortes.

Toutes les méthodes sont bonnes, y compris tenter de l’opposer à ses enfants, à son voisinage, à ses camarades syndicalistes et enfin au peuple de Guinée.

Elle est calomniée et accusée d’être à la solde des puissances étrangères, du pouvoir ou de son ethnie, mais il faut admettre que ce sont des méthodes très usitées par les thuriféraires du PDG.

Deuxième réaction négative de l’équipe du premier ministre, c’est de commanditer des manifestations de soutien au gouvernement; dans la capitale, à l’intérieur du pays.

Paradoxalement, des personnes qui, il n’y a pas si longtemps, ont accepté librement de signer le mémorandum, la lettre ouverte et la feuille de route tiennent, quelque deux mois après, un autre discours avec des propos d’un autre genre allant totalement à l’encontre de leur premier engagement.

Ces propos sont contraires aux déclarations contenues dans le mémorandum, la lettre ouverte et la feuille de route dont ils sont les initiateurs et les signataires.

Qu’est ce qui a déterminé ce revirement spectaculaire en plein jour ?

Pourquoi cet acharnement et cette persévérance sur la mauvaise voie avec subjectivité et aveuglement ?

Est-ce l’effet dévastateur de l’argent facile sur  des personnes vivant au-dessus de leurs moyens ?

Nous sommes très inquiets de découvrir la triste vérité, à savoir  que certains de nos leaders, adulés hier, ne sont que de piètres corruptibles, sans envergure, préoccupés uniquement  par l’appât du gain.

Est-ce le virus satanique de l’ethnocentrisme, du régionalisme, qui a pénétré l’organisme de certains membres du corps syndical ?

Comment d’ailleurs comprendre le revirement à 180 degré de certains syndicalistes véreux du genre de Yamoudou Touré de l’ONSG ou de Baldé Abdoulaye de l’UDTG qui étaient complètement acquis au pouvoir à une époque toute récente ?

Ces deux  leaders syndicaux étaient des anciens de la CNTG, avant leur suspension  pour faute lourde, suspension motivée par des actes de détournement et de violation flagrante de la discipline syndicale.

Ne sont-ils pas en service commandé avec pour mission de casser la cohésion et la solidarité  syndicales ? D’autres camarades syndicalistes ne sont-ils pas happés par l'attrait des privilèges tirés de la collaboration avec ceux qui ont la charge de distribuer les faveurs du pouvoir omnipotent ?

Sinon, comment accepter et comprendre que le camarade Fofana  Ibrahima de  l’USTG bénéficie d’un séminaire de formation en stratégie militaire dans une académie militaire française en compagnie des officiers supérieurs de l’Armée ?

Comment justifier que quatre syndicalistes soient pris en charge entièrement par le  gouvernement (per diem et billets d’avion) pour aller au forum de Paris relatif à l’organisation de la table ronde, alors que le Représentant du Conseil  Economique et Social et celui de  l’Assemblée Nationale n’ont pu être présents faute de ressources financières ou de prise en charge ?

Mr Ibrahima Fofana n’est pas membre du gouvernement, mais une de ses proches parentes est nommée Gouverneur d’une région et pas la moindre.

Les motivations de satisfaire des besoins financiers énormes liés à l’entretien d’une famille nombreuse, dispersée entre l’Europe, le Canada et les Etats-Unis en seraient-ils l’élément de décision dans les revirements constatés de ces syndicalistes ?

Nous avons découvert avec beaucoup de frustration et de gêne que Mr Fofana est concerné par cette situation car toute sa famille (femme et enfants) est exilée (aux Etats-Unis, au  Canada, en Allemagne) lui-même est détenteur d’une carte de séjour permanente sur le territoire des Etats-Unis.

Les coûts d’entretien de cette famille  exigent d’énormes moyens financiers de manière récurrente que le modeste salaire d’un employé de banque ne peut satisfaire.

Les privilèges liés à l’exercice du pouvoir dans nos pays de  mal gouvernance sont  incommensurables et les perspectives de les perdre sont préoccupantes pour les bénéficiaires. C’est pourquoi,  il est peu probable que ceux qui en jouissent y renoncent de gaieté de coeur.

Pour toutes ces raisons, nous sommes convaincus que les syndicalistes membres du gouvernement et leurs acolytes s’agripperont sans réserve à leurs privilèges et ils seront  aveugles et muets devant les fautes et  les erreurs  du premier ministre et son gouvernement.

Une fois de plus, des leaders d’opinion très avertis, au front du combat politique  et syndical depuis des années, accorderont très certainement  la primauté à leurs intérêts personnels égoïstes au détriment des nobles idéaux qui leurs ont permis de se hisser à un tel niveau de responsabilité.

Pour des raisons de préoccupation bassement alimentaires, ils vont sacrifier la défense de la vérité, de la justice sociale et de l’intérêt supérieur de la classe ouvrière.

Le premier ministre ne se contente pas de harceler, d’opposer et de propager des calomnies sur certains membres du syndicat, dont Rabiatou Sérah Diallo, considérée par lui et ses acolytes comme difficilement maîtrisable, taillable et corvéable à merci. En plus, il les menace, les terrorise par des policiers déguisés en civil, commandite des articles diffamatoires sur le net.

Maintenant, il pousse l’audace plus loin en s’engageant sur un autre terrain totalement éloigné de la feuille de route.

Monsieur le premier ministre Lansana Kouyaté tente d’importer la méthode GBAGBO LAURENT avec ses fameux jeunes patriotes pilotés par BLE GOUDE. Des différences de taille sont toutefois à noter entre Blé Goudé et Sorel Doumbouya : Blé Goudé est un vieux militant syndicaliste estudiantin et politique, formé à l’école du FPI, disposant en sous main d’un appareil politique redoutable, rompu à la bagarre de rue depuis des années. Il dispose à la fois d’un appareil administratif et d’énormes moyens financiers détournés de la filière cacao. Enfin, l’environnement sociopolitique ivoirien est totalement différent de celui de la Guinée.

Gbagbo Laurent et son FPI sont au pouvoir depuis près de 7 ans, la Constitution est de leur côté, les forces de sécurité leur obéissent, bref ils bénéficient de la légitimité issue des urnes.

Pour accomplir le sale boulot, Mr le premier ministre Lansana Kouyaté a identifié un jeune affairiste, sorti du néant, sans expérience, du nom de Sorel Doumbouya, en faveur de qui sont mobilisés d’importants moyens financiers sortis des caisses de l’Etat. Cet argent est mis à sa disposition afin qu’il crée des associations de jeunesse à travers le pays.

Ces associations  seront chargées d’occuper  systématiquement la rue, de menacer et de brutaliser tous ceux qui ne pensent pas comme le premier ministre, ne lui obéissent pas aveuglément.

La méthode est vieille. Le PDG, à travers MOMO JO, l’avait expérimentée, d’autres partis communistes l’ont utilisée à travers le monde, tels que Mao Tsé Toung avec les gardes rouges, Staline, plus récemment Gbagbo avec ses jeunes patriotes.  Mais tous ceux-ci bénéficiaient d’une légitimité constitutionnelle ou  militaire grâce à la conquête du pouvoir.

Mr Lansana Kouyaté, vous exercez le pouvoir grâce à la volonté populaire, cette légitimité populaire semble vous échapper. Ce pouvoir, vous l’exercez aujourd’hui uniquement  grâce à la délégation d’une parcelle de pouvoir par le Général Lansana Conté. Ce dernier est encore fort par la volonté de la Constitution et par la volonté des forces de sécurité qui lui obéissent.

Mr le premier ministre,  vos préfets et gouverneurs siègent à l’intérieur du pays à l'ombre des arbres en plein air et au gré de la clémence du temps parce que les infrastructures qu’ils doivent occuper ont été détruites en Janvier et Février 2007. Ils dorment dans des chambres d’hôtel, loin de leurs familles ou dans des maisons appartenant à de simples citoyens, tout ceci parce qu'ils sont sans budget de fonctionnement, encore moins d’investissement. Pendant ce temps, vous vous permettez, malgré ces conditions, de voyager et de dépenser 200 000 à 300 000 Dollars par mois, soit depuis votre installation il y a de cela déjà plus de 6 mois, des sorties énormes d’argent qui se chiffrent entre 1,6 millions et 2,4 millions de dollars.

Vous vous permettez d’investir 4 milliards de francs guinéens pour rénover et  équiper votre villa de fonction.

Pendant que l’administration centrale et déconcentrée est sans crédits de fonctionnement,  vous vous permettez de dilapider des sommes faramineuses dans des mobilisations folkloriques de soutien à votre  gouvernement.

Les montants décaissés varieraient de 150 à 600 millions de francs guinéens pour la mobilisation au stade annexe du 28 septembre, le 28/08/2007,

400 millions pour le rassemblement du 04/09/2007 à la Bourse du travail.

Quels montants avez-vous  dégagé pour la rencontre de Dalaba, transférée précipitamment  à Dabola, sans qu’aucune explication ne soit donnée  aux citoyens que vous administrez ?

Combien d’argent avez-vous expédié  nuitamment pour tenter de  corrompre les jeunes de l’axe Hamdalaye, Bambeto, Cimenterie appelés les quartiers chauds de Conakry,  ceci dans l’espoir qu’ils  vous laisseront faire ce que bon vous semble  en faveur uniquement et exclusivement  de vous, de vos proches amis et alliés ?

Mr le premier ministre, sommes-nous en phase de redressement économique et financier ou sommes-nous entrés dans la phase de préparation de l'élection présidentielle dont vous êtes  très   probablement candidat ? Je vous rappelle que le mandat du général Lansana Conté n’arrive à son terme qu’en Décembre 2010, à moins que vous n’envisagiez une autre alternative qui précipiterait les événements ? Tenez-nous simplement au courant en temps opportun.   

Pour votre déplacement en région forestière dans le cadre de l’assouvissement de vos rêves politiciens vous avez décaissé plus d’un milliard pour un bref séjour de 5 jours.

Il est important de souligner que vous financez toutes ces activités par des moyens détournés.

Pour trouver les ressources nécessaires, vous tordez le cou aux procédures règlementaires du code des marchés publics, en violation de la recherche de la transparence et de l’équité dans l’allocation de l’argent des contribuables.

Le respect de la procédure ne vous arrange pas, c’est pourquoi vous avez opté pour le système des marchés de gré à gré en faveur d’une personne, plus compétente pour la gestion d’un cybercafé que pour la manipulation des foules et des mouvements associatifs, personne qui se nomme  Sorel Doumbouya, votre« Blé Goudé  » national.

Ce jeune entrepreneur  a bénéficié successivement de deux marchés de rénovation et d’équipement d’une valeur respective de 4 milliards et de 900 millions de francs guinéens.

Un autre de vos proches vivant aux Etats-Unis, associé et compère de Sorel Doumbouya, a bénéficié dans les mêmes  conditions d’un marché de 2,5millions de dollars  pour l’éclairage public avec l’énergie solaire sans appel d’offres, ni consultation restreinte.

Mr Mamadou Sylla, que vous devriez faire retourner en prison, a reçu une commande ferme  d’une dizaine de véhicule luxe 4x4 et un paiement de 1,5millions de dollars sur des soi-disant livraisons de véhicules effectuées longtemps avant le 27 fevrier 2007.

La commande n’est pas justifiée car les 4x4 des anciens membres du gouvernement sont immobilisés au garage du gouvernement. La réduction du nombre des membres du gouvernement de 28 à 19 a permis l’immobilisation d’une dizaine de Toyota Corolla au garage du gouvernement.

Les paiements effectués en faveur de  Mamadou Sylla n’ont aucun fondement légal.

Le Duo Mamadou Sylla-Fodé Soumah n’est pas retourné en prison. Bien au contraire, ils font de la politique en plein jour et pas avec n’importe quel parti politique, mais le parti qui est le plus proche du pouvoir, le PUP.

Les anciens privilégiés que sont Mamadou Sylla, Guido Santullo, Roda Fawaz et tant d’autres   bénéficient encore sous votre gestion des marchés de gré à gré comme par le passé, des paiements fantaisistes leur sont accordés  comme par le passé. Certaines de ces personnes sont encore sollicitées par vous afin de vous défendre et de défendre vos dossiers auprès du Président Lansana Conté.

Pour comprendre davantage les contradictions du premier ministre et mettre en évidence la justesse des remarques formulées dans le mémorandum et la lettre ouverte, interrogeons la liste des préfets et gouverneurs, portons notre attention sur les lieux d’affectation respectifs, vérifions parallèlement  leur appartenance familiale, clanique et régionale.

Examinons les listes des nominations faites sur la base des arrêtés ministériels depuis le 27 Mars 2007 au ministère de l’Economie et des Finances avec les DAF, et dans les projets de développement. Au niveau du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité avec les commissaires de police dans la zone spéciale de Conakry.

Contrairement à ce que vous déclarez sur les ondes des radios, des journaux, les comptes rendus de vos conseils de ministres,  vos actes formels posés.

Nous constatons avec consternation des contradictions flagrantes entre vos dires et vos actes qui ne sont points conformes aux exigences de la feuille de route. Nous pensons que vous  êtes convaincu que le peuple et l’élite guinéenne sont dupes, naïfs, manipulables à volonté sans aucune réaction. C’est pourquoi vous et vos serviteurs informels vous vous répandez en désinformation sur tous ceux qui ne vous obéissent pas aveuglement, ne vendent pas leur âme au diable pour vous faire plaisir. A ce titre,  Mme Rabiatou Sérah Diallo, qui n’a pas souscrit à votre demande, est traitée de tous les maux sataniques, elle est perçue par vous et vos conseillers occultes comme votre "bête noire" à détruire vaille que vaille.

On l’accuse d’être vendue, corrompue par le Général Lansana Conté, d’être à la solde de l’étranger et patati et patata.

Appuyons-nous sur des faits, des actes concrets que vous posez pour essayer d’expliciter la vérité  entre la ligne de conduite de Mme Sérah et certains de ses collègues et  les actes que vous avez posez depuis un certains temps. Cet examen  nous permettra de nous faire une idée  sur les lieux d’ancrage de la vérité.

  1. Mr le premier ministre, après votre nomination, vous vous êtes engagé à préserver la cohésion sociale et l’unité nationale, mais dans les faits vous avez promu 17 à 19 préfets ressortissants de la Haute Guinée sur 33 préfets nommés dont 7 sont directement de la famille de votre épouse ou de la votre. Le seul préfet repêché et affecté à N’Zérékoré est l’oncle de votre femme. Certaines des femmes nommées préfets sont des épouses des ressortissants de Kouroussa tombés sous les balles de leurs camarades au lendemain du 4 Juillet 1985.

    Le Président Ahmed Sékou Touré, malgré toute sa puissance et la longévité de son mandat, n’avait pas commis cette insulte au peuple de Guinée durant 26 années de règne.

    Le Général Lansana Conté, après vingt-trois ans de pouvoir, n’a jamais nommé sept ressortissants de Dubreka préfets, à plus forte raison des membres de sa famille.

    Mr le premier ministre, vous venez une fois de plus de démontrer votre mépris pour les engagements que vous prenez à travers des déclarations.

    En effet, profitant d’une prétendue volonté de venir au secours de la population pour le mois de carême, vous venez encore de vous singularisez dans votre particularisme d’affairiste ethnique et régionaliste en accordant à la société Hamanah, appartenant à un homme d’affaire ressortissant de Kouroussa, un cadeau du ciel car il était totalement en faillite financière avant cette opération de sauvetage. Vous faites ouvrir en sa faveur des lettres de crédit lui permettant d’importer 400 000 litres d’huile végétale du Maroc et 20 000 tonnes de sucre du Brésil, la constitution de la provision de 30% correspondant à 6 milliards de francs guinéens exigée par le banquier est supportée par les caisses de l’Etat sur vos instructions.

    En plus les 70%restants sont garanties par le fond miniers à hauteur de 8 millions de dollars auprès du banquier tout ceci sur vos instructions.

    En plus des avantages énumérés ci-dessus, il bénéficie d’une exonération totale de taxe sur toutes les importations, sans compter que les Dollars lui sont vendus à un cours inférieur de 850 francs guinéens  par Dollar au cours du marché libre.

    Sur toute la ligne de la transaction, la société Hamanah n’apporte aucun centime et ne prend aucun risque commercial.

    L’Etat, en accordant les mêmes avantages à tous les commerçants vendant les mêmes types de produits, aurait obtenu des résultats meilleurs sans décaisser un centime, ni hypothéquer ses squelettiques avoirs en devises.

    Paradoxalement, vous vous moquez royalement du peuple car une commande lancée en Septembre ne sera disponible dans le meilleur des cas qu’en fin Octobre c'est-à-dire quinze  jours après la fin du mois de carême.

    Par ailleurs, deux usines de production d’huile végétale sont installées dans le pays. Pourquoi ne pas les encourager dans leurs activités, au lieu d’aller faire travailler d’autres unités industrielles à des milliers de kilomètres de la Guinée?

    L’Etat, en passant des commandes à des entreprises locales, aurait favorisé la création d’une valeur ajoutée nationale impulsant ainsi la création d'emplois et augmentant les recettes fiscales. Toutes ces actions entreprise dans le désordre et la méconnaissance  totale des procédures administratives nous rappellent les pratiques au temps des grandes entreprises d’état ASTALDI, ALIMAG, La LOCOFI et les ONADER de la grande Révolution.
     

  2. Mr le premier ministre, vous vous êtes  engagé à  brève échéance à mettre un accent tout particulier sur la création d'emplois pour les jeunes et aussi de promouvoir les jeunes dans les nominations.

    Dans les faits, en violation flagrante du code des marché publics, vous avez attribué des marchés de gré à gré à deux jeunes agités et agitateurs pour près de 15 milliards de francs guinéens dans des domaines qui ne sont pas du tout les leurs.

    Ces deux jeunes sont originaires de la même région que vous; certains affirment que vous êtes de la même famille.

    Au lieu de dégager de l’argent du Trésor public pour assister les jeunes dans la recherche de leur premier emploi, vous avez, par des moyens détournés, accordé des financements à des mouvements d’agitation à votre solde à travers tout le pays.

    Comme par hasard, Mr le premier ministre, chaque fois que vous accordez des privilèges exceptionnels et coûteux à partir des caisses de l’Etat, vous le faites pour un ressortissant de Kouroussa et il se trouve être de votre famille ou de celle de votre femme.

  3. Mr le premier ministre, vous vous êtes engagé solennellement à mettre tout en œuvre pour lutter contre l’impunité, les détournements de deniers publics, la corruption et la gabegie financière.

    Mais, une fois de plus dans les faits, vous êtes l’ami et le complice des plus gros prédateurs de l’économie nationale que sont Mamadou Sylla, Guido Santullo, Roda Fawaz, le tristement célèbre Ousmane Conté et tant d’autres.

    Vous avez fait payer en faveur de Mamadou Sylla 1,5millions de dollards sur des marchés fictifs, lancé une commande d’achat d’une dizaine de véhicule 4x4 de luxe qui sont destinés à vous, à votre épouse et à vos courtisans ; vous vous déplacez en jet privée ; vous logez dans des hôtels de luxe réservés à des milliardaires.

    Mr le premier ministre, vous faites décaisser plus de 7 milliards de FG, dont 3 milliards du Fonds routier au milieu du mois d’Août pour financer paraît-il le projet coton.  Cela est absurde pour les raisons suivantes :
    - La campagne coton démarre au plus tôt au mois de Février-Mars de chaque année.
    - Le projet coton est en faillite totale depuis plus de 7 ans et sans aucun espoir de reprise d’activité parce que les populations sont désabusées et les différentes structures d’encadrement ont été démantelées.
    - L’argent détourné du Fonds routier aurait pu servir, à hauteur seulement de 2 milliards de francs guinéens, à réhabiliter la route Guéckédou-Sérédou totalement coupée en saison pluvieuse depuis deux ans maintenant.

    Mr le premier ministre, vous décidez seul, sans associer convenablement vos autres collègues du gouvernement; sans respecter les accords contractuels en vigueur avec les investisseurs privés; sans respecter les procédures de passation des marchés, encore moins les principes sacro-saints qui caractérisent  une économie libérale.

    Vous avez attribuez tous les complexes hôteliers de grand standing de la zone spéciale de Conakry à vos amis libyens, mettant ainsi ce secteur en situation monopolistique de fait.

    Le budget de la primature a été multiplié par deux, voire plus, le faisant passer de 3 à 7 milliards de FG. Sur vos instructions insistantes, Mr Guido Santullo vient d’encaisser  6 milliards de francs guinéens pour couvrir des dommages qu’il aurait subis sur des biens immobiliers détruits lors des événements de Janvier et Février 2007 à l’intérieur du pays.

    Combien d’édifices publics furent-ils détruits à travers le pays? Quels montants avez-vous dégagé à ce jour pour restaurer ces infrastructures publiques ?

    Combien d’anciens ministres, d’anciens responsables politiques, des citoyens anonymes ont perdu des biens durant la crise? Qu’est-ce que l’Etat a fait pour venir au secours des toutes ces victimes ? Ce qui est étonnant dans cette affaire, c’est la célérité avec la quelle ce dossier est traité sans aucune évaluation des dommages déclarés par une structure neutre et indépendante.

    Mr le premier ministre, il aurait fallu recenser l’ensemble des biens détruits, les évaluer par des spécialistes avant de procéder à un dédommagement  quelconque.

  4. Mr le premier ministre, vous avez promis de mettre très rapidement en place une commission d’enquête indépendante afin de mettre toute la lumière sur les meurtres assassinats, vols, viols, commis courant Janvier –Fevrier2007.Beaucoup de citoyens ont cru à la sincérité de votre engagement étant convaincu que se sont ces événements qui vous ont servis de rampe de lancement  vous permettant d’accéder au fauteuil prestigieux de premier ministre.

    En retour par simple gratitude envers la mémoire de ces jeunes tombés au champ de bataille vous aurez mis toute vos forces afin de mettre sur pied cette commissio.Mais hélas vos préoccupations sont ailleurs vous vous moquez du peuple  et de ses morts  dans tous les cas après sept mois d’exercices du pouvoir aucun acte formel n’est pris en ce sens et vous n’en faite plus allusion dans vos déclarations. 
     

  5. Mr le premier ministre de large consensus, comme votre porte parole aime à le dire, vous avez constituez votre gouvernement sans associer les partis politiques toutes tendances confondues aussi bien de la mouvance que de l’opposition, vous n’avez nullement associés les structures religieuses encore moins les institutions républicaines.

    Très très peu de personnalités guinéennes bénéficiant d’une grande notoriété, d’une compétence avérée et d’une expérience confirmée et enfin d’une réputation internationale sont membres de votre gouvernement.

    Vous avez dans la plus part des cas choisi des personnes novices, inconnues du grand public mais ce qui est le plus grave encore c’est que vous les affecter dans des nouveaux départements qui leurs sont étrangers. 
    D’aucuns pensent que tout ceci relève d’une stratégie machiavélique  en parfaite corrélation avec des enjeux d’intérêts égoïstes. 

  6. Mr le premier  ministre vous avez déclaré avec détermination et précision que votre gouvernement  organisera à la date indiquée préalablement des élections législatives  libres et transparentes.

    Cependant en juin pas d’élection, encore moins d’une commission électorale indépendante, le report est fait pour décembre, cependant au mois de septembre 2007 nous n’avons toujours pas de commission constituée, ni de calendrier sure fixé et aucune perspective claire à l’horizon.

    En lieu et place c’est un 48eme parti politique qui est agrée en l’espace d’une dizaine de jours sous une appellation toute particulière « convergence des guinéens patriotes »dont le secrétaire général serait un ressortissant de Kouroussa cela voudrait il dire que tous les autres guinéens membres des autres partis politiques ne sont pas des patriotes ?

Nous avons la certitude que la mission d’un gouvernement chargé de gérer une transition n’est pas de créer des mouvements associatifs de soutien évoluant dans l’illégalité, de parrainer clandestinement la création de parti politique avec des leaders fantômes,de multiplier les décaissements  d’importantes sommes d’argent  sous des prétextes fallacieux. Un gouvernement de transition affiche une neutralité absolue et privilégie la bonne gestion économique.

Mr le premier ministre nous attendons toujours avec impatience le « Fameux Bateau »qui nous permettra d’accéder à l’eau potable, à la fourniture régulière de l’électricité dans nos foyers et enfin de nous apporter  un programme formel avec nos partenaires au développement.

Mr le premier ministre nous voulons du miel sur nos langues mais plus dans nos oreilles qui sont totalement bouchées sous le poids du liquide sacré.

Mr Lansana Kouyaté nous voulons d’un premier ministre « qui dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit », un premier ministre qui comprend que la République de Guinée est une et indivisible sur l’ensemble de ses 245.000km2 avec quatre régions naturelles, une population diversifiée pratiquant des Religions différentes dans le respect mutuel et la tolérance.

Nous voulons une complémentarité, une Interdépendance entre les habitants de ce pays cela sans aucune exclusion aussi minime qu’elle soit, dans la justice sociale, l’équité et la quiétude dans un environnement de prospérité. 

Le peuple de Guinée souhaite fermement et irréversiblement substituer la morale à l’égoïsme, la probité à l’honneur, les devoirs aux bienséances, la grandeur des hommes à la petitesse des  grands.

Le peuple veut absolument et impérativement un changement radical de la mauvaise gouvernance unique cause de son malheur.   

Boubacar Diallo et Adji Barry Baud

  

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Vos commentaires
mody bhoye, vendredi 28 décembre 2007
Mes chres freres DIALLO BARRY je trouve votre analyse pertinante si je peut le dire ainsi [le couteau sur la plaie merci abientot

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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