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« Si vous connaissez l'humiliation de votre vivant, c'est que DIEU n'existe pas. » (Moussa Dadis Camara dans les colonnes Jeune Afrique)
Le général Lansana Conté aura eu plus de baraka que son prédécesseur. Il est en fait plus stratège que celui qui en porta le titre. L’ex dictateur a su, dans son état comateux permanent, dompter les seuls successeurs qu'il a voulu avoir et organiser de fait la succession au sommet de l'Etat, avec “une petite erreur de casting“ pour paraphraser certains.
Vous en aurez la conviction après lecture, dans le n° de Jeune Afrique de cette semaine, l'interview du capitaine Moussa Dadis Camara, président du CNDD et président autoproclamé de la Guinée. Cet entretien confirme l'information relative aux dernières instructions du général Conté à ses enfants : “Restez derrière Harouna, rien ne vous arrivera parce que je n’ai rien fait à quelqu'un…“
Cela est aussi confirmé par le capitaine Dadis qui ne tarit pas d'éloges funèbres à son idole Conté et a eu la “politesse“ de dépêcher son épouse, la nouvelle Première dame, au chevet de l’ex première Henriette Conté pour que celle-ci “prodigue des conseils“ à sa douce moitié.
Le capitaine Dadis a parfaitement maîtrisé la leçon de Conté, son parrain posthume.
La constitution du gouvernement qui est caractérisé par la place de vivier réservée à TOTAL Guinée par l’ancien directeur des hydrocarbures de l'armée, le capitaine Moussa Dadis Camara et la nomination du douanier en chef du bureau des carburants comme directeur adjoint des douanes.
La réouverture toujours attendue du dossier Futurelec qui est à l'origine des graves tueries qui ont eu lieu en 2007 suite à la libération de son PDG par le défunt Conté. La mise sous tutelle de la junte de toutes les structures susceptibles de sortir des cafards des placards de Lansana Conté.
La mise sous anesthésie du Premier ministre Komara, qui étonne les Guinéens de n'avoir pas appris encore sa démission. Car, il est aux yeux des Guinéens plutôt un faire valoir que l'homme chargé de piloter la « transition ». Mieux, le discours du capitaine Dadis Camara est celui d'un programme de gouvernement qui s'inscrit dans la durée et qui n'annonce aucune élection à l'horizon.
Il n'y a donc pas d'alternative. Il faut inviter M. Kabiné Komara à la démission pour sauver son image et celle des cadres guinéens. Et si la communauté internationale est soucieuse de la Guinée, c'est l'occasion ou jamais d'éviter à ce pays le bain de sang qui s'annonce.
Amdy Salam Diaw à Conakry pour www.ondes-guinee.info partenaire de www.guineeactu.com
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