jeudi 9 septembre 2010
Lancement de la campagne présidentielle : La pêche aux suffrages commence

La campagne présidentielle a débuté dimanche dernier dans la morosité et la méfiance. Mais au fur et à mesure que les jours passent, elle gagne en intensité. La célébration du retour au pays de chacun des deux candidats par ses militants et sympathisants a marqué le début de cette campagne qui va se prolonger jusqu’au 17 septembre à minuit.

Cette morosité est en partie due au fait qu’aucun acte officiel n’a été pris pour annoncer le début de cette campagne du 2e tour de la présidentielle. Le président de la transition étant absent du pays, depuis près d’une dizaine de jours. En effet, le Général Sékouba Konaté avait été parmi les hommes d’Etat invités à prendre part à la commémoration du 41e anniversaire de l’accession du Guide de la Jamahiriya libyenne au pouvoir. C’était le 1er septembre dernier à Tripoli. Puis, Konaté s’est envolé pour le Maroc, où il est censé effectuer une visite privée, qu’il mettra à profit pour se soumettre à un contrôle médical. C’est du moins ce qu’ont rapporté les services du bureau de presse de la présidence de la république, concernant ce voyage présidentiel. Tous les autres principaux acteurs de la transition sont aussi absents. La présidente du Conseil national de la transition, le président de la Ceni tous deux pour des raisons de santé. Le premier ministre était en tournée à l’intérieur du pays.

La méfiance est consécutive aux tergiversations qui entourent l’organisation du second tour de cette présidentielle dont la tenue n’est toujours pas aussi certaine. La tension née de la radicalisation des positions des deux camps sur le comment du scrutin avait poussé le Médiateur Blaise Compaoré à inviter les deux candidats à Ouagadougou. Là-bas ils ont signé un code de conduite tendant à apaiser l’atmosphère du scrutin et à moraliser la campagne. Mais, les réactions des uns et des autres laissent planer le doute sur l’efficacité de cet accord qui ne fait pas l’unanimité. Du côté de l’UFDG, la sérénité est affichée et on sent le désir d’en finir avec une élection de lourde et de longue haleine. Du côté du RPG, l’on traine encore les pieds dans l’attente de jours plus favorables. La campagne continue sans sourire, sans enthousiasme.

Il faut savoir trancher : Les Guinéens ne doivent pourtant pas perdre de vue qu’ils n’auront pas cette année des élections sans fautes. Ceci dit, il faut faire tout pour limiter au plus strict minimum possible les dégâts. Sur ces points on doit adopter une démarche réaliste : respecter le calendrier imparti à la transition pour éviter un retournement de situation dont les conséquences seraient catastrophiques. De deux maux, il faut choisir le moindre. Il vaut mieux avoir un mauvais gagnant et un bon perdant que d’avoir à tout perdre. La Guinée se fait attendre, les Guinéens sont presque à bout de souffle. Cherchons à avancer et à libérer ce peuple martyr.

La campagne pour le second tour qui doit s’étendre sur une durée de 14 jours, devait donc démarrer ipso facto le dimanche 5 septembre. Ce qui fut fait. Mais apparemment ce démarrage s’est fait sans grand bruit dans les deux camps.

Il faut signaler quand même que la veille, les militants de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) avaient eux, anticipé sur les choses, pour célébrer dans la solennité le retour au pays de leur candidat Cellou Dalein Diallo. Leur candidat revenait de la capitale burkinabè où il avait pris part à la signature d’un protocole d’accord avec son challenger Alpha Condé sous les bons offices de Blaise Compaoré.

A travers cette charte, « les deux candidats se sont engagés à mener une campagne politique apaisée, dans le respect mutuel et conformément aux dispositions constitutionnelles et législatives en vigueur, ainsi qu’au Code de bonne conduite auquel ils ont adhéré, afin de préserver la cohésion et l’unité du pays ».

Pour revenir à l’accueil réservé à Dalein, il conviendrait de noter que ce sont des centaines de militants de l’UFDG qui se sont mobilisés pour la circonstance. Et les files de voitures et d’engins à deux roues qui constituaient le cortège du candidat de l’UFDG, étaient finalement noyées dans la foule.

Toutes ces processions composées en majorité de jeunes gens et de femmes chantaient sur fond de slogans favorables à leur candidat, qui a pu regagner son domicile de Dixinn, après plusieurs minutes de parcours.

Le lendemain dimanche, le candidat de l’UFDG s’est envolé à bord d’un jet privé pour Nzérékoré. Cette région constitue la première étape de la tournée que Cellou Dalein Diallo compte effectuer lors de la campagne de ce 2e tour de la présidentielle.

Dans la capitale forestière, il aurait promis de sortir cette cité de près de deux cent mille habitants, des ténèbres en seulement 6 mois, après son élection à la magistrature suprême.

Cette région on le sait recèle plus de 15 pour cent de l’électorat, d’où l’engouement qu’elle suscite chez les deux candidats. C’est le lieu d’ailleurs de rappeler qu’Alpha et Cellou, chacun pour ce qui le concerne, voudraient jouer à fond la carte Dadis, pour séduire les populations de la forêt. Les gestes qu’ils ont multipliés à l’endroit de la famille du chef de la junte suite au décès du fils aîné du capitaine au Canada au mois d’août ne peuvent que confirmer ces préoccupations électoralistes.

C’est dans ce registre que les deux candidats se sont rendus à Ouagadougou, pour présenter les condoléances à Moussa Dadis Camara. Bien avant le début des obsèques de Moriba Junior.

Après la zone forestière, Dalein compte poursuivre sa randonnée vers la Haute Guinée, où il devait arriver le mardi dernier.

C’est dans ce climat empreint d’adversité que le candidat du RPG a été accueilli à son tour le lundi, en provenance de la capitale ivoirienne. Car Alpha Condé avait préféré faire un détour par Libreville et Abidjan selon son entourage, après le protocole de Ouagadougou, avant de rentrer au bercail.

Les militants du RPG s’étaient rendus maîtres des artères de Conakry, pour cette circonstance. Tenant certainement à démontrer que « mobiliser des foules » n’était pas l’apanage du camp adverse. Il y avait donc foule lors de l’arrivée du leader historique de l’opposition guinéenne. Qui, comme son challenger, devait aussitôt enfourcher sa monture pour la dernière bataille.


DB
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Vos commentaires
zuto, jeudi 9 septembre 2010
je sais que mon appreciation ne sera pas publiée car ne l´a pas été depuis longtemps.Juste te tirer mon chapeau car des interventions comme celle là sont difficiles à touver dans ce cite.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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