lundi 30 novembre 2009
La violence politique en Guinée : enjeux et perspectives
Dominique Bangoura

Intervention dans le cadre de la
Conférence-débat organisée par le CEMAF à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne
Pourquoi la persistance de la violence dans la crise politique guinéenne et comment en sortir aujourd’hui ?

 
Définition de la violence politique : la violence politique dans l’Etat postcolonial africain est liée à la nature des régimes politiques (sur les aspects théoriques, lire la thèse de doctorat en Science politique de Dr Mohamed Tétémadi BANGOURA : Violence politique et conflits en Afrique : le cas du Tchad, de l’indépendance à nos jours, 2005 publiée aux éditions L’Harmattan, Paris). Elle se manifeste principalement dans les régimes politiques autoritaires, dans les dictatures civiles et militaires. Pour mémoire, un régime autoritaire est un « régime politique caractérisé par le refus de tolérer l’expression publique de désaccords politiques importants » selon Guy Hermet (Dictionnaire de Science politique). En clair, soit, l’opposition n’existe pas car elle n’a pas droit de cité ; elle est interdite et si elle persiste, les manifestants ou opposants et leurs proches sont directement menacés ou éliminés ; soit l’opposition existe, elle est légalisée, mais dans ce cas, les opposants sont surveillés, bâillonnés, limités dans leurs faits et gestes et réprimés. Un régime autoritaire utilise la coercition pour son instauration et son maintien au pouvoir et la répression à l’encontre de tous ses adversaires, réels (déclarés) ou supposés.

Remarque : la violence politique n’est ni une spécificité guinéenne, ni une spécificité africaine. Elle est présente partout dans le monde dans différents types de régimes politiques (y compris dans les démocraties occidentales : lire Philippe Braud : La violence politique dans les démocraties occidentales. Mais dans ce cas, la violence présente une moindre intensité ; elle peut être légalement contestée et régulée dans le cadre de l’Etat de droit).


I. LA PERMANENCE DE LA VIOLENCE POLITIQUE DE L’INDEPENDANCE A NOS JOURS EN GUINEE (1958-2009)

La particularité de la violence politique en Afrique est d’être liée, selon l’anthropologue Etienne Leroy (in : La violence de l’Etat. Formes et évolution d’un monopole) « aux mécanismes du pouvoir mis en place dans le sillage des indépendances » en vue de la recherche hégémonique des appareils étatiques. Cette recherche hégémonique implique la structuration du pouvoir étatique et gouvernemental autour de l’administration, du parti, de l’armée et/ ou des autres forces de sécurité. Les membres de l’élite au pouvoir ont tendance à monopoliser les ressources de l’Etat y compris le potentiel de coercition pour assurer leur propre survie politique.

La violence politique est un concept polysémique qui comprend, premièrement la violence d’Etat, mais aussi, deuxièmement les réactions (souvent légitimes, mais pas toujours) à cette violence d’Etat, appelée violence contre l’Etat.


A. La violence d’Etat

La violence d’Etat en Guinée est une caractéristique permanente du pouvoir de 1958 à nos jours

1. La violence d’Etat sous Sékou Touré

La violence d’Etat se manifeste dès la Première République mise en place par Sékou Touré en 1958 ; elle se développe dans le cadre de la dictature civile qui dure jusqu’en 1984. Cette violence prend forme dès que le Président instaure un pouvoir sans partage et un régime policier extrêmement répressif. Le Chef de l’Etat s’appuie sur le parti unique, le Parti Démocratique de Guinée (PDG) ainsi que sur la Milice pour embrigader les esprits, semer la peur et la terreur. C’est ainsi que le PDG est qualifié de parti-Etat dans sa logique totalitaire et omniprésente.

L’armée est fortement liée au dispositif répressif mais Sékou Touré se méfie d’elle, de sorte qu’il ne lui octroie que les moyens de servir son propre pouvoir (lire : Trente ans de violence politique en Guinée (1954-1984) par Dr Thierno Bah). L’armée est donc éloignée de sa mission de défense. Elle est également dénaturée du fait de sa politisation et de sa soumission au parti. Cette situation provoque l’indiscipline et le non respect de la hiérarchie au sein des forces armées.

Les formes de cette violence d’Etat sont de sinistre mémoire. D’innombrables arrestations arbitraires, disparitions, exécutions sommaires, assassinats politiques, pendaisons, morts sous la torture eurent lieu durant cette période, notamment dans le célèbre camp Boiro.

2. La violence d’Etat sous Lansana Conté.

Trois étapes se distinguent tout au long du règne de Lansana Conté qui dure vingt-quatre ans.

 1) la première période est celle du régime militaire (1984-1990), un régime d’exception sans Constitution. Le Chef de l’Etat gouverne par la force, à l’aide d’ordonnances militaires et exerce un pouvoir sans partage.

 2) la seconde période est celle de l’instauration d’un régime démocratique fondé sur une Constitution prônant l’Etat de droit, le respect des droits et libertés. Mais cette période est de courte duré : de 1990 à 1995. Elle est rapidement maîtrisée par le régime autoritaire de Lansana Conté qui consent à lâcher du lest et à faire des concessions dans le fonctionnement de la vie politique à une condition : ne pas toucher à son pouvoir. Le multipartisme est autorisé mais sérieusement contrôlé. Le régime rejette l’idée de Conférence nationale (pour débattre et décider des institutions démocratiques) pourtant en cours dans de nombreux autres pays d’Afrique.

C’est la raison pour laquelle la violence d’Etat se manifeste par :

  •  des élections truquées de la part du pouvoir en place, non libres, non crédibles, non transparentes, qu’elles soient présidentielles (1993, 1998, 2003), législatives (2002, 2005) ou communales et communautaires (2005). Durant ces processus électoraux, l’opposition est victime d’intimidations, de menaces de mort, de mesures arbitraires (emprisonnement du candidat et député Alpha Condé en 1998), de violences physiques ;

 

 3) la troisième période est celle de la restauration autoritaire du régime de Lansana Conté. La violence politique reprend de plus belle avec :

  •  le référendum constitutionnel de novembre 2001 qui est une modification arbitraire de quelques articles de la Constitution de 1990 en vue de supprimer la limitation du pouvoir (et permettre à Lansana Conté de se maintenir à vie à la tête de l’Etat) ;
  •  le rejet du dialogue politique national tripartite entre les institutions de l’Etat, les partis politiques et la société civile ;
  •  la répression sanglante des manifestations légitimes de février-mars 2006, juin 2006 et des émeutes populaires de janvier-février 2007 ;
  •  l’état de siège en 2007.


B. La violence contre l’Etat (ou la contre-violence politique)

 

Le pouvoir autoritaire de Lansana Conté qui s’appuie sur la haute hiérarchie militaire, le gouvernement, l’administration ainsi que les réseaux politico-économiques fonctionne sur la base de la corruption d’Etat, du népotisme, des trafics illicites en tous genres. Il ne laisse aucune place à l’analyse, à la réflexion, au débat d’idées, à l’excellence, aux propositions des citoyens pour sortir le pays du marasme profond et de la crise généralisée (politique, économique, sociale, militaire) qui s’est emparée de lui.

Par conséquent, il n’est pas surprenant que des mouvements de contestation et de revendication apparaissent.

Dès lors, deux formes de violence contre l’Etat se distinguent : la contre-violence par le bas, qui est légitime et la contre-violence par le haut qui est illégale.

1. La violence contre l’Etat ou la contre-violence par le bas : une violence légitime

La violence contre l’Etat prend de l’ampleur par le bas à partir de 2006.

Des mouvements sociaux sans précédent dans l’histoire du pays apparaissent à l’initiative des grandes centrales syndicales pour revendiquer de meilleures conditions de vie et de travail (février-mars et juin 2006). Ils sont massivement suivis à travers des journées villes mortes et pays mort.

Début 2007, devant les blocages politiques, la persistance de la violence politique ainsi que l’aveuglement de Lansana Conté face aux réalités du pays et à la volonté de changement, les syndicats et la société civile décident de redescendre dans la rue en janvier-février et d’organiser de nouvelles opérations de revendication et de protestation.

En 2007, une nouveauté apparaît par rapport à l’année précédente : les syndicats et la société civile (avec à sa tête le CNOSG) sortent du champ de revendications sociales (leur domaine de compétence) pour entrer dans le champ politique. Dès lors, les forces sociales, appuyées par les jeunes, revendiquent le changement politique, notamment par la nomination d’un Premier Ministre de consensus.

Les mouvements sociopolitiques aboutissent aux Accords tripartites du 27 janvier 2007 après de dures négociations, mais on assiste à l’échec du processus pour plusieurs raisons :

  •  le maintien au pouvoir de Lansana Conté et de son régime impopulaire ;
  •  l’incapacité du Premier ministre Kouyaté d’incarner le changement tant attendu par les populations et les forces sociales ;
  •  l’effacement des partis politiques de l’opposition qui n’ont pas pris part directement à ces revendications pour le changement.

Autrement dit, les défenseurs du concept de « changement dans la continuité » l’ont emporté sur les promoteurs du concept de « changement dans la rupture » c’est-à-dire avec le départ de Lansana Conté. Le changement n’a pas eu lieu parce que Lansana Conté est resté le détenteur du pouvoir et parce que les acteurs démocratiques n’ont pas été unis dans le combat pour se défaire de ce régime impopulaire et contreproductif. Il serait utile de tirer les leçons de cette expérience pour réussir la sortie de crise de nos jours (fin 2009).

2. La violence contre l’Etat ou la contre-violence par le haut : une violence illégale

La violence contre l’Etat, par le haut, se manifeste de manières différentes :

  • par les mutineries à répétition que connaît la Guinée tout au long du régime de Lansana Conté en particulier en 2007-2008 ; les forces armées ne se sont pas solidarisées avec les manifestants en 2006-2007 pour revendiquer les arriérés de soldes contenus dans le fameux « Bulletin rouge ». Ces revendications sont justifiées mais elles sont illégales car les militaires n’ont pas le droit de prendre les armes pour faire des revendications corporatistes ;
  • par les nombreuses tentatives manquées de coups d’Etat (février 1996, etc.) ;
  • par le coup d’Etat du 23 décembre 2008 faisant suite à la mort du Président Conté : c’est une violence contre l’Etat car elle s’oppose à la succession prévue par la Constitution (article 34). Différents scénarios légaux ou constitutionnels avaient été identifiés et proposés dans notre ouvrage (Mohamed Tétémadi Bangoura, Moustapha Diop, Dominique Bangoura : Quelle Transition politique pour la Guinée ? publié chez L’Harmattan dès juillet 2006) dont, en particulier, le scénario de Transition constitutionnelle négociée mais ce dernier n’a pas été retenu par les partis de l’opposition qui, à l’époque, ont préféré faire le jeu de l’armée.


II. LES MECANISMES DE SORTIE DE CRISE ET L’ENJEU INCONTOURNABLE DE L’ALTERNANCE

 

L’analyse des régimes politiques en Guinée montre la persistance de la violence politique ou violence d’Etat, une violence due au maintien au pouvoir de dictateurs civil et militaires.

Pour rompre avec les cycles de la violence politique, la seule solution est de renouer avec un régime politique démocratique. Or, une seule possibilité existe pour y parvenir : l’alternance politique.

On distingue deux périodes dans la Transition post-Conté : avant et après le 28 septembre 2009.


A. La perversion de la Transition par le régime du capitaine Moussa Dadis Camara

(du 23 décembre 2008 au 28 septembre 2009)

Cette perversion se caractérise par la violence d’Etat.

1. L’accès au pouvoir et le mode d’exercice du pouvoir par le capitaine Moussa Dadis Camara

Le mode d’accès au pouvoir est le coup d’Etat militaire, soit un mode anticonstitutionnel de succession politique. Il s’agit de la mise en place d’un pouvoir de fait, illégitime et illégal.

La Guinée, une fois de plus, se trouve sous un régime d’exception, sans Constitution en vigueur.

Ce régime se définit par la concentration des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire dans les mains du capitaine Moussa Dadis Camara. Ce dernier viole les droits les plus élémentaires de l’homme ainsi que les libertés publiques. Il muselle la presse ; il empêche les partis politiques de fonctionner et de s’exprimer publiquement.

2. L’incapacité de Moussa Dadis Camara à respecter sa parole et ses engagements à la tête de l’Etat 

Cette incapacité à tenir ses engagements, à mettre en œuvre le Chronogramme de la Transition, à organiser un Dialogue national, soulève peu à peu la question de sa très problématique candidature à la prochaine élection présidentielle (lire mon article portant ce même titre).

C’est cette violence d’Etat orchestrée par Moussa Dadis Camara qui provoque une contre-violence légitime, des actions de résistance à l’oppression, venant de la part des partis politiques du Forum des Forces Vives. Légitimement, ces derniers organisent le meeting du 28 septembre 2009 au Stade de Conakry pour montrer leur désapprobation face au régime de plus en plus autoritaire de Moussa Dadis Camara et à sa candidature.

3. Le paroxysme de la violence politique : les massacres du 28 septembre 2009

Le paroxysme de la violence politique a lieu le 28 septembre 2009 sous le feu de la répression sanglante des Bérets rouges et des hommes en armes de Dadis Camara.

Les victimes sont des manifestants aux mains nues : plus de 200 morts, plus de 1200 blessés graves, des dizaines de disparus, des dizaines de femmes violées sauvagement dont une centaine a déjà témoigné.

Cette barbarie a lieu en plein jour et à ciel ouvert, au vu et au su de tous dans un lieu public, le stade. Les témoignages, films, vidéos sont donc nombreux. Aucun doute n’est permis sur la culpabilité de la junte, en particulier de son chef, chef suprême des armées.


B. L’espoir d’une véritable Transition (après les massacres du 28 septembre)

1. L’enjeu de l’alternance démocratique

Après ce traumatisme, l’idée est de panser les plaies puis de trouver les voies et moyens d’obtenir une Transition démocratique permettant d’aboutir à l’organisation d’une élection présidentielle libre, crédible et transparente. La Guinée a besoin d’obtenir un Président de la République légitime, issu des urnes et du consentement populaire, choisi pour ses compétences, sa capacité à être un homme d’Etat, sa probité morale et son dévouement à la cause du pays.

La Guinée a besoin d’autres types de gouvernement que ceux qu’elle a connus, d’un projet de société rédempteur (le contenu de la politique) et de nouvelles équipes au pouvoir qui se démarquent totalement des politiques du passé.

2. Les négociations de Ouagadougou : vers un partage du pouvoir ?

Les négociations de Ouagadougou vont commencer à la mi-décembre 2009 après la réception par le médiateur Blaise Compaoré des propositions du Forum des Forces Vives et de celles de la junte.

Les pourparlers sont appuyés par la communauté internationale, notamment le Groupe international de contact pour la Guinée qui a fourni la feuille de route, ainsi que par la CEDEAO, l’Union Africaine, l’ONU et l’Union Européenne qui ont condamné les massacres et pris des sanctions tout en réclamant le départ de la junte et la non-candidature du Président du CNDD ou de tout autre membre du CNDD et du Gouvernement.

Les solutions de sortie de crise comprendront plusieurs volets : le volet politique (les institutions de la Transition et le processus électoral conduisant au retour à l’ordre constitutionnel au moyen d’une élection présidentielle), le volet humanitaire (le traitement des victimes du 28 septembre), le volet sécuritaire (la protection des populations civiles, des leaders politiques, syndicaux et sociaux), le volet judiciaire (prise en charge de la lutte contre l’impunité par la Cour pénale internationale et travaux de la Commission internationale d’enquête mandatée par les Nations Unies), le volet militaire (début de la réforme des forces armées et de sécurité -RSS).


Conclusion

La question fondamentale est de savoir comment sortir de la violence d’Etat pour pouvoir tourner les pages sombres de l’histoire politique de la Guinée et entrer de plain-pied dans le développement harmonieux et pacifique du pays.

Trois pistes semblent importantes :

1. Rester dans le cadre de la Transition, des institutions de la Transition et qu’elles soient le plus démocratiques possible. La gestion de la Transition sera difficile avec le partage du pouvoir qui s’annonce.

2. Maintenir l’union sacrée des Forces Vives pendant la Transition (une union qui a fait défaut en 2006-2007 sous Lansana Conté).

3. Ne pas perdre de vue l’objectif essentiel de la Transition : l’élection présidentielle débouchant sur une véritable alternance.

L’espoir reste de mise mais aucune force démocratique, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, ne doit baisser les bras. C’est peut-être la dernière chance pour la paix. Chaque acteur est appelé à tout faire pour que la négociation de Ouagadougou puisse permettre à la Guinée de rompre avec la violence politique qui a traumatisé le pays depuis 51 ans. Les futurs Accords politiques de sortie de crise seront donc cruciaux pour l’avenir du pays.


Paris, le 26 novembre 2009

Dominique BANGOURA


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Bayo Bouba, mardi 15 décembre 2009
Des pistes de reflexions pertinentes, axées sur un raisonnement de type méthodologique. Une jonction parfaite, entre les réalités sociales, politiques et sécuritaires. Une vue centrée, sur les enjeux liés à la consolidation de l`avenir, avec en toile de fond, une interprétation scientifique de l`évolution de la Guinée, à mettre au compte des outils d`apprèciation intellectuels. Ayant en partage avec vous, certaines convictions, en partage, pour seulement, une deuxième lecture, de l`une de vos reflexions, sur le même sujet, je forme le voeux, que ces multiples appels, lancés, pour le sursaut, trouve un écho favorable, et tombent dans des oreilles attentives.
kagbadouno Tamba, vendredi 4 décembre 2009
Excellente analyse Madame. BRAVO, je suis d`accord à 100% avec vous. Il est temps que les FV créent un gouvernement en exil et mettent en place au pays un rapport de force qui va commencer par la désobéissance civile. Les Guinéens doivent arrêter de se lamenter pour se lancer à la conquête du pouvoir. C`est sûr qu`il y aura des victimes mais, c`est le PRIX à payer pour enfin après 51 ans de dictature sanguinaire dont une fois, le prometteur est Sékou Touré, que les Guinéens puissent vivre en PAIX dans en Guinée. Si nous reculons comme on l`a fait avec Sékou Touré, Conté alors, nos enfants continuerons de fuir le pays au risque de leur vie (l`histoire du Guinéen mort dans la soute de la SABENA) et les Guinéens vivant à l`étranger seront toujours "décus" dans la mesure où même à la retraite, ils ne pourront pas retourner au pays du fait que les infrastructures de base manque (santé, eau, électricité...). Donc DEBOUT et courage pour le combat!
Fofana, vendredi 4 décembre 2009
Madame vous êtes très instruite et ce que nous attendons de vous c`est de nous éclairer. Or vous faites des amalgames qui ne sont pas honnêtes: parlant de violence d`Etat sous Lansana Conté vous citez parmi vos exemples l`arrestation d`Alpha CONDE. Ce monsieur qui était candidat aux élections présidentielles en 1998 a été arrêté alors qu`il tentait de passer à la frontière Guinéo-Ivoirienne à des cents de kilomètres de la capitale où il était sensé voter. A-t`il voté seulement pour lui-même? cela le regarde sûrement. Seulement sa tentative de franchir la frontière s`est passée au moment où l`ensemble du térritoire Guinéen était sous couvre-feu, tout autre guinéen qui aurait tenté de sortir à ce moment aurait été arrêté comme lui. Alors STOP à ce mensonge qui est entrain de devenir un mythe. Oui il y a eu violence contre des gens de l`opposition comme feu El hadj Amiata Mady KABA député et membre de la Haute court de justice de la république au moment des faits. Il a été brutalisé, sa maison saccagé et mitraillé par les militaires à Kankan; feue Madame Koumbafing Kéïta binjamine de l`assemblée nationale brutalisée et humiliée et tous emprisonnés à la suite de manifestation pacifique et ces faits sont vérifiables.Ces honorables sont cités parce qu`ils étaient membres du RPG parti dont le leader est Alpha CONDE. La liste de vraies victimes de violence de l`Etat en Guinée est sans fin. Vous écrivez aussi "le pouvoir autoritaire de Lansana Conté qui s`appuie sur la haute hiérarchie militaire, le gouvernement, etc..." Ma quetion est de savoir comment pouvez-vous aujourd`hui connaissant tout cela soutenir ces mêmes appuis de Lansana Conté c`est à dire tous ces anciens membres des différents gouvernements qui ont participé à la violence contre notre peuple ne serait ce que par leur silence et même souvent par des actes d`intimidation directs mais surtout par la mauvaise gouvernance du pays dont les conséquences risquent de perdurer longtemps vu la situation dans laquelle ils ont laissé notre bien commun. Votre talent est immense nous en avons besoin. Seulement nous ne pourrons pas contruire ce pays sans oser regarder notre histoire en face et dire hônnêtement aux uns et aux autres ce qui cloche.Fraternellement
Africain, jeudi 3 décembre 2009
Mr CAMARA Lamine qui me dis que je suis a côté de la plaque. Peut être que Mr Soumah « Baby » l’est aussi, par ce que son article va dans le sens que celui de Mme Bangoura. Contrairement à cette dernière, le premier a pris soin de signaler la violence du 22 novembre 1970 contre l’Etat guinéen, qui est une forme de violence et qui n’est pas philosophique mais qui a été une réalité dont Mme Bangoura à oublier de le signaler. C’est pareil pour ce qui concerne la violence de l’Etat guinéen (CMRN et Conté) en 1984 qui a abouti aux massacres de centaines de Guinéens. Pour vous se ne sont pas des violences peut être, et je vous dis bravo. Mme Bangoura à oublier de signaler ces deux violences qui ne datent pas du moyen âge, mais bien dans la période postcoloniale justement, et vous me dites que je fais hors sujet. C’est aussi votre point de vue Mr Camara. Un complot contre un état dans la période postcoloniale est une violence contre cet Etat Mr, ce n’est pas philosophique non plus, et ce n’est pas Mr François Xavier Verschave l’auteur du livre silence noir un autre monument qui avait fait trembler certaines personnalités politiques de tous bords en Afrique et en France qui me contredira (600 pages qui parle aussi de cette forme de violence), c’est pareil dans le livre le fameux livre la Piscine. Mr Camara ne croyez pas que je vais croire à vos écrits ou vos invectives font me faire douter sur ce que j’écrits ou sur ce que je lu aussi. Pour l’instant je n’ai jamais lu un livre d’un certain Lamine Camara qui parle de ce problème de violence ou autres. Alors sortez ou écrivez un livre ou un document bien travaillé avec une démarche intellectuelle et autres, vous allez voir que je ne cesserais pas de vous citer dans mes interventions ou contributions. Autre chose, lorsque Mme Bangoura fait implicitement le lien entre la violence politique au temps de Sékou Touré, et de celui de Conté, vous êtes d’accord ; mais par contre quant c’est Africain qui fait ce lien avec les complots et les attaques de la puissance coloniale vous n’est pas d’accord ; j’imagine un peu que vous avez entendu parler de la théorie de cause à effet. Mr Camara vous n’avez pas le monopole du savoir, à plus forte raison le monopole du raisonnement ou de la compréhension d’un texte. La prochaine fois, je vous en conjure de ne pas me traiter de cynique, j’ai trouvé ça injurieux de votre part Mr.
Chernor Saidou Jalloh, mercredi 2 décembre 2009
Chèr Africain,M.Bangoura n`a pas parlé de poste colonial ou de complot contre qui c`est soit.Elle a tout juste mentionné quel que histoire pour ajouter dans sa analyse sur les polèmique Guinèenne c`est tout.Malheureusement nous les Afraicain a chaque fois que on nous dit la vérité surtout quel qun ou quelle qune soit qui est d`origine des oxcidantaux ont commence a donner de événements qui on passé très longtemps(La colonisation par les blanc).
Lamine Camara, mercredi 2 décembre 2009
« Cette violence politique dans l’Etat postcolonial pour ce qui concerne le cas de Sékou Touré a été la résultante de la violence politique et impérialiste de l’ancienne puissance coloniale comme cela a été le cas dans presque tous les pays africains qui aspiraient à une indépendance totale. » Africain Mr Africain, si vous voulez justifier la violence politique en Guinée depuis 1958 par les dictateurs Sékou Touré, Lansana Conte et Dadis Camara par la violence politique de la France impérialiste envers la Guinée, c’est votre droit absolu. Mais ce commentaire passe alors complètement a cote de la reflexion de Mme Bangoura. Epargnez nous de votre cynisme. La violence politique en Guinée n’est pas de la philosophie. Les pendaisons publiques, les assassinats politiques, les massacres de citoyens à main nue et la clochardisation de notre pays sont les conséquences de cette violence politique. Avez-vous un seul instant pensez aux victime de cette violence politique. La Guinée est déjà dans un trou et vous continuez à creuser.
Marie José YOMBOUNO, mardi 1 décembre 2009
Félicitations Africain!!!! Tout le mérite vous revient. Ce n`est pas parce que certains ne disent rien qu`ils sont ignorants. J`encourage mes compatriotes dignes de ce nom à rebondir sur tout ce qui va être déformé par rapport à notre pays. Même si nous avons des positions différentes, nous sommes des adversaires et pas des ennemis au point de laisser certains faires avec une légèreté. Notre histoire n’est pas à brader, ayons la foi en nous et en l’avenir. La Guinée est notre bijou, vous et moi. Je prie pour que la sérénité gagne tout un chacun afin que nous commencions enfin à bâtir notre Guinée, nous avons tous un rôle à jouer à la lumière des compétences professionnelles des uns et des autres. Vive l’unité Guinéenne et Africaine Que « dieu » bénisse la Guinée. Amen !
Africain, mardi 1 décembre 2009
Mr Bah M. Oumar, j’ai bien apprécié ce passage de l’article de Mr German Herera, je cite : « Guineeactu est un site d’information et de débat d’idées sur l’actualité et l’avenir de la Guinée. Beaucoup ne savent pas ce qu’est L’INFORMATION. Informer, c’est exposer des faits réels, avérés, DUMENT VERIFIES et proposer aux lecteurs des schémas explicatifs de cette réalité » Juste pour vous dire que c’est cette démarche que j’aie ici sur ce site oh combien juste, dont la ligne éditoriale ou encore le principe d’éthique, de déontologie sera compris par ses détracteurs, mais aussi par certains internautes plus tard et qui fera son image de marque dans l’avenir (Et bon courage à cette dame de principe que je ne connais pas, tenez bon ). Mr Bah que vous partagez ou pas mes commentaires ou mes points de vus, ils sont dans la majorité des cas corroborés, et je vous donne même cette possibilité de les vérifier. Alors Africain n’est pas un adepte des causeries de café ou de salon. En dépit de mon petit effort intellectuel pour vous citer ou vous livrer des références pour corroborer voir blinder mes dires ou mes affirmations, vous trouvez toujours quelque chose à dire sans référence. Mr je n’ai cité aucun nom de complots dans mon commentaire, j’ai apporté quelques informations. Les autours cités dans mon commentaire sont des auteurs neutres, loin de nos pensants ethniques, qui n’ont rien à voir avec les torchons ou autres articles non référencés qui pullulent sur nos sites guinéens. Les trois auteurs François Xavier Verschave est celui qui a conceptualisé cette politique de violence de la France en Afrique en « FranceAfrique », intellectuel et écrivain engagé qui ne partage pas surement le bilan du régime de Sékou Touré, mais qui se contente de relater les faits réels, avérés, chose qui la coûté de multitudes de procès de tous bords ( de la part des dictateurs africains, comme des hommes politiques français) dont il fini de gagner tous ces procès; quand-t-à Pascal Krop et Roger Falicot se sont des auteurs renommés et reconnus dans le monde du service secret, et sont toujours actifs, et loin d’être des fanatiques de Sékou Touré ou encore des PDGistes ; je vous conseille seulement d’aller toujours et encore toujours à la recherche des infos, c’est très important. Nous ne pouvons pas être tous des moutons de panurge. Le livre la piscine que j’ai cité dans mon premier commentaire est un monument pour ce qui concerne cette période post indépendance en Afrique et qui fait trembler le très hermétique milieu de l’intelligentsia guinéen. Ce livre est très intéressant aussi pour connaître vraiment ce qui s’est réellement passé en Guinée. Et vous voulez me demander de croire à ces écrits et autres torchons haineux je ne parle pas de l’article de Mme Bangoura ici, qui sont écrits en l’absence de toutes démarches intellectuelles, basés sur les désires de leurs auteurs. Si je vous dis que la Banque de France avait oblitérer tous les anciens billets CFA appartenant à la Guinée, et l’ordre avait été donné au SDECE ou aux agents de ce service secret d’imprimer une fausse monnaie qu’ils avaient appelées monnaie des singes pour saboter l’indépendance monétaire et aussi ridiculiser le régime de Sékou, et nous étions dans les années soixante, plus précisément en 1960, vous allez surement crier au scandale ou à une affabulation, c’est pourquoi il est important pour vous de vous procurez de ce monument, qui est plein de renseignements. Sache qu’Africain ne va jamais prendre des vessies pour des lanternes sur cette question de violence politique dans l’Etat post colonial africain.
Conde, mardi 1 décembre 2009
les argumentaires courts sont generalement sources confusions Mr BAH prenez le temps ,d`informer point par point les arguments d`africain. C`est mieux pour la comprehension.
Oumar M. Bah, mardi 1 décembre 2009
À AFRICAIN qui reprend le mot de complot permanent : où sont les preuves du complot des enseignants (1961), du complot Petit Touré (1965), du complot Kaman-Fodéba (1969), du complot Telly Diallo (1976) etc.? Savez vous que les soi-disant aveux étaient obtenus sous la torture ? Avez-vous vécu cette sinistre période de notre histoire où l`on tremblait dès que retentissait la chanson PDG à la voix de la révolution car elle annoncait un nouveau complot avec de nouvelles arrestations, une nouvelle terreur ?
KARIFA, mardi 1 décembre 2009
Bravo Africain!!!
Africain, lundi 30 novembre 2009
Bonjour Madame, Article riche, peu pertinent, et je ne vais pas allez jusqu’à dire que vous indiquées les pistes d`une réflexion riche digne d`une thèse pour reprendre l’expression de Mr Sow Lafaa mot pour mot. Je m’explique : Tout d’abord, je ne vais pas rentrer dans le débat pour ce qui concerne le point de vue de Mr Sow par rapport à la distinction entre contre violence légale et celle illégale qui reste un problème complexe pour les philosophes et autres idéologues. Mais ce que je peux dire sur ce sujet et dans le sens de Mr Sow ; c’est qu’il est important de reconnaître que le ou les parti (s) politique (s) qui mobilise (nt) souvent en Afrique, ne se préoccupe (nt) guère de ce problème de la légitimité du pouvoir. Ces partis politiques partent souvent du réel vécu et c’est au nom de ce réel, au nom de cette actualité (28 septembre 2009 par exemple) qui pèse sur le présent et sur l’avenir des hommes et des femmes, qu’ils convient à l’action commune. En suite, je suis resté pantois à la fin de la lecture de votre article en dépit de sa richesse, et en dépit du nombre de références données, et cela compte tenu de certaines omissions simples ou des informations qui font manifestement défaut peut être sciemment faites ou pas. Permettez moi Madame de vous faire succinctement une ébauche de ces omissions que je trouve étonnantes de la part de quelqu’un qui doit connaître visiblement la situation politique guinéenne, mais surtout le contenu de votre article qui parle du cas spécifique de la Guinée avec cette chronologie des événements que j’ai admirée. Madame, permettez moi encore une fois de plus de vous dire que je n’ai rien compris du fait que vous faites état de la violence politique dans l’Etat post colonial africain sans nous parler même laconiquement de la genèse de cette violence politique, qui a fait l’objet d’un tel foisonnement de livres et d’autres œuvres littéraires que je ne pourrais citer tous ici.: Frantz Fanon, les damnés de la terre, Ed La découverte ; François-Xavier Verschave, La FrançAfrique : le plus grand scandale de la République Ed Stock, le silence noir de cet même auteur. pour ne citer que ces deux auteurs, Cette violence politique dans l’Etat postcolonial pour ce qui concerne le cas de Sékou Touré a été la résultante de la violence politique et impérialiste de l’ancienne puissance coloniale comme cela a été le cas dans presque tous les pays africains qui aspiraient à une indépendance totale. ( Exemple : l’assassinat monstrueux de Lumumba au Zaïre actuel RDC, l’assassinat de Olympio dans un Togo démocratique par Etienne Gnassingbe Eyadema sous les ordres de la France par le biais de Mr Henri Mazoyer ambassadeur de la France à l’époque au Togo, l’assassinat de Thomas Sankhara par son ami téléguidé par la même France, les tortures infligées aux politiciens camerounais et autres résistants par le président Ahijo avec l’aide technique et politique de la France etc…). Vous ne pouvez pas faire fi de cette violence politique de la part de l’ancienne puissante coloniale qui a été à l’origine des violences des premiers régimes dictatoriaux en Afrique (Mobutu, Moussa Traoré, Gnassimgbé etc…) ; la violence engendre la violence comme dirait Eschyle. Vous ne pouvez pas non plus faire fi de la violence contre l’Etat guinéen ou le régime de Sékou Touré le 22 novembre 1970 qui a été même condamné fermement par une résolution de l’ONU à cette époque et qui a coûté la vie à quelques 300 guinéens. Et pourtant vous preniez soin de bien mentionner la violence contre l’Etat au temps de Conté ( coup d’Etat de 1996, etc ) et je me demande quelle est votre démarche dans ce cas ? Même Mr Soumah « Baby » dans sa tribune ou son compte rendu Conférence Débat à la Sorbonne a eu ce courage avec un bémol de signaler cette violence contre l’Etat guinéen en 1970 tout en accusant encore Sékou Touré comme d’habitude d’être responsable par le biais de l’affaiblissement de l’armée guinéenne au profit des milices privés, et de surcroît cette même armée qui avait réussit a repoussé les agresseurs (portugais et autres compatriotes guinéens). Cette attaque ou cette accusation de Mr Soumah « Baby » à l’égard de Sékou Touré ne m’a pas étonné, par ce qu’il est devenu un sport national favori d’occulter la réalité ou la vérité coût que coût du moment qu’on parle de Sékou Touré. Actuellement en Guinée, même une maman ou une femme guinéenne pour faire simple qui met bas aujourd’hui en ce début du mois de décembre 2009 un enfant ou bébé monstre de type Mobutu ou encore atteint d’une maladie rare ou orpheline, certains compatriotes vous diront que Sékou Touré est passé par là. Toujours pour corroborer mes dires par rapport à cette violence politique des puissances coloniales à l’occurrence la France qui a été en grande partie la genèse de la violence politique postcolonial en Afrique, François-Xavier Verschave dans De la France Afrique à la Mafia Afrique, Ed Tribord 2004 parle de la résistance de Sékou Touré face à cette violence politique de la France en disant qu’il a eu tellement de complots contre lui (Sékou) qu’il a fini par devenir paranoïaque ; et je vous livre aussi ici la question que Roger Faligot et Pascal Krop se posent dans leur livre la piscine, service secret français de 1945-1984 en parlant de Sékou. Je cite : […. « Le leader guinéen a contre lui tout l’ensemble du dispositif occidental du renseignement. Mais au départ, le jeune chef des années soixante, formé à l’école du syndicalisme, n’offre nullement le profil du dictateur sanguinaire qui sera ensuite le sien. Les complots successifs n’ont-ils pas hâté cette métamorphose ? En tout cas, « Sili » fera malheureusement sienne la formule : « A complots permanent, terreur permanente ». » ….] Page 245-246 la piscine, service secret français de 1945-1984. Juste pour vous dire Madame qu’il y a des choses à dire et à connaître sur cette violence politique dans l’Etat postcolonial africain. Madame, vous ne pouvez nous parler de la violence de l’Etat guinéen sous le régime du feu Gl Conté, sans mentionner l’assassin et les massacres avec le sois disant coup d’Etat de Diarra des centaines d’officiers et autres cadres malinkés et exclusivement malinkés par le CMRN et Conté sans oublié aussi le massacre en direct à la télévision nationale de l’auteur présumé de ce sois disant coup d’Etat ; d’ailleurs Mr Soumah l’a bien signalé dans son article. Ce sont quelques omissions simples ou ces quelques informations qui font manifestement défaut dans cet article ; et qui m’ont poussé à dire que votre article est peu pertinent, omissions qui me troublent aussi, et qui me poussent encore à me pousser des questions sur votre démarche. Et merci pour terminer, et ce commentaire n’a rien d’une invective, juste pour compléter certaines informations. Africain

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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