Des journaux Dakarois ont fait un compte-rendu du procès auquel j'ai assisté. Compte tenu de la reprise de ce document sur des sites Internet guinéens, je me permets d’apporter quelques précisions car je n’ai pas voulu m’exprimer sur une procédure mise en délibéré, le jugement se faisant de plus dans les Cours et Tribunaux et non par voie de presse.
En effet, ce procès résultant d’une plainte avec constitution de partie civile, avait fait l’objet déjà d’une première plainte qui avait été classée sans suite par le procureur. Il est aussi étonnant que, pour quelqu’un qui est censé avoir détourné plus de 300 millions de Francs CFA, ne soit requise qu’une peine de prison de 6 mois assortis du sursis.
Il a été établi et reconnu par Pierre Goudiaby, attesté et versé au dossier, que les fonds reprochés à BOCAR B LY ont été versés sur les comptes du couple GOUDIABY. Et Pierre Goudiaby en était l’ordonnateur et le signataire des chèques. Le procureur a reproché à BOCAR LY de ne pas s’être opposé au versement de ces sommes dont il n’est point le destinataire. Les montants versés et attestés s’élevant à plus de 400 Millions de Francs CFA. Ce qui a poussé l’avocat de BOCAR LY de traiter Goudiaby de « voleur qui crie au voleur ».
La référence au procès en Guinée a été balayée d’un revers de main par un « non lieu » qui a été délivré à BOCAR LY appuyé d’une Attestation de l’Agent judiciaire de L’Etat, maître des poursuites. Le tout versé au dossier.
Nous n’avons entendu aucun caissier « mouiller » Bocar LY et l’expert-comptable de la Société a qualifié de « rumeurs » qu’il ne peut pas prouver ce qu’il a entendu au sujet des détournements. L’expert-comptable a reconnu en outre avoir certifié que le compte personnel de BOCAR B LY était « justifié et conforme ».
Goudiaby a reconnu à la barre avoir délivré à son ex DG une Attestation par laquelle il indique que LY quitte libre de tout engagement et une autre par laquelle il reconnaît connaître l’utilisation des chèques dont il est question. Ces Attestations existent et sont disponibles.
C’est l’épouse de M. Goudiaby qui a reconnu à la barre n’avoir pris connaissance de ces informations que dans le cabinet du juge ainsi que des sommes versées dans leur compte qu’elle a reconnu être effectivement dans le compte.
Nous reviendrons sur les non-dits de cette affaire, que nous suivons depuis trois ans, qui ressemble plus à un règlement de compte qu’à une affaire de détournement.
Alpha Kabinet Sidimé, Dakar, Sénégal