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Le débat sur mon film est déjà lancé avant même sa diffusion et je m’en réjouis puisque c’est mon but.
Une précision pour commencer ; quand j’avais critiqué le président Dadis Camara, j’avais mis l’intérêt de la nation au dessus d’une considération ethnique ; ce n’était pas de gaîté de cœur ; aujourd’hui, certains de mes adversaires féroces m’ont avoué à Paris que cette période n’est pas glorieuse pour les forestiers et le fond monétaire international dit que l’inflation actuelle est la conséquence directe de la gestion calamiteuse du CNDD.
Si j’ai osé critiquer Dadis, pourquoi pas Sékou Touré, Lansana Conté ou Alpha Condé ? Il y a t’il une différence entre nos présidents ?
Je n’ai peut être pas une connaissance approfondie de l’histoire de la Guinée et certainement pas le monopole de la vérité d’un historien que l’on me présente comme dépositaire de l’évangile historique de la Guinée ; j’ai tout de même une certaine connaissance, fruit des mes recherches, de mes contacts et de mes interviews depuis des années, que je peux partager avec mes compatriotes. Voilà quelques exemples qui ne sont pas dans mon documentaire :
Monsieur Niakoye Samoé que « ¾ des guinéens ne connaissent pas » selon quelqu’un, est né en 1918, formé par les missionnaires ; ensuite formé à l’IPS de Conakry. Mieux formé, il fut receveur des PTT quand Sékou Touré n’était que facteur travaillant au comptoir africain. En clair, il était le boss. Les deux étaient amis avant de devenir ennemis. Par la suite, le receveur des PTT de Kindia, Mr Montlouis, membre du RDA (Rassemblement Démocratique Africain), eu des problèmes avec les colons, ce fut Mr Nyakoye Samoé qui le remplaça ; n’en déplaise, Mr Samoé fut l’une des élites guinéennes et l’un des hommes politiques influents ; son nom fut gommé de l’histoire d’Etat et c’est pour cela que l’un des membres de sa famille, le grand journaliste Odilon THEA, n’eut jamais la carrière méritée sous le règne du Fama. Prouvez-moi le contraire.
Sékou Touré était charismatique, tribun hors pair et bien formé dans le syndicalisme ; d’ailleurs Mr Charles Onana le dit dans le film, les services secrets français disent clairement qu’il était intelligent et intègre ; est ce une raison suffisante pour ne pas mettre en valeur le rôle des étudiants de la FEANF, des militants du PAI (Parti Africain Indépendant) ? Et de tous ceux venus au secours de la Guinée ?
Il est aujourd’hui notoirement reconnu que Sékou Touré faisait filer ses opposants à l’extérieur ; un exemple, dans une interview de Mr André Lewin, ancien Ambassadeur de France en Guinée, il est noté, noir sur blanc, que Mr Lewin dit avoir préféré informé Sékou Touré de sa future rencontre avec Mr Siradiou Diallo à Paris avant qu’un des agents le fasse. Autre histoire connue, un de ses agents attaqua le Pr Ibrahima Baba Kaké à Paris. Le niez-vous ? Alors moi je crois que des agents de Sékou Touré l’avaient informé des préparatifs du 22 novembre 1970, au moins, un mois avant l’attaque. Livre à chacun de donner son avis.
Au camp Boiro, Diallo Telli est mort dans la même cellule que le prof Kapet de Bana qui informa les gardes pour chercher le corps ; Mgr Raymond Marie Tchindimbo partagea aussi la cellule du prof Kapet de Bana. Quand Sékou Touré n’était pas satisfait d’une déposition, il disait que « la vérité n’est pas dite » ; alors le prisonnier passait à la seconde séance de torture ; ainsi, Mgr Tchidimbo fut torturé à deux reprises avant d’avouer. Dites-moi, combien d’hommes peuvent résister au courant électrique sur les oreilles et sur le sexe et combien de femmes le peuvent avec l’électricité ou le fer chaud dans le vagin et l’anus ?
Des exemples de ce genre, je peux vous en donner des tas.
Evidemment, je ne raconte que des contres vérités et ceux qui le disent ne sont que des menteurs. Mon documentaire vaut ce qu’il vaut mais il a au moins le mérite de faire parler les anciens et de relancer le débat sur la page obscure de la Guinée et ce n’est pas fini.
En conclusion : Au jour d’aujourd’hui, ce que les guinéens veulent savoir, surtout la nouvelle génération, c’est tout simplement la vérité sur notre histoire.
Pas des négations, ni des insultes mais des témoignages de tous les cotés pour que jaillisse enfin la vérité, la vraie ; pas celles obtenues sous la torture.
Pour ce qui me concerne, comme promis, je donnerai mon avis sur tous les sujets de notre pays, si j’en éprouve l’envie. Les critiques non fondées, me laissent de marbre.
Paul THEA
www.guineeactu.com
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