|
Depuis que les moyens modernes de l’information nous ont permis d’intervenir directement dans le débat politique de notre continent, nous n’avions jamais cessé de dénoncer les chefs d’Etat Africains, la corruption et la mauvaise gouvernance. Pour le cas particulier de la Guinée, nous n’avions jamais cesser de faire appel à la rue pour débarrasser le pays du système qui y sévit depuis l’indépendance. Nous avions aussi toujours souligné que notre lutte n’est dirigée contre personne ni contre un Parti Politique. Nous luttons exclusivement contre le système et ses symboles. Nous avions fait appel à la rue, par ce que l’histoire nous a appris que la dictature ne comprend que le langage de la force et aussi qu’aucune dictature ne s’en est jamais allée par les URNES. De par l’Histoire, nous savons aussi que toutes les Grandes Démocraties sont nées des révoltes populaires de par la Rue : La Révolution Française , la Révolution Américaine , l’Emancipation de l’Inde etc… Et il a aussi fallu Tiananmen contre Mao, pour que la Chine engage des réformes politiques. Tous les Grands Hommes de la lutte pour les Droits de l’Homme se sont servi de la Rue contre le système : Martin Luther King et Matma Gandhi entre autres. Si la Rue est le désordre nécessaire à l’avènement de la Démocratie, c’est avec un programme Politique bien réfléchi qu’on arrive à la construire. Et ça c’est un processus qui nécessite la participation de tous les enfants du pays sans exclusion pour l’établissement d’un ordre nouveau. Le changement Radical voulut par le Peuple demande une collaboration totale entre toutes les forces vives de la Nation : Organisations Politiques, Mouvements Sociaux, Organisation Estudiantines, Organisations syndicales et individuelles à tous les niveaux. Ce processus politique qui engage tous les enfants du pays, ne doit pas en aucun cas être le monopole d’un groupe. Minée par la corruption et l’inconséquence de la classe politique, il n’est pas exagéré de dire que la Guinée mérite son sort. Comme atteinte d’un cancer de sang, elle n’a pas besoin d’Injection sanguine pour guérir, mais plutôt d’une Transfusion Totale. Il faut complètement remplacer le sang qui court dans ses veines. Changer de Politique et renouveler la Classe Politique. Elle a perdu sa dignité parce qu’elle est incapable de renouveler périodiquement sa classe politique dans son ensemble. Elle ne contrôle pas sa politique en tant que Peuple. Qui contrôle le Processus Politique, contrôle la Nation et le Pouvoir Economique. Lorsque le Peuple aura la possibilité de choisir ses dirigeants et de renouveler périodiquement sa classe politique, la mauvaise gouvernance appartiendra à l’histoire. Et c’est la bataille que nous devrons engager : CONTRÔLER NOTRE PROCESSUS POLITIQUE. Cette la bataille devrait être conduite par une classe intellectuelle consciente et avertie, qui s’évertuerait à éduquer et à canaliser les Forces du Peuple , à travers l’information et des analyses crédibles, avec des hommes intègres et de terrains de tous niveaux à côtés. Malheureusement nos Intellectuels ne brillent que par le silence, dans leur grande majorité ; la minorité qui fait exception est inféodée aux Partis Politiques et certains végètent dans la haine et l’hypocrisie. Ceux qui échappent à ces groupes n’ont pas Constitutionnellement droit à la parole : les Indépendants. Nous voulons dire qu’ils ne peuvent pas être élus pour représenter le Peuple ou faire campagne sur leur propre valeur et leur conviction. Ces cas évoqués sont notre plus profond problème. Cette lutte ne peut pas être gagnée sans l’engagement de la « classe pensante » dans un esprit de liberté et d’action. Pour libérer le pays , il faudrait être libre soi-même. Beaucoup s’acharnent sur Lansana Conté sans comprendre que son départ, n’est qu’un moyen pour aboutir au changement et non pas une fin en soit . Qu’il meure ou qu’il vive éternellement, nous pourrions changer le système, si nous sommes déterminés à faire le sacrifice nécessaire et à proposer une alternative démocratique en impliquant toutes les composantes de notre Société. Qu’il meure ou vive, le système pourrait s’éterniser, si nous nous laissons dicter notre politique, par des gens qui ne reflètent pas notre opinion. Dans ce cas le système ne ferait que changer de « propriétaires-gestionnaires ». Cette analyse responsabilise chacun d’entre nous et invite à la vigilance. Parce que le danger de revoir un autre dictateur au sommet de l’Etat est réel. Quel portrait politique du pays pouvons nous dresser actuellement ? - Un Parti- Etat imposé par les canons, en déconfiture, mais qui pourrait revenir en force . En plus de l’argent dont-il dispose (L’Impôt de nos parents), il connait la carte politique et administrative du pays et n’a en face qu’une faible Opposition perdue dans des querelles byzantines et qui ne présente aucune alternative démocratique et dont certains militants intellectuellement sous-alimentés, s’évertuent à faire de certains leaders des intouchables. - Un Président , Imposé par une fraction de l’armée ethniquement divisée. - Une Assemblée Nationale (privée) imposée par le clientélisme, l’intimidation et la violence sur fonds de mascarades électorales, enfin de règne. - Une Société Civile naissante sans identité pour le moment, dont nous avons du mal à classer sur l’échiquier national. - Des syndicalistes qui sont devenus de véritables gendarmes politiques, sont aux yeux du Peuple, les seuls défenseurs de leurs Droits et Aspirations, alors qu’ils s’interdisent de faire de la politique. - 39 Partis Politiques Fictifs dont personne ne connait l’adresse physique, siègent à l’Assemblée Nationale (certains) et financés par le Parti-Etat au pouvoir. - Pour tout arranger, ces Partis Fictifs se vendent et s’achètent sur le terrain par ceux qui prétendent défendre des valeurs républicaines. - 5 ou 8 vrais Partis Politiques qui ont un électorat potentiel , ont passé ces 15 dernières années à se détruire mutuellement , et qui n’ont plus aucune crédibilité aux yeux du Peuple . Face leur propre incapacité de proposer et de rassembler le Peuple, ils ont choisit le silence et l’Inertie. - Le Parti au Pouvoir est maintenant confié à un analphabète , sous investigation judiciaire , et qui sera certainement élut à la L’Assemblée Nationale , avec l’Opportunité d’en être le Président (tout s’achète ou s’impose en Guinée). - En tout, 49 Partis Politiques se partagent un petit pays de 9 millions d’habitants, même pas la population de Paris et sa banlieue et deux fois moins peuplé que Greater Los Angeles qui fait plus de 18 millions d’habitants. - Ces Organisations politiques sont des propriétés privées de leur Président-fondateur respectif. Elles n’ont jamais renouvelé leur équipe dirigeante et leurs militants ne sont jamais associés aux prises de décisions. Dans ces Partis Politiques Privés la règle est simple : « Tu es d’accord avec le Président ou tu t’en vas ». - Toute cette structure politique nationale est bâtie sur l’Ethnocentrisme. Or, que dit la Constitution ? « Pour être élut il faut appartenir à un Parti Politique ». Appartenir à un Parti Politique est-il un critère de citoyenneté ? Sans compter le risque de voir un autre Lansana Conte à la tête de l’État, cette Constitution nous vole notre victoire, avant même que le combat ne commence. En effet, la Seule et Unique Victoire du Peuple serait le libre choix de ses dirigeants. Or cette petite phrase de la Constitution nous prive de cette joie. Elle ne nous donne que deux choix possibles : - Ou nous restons avec le P.U.P et ses « Neveux ». - Ou alors ce sont des Partis Politiques auxquels nous avions refusé d’adhérer depuis leur création. Nous n’avons aucun autre choix. Ces Partis Politiques Privés, sont la seule alternative au P.U.P en cas de changement de majorité à l’Assemblée Nationale et / ou de gouvernement. Ici, on nous impose une Constitution qui prive le citoyen de son Droit d’expression. Or comme nous l’avions dit plus haut, le changement de système que demande le Peuple, ne peut se faire sans l’implication politique de tous les enfants du pays sans exception. Ce Processus Politique, ne peut pas être le monopole d’un Groupe ou des Organisations Politiques ou d’un individu, parce que c’est une lutte nationale. À quel Parti Politique appartenaient nos jeunes Martyrs ? Nous luttons contre le système mis en place depuis l’indépendance, qui consiste à imposer à toute la Nation « La Pensée Unique » d’un seul homme , en vu d’exploiter le Peuple par clans ennemis interposés, au profit d’une famille et amis. Pour faire vivre ce système, le gouvernement a dépravé notre plus précieuse richesse, qui est notre diversité culturelle, pour installer l’Ethnocentrisme . Diviser pour régner. Et dans le processus nous avons perdu notre Identité Nationale, à tel point qu’on reconnait le Peulh, le Malinké, le Sousou ou le forestier, etc…, mais pas le GUINÉEN. NOUS N’AVONS PLUS D’IDENTITÉ Nationale. Accepter les Articles actuels de la Constitution relatifs aux Elections, c’est nier l’Individu et faire croire que seuls les Partis Politiques son capables de défendre cette Identité et L’UNITÉ Nationale. Or malheureusement, les Propriétaires de ces Partis, ayant délimité leur organisation respective par des frontières ethniques, sont devenus le problème et non la solution. Entre un Pouvoir vomit par le Peuple et une Opposition ethniquement problématique, il nous faut l’avènement d’une autre classe politique : LA Troisième VOIE. L’Histoire doit nous servir de leçon. Nos parents ont raté l’indépendance, parce qu’ils n’avaient pas préparé L’après 28 Septembre 1958. Comme l’a si bien dit Charles de Gaule, ce fut le saut dans le vide. Le 2 Octobre 1958, le Peuple est massivement sorti pour danser son Emancipation. 15 ans après, il pleurait ses enfants qui dansaient au bout d’une corde … Erreurs ou CRIMES, tout aurait pu être évité, avec un minimum de prévention et de préparation avant l’indépendance. Nous eûmes une autre chance pour nous racheter en 1984. Comme en 1958, pour l’indépendance, l’Après Sékou Toure n’a pas été préparé et les nouveaux parvenus ont transformé les pieds du Mont Ganga en plus grand Musée macabre de la planète. Plus de 475 citoyens y reposent, sans compter les cas de tortures et disparations. Pères et mères de ceux qui dansaient en Avril 1984. Nos parents. Ici et là, Erreurs ou Crimes, tout aurait put être évité si nous avions préparé l’APRÈS SÉKOU TOURÉ. Guinéennes mes soeurs , Guinéens mes frères, nous vous invitons à cette réflexion. Ensemble préparons l’APRÈS Lansana Conte. Nous avons perdu 23 ans à parler de son départ. Prenons les trois ans ILLÉGAUX qu’ils nous ont imposent, pour préparer une solution de rechange. LE DÉFIT C’EST APRÈS LANSANA CONTE. Aujourd’hui, dans son arrogance héréditaire, digne de tous les dictateurs, il défie le bon sens et le Peuple. Mais vous ne devrez pas vous laissez distraire. Le Bon Dieu, L’Éternel, a créé deux hommes qu’il a aimés le plus au monde : Les Prophètes Jésus Christ et Mohamet (peace upon him). S’il a pu retirer ces deux Bien Aimés à l’affection de leurs parents et des Croyants, ce n’est pas un mécréant qu’il oubliera dans son agenda. Ses déclarations ne devraient pas nous distraire. Après son départ forcé ou naturel que ferons nous ? Nous rendre les mains liées à un autre dictateur ? Danser l’arrivée d’un autre coupeur de têtes ? Sinon Comment parer à l’arrivée d’un autre Lansana Conte ? Actuellement qu’est-ce que la Constitution nous impose ? Des Partis Politiques qui n’ont aucune culture démocratique, dont certains ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Au lieu d’affronter les électeurs avec leurs propres valeurs, ils préfèrent l’achat des consciences. Myopie ou égoïsme, avec eux, nous partons tous perdants. Pourquoi combattre la dictature d’un État, pour se placer sous la dictature d’un Parti Politique qui deviendra à son tour Parti-État ? Pourquoi quitter l’autorité de Lansana Conté pour se placer sous celle d’un Parti Politique qui n’a jamais connu un débat interne, qui n’a jamais renouvelé ses Instances Supérieures et dont la promotion des cadres dépend de la seule volonté du Président-Propriétaire qui n’a de compte à rendre à personne ? Qu’est-ce qui changera pour vous ? Quel Etat de Droit espérez-vous obtenir dans un tel système ? Quel Droit espérez-vous de ces chefs d’Entreprises Politiques devenus Président ? Ils ne vous font pas peur ? Que le nouveau Président soit Kamano ou Barry, la Dictature ne changera pas de nom. C’est pourquoi il nous faudrait une Troisième VOIE. Celle qui refuserait l’Ordre établit et la dictature des Partis Politiques. Il faut l’émergence d’une nouvelle classe politique composée de nouveaux Partis aux règles internes démocratiques et d’aussi un groupe d’hommes et de femmes INDÉPENDANTS n’appartenant à aucun Parti Politique, qui apporteront leur valeur individuelle au débat national, en plus d’une Société Civile forte faite de véritables activistes sur tous les plans : politique, économique, culturel, écologique..etc. L’Ensemble formera un Leadership National orienté vers l’avenir. Un leadership inclusif qui travaillera pour l’unité nationale, seule réponse aux défis du futur. La Troisième VOIE que nous proposons doit être comprise comme un Mouvement. Un Mouvement Populaire qui forcerait un changement Constitutionnel, afin que toutes les Elections soient Libres et Transparentes et ouvertes à tous les enfants du pays, sans distinction, surtout aux indépendants, pour un renouveau politique. Appartenir à un Parti Politique n’est pas un critère de citoyenneté. La Troisième Voie que nous proposons doit être comprise comme un Mouvement de contrepoids à tous les Pouvoirs de l’Etat et des Partis Politiques à L’Assemblée Nationale et dans la gestion des communes, pour la défense des Droits Collectifs et Individuels. La Troisième VOIE doit être comprise comme une nouvelle Ecole de Pensée qui garantit à l’individu la libre expression dans la collectivité, et la promotion du mérite et des valeurs individuelles contre la médiocrité et la dictature de masse. La Troisième VOIE est le Mouvement Populaire de tous les citoyens libres qui désirent apporter leur contribution à l’édifice national et qui ne se reconnaissent dans aucun Parti Politique. La Constitution actuelle force des hommes de qualité à la retraite politique. Si nous ne changeons pas la Constitution, pour permettre aux valeurs individuelles de s’exprimer et de représenter leur Communauté au niveau de leur choix, des gens comme Jean Claude Diallo, Monseigneur Sara , Mr.Loceny Francois Fall, Mr. Komara Amara et Mr.Mohamed Beavogui n’auront aucune chance de participer à la vie politique et au débat national nécessaire au changement , pour la simple raison qu’ils n’appartiennent à aucune formation politique. Ils ne peuvent même pas être maires de leurs villages. Ne pas appartenir à une formation Politique affecte-il leur citoyenneté ? LA Troisième Voie demande le Renouveau de la Classe Politique et un Changement Constitutionnel qui permettrait à chaque citoyen de voter et d’être candidat sans appartenir à un Parti Politique. C’EST LA VOIE DU SALUT RÉPUBLICAIN. Nous y reviendrons. Ben Daouda Touré
|