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Selon les experts ou les studieux des transitions, la manière par laquelle l'Etat se transfère des gouvernements de la dictature aux leaders qui favorisent la démocratie, influe sur la stabilité du processus de changement et sur la qualité postérieure de la démocratie. Ainsi, certains politologues ont soutenu que les transitions issues des accords sont celles qui, d'habitude, produisent des démocraties les plus durables.
La transition guinéenne émanant des accords de Ouagadougou confirmera-t-elle ces études des experts des transitions?
Vu la situation politique actuelle du pays, l'espoir est bien permis.
En effet, les évènements tels que, le refus de la population guinéenne, dans sa majorité, de participer politiquement à une nouvelle restauration de la dictature, le sens de responsabilité modéré du président par intérim, Sekouba Konaté, la posture délicate du chef de la junte, Moussa Dadis Camara, et la nomination d'un premier ministre issu de l'opposition, sont des faits- jamais auparavant- qui démontrent que les citoyens guinéens sont désormais prêts pour une réelle transition démocratique. Rien ne doit les arrêter. Il faut démocratiser et consolider la démocratie.
La démocratie dépend, en grande mesure, des institutions et des procédures de l'Etat. Aussi, pour compléter le processus de consolidation avec exploit, une démocratie jeune a besoin des institutions qui garantissent la souveraineté populaire et les droits, et les libertés basiques. L'Etat doit nécessairement s'organiser sur la base de l'empire de la loi. Les gouvernements doivent rendre compte de leurs actes devant les citoyens et se soumettre aux processus électoraux justes et compétitifs qui permettent l'alternance périodique au pouvoir. La transparence des procédures du gouvernement doit permettre aux citoyens de contrôler les politiciens pour détecter non seulement le non- accomplissement des promesses électorales mais aussi les pratiques corrompues. En définitive, pour avoir la capacité de sanctionner électoralement les gouvernements qui ont trahi la confiance des citoyens. Les juges doivent être indépendants. La bureaucratie doit avoir les ressources suffisantes pour appliquer la politique publique. De son côté, l'armée doit respecter les règles du jeu démocratique et accepter la suprématie du pouvoir civil. Finalement, le processus d'élaboration des lois doit être raisonnablement efficient et efficace.
Les démocraties doivent compter aussi sur la capacité de se protéger de ceux qui veulent les détruire ou qui supposent une menace pour les droits et les libertés des citoyens. Ces démocraties doivent avoir les Forces Armées dont les membres sont fidèles à l'Etat démocratique et sont soumis pleinement au pouvoir civil. Les milices des partis ou les forces paramilitaires indépendantes constituent un réel danger à l'Etat de droit.
Avec la précipitation des événements en Guinée, l'espoir est grand. Si les transitions émanant des accords ont eu des succès en Amérique Latine et dans les pays de l'Est, en Guinée, il y a lieu de se frotter les mains. Les dictatures appartiennent au passé.
Naby Laye Camara
www.guineeactu.com
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