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Fori Mariama nous a quittés le 27 mai dernier. A jamais dans nos cœurs, nous nous souvenons d’elle aujourd’hui pour le 40 ème jour de son décès et nous remercions chaleureusement les très nombreuses personnes à travers le monde, famille, amis et alliés, qui nous ont soutenus et accompagnés dans cette épreuve.
D’elle nous gardons l’image d’une battante toujours optimiste et pleine de vie malgré sa maladie et d’une personne digne face au mal qui l’a rongée toute sa courte vie, une vie exceptionnellement longue pour la drépanocytaire qu’elle était. Confidente et soutien moral de nombreuses personnes qui gravitaient autour d’elle, elle reste un exemple de sociabilité et d’humanité inégalable.
La veille de sa mort, elle taquinait encore le corps médical, dont elle ne s’est jamais vraiment éloignée depuis Conakry, Fria, jusqu’à Henri Mondor en passant par Cuba et des cliniques de la région parisienne, en disant avec un sourire : « qu’ils me laissent respirer ». Dit en soussou, la langue délicieuse et exclusive de notre petite fratrie, cette parole a plusieurs significations. Tout d’abord elle demandait qu’on lui épargne les petits soins inconfortables ; ensuite la nécessité de la respiration pour elle était à prendre au pied de la lettre avec les développements et les complications de sa drépanocytose ; et enfin, sentant sans doute sa mort prochaine elle souhaitait partir tranquille.
Ainsi la nuit du mardi au mercredi le 27 mai elle rendit l’âme en partant tout en douceur. Le grand vide qu’elle laisse pour tous ceux nombreux qui l’ont aimée et estimée ne peut être comblé. Mais nous nous tournons humblement vers Dieu, en priant, afin qu’elle repose en paix.
Elle repose dans le nouveau cimetière de Chelles, en région parisienne, sa ville de résidence ces dernières années. Elle repose ici et partout au sein de la terre à laquelle nous retournerons tous.
Elle rejoint papa, Kaba 41 qui nous a quittés trop tôt depuis bientôt 14 ans, dont elle était si proche et dont elle était la Doumounkoun préférée et chérie. Elle a rejoint nos ancêtres bagas et peulhs à qui nous pensons. Elle a rejoint nos frères humains dans notre commune et inexorable destinée de pauvres mortels.
Il faut l’imaginer riant et dansant loin des dents acérées de la douloureuse drépanocytose. Son âme repose en paix.
Alimou CAMARA
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